Le Mois du Cœur de Saint Joseph

Le Cœur de Saint Joseph ouvert à ceux qui l'implorent

7 San Giuseppe

Vingt-neuvième jour

Le précurseur des Prêtres

 

Le Prêtre a quelques rapports avec saint Joseph ! qu'il est bon de résumer ici, pour leur montrer combien ils ont de motifs d’être dévots à ce Saint, et à quels titres ils doivent compter sur ses secours. D'abord saint Joseph a été choisi par la Providence pour être le père nourricier, le coopérateur du Christ dans l'œuvre de notre salut. Il l’a attiré du ciel par ses prières, l’a adoré .à sa naissance avec un respect infini, l’a offert au Seigneur dans le temple de Jérusalem, l’a sauvé en le délivrant des poursuites du roi Hérode, et l‘a fait croître par ses soins et ses travaux ; j'ajouterai que Joseph était un homme de prière, qu’il récitait souvent avec une piété angélique le Psautier divin de son illustre aïeul David. Je n'ai pas besoin de faire l'application de toutes ces choses aux prêtres; car il ne m'appartient pas de faire la leçon à mes maîtres, à mes pédagogues, et je me tiens pour infiniment honoré de leurs avis qui ne sont autres que ceux mêmes du Seigneur Jésus, résidant en leurs personnes pour instruire, édifier et diriger les fidèles confiés à leur paternelle sollicitude.

Saint Joseph a touché quelquefois le Sauveur en le portant dans ses bras, le reposant sur sa poitrine ; et le prêtre combien de fois ne le touche-t-il pas à l'autel, le recevant chaque jour dans son cœur ? Saint Joseph a offert au père Éternel les prémices du sang de Jésus-Christ dans la circoncision ; et le prêtre fait tous les jours la même fonction, il offre le sang du Christ pour le salut.du monde. Saint Joseph a donné l'Enfant-Dieu aux adorations des bergers et des rois-mages ; et le prêtre le donne aussi aux fidèles, non-seulement en l’offrant à leurs adorations, mais en leur distribuant son très saint Corps.

Mais c’est principalement pour la génération spirituelle des âmes, que saint Joseph devient l’exemplaire du prêtre. Ecoutez le très saint abbé Ollier : « C’est aux prêtres surtout, dans lesquels Dieu réside en sa plénitude et en sa fécondité pure et vierge, à se conduire sur le modèle du grand saint Joseph à l’égard des enfants qu’ils engendrent à Dieu. Ce grand Saint conduisait et dirigeait 1’Enfant Jésus dans l’esprit de son Père, sa douceur, sa sagesse, sa prudence, ainsi devons-nous faire de tous les membres de Jésus-Christ qui nous sont confiés et qui sont d’autres Christs, en sorte que nous devons les traiter avec le même respect, que saint Joseph traitait l’Enfant Jésus ». Saint Joseph a précédé les Apôtres et. les prêtres dans leur ministère, en portant le Christ dans l’Egypte et en y détruisant, par la même, le culte des idoles. Une ancienne tradition veut que lorsqu'il entra dans ce pays, tous ces simulacres tombèrent et furent brisés. Ce qu’on peut dire de plus vrai, selon Calmet, est que Jésus-Christ par sa présence dans l’Egypte, commença à y détruire l’empire du démon et de l'idolâtrie, qui y fut entièrement ruinée dans la suite par la prédication des Apôtres.

La Glose ordinaire de la Bible au même endroit, remarque que-saint Joseph est la figure des prédicateurs qui portent le Christ avec sa mère, c’est-à-dire la. foi du Christ et de l'Église aux gentils, après avoir laissé Hérode, c’est-à-dire les juifs infidèles, Saint Hilaire a fait la même observation, comme aussi, le père Lauret. Le Père de la Conception dit également : « Ceux qui portent le Christ, c'est-à-dire l’Évangile, dans les plages lointaines, comme Paul, ce vase d'élection, le portait aux gentils, sont Symbolisés par Joseph, le père nourricier du même Jésus-Christ qui le porta tantôt en Egypte, tantôt en Judée. Tant d'autorités prises parmi une infinité d’autres que j’ai sous les yeux, démontrent clairement que saint Joseph est le patron et le protecteur des Prêtres qui s'emploient à la prédication, des missionnaires enfin. De plus, il est également le patron et le protecteur des Préfets, parce qu’il gouverna pendant de longues années avec une incroyable sollicitude, une vigilance continuelle et une sagesse admirable, dans les circonstances les plus graves, les plus pénibles et les plus délicates, les deux plus saintes personnes qui furent jamais sur la terre, Jésus et Marie. Les Évêques donc qui ont une mission si grande et si difficile à remplir, pourront s'adresser avec confiance à saint Joseph, qui viendra à leur secours avec le plus vif empressement.

