Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

Crucifixion Grûnewald

Premier jour

Le Crucifix nous apprend combien est terrible la vengeance que Dieu tire du péché

 

I. Ce sont les péchés des hommes qui ont attaché Jésus-Christ à la Croix. Les Juifs n’ont été que les instruments de la Justice Divine. Il s’était chargé des péchés du monde ; et Dieu, oubliant, pour ainsi dire, qu’Il était Son Fils bien-aimé, a épuisé en Lui toutes les rigueurs de Sa Justice. Il l’a livré à la mort. Il a été frappé, dit le Prophète, de la main de Dieu, à cause de nos péchés. Il a fallu qu’il les portât et qu’il les expiât sur la Croix.

Si Jésus-Christ, pour expier des péchés qu’Il n’avait pas commis, n’a trouvé dans son propre Père aucune miséricorde, que deviendront les pécheurs mêmes, si une mort impénitente les fait tomber entre les mains de Dieu ? Si, Comme l’a dit le Sauveur Lui-même, la plus affreuse rigueur s’est exercée sur l’arbre fertile et sur le bois vert, que fera-t-on du bois sec et de l’arbre stérile et infructueux ?

II. Le moindre sentiment de douleur, la plus légère humiliation aurait été dans le Fils de Dieu un mérite infini : cependant il a fallu, pour expier nos péchés, qu’il passât par tous les genres de douleurs et d’opprobres : il a fallu qu’il épuisât jusqu’à la lie le calice de la colère divine. Où donc une vile créature, coupable devant Dieu, trouvera-t-elle des douleurs et des tourments infinis, et des forces pour les porter, afin de satisfaire à l’infinie la gravité de ses offenses ?

III. Les satisfaction d’une créature coupable envers Dieu étant bornées et sans proportion avec sa grandeur infinie, la Justice divine prendra l’infinité de ses vengeances sur l’éternité qui n’aura pas de fin. Il en sera de cette redoutable Justice comme de la Miséricorde Divine : celle-ci est infinie parce que nous l’éprouvons dans les mérites infinis du Fils de Dieu, notre Sauveur : celle-là sera infinie parce que les rigueurs n’auront jamais de fin. C’est donc une chose horrible et effroyable de tomber entre les mains d’un Dieu vivant.

IV. Le Calvaire est pour nous un théâtre où éclatent ces grandes vérités. Nous y voyons la Justice infinie de Dieu dans la terrible vengeance qu’Il tire de Son propre Fils. Nous y voyons Sa Miséricorde infinie dans l’acceptation qu’Il fait du Sacrifice de Sa Vie pour l’expiation de nos péchés. Si, faute de nous laver dans le Sang précieux de Notre Seigneur, nous ne devenons pas les objets de Sa Miséricorde, attendons-nous à l’être de Sa Justice dont les rigueurs seront infinies, du moins dans leur durée.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

 

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