Le Mois de Sainte Claire


Exercices pour honorer Sainte Claire pendant le mois d'août par une pauvre Clarisse

Mère Séraphine du Cœur de Jésus

 

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Dix-huitième jour

Esprit de sacrifice

 

« Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il se renonce soi-même, qu’il prenne sa croix et me suive ». (Luc 9, 23). Ainsi est formulée dans le saint Evangile la grande loi de l’abnégation chrétienne et la doctrine spirituelle du sacrifice, l’une et l’autre promulguées par Notre Seigneur, corroborées par ses exemples et toujours d’une actualité permanente à travers les siècles. Se renoncer soi-même, prendre sa croix et suivre Jésus-Christ est l’invariable itinéraire tracé par le Sauveur lui-même à toute âme qui veut marcher après lui dans la route qu il nous a frayée.

En s’engageant dans cette voie qui s’ouvrait devant elle, Claire en avait sondé toutes les profondeurs. Elle en avait compris les renoncements, mesuré les sacrifices, accepté généreusement toutes les immolations. Sans parler des points multiples de la Règle et des austérités indicibles qu’y ajoutait sa ferveur, qui dira, par exemple, ce que furent pour notre Sainte les immolations du cœur, le sacrifice des séparations déchirantes qu’un essaimage voulu du ciel ne tarda as à lui demander ?Le parfum de sainteté qu’exhalait Saint Damien se répandait déjà dans toute la péninsule, et.bientôt arrivèrent à Assise de nombreuses suppliques sollicitant pour ailleurs des noyaux de ce merveilleux fruit séraphique, des essaims fondateurs de cette Ruche embaumée. Ce fut d’abord San Severino, puis Spello, Arezzo et Pérouse qui vinrent tour à tour demander à Claire ces sacrifices d'un nouveau genre. Comme le disent ses biographies, la sainte Abbesse sut généreusement y souscrire, mais le départ de sa tendre Agnès, qu’il fallut donner à la fondation de Florence, fut de ceux qui firent le plus saigner son cœur. Ce fut en 1219 que sonne l’heure déchirante de la séparation ; le cœur de la sainte Abbesse, comme nous venons de le dire, en saigna douloureusement dans le silence. Quant à celui d’Agnès, il en garda longtemps une blessure qui semblait presque inguérissable… Que n’ajoutait pas, hélas ! à celle de Claire cette douleur intense d‘Agnès dont l’écho attendrissant est parvenu jusqu’à nous !… Pour voler courageusement au sacrifice leurs cœurs n’en demeuraient pas moins déchirés et meurtris... Mais si leur douleur fut intense, leur courage à la surmonter n'en fut que plus admirable et plus héroïque.

Après le départ d’Agnès, ce fut pour la seconde fois celui d’une nièce chérie, la douce Balbina, puis celui de sa chère Pacifique, tante Bonna, qui fut envoyée à Spello. D'autres filles bien chères furent données aussi à la France, à l’Espagne et ailleurs… L’arbre séraphique, plongeait ses racines au coeur de la sainte Fondatrice et chacun de ses rameaux ne devait germer qu’au prix de larmes et de sacrifices.

Qu’étaient cependant ces sacrifices, comparés à celui que le ciel allait bientôt lui demander ? Claire se le disait elle-même en voyant son bienheureux Père, martyr de l’amour non moins que de la souffrance, s’affaiblir peu à peu comme une lumière qui s’éteint dans le silence et l’ombre...


Réflexions et Avis


Toute vocation et ses devoirs conduisent à des immolations et des sacrifices. Le dévouement le plus empressé, le plus joyeusement traduit n’échappe même pas à cette onéreuse condition. Depuis que le péché a si malheureusement vicié notre nature, l’homme ne peut s‘adonner au bien et pratiquer la vertu sans qu’il lui en coûte. De là ces difficultés renaissantes que nous éprouvons trop souvent en pareils cas et de là aussi, par conséquent, la loi du sacrifice.

Ne vous faites pas illusion. Sans l’esprit de renoncement et de sacrifice, il n’y a pas de vie chrétienne. L'âme.qui refuse de se renoncer elle-même pour éviter ce que Dieu défend, ou de se sacrifier pour accomplir-ce qu'il enjoint, ne saurait être comptée parmi ses enfants... Tout chrétien est donc tenu de satisfaire à cette grande loi du sacrifice; mais l'âme pieuse plus unie et Dieu par l'obéissance et l’amour doit l’observer plus parfaitement. Elle doit sentir le besoin d’aller au delà, de faire quelque chose de plus. Elle se dira donc : Si le simple chrétien peut se contenter de renoncer aux jouissances défendues et d’accomplir les préceptes de mortification qu'impose rigoureusement le saint Evangile, moi je dois faire plus... et malgré ce qu'il pourra m'en coûter, j'embrasserai la mortification chrétienne dans une plus vaste mesure, acceptant volontiers non seulement les sacrifices qu’elle impose formellement, mais encore ceux qu’inspire aux âmes de bonne volonté le désir de plaire à Dieu et qui sont le fruit d’inspirations généreuses.

Vous vous rappellerez alors, chère âme, qu’avec Jésus, vous êtes victime et que votre cœur est son autel choisi. « Le feu sacré doit s' y entretenir avec soin. Mille nouvelles victimes y doivent être immolées chaque jour. Vos sens, vos passions, le monde et ses plaisirs seront la matière du sacrifice et l’amour consumera l'holocauste tout entier ».

Infinies sont les jouissances qu’éprouve l’âme à s’immoler pour Dieu. Nos meilleurs sacrifices découlent des souffrances et il n‘en est pas de plus nobles et de plus excellents à offrir à Dieu.


Avis des Saints

 

« Arrière l'amour-propre ! Ne vous écoutez pas. Que le saint amour vous fasse courir dans la voie qui vous plaît le moins, où vous ne trouverez que répugnance et sacrifice ; là sera la gloire et la volonté du Seigneur ! » (Sainte Véronique Juliani). « On ne devient saint qu’en s'humiliant, renonçant à soi-même, se crucifiant en tout et partout » (Sainte Marguerite Marie). « Si la peine vous effraie, regardez ce qui vous est promis » (Saint Augustin).


Couronne de sainte Claire

Fleur séraphique

La Bienheureuse Mathie de Nazzarei, vierge de son Ordre (1234-1300).


Comme la sainte Fondatrice et la douce Agnès sa sœur, la jeune Mathie, pour réaliser sa vocation, eut à soutenir contre ses parents des luttes inouïes. Mais Dieu lui communiqua tant de force et de sagesse qu'elle sut résister aux promesses comme aux menaces. Elle vécut de longues années en religion et exerça dans son monastère la charge d’Abbesse durant quarante ans. A ses derniers moments, une éclatante lumière avait environné la chère bienheureuse et s'était répandue dans tout le monastère. Peu après, les habitants de Melica voyaient une splendide étoile apparaître sur sa cellule, comme pour annoncer la gloire dont elle joui!sait au Ciel.

Pratique : Souscrire volontiers, malgré les répugnances de la nature, aux sacrifices qui nous sont demandés.

 

Prière


Glorieuse Mère sainte Claire, obtenez du Seigneur le pardon de mes infidélités. Quels reproches n'ai-je pas à me faire en ce point, moi si faible, hélas ! Lorsqu'il s’agit de me renoncer et d'écraser la nature. Ô sainte Mère, rendez mon cœur plus fort et plus généreux. Ainsi soit-il !

 

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