Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Vingt-huitième jour

Reine des apôtres, priez pour nous.

 

Après l'ascension de Notre Seigneur au ciel, la Sainte Vierge se retira dans le Cénacle avec les apôtres. Tous l'aimaient comme une mère et lui obéissaient comme à une reine. Les saints docteurs n'hésitent point à dire que la présence de Marie dans le Cénacle, fut un grand sujet d'édification pour les apôtres, et leur mérita une plus grande abondance des dons du Saint-Esprit En effet, c'est au sortir du Cénacle qu'ils commencèrent leur mission, et l'on sait avec quelle intrépidité et quel succès ils la remplirent, en prêchant Jésus-Christ et en portant l'Evangile jusqu'aux extrémités du monde.

Ce ne fut point sans une vive et douloureuse émotion, que les a polies se séparèrent de Marie pour se disperser dans les différentes contrées du monde. De loin comme de près, ils lui restaient dévoués et cherchaient autant que possible, à s'inspirer de ses conseils. Ainsi coopérait-elle avec les apôtres à la conversion de l'univers. Quel bonheur pour eux, lorsque dans leurs courses évangéliques, ils pouvaient, ne fût-ce qu'en passant et pour quelques jours seulement, se rapprocher de leur Reine pour lui faire hommage de leurs succès, se consoler auprès d'elle des persécutions qu'ils enduraient ; et fortifiés par ses encouragements, voler ensuite à de nouvelles conquêtes. Plus privilégié que les autres apôtres, saint Jean le disciple vierge a qui Jésus-Christ avait confié sa mère, ne s'en sépara presque jamais jusqu'à sa mort. Et quand enfin l'heure fut venue pour Marie de quitter la terre pour monter au ciel, par une disposition particulière de la Providence, tous les apôtres se trouvèrent réunis autour de celle qu'ils appelaient du doux nom de mère et de reine. Ils purent lui annoncer que l'Eglise, malgré la rage de l'enfer, était établie dans le monde entier, que l'Evangile avait été porté jusqu'aux extrémités de la terre, que Jésus Christ, son divin fils était adoré et servi partout où il y avait des peuples connus. A cette heureuse nouvelle, Marie sentit son cœur se dilater de joie et d'amour, et ce fut sous l'impression de ce délicieux sentiment qu'elle rendit doucement sa belle âme à Dieu. Avec quel pieux et douloureux respect les apôtres lui rendirent les honneurs de la sépulture ! Mais trois jours après, le tombeau de la Sainte Vierge se trouva vide comme celui de Jésus-Christ son divin fils. Son âme était revenue reprendre sa dépouille mortelle, et Marie escortée par les auges, faisait sa triomphante entrée dans le ciel. Si le ciel a privé la terre d'un tel trésor, n'est ce pas qu'il en était jaloux pour lui-même ? C'est en mémoire de ce glorieux événement qu'a été instituée la fête de l'Assomption.

Apprenons que pour plaire à Marie, nous devons, à son exemple, avoir du zèle pour le salut des âmes et pour tout ce qui touche aux intérêts de l'Eglise. L'apostolat n'est pas seulement l'oeuvre des prêtres et des missionnaires, mais de tous les fidèles quelle que soit leur condition. Le zèle pour le salut des âmes est la flamme la plus pure de ce feu sacré que Jésus-Christ est venu allumer sur la terre et qu'il désire voir embraser tous les cœurs. Mais plus particulièrement, tout père, tout maître, toute mère de famille est apôtre dans sa maison, et doit veiller à ce que ses enfants, et ses serviteurs remplissent leurs devoirs de religion. Si votre cœur est ému de compassion à la vue d'un pauvre qui frappe à votre porte, soutirant du froid et de la faim, couvert de plaies et de haillons ; comment ne serait-il pas plus douloureusement affecté à la vue d'un parent, d'un ami, dont l'âme est dépouillée de la grâce, souillée des plaies hideuses du péché et vouée a une éternelle réprobation. Exercez ce zèle en faveur des âmes que vous voulez ramener à Dieu ; d'abord par la prière, et ensuite par de douces et affectueuses exhortations que vous leur adresserez en temps opportun, plus particulièrement au temps pascal, pendant les missions et à l'heure de la mort. Mais surtout n'oubliez pas d'intéresser la Sainte Vierge à leur conversion, par l'emploi de la médaille miraculeuse, par la récitation du chapelet ou. la pratique d'une neuvaine en son honneur ; et le succès de votre apostolat est assuré.

 

Exemple

Vertu du Scapulaire

 

Dans une grande ville de France, qu'on ne nomme point pour de justes raisons, se trouvait un homme qui vivait depuis plus de cinquante ans dans une haine mortelle contre Dieu et sa religion. Il tomba malade, et par précaution, il avait placé auprès de son lit un poignard pour frapper celui qui oserait lui parler de son âme. Comme la maladie empirait, quelqu'un eut la pensée qu'il n'y avait que la Sainte Vierge qui pût amollir un cœur aussi endurci ; alors on détermina une personne à lui pendre un scapulaire au cou sans qu'il s'en aperçut ; on réussit. Un soir comme il dormait, l'image de Marie lui est appliquée, et le lendemain malin, il ne fut plus question de poignard. Il se réveille en implorant la miséricorde de Dieu, ne sachant, disait-il, ce qui s'était passé en lui ; il demande un confesseur, et il meurt dans le plus grand repentir. Oh ! Que Marie est riche en miséricorde ! Un pieux auteur l'appelle « glaneuse » ; elle mérite ce nom, elle ramène les pécheurs que les prédicateurs, les missionnaires ne peuvent convertir. Il n'est donc rien de mieux que de lui recommander ces malheureux qui ont l'air de tout braver et d'aller à pied ferme dans les abîmes éternels. (Traité sur l'Ave Maria, par M. Bleton).

Pratiques : Pratiquez aujourd'hui quelque œuvre de zèle, à l'intention de tel ou tel pécheur. Répandez les cahiers de la propagation de la foi, et travaillez à augmenter le nombre des associés.

 

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Prière

 

Ô Marie ! Dont la présence seule consolait les apôtres, lorsqu'ils n'eurent plus le bonheur de posséder visiblement leur divin Maître ; vous qui étiez leur lumière et leur guide, quel zèle vous leur inspiriez pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Reine des apôtres, intercédez pour les pontifes et les prêtres qui sont leurs successeurs soutenez le courage des missionnaires qui traversent les mers pour convertir les infidèles ; obtenez-nous à nous-mêmes la grâce de devenir, par nos exemples, par nos discours et nos prières, les apôtres de nos familles et de nos âmes, et qu'ainsi le nom de Dieu soit sanctifié par nous et par tous ceux que nous aimons. Ainsi soit-il.

 

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