31 décembre 2016

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

familia-martin1a

Dimanche 1er Janvier 2017

Miracles

 

Le procès de Louis commence à Lisieux, le 22 mars 1957 et est clôturé le 12 février 1960. le procès de Zélie est quant à lui instruit à Sées. Chose heureuse, les deux causes sont réunies en 1971. le 26 mars 1994, le Pape Jean Paul II signe les décrets d'héroïcité de leurs vertus et les proclame tous les deux Vénérables. Le 10 juin 2003, l'archevêque de Milan le Cardinal Tettamanzi clôture le miracle attribué à l'intercession de Louis et Zélie Martin, pour la guérison subite et inexpliquée d'un enfants né le25 mai 2002 avec de graves problèmes respiratoires à Monza. Cette guérison est reconnue comme miraculeuse le 3 juillet 2008 par le Pape Benoît XVI et ouvre à la voie à la béatification.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (pour deux de ses filles) Pour mon diamant et ma perle fine !: « Que pouvez-vous voir ailleurs que vous ne voyiez où vous êtes ? Vous avez devant les yeux le Ciel et la terre et tous les éléments. (…) Que pouvez-vous voir, en quelque lieu que ce soit, qui puisse longtemps demeurer stable sous le soleil ? » (Texte tiré de L'Imitation, copié de la main de Louis).

Parole de Dieu : « Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire » (Jean 1, 14).

 

Dans ma vie

 

Le langage fleuri de Louis Martin est à l'image de sa personnalité. Il connaît la valeur d'une belle montre en or et sait de quoi il parle quand il emploie le vocabulaire du bijoutier en parlant de ses filles : « Mon diamant, ma perle fine... ». La figure paternelle de Louis est marquée par le fait qu'il fut le père d'une fratrie de filles : de telles filles pour un tel homme ! Nous n'oublions pas ses fils décédés en bas âge et qui ornent son pêle-mêle familial de manière discrète et glorieuse tout en même temps. Pourquoi ne pourrions-nous pas les invoquer, eux aussi ?

Effet de Conversion : Si je le peux, j'irai à la Messe aujourd'hui et confierai à Notre Dame, Marie, Mère de Dieu, ma patrie la France et le monde. Pour que la Paix de Noël règne.

 

Avant l'Epiphanie

po15-0008-1-poster-saints-louis-et-zelie-martin-canonisation-18-octobre-2015

Lundi 2 janvier

Modèle de sainteté

 

Louis et Zélie ont été officiellement proclamés Bienheureux, à Lisieux, le dimanche 19 octobre 2008, lors d'une célébration présidée par le Cardinal José Saraiva Martins, sous le pontificat de Benoît XVI. En déclarant Bienheureux Louis et Zélie Martin d'Alençon, l’Église Catholique offre à tous les couples de la terre un modèle indiquant un chemin de sainteté à part entière. C'est le second couple béatifié. Auparavant en 2001, un coupe italien, Luigi et Maria Beltrame-Quattrocchi, avait été porté à l'honneur des autels.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à sa fille Pauline à propos d'un pèlerinage à Lourdes) Au commencement, ton père n'approuvait pas que je vous emmène toutes les trois, mais maintenant, il le désire, disant qu'on ne peut faire trop de sacrifices pour obtenir un si grand miracle. (…) Nous devons nous mettre dans la disposition d'accepter généreusement la Volonté du Bon Dieu, quelle qu'elle soit, car ce sera toujours ce qu'il peut y avoir de meilleur pour nous » (Zélie).

Parole de Dieu : « La sagesse de l'homme fait luire son visage et son air austère est changé ». (Ecclésiaste 8, 1).

 

Dans ma vie

 

La Volonté de Dieu est notre boussole. Point de fécondité en dehors de l'acceptation sereine et paisible du bon vouloir divin. Oublions-nous qu'en toute chose nous sommes entre les mains de Dieu ? Ni la mort, ni la vie, ni le présent, ni l'avenir, rien ne pourra nous séparer de l'amour du Christ, lisons-nous dans les Saintes Ecritures. Plaçant ainsi notre espérance dans les choses qui demeurent, nous marcherons en présence de Dieu au milieu des vicissitudes de l'existence avec la légèreté d'un moineau qui vole de branches en branches. Rien ne pourra nous séparer de l'amour du Christ.