 

Exemple

 

Saint Joseph éclairé, comme il l‘est, des lumières de l’Esprit Saint, connaît parfaitement la dignité sainte, hors ligne, et divine du Prêtre et de l’Évêque, serai-je donc téméraire de dire qu’il se tiendra pour honoré d’être prié par eux et de les assister dans leurs nécessités ? On lit dans le Tableau des divines faveurs accordées à saint Joseph, par le père Binet, corrigé tout récemment par le père Jennesse aux, de la même compagnie de Jésus, ce qui suit, extrait fidèlement : Le savant Chancelier de Paris, Jean Gerson, admire un trait de la dévotion d’un chanoine de Chartres, qui est à la vérité bien remarquable. Ce pieux chanoine avait mis la main à un fort bel ouvrage sur les privilèges de saint Joseph, et sur le mariage virginal de ce glorieux Patriarche avec Notre-Dame. La mort qui rompt si souvent les projets humains, brisa ce précieux travail, et nous en ravit la moitié pour le moins. Mais afin de remédier à ce mal, qui ne fut pas imprévu au bon serviteur de Dieu, il trouva deux expédients que sa dévotion lui inspira sur la fin de sa vie. En premier lieu il fit écrire au pieux Jean Gerson, dont il avait été le disciple, et qui était une perle de bonté de son siècle. Il le suppliait très-humblement de vouloir bien, ou achever son ouvrage, ou en faire un nouveau, employant toutes les ressources de son esprit pour louer dignement le saint Époux de Notre Dame.

En second lieu, il laissa par testament à l'Église de Chartres une certaine somme, afin que les vénérables chanoines tissent tous les ans une fête solennelle en l'honneur du glorieux saint Joseph, et qu’ils se rappelassent ainsi le souvenir des rares vertus de cet admirable Patriarche, et le soin qu‘il avait en de sauver dignement Jésus et Marie. Tel fut l'objet qu'il voulut pour le repos de son âme, sachant bien que les fêtes des saints sont utiles aux défunts, lorsqu'elles sont célébrées à cette intention. Gerson composa lui-même un office, et une messe pour cette fête au commencement du quinzième siècle.

Le pieux et saint Chancelier, après avoir loué et admiré la dévotion du chanoine Henri, veut bien nous en exposer les motifs. Il avait donc choisi saint Joseph pour patron et pour avocat, parce que l’ayant de son côté, il aurait aussi sa sainte Épouse et son Fils béni, et qu’il regardait son salut comme assuré s’il était assisté de Joseph, de Marie et de Jésus. De plus, il croyait que saint Joseph était le patron des chanoines et leur modèle, cette pensée étonne d’abord : car quel rapport d'un rabot à une aumusse, d'un charpentier a un homme d’Église, aussi ne faut-il pas prendre la chose de ce biais. Mais, disait le pieux Henri, Joseph ne faisait autre chose jour et nuit que penser à Jésus et à Marie : il les servait incessamment avec une dévotion remplie d'une joie cordiale ; il n’avait d'autre objet que Jésus et Marie ; tout son emploi n'était qu’avec Jésus, pour Jésus, et à sa gloire seule... Il priait avec eux, il allait au temple avec eux; disons mieux sa maison était un temple. Notre-Dame était l’autel ; sur, son Cœur reposait Jésus-Christ, relique vivante, vrai Saint-Sacrement, où l'humanité servait de voile à la divinité...

Or, poursuivait le dévot client de l’Époux de Marie, voilà justement la vie d’un saint chanoine ; son principal emploi est de chanter jour et nuit les louanges de Jésus et de Marie, et d'offrir tous les matins un sacrifice à Dieu le Père, par les mains de la Vierge Marie, leur adorable Fils Jésus-Christ. De plus, le chanoine exemplaire n’a d’autre Vue que Jésus et Marie, il ne veut avoir de compagnie dans sa maison que Jésus et Marie. Ce qu'il a de bien il l’emploie, autant qu’il le peut, à leur honneur et à nourrir Jésus-Christ, dans la personne de ses pauvres. il use sa vie dans le temple, ne cessant d’y rendre quelque service à la majesté du grand Dieu..... Heureux donc le prêtre qui a choisi l’Époux de la Vierge pour protecteur et pour modèle ! Heureux le Pasteur des âmes, le pêcheur d’homme qui sert Jésus et Marie avec le même zèle, le même esprit de foi, le même amour dont Joseph les servait sur la terre, conclut le saint Jésuite.

 

Le Psaume du prêtre à saint Joseph

(Imité du psautier de saint Bonaventure)

 

Je bénirai en tout temps le Conservateur de mon Sauveur ;

je mettrai mon bonheur à lui témoigner toujours ma reconnaissance.

Ses louanges seront toujours dans ma bouche :

tout ce qui est en moi contribuera à sa gloire.

Mon amour pour lui ne sera rassasié

que lorsque je serai témoin de son triomphe.

Faites-en de même (semble dire le prêtre aux fidèles)

vous tous qui avez ressenti son puissant secours,

qui, par lui, avez été délivrés de tant de périls.

Il vous remplira de toutes sortes de biens :

et vous éprouverez qu‘on ne l’invoque point en vain dans les peines.

Le ciel et la terre sont remplis des grâces de sa douceur :

les œuvres de son amour sont partagées à tous les mortels.

Ainsi, de quelque côté que nous portions nos regards, ô bienheureux Joseph,

nous trouvons partout les preuves touchantes de votre amour paternel.

Souvenez-vous de nous et conduisez le Pasteur et ses brebis

aux ondes pures de la vie éternelle. Ainsi soit-il.

 

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