Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Le repas chez Simon

 

Troisième jour

3 Juillet

 

Chez Simon


Prélude : Représentons-nous la pécheresse accourant à la maison de Simon le Pharisien. Comme elle court, sous l'impulsion d'un mouvement intérieur qui l'absorbe et lui fait oublier toute autre préoccupation !


Méditation

 
Le récit de saint Luc commence ainsi : « Un pharisien, ayant prié Jésus de manger avec lui, Jésus entra dans la maison du pharisien et s'y mit à table. Et voilà qu'une femme, qui était pécheresse de la ville, ayant su qu'il était à table dans la maison du pharisien, s'y rendit... »
 
Jésus avait remarqué Marie-Madeleine : il voulait lui donner bientôt le gage de son miséricordieux pardon. Mais, tandis que les autres convertis du Sauveur sont appelés, durant la nuit, sur les bords écartés de la mer, le long d'un chemin désert, la pécheresse devra venir dans une maison où tous les regards seront attentifs à l'action du Sauveur et à la sienne. Le divin Maître, toujours si attentif au soin de sa réputation, ne permettra pas, même pour ménager un peu les débuts de cette vie nouvelle, que la pécheresse l'aborde ailleurs.
 
Mais, en même temps, Marie trouvera, dans cette circonstance même, une occasion de témoigner de la généreuse sincérité de sa conversion et de l'empressement de son cœur tout entier voué désormais au service de Jésus.
 
« Ut cognovit ! Dès que Madeleine sut !... » Point de retard, pas la moindre concession aux révoltes de l'amour-propre ! Dès qu'elle a rencontré Jésus, elle brûle du plus ardent désir de se jeter à ses pieds et de lui prouver la sincérité des sentiments nouveaux qui remplissent son âme.
 
Que lui importent les considérations humaines ! L'orgueilleux Simon la couvrira de son mépris ; les convives la reconnaîtront pour la femme scandaleuse dont toute la ville sait les désordres ; ceux qui ne croient pas à la divinité de Jésus l'accueilleront avec dédain ; ceux qui appartiennent au divin Maître s'indigneront de l'audace de cette pécheresse. Peut-être même, qui sait ? Ses crimes sont trop nombreux et il n'y a plus de pardon pour elle ! Peut-être Jésus la repoussera ! Ou, s'il ne la repousse point, l'énormité de ses ingratitudes et le nombre de ses infidélités l'obligeront à la traiter sévèrement, devant tout un nombreux public !
 
Voilà sans doute les pensées de la nature. Mais, combien la grâce parle autrement ! Je me lèverai et j'irai à mon Sauveur ! J'irai en toute hâte, car je ne sais pas si demain il ne serait pas trop tard. Je crains que Jésus ne quitte bientôt Naïm, je crains qu'il passe outre, timeo Jesum prætereuntem !... Et puis, pourquoi ne le dirai-je point ? Toute criminelle que je suis et indigne de concevoir ce sentiment, j'aime celui qui, par amour pour les pécheurs, s'est fait homme pour les sauver. Je l'aime, et mon amour me presse ! Je ne puis pas supporter les délais, j'ai hâte de le voir et de lui ouvrir mon âme où il lira mon repentir et mon amour.
 
Sans doute, il en coûtera quelque chose à l'amour-propre de se donner ainsi en spectacle et de se convertir avec un tel éclat. Mais cette humiliation sera pour la pécheresse un moyen d'expier ses fautes et de toucher le cœur de Dieu, par une générosité héroïque. Marie-Madeleine le comprend : elle choisit les circonstances qui sont le mieux faites pour accroître le mérite de cette expiation. C'est la maison du pharisien, c'est la salle du festin, c'est  le moment même du festin qu'elle choisit. Sa démarche en sera plus éclatante, sa rupture avec le monde plus solennelle, son engagement à Jésus-Christ plus authentique.
 
Mon cœur se reporte volontiers à ce moment sublime qui provoque l'admiration de l’Évangéliste, quand il s'écrie : « Et voici qu'une femme !... » La pauvre pécheresse, comme une brebis égarée qui rentre au bercail, se précipite dans la maison de Simon, comme un cerf altéré qui court après les eaux vives ; ce cœur blessé par l'amour divin arrive, tout haletant, pour étancher sa soif aux sources du Sauveur. Laissez, laissez passer Madeleine ! Laissez-la entrer... Jésus l'attend, et elle n'a plus de repos jusqu'à ce qu'elle l'ait rencontré.
 

Résolution : Veiller soigneusement aux inspirations et aux mouvements de la grâce, pour ne jamais laisser passer l'instant favorable.

Bouquet spirituel : « Dès qu'elle sut que Jésus était chez Simon ». (Luc 7, 37).


 

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Christ Mary Magdalene a

 

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