Le Mois de Sainte Marie Madeleine

 

Martha-and-Mary

 

Douzième jour

12 juillet

 

La meilleure part

 

Prélude : Marie, assise aux pieds du Seigneur, écoute sa parole.

 

Méditation

 

« Marthe, raconte le saint Evangile, s'empressait à toutes sortes de choses du service, et, s'étant mise debout devant le Seigneur, elle lui dit : « Seigneur, est-ce que vous ne vous inquiétez pas de voir que ma sœur me laisse servir toute seule ? Dites-lui donc de m'aider ». Et le Seigneur, répondant, lui dit : « Marthe, Marthe, vous vous préoccupez et vous vous troublez de bien des choses. Or, il n'y en qu'une de nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, qui ne lui sera point enlevée ».

Il me semble, dit sainte Thérèse, s'adressant à Notre Seigneur, que Marthe ne se plaignait pas seulement de sa sœur, mais son plus grand déplaisir venait sans doute de ce quelle se persuadait que vous ne la plaigniez pas tant que sa sœur : cette disposition de son esprit paraît encore plus clairement en ce que, sans dire une seule parole à sa sœur, toute sa plainte s'adresse à vous, et la violence de son amour lui donne même la hardiesse de vous dire que vous ne preniez pas garde que sa sœur ne l'aidait point à vous servir. Votre réponse, mon Seigneur, témoigne que sa plainte procédait en effet de cette cause, puisque vous lui déclarez que l'amour est ce qui donne le prix à tout, et que cette unique chose nécessaire dont vous vouliez parler est d'avoir un si grand amour pour vous, que rien ne puisse être capable de nous divertir de vous aimer !…

Saint Augustin s'est arrêté avec complaisance devant ce tableau si doux et si instructif. « Jésus, dit le grand docteur, avait été pris pour juge, il se fit avocat, répondant pour Marie. « Marthe, Marthe, je vous vois bien inquiète et troublée ». Cet emploi du nom propre est un signe d'amitié. Cette répétition du nom indique l'importance de l'enseignement qui va être donné et le besoin qu'a Marthe de se calmer. « Or, une seule chose est nécessaire : dans le repas que vous me préparez, un seul mets, ainsi que le veulent la tempérance et la pauvreté, dont nous faisons profession ; et dans l'ordre du salut, l'union de l'âme avec Dieu par la contemplation, l'amour, les saints désirs. - « Marie a choisi la meilleure part qui ne lui sera point ôtée ». Elle l'a choisie librement, cette part, et je l'avais choisie pour elle. Son cœur, naturellement porté à l'amour, et qui avait péché par amour, a voulu, sous l'inspiration de ma grâce qui s'adapte au caractère et sans détruire les passions leur substitue un objet saint, suivre son penchant à l'amour et tout réparer par amour. Désormais l'amour sera son office, son genre de sainteté, sa récompense et sa gloire. Elle prélude à mes pieds dans les ombres de la foi aux extases du ciel, où Dieu sera vu face à face, et aimé non d'un amour commencé, mais parfait, où la joie n'entrera pas seulement goutte à goutte dans l'âme, mais ou l'âme entrera, se plongera pour jamais dans la joie de son Seigneur. Ce que fait Marie en ce moment, elle le fera tant que je serai parmi vous, elle le fera après mon départ jusqu'à sa mort, elle le fera éternellement dans le royaume de son Père. L'unique nécessaire, c'est moi, votre vie et votre salut ; c'est Jésus que Marie possède, qu'elle tient, dont elle ne se séparera plus.

Marthe et Marie, observent les commentateurs, figuraient les deux vies qui partagent l’Église en et qui, dans leur diversité et leur union, en font la force et la beauté : l'action et la contemplation. Jésus donc nous déclare là que la vie contemplative l'emporte en dignité, en excellence, mérite, sur la vie active.

Enfin, - et j'aime beaucoup cette conclusion de Lacordaire, - qu'était-ce que cette meilleure part, sinon un amour plus grand de Notre-Seigneur, mérité par un amour plus parfait ? Marthe servait, Marie écoutait et contemplait ; Marthe se tenait debout, Marie était assise aux pieds du Sauveur ; Marthe se plaignait, Marie se taisait. Entre ces deux affections si différemment exprimées, il est impossible d'hésiter. En déclarant celle de Marie préférable, Jésus la disait nécessairement préférée, et préférée avec cette promesse que la meilleure part lui resterait à jamais.

 

Résolution : Unir toujours la contemplation à l'action, pour sanctifier celle-ci par celle-là et pour plaire à Jésus, qui regarde surtout le cœur et l'amour.

Bouquet spirituel : « Madeleine a choisi la meilleure part ». (Luc 10, 42).

 

Vita marie madeleine

 

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