Effet de Conversion : Je remplacerai une connexion internet ou un appel téléphonique superflu par un Notre Père récité lentement à l'intention de mes ennemis.

 

Mardi 3 janvier

« Signes du Ciel »

 

Voici ce que disait le Cardinal Saraiva Martins lors de la béatification : « Thérèse écrivait dans l'Histoire d'une âme : Pardonne-moi Jésus, si je déraisonne en voulant te dire mes désirs, mes espérances qui touchent à l'infini, pardonne-moi et guéris mon âme en lui donnant ce qu'elle espère (Ms B 2v). Jésus a toujours exaucé les désirs de Thérèse. Il s'est même montré généreux dès avant sa naissance puisque, comme elles l'écrivait à l'Abbé Bellière – que beaucoup connaissent désormais par cœur - : « Le Bon dieu m'a donné un père et une mère plus dignes du Ciel que de la terre » (Lt 261).

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) Si la Sainte Vierge ne me guérit pas, je la supplierai de guérir mon enfant, d'ouvrir son intelligence et d'en faire une sainte. Ainsi, laissons toutes les affaires comme elles sont arrangées, elles me paraissent très bien, puis remettons-nous entre les mains de Dieu » (Zélie).

Parole de Dieu : « Je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent » (Jean 10, 14).

 

Dans ma vie

 

Notre demeure est dans le Ciel. Les souffrances du monde présent ne doivent pas nous faire redouter la bonté de Dieu qui permet ce qui nous arrive pour que nous nous approchions toujours plus à Lui. Les choses agréables, pour le remercier, et les plus difficiles pour compter d'avantage sur Sa Miséricorde. Nous ne pouvons rien sans Lui : c'est la raison pour laquelle Il permet que nous vivions de lourdes épreuves, qui ne sont pas là pour nous assommer mais pour éprouver notre foi en Lui. Nous sommes faits pour le Ciel. Et le Ciel commence aujourd'hui, dira la Petite Thérèse, à condition que nous ne lâchions jamais la main de la Divine Miséricorde.

Effet de Conversion : Je choisis de me priver de quelque chose en offrant cette contrariété pour le Pape, les évêques et pour les prêtres.

 

Mercredi 4 janvier

Reflet de l'amour

 

« L'amour conjugal de Louis et Zélie est un pur reflet de l'amour du Christ pour son Eglise; il est aussi un pur reflet de l'amour dont l'Eglise aime son Epoux:  le Christ. Le Père nous a choisis avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irréprochables sous Son regard, dans l'amour (Ep 1, 4). Louis et Zélie ont témoigné de la radicalité de l'engagement évangélique de la vocation au mariage jusqu'à l'héroïsme. Ils n'ont pas craint de se faire violence à eux-mêmes pour ravir le Royaume des cieux ». (Cardinal Martins).

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à des amis) « Dieu a béni la maison d’Aaron », il a béni aussi la maison Nogrix (famille destinataire de la missive), car ta famille « file un bon nœud » ; espérons que le vent ne changera pas que tous ne soient rendus à bon port. (...) Thérèse, ma petite reine, est entrée hier au Carmel !... Dieu seul peut exiger un tel sacrifice... Ne me plaignez pas, car mon cœur surabonde de joie ». (Louis).

Parole de Dieu : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit ».

 

Dans ma vie

 

« Filer un bon nœud », écrit Louis Martin. Filer un bon nœud, c'est faire fi des mauvais courants et des vents contraires. C'est se jouer des avaries en tous genres par une bonne préparation : rien de ce qui nous arrive ne doit être vécu en dehors de Dieu, les bonnes choses comme les tristes. Filer un bon nœud, c'est ne pas lâcher le cap qu'est le Christ en laissant les monstres marins, les dragons, s'enfoncer toujours plus loin dans les abysses. Avec Notre Dame, « Marie-des-Flots », filer un bon nœud c'est enfin ne jamais oublier que la lumière du phare, c'est la doctrine Catholique.

