Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Vingt-neuvième jour

2e jour du Triduum final du Mois de Saint Vincent de Paul

16 octobre

 

Saint usage de la maladie

 

Prélude. - Disposons-nous à assister aux dernières leçons que nous a laissées notre bienheureux père, avant de quitter l'exil pour la patrie.

 

Récit. - Le temps nous presse, et nous ne pouvons nous attarder davantage dans l'admiration des vertus du grand serviteur de Dieu : le moment est venu de le voir aller au ciel.

Depuis longtemps, les croix de toutes sortes, les maladies les plus aiguës, toutes ces épreuves par lesquelles Dieu purifie et débarrasse de la dernière rouille du corps les âmes qu'il veut appeler à ses célestes embrassements avertissaient notre saint que la plus belle heure de sa vie mortelle approchait.

Il y avait dix-huit ans qu'il s'y préparait tous les jours, comme s'il devait, dans la nuit, comparaître devant son Juge. Pour s'y préparer plus prochainement, dans sa dernière maladie, chaque jour, après la messe, il récitait les prières des agonisants.

Le 25 septembre, vers midi, il s'endormit d'une somnolence, qu'il considérait comme l'avant coureur d'une mort prochaine.

Le lendemain, qui était un dimanche, il se fit porter à la chapelle, où il entendit la sainte messe, et communia. De retour dans sa chambre, il tomba dans un assoupissement plus profond, d'où on le tira pour lui demander de bénir sa communauté et lui donner l'Extrême-Onction.

Vers neuf heures du soir, les anciens de la communauté vinrent lui faire leur dernière visite. Comme mot d'adieu, chacun lui adressait une parole des saintes Ecritures, et il sortait de son sommeil, pour en répéter quelques syllabes. Mais, ce qu'il aimait le plus à redire, ce qu'il répétait de lui-même, c'était l'invocation à laquelle ses enfants sont justement restés si dévots : Deus in adjutorium.

Ainsi, Dieu faisait à son fidèle serviteur cette grande grâce que, ayant toujours vécu dans une entière et parfaite dépendance de sa volonté, il mourait, non pas tant par l'effort de la fièvre ou de quel que autre maladie violente, mais par une sorte d'obéissance ou de soumission à cette divine volonté.

Saint Vincent s'est endormi dans la paix du Seigneur : il avait consumé sa vie dans les travaux et dans les fatigues pour son service ; il l'a terminée heureusement dans la paix et la tranquillité. Il s'était volontairement privé de tout repos et de toute propre satisfaction, pendant sa vie, pour procurer l'avancement du royaume de Jésus-Christ et l'accroissement de sa gloire; et, en mourant, il allait trouver le véritable repos et il commençait à entrer dans la paix de son Seigneur.

 

Pratique. - Demander souvent à Dieu la grâce d'une bonne mort.

 

Invocation. - Saint Vincent, exemple de patience, obtenez-moi le bon usage de mes maladies.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

La meilleure préparation à la mort consiste dans une parfaite résignation à la volonté de Dieu, à l'exemple de Jésus Christ qui, dans la prière qu'il fit au jardin des Oliviers, se prépara à la mort en répétant ces paroles : « Ô mon Père, que votre volonté se fasse, et non la mienne ! »

Dieu n'exige pas de nous des forces corporelles, mais une sincère disposition à saisir les occasions de le servir selon sa volonté et ses desseins sur nous.

Quand Dieu prive quelqu'un de ses forces corporelles, il veut lui apprendre qu'il a choisi d'autres instruments pour exécuter ses desseins.

On doit faire usage, dans les maladies, des remèdes qui ont coutume de les guérir, et honorer par là Dieu qui a créé les différentes plantes, et qui leur a donné la vertu salutaire qu'on trouve en elles ; mais, avoir pour soi-même une excessive sensibilité, et rechercher des soulagements pour le plus petit mal qui nous arrive, c'est ce que l'on doit éviter.

Nous connaissons bien mieux dans les maladies ce que nous sommes, que lorsque nous jouissons de la santé. Heureux, si nous pouvons découvrir le trésor qui est caché dans les maladies !

Les maladies ne sont pas des maux que l'on doit craindre, mais des moyens très efficaces pour nous sanctifier. Murmurer, quand Dieu nous les envoie, c'est se plaindre du bien qu'il nous fait.

L'état de maladie est un état très ennuyeux et presque insupportable à la nature : c'est cependant un des moyens les plus puissants que Dieu emploie pour nous faire rentrer dans le devoir, pour nous faire renoncer à nos mauvaises inclinations, et pour nous combler de ses grâces.

Les maladies purifient l'âme : elles sont un puissant moyen de rappeler à la vertu ceux qui la négligeaient : elles rouvrent aux malades un vaste champ pour pratiquer la foi, l'espérance, la soumission à la volonté de Dieu et toutes les autres vertus.

 

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