Effet de Conversion : Je choisis de vivre ma prochaine Messe comme une occasion de m'offrir tout entier à la suite de Jésus. Comme il l'a fait pour la Vierge Marie. Je demanderai au Seigneur de consacrer mon offrande pour lui faire porter du fruit.

 

Jeudi 5 janvier

Marcher humblement

 

« Quel est le secret de la réussite de leur vie chrétienne? On t'a fait savoir, homme, ce qui est bien, ce que Dieu réclame de toi:  rien d'autre que pratiquer la justice, aimer la miséricorde, et marcher humblement avec ton Dieu (Mi 6, 8). Louis et Zélie ont marché humblement avec Dieu à la recherche de l'avis du Seigneur. Maître donne-nous ton avis. Ils cherchaient l'avis du Seigneur. Ils étaient assoiffés de l'avis du Seigneur. Ils aimaient l'avis du Seigneur. Ils se sont conformés à l'avis du Seigneur sans récriminer ». (Cardinal Martins).

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) Le cou était pris de tous les côtés et de bouger le plus légèrement me mettait dans des douleurs atroces. (…) Il a fallu gémir toute la nuit; Louis, Marie et la bonne sont demeurés près de moi. Ce pauvre Louis, de temps en temps, me prenait dans ses bras comme une enfant. (...) La Sainte Vierge ne m'a pas guérie à Lourdes, que voulez-vous c'est que mon temps est fait et que le bon Dieu veut que je me repose ailleurs que sur la terre ». (Zélie)

Parole de Dieu : « Quiconque accueille ce petit enfant à cause de Mon Nom ; c'est moi qu'il accueille. Et celui qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé. (Luc 9, 48).

 

Dans ma vie

 

« Ce pauvre Louis me prenait dans ses bras comme une enfant », nous dit Zélie, alors qu'elle est en phase presque terminale de son cancer. Imaginons la scène et recueillons-nous. Savons-nous que Dieu nous prends dans ses bras lorsque nous souffrons ? Que celui qui est affligé de la maladie d'un très proche est lui-même enserré dans les bras généreux du Crucifié ? Ô divines plaies qui, au contact de notre pauvre être, réveillent en nous l'espérance de la résurrection... ayez pitié de nous.

Effet de Conversion : J'essaie de programmer la visite à un malade, à une personne handicapée, par amour pour le Christ.

 

Vendredi 7 janvier

Dieu premier servi

 

« Pour être sûrs de marcher dans le véritable avis du Seigneur, ils se sont tournés vers l'Eglise, experte en humanité, mettant tous les aspects de leur vie en harmonie avec les enseignements de l'Eglise. Pour les époux Martin, ce qui est à César et ce qui est à Dieu était très clair. Messire Dieu, premier servi, disait Jeanne d'Arc. Les Martin en ont fait la devise de leur foyer:  chez eux Dieu avait toujours la première place dans leur vie. Madame Martin disait souvent:  Dieu est le Maître. Il fait ce qu'Il veut. Monsieur Martin lui faisait écho en reprenant:  Dieu, premier servi. Lorsque l'épreuve atteignit leur foyer, leur réaction spontanée fut toujours l'acceptation de cette volonté divine ». (Cardinal Martins).

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à ses filles carmélites) Je tiens à vous dire, mes chères enfants, que je suis pressé de remercier le Bon Dieu, car je le sens notre famille, quoique très humble, a l'honneur d'être au nombre des privilégiées de notre adorable Créateur » (Louis).

Parole de Dieu : Le Verbe était la lumière véritable qui éclaire tout homme » (Jean 1, 9).

 

Dans ma vie

 

Les chrétiens sont des privilégiés. Par les eaux du saint baptême, ils ont été renouvelés dans le mystère d'amour qui a présidé à leur création. La mission des Saints Louis et Zélie Martin commence tout juste. Dans le mystère de la communion des élus, nous sommes pris, non pas au piège, mais dans le rayonnement d'un amour inouï dont l'épicentre est la Sainte Trinité. Louis et Zélie se sont laissés saisir par cet amour ; ils ont choisi de dire oui à Dieu et aux préceptes de l'Eglise, de ne rien garder pour eux. En ferons-nous autant ? Nous avons tant à gagner : la vie éternelle.

Effet de Conversion : pour nourrir mon oraison, je lirai le prologue de l'Evangile selon Saint Jean. Je m'arrêterai plusieurs fois au cours de la lecture pour laisser descendre en mon âme la parole qui donne vie à mon être.

 

Reliquaire-poux-Martin

Samedi 8 janvier

La Béatification de Louis et Zélie Martin

 

Le premier miracle des Bienheureux Louis et Zélie Martin

 

Pietro, l’enfant miraculé grâce à l’intercession des bienheureux Louis et Zélie Martin.

 

« Je suis né malade, et quand j’étais malade, les époux Martin ont demandé à Jésus de me guérir et Il m’a guéri ».C’est ainsi que le petit Pietro Schilirò, âgé de six ans, explique le miracle de sa guérison alors qu’il était encore nouveau-né. Walter et Adèle, les parents du petit garçon, ont confié Pietro à l’intercession des époux Martin, Marie Zélie Guérin (1831-1877) et Louis Martin (1823-1894), parents de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Ce miracle a permis la béatification du couple, qui a eu lieu le 19 octobre 2008, à la Basilique de Lisieux en France, précédée par la messe d’ouverture de la béatification à la basilique Notre-Dame d’Alençon.

 

Histoire d’un miracle

 

Pietro est le dernier d’une famille de cinq enfants. Il est né à Milan le 25 mai 2002. Dès le premier jour de sa naissance, il présente une grave malformation  pulmonaire, et doit rester à l’hôpital et suivre une thérapie intensive pour pouvoir respirer. Le père raconte :« Nous avons tout de suite compris que la maladie était très grave et qu’il n’y avait aucune chance de guérison. On nous a demandé de lui faire une radiographie des poumons pour voir ce qu’il en était ». Une biopsie s’avérait indispensable, mais comportait un grand risque pour le petit garçon. Aussi les parents décident de faire baptiser l’enfant sur-le-champ. Ils demandent alors à un carme italien, le P. Antonio Sangalli, d’administrer le sacrement. Le prêtre leur offre une petite image des époux Martin.« Ils avaient perdu quatre enfants en bas âge, explique Adèle, la maman de Pietro : les prier nous aurait aidés et soutenus dans la situation que nous étions en train de vivre et dans ce que le Seigneur nous demandait à ce moment-là ».

Les époux Schilirò savaient peu de choses de la vie de Zélie et Louis  en dehors de  ce qu’ils avaient lu dans les écrits de la petite Thérèse. Dans l’incertitude où ils se trouvaient  quant à la santé du petit Pietro, ils découvrirent une « mystérieuse proximité avec les époux Martin », avoue Walter.« C’est alors que nous avons osé demander au Seigneur ce qui nous tenait à cœur : la guérison de  Pietro. Le Seigneur avait mis entre nos mains les époux Martin », se rappelle Adèle. Au sein de leur souffrance, et à la vue de leur bébé relié à tant d’appareils artificiels pour pouvoir respirer, Adèle et Walter ont compris qu’ils devaient demander à Dieu de leur faire connaître Sa volonté pour Pietro.« Ce qui a été très important pour nous, car cela nous a aidé à regarder ce que notre enfant était en train de vivre. Il vivait pleinement sa vocation à travers ce qu’il faisait dans la souffrance et ce qu’il portait. Il participait au salut des âmes avec Jésus et, pour nous, cela a été le premier miracle ».

Le 26 juin Pietro a eu une grave crise d’insuffisance respiratoire. « Ce n’était plus qu’une question d’heures ou de quelques jours, nous ont dit les médecins. De toute façon, il n’y avait pas d’espoir pour Pietro », a poursuivi Adèle. Après avoir récité plusieurs fois la neuvaine aux époux Martin, le 29 juin, jour où l’Eglise célèbre la fête de saint Pierre et saint Paul, Pietro a commencé à montrer des signes d’amélioration. En l’espace de deux semaines, l’enfant pouvait respirer par lui-même, sans oxygène, et les médecins retinrent la guérison comme « un fait surprenant ». Les parents en parlèrent au père Antonio, et c’est ainsi que le prêtre devint vice-postulateur de la cause de béatification de Zélie et Louis.

« Nous débordons vraiment de gratitude. Nous ne le méritons pas, nous nous sentons dépassés », assure Adèle. Walter ajoute : « Il n’y a aucun mérite de notre part, absolument aucun. Ce qui est arrivé à Pietro rejaillit sur toute l’Eglise. C’est si vrai que nous sommes ici, aujourd’hui, pour remettre au pape cette relique, qui représente un grand signe pour toute l’Eglise ». Aujourd’hui, Pietro est un enfant normal : il joue, va à l’école et sait parfaitement que sa guérison est due au miracle obtenu par l’intercession des époux Martin. « Tous les soirs il récite avec nous, en famille, la prière des Martin pour intercéder en faveur des personnes qui nous demandent leurs prières », dit Adèle. « Il prie aussi pour le pape et tous nos chers amis prêtres, et pour toute une liste de personnes, ce qui prend toute la soirée », ajoute Walter.

Les parents de Pietro comprennent très bien ce que signifie se confier à la Providence quand on souffre pour la santé de ses enfants : « Je dirais aux parents d’enfants malades de ne pas perdre espoir, de se rapprocher du Christ à travers ses saints. Oser demander parce que le Seigneur est un Père qui est bon. Et il faut avoir cette force de comprendre que ce qui arrive est pour notre bien ».

« Au moment de l’épreuve, le Seigneur exige vraiment beaucoup de nous, mais si on met en Lui notre espérance et notre confiance, le Seigneur nous comble bien davantage encore. Il faut demander avant tout la conversion du cœur. C’est la première guérison à demander, toujours », recommande Adèle. (texte de Carmen Elena Villa Traduit de l’italien par E. de Lavigne, source ; Zenit.org, extrait du site http://louiszeliemartin-alencon.fr )

 

Parole de Dieu : « Mes bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour vient de Dieu. Tous ceux qui aiment Dieu sont enfants de Dieu, et ils connaissent Dieu. Celui qui n’aime pas ne connaît pas Dieu, car Dieu est amour.

 

Homélie du Cardinal José Saraiva Martins,

prononcée lors de la Messe de Béatification de Louis et Zélie Martin à Lisieux, le 19 octobre 2008

 

Thérèse écrivait dans l'Histoire d'une âme :  Pardonne-moi Jésus, si je déraisonne en voulant te dire mes désirs, mes espérances qui touchent à l'infini, pardonne-moi et guéris mon âme en lui donnant ce qu'elle espère!... (Ms B 2v). Jésus a toujours exaucé les désirs de Thérèse. Il s'est même montré généreux dès avant sa naissance puisque, comme elle l'écrivait à l'abbé Bellière - que beaucoup connaissent désormais par cœur -:  le bon Dieu m'a donné un père et une mère plus dignes du Ciel que de la terre (Lt 261).

Je viens de terminer le rite de béatification par lequel le Saint-Père a inscrit les deux époux conjointement dans l'Album des Bienheureux. C'est une grande première que cette béatification de Louis Martin et Zélie Guérin, que Thérèse définissait comme parents sans égaux, dignes du Ciel, terre sainte, comme toute imprégnée d'un parfum virginal (cf. Ms A).

Mon cœur rend grâce à Dieu pour ce témoignage exemplaire d'amour conjugal, susceptible de stimuler les foyers chrétiens dans la pratique intégrale des vertus chrétiennes comme il a stimulé le désir de sainteté chez Thérèse.

Pendant que je lisais la Lettre apostolique du Saint-Père, je pensais à mon père et à ma mère et je voudrais, en ce moment, que vous aussi pensiez à votre père et à votre mère et qu'ensemble nous remercions Dieu de nous avoir créés et fait chrétiens à travers l'amour conjugal de nos parents. Recevoir la vie est une chose merveilleuse mais, pour nous, il est plus admirable encore que nos parents nous aient amenés à l'Eglise qui seule est capable de faire des chrétiens. Personne ne peut se faire chrétien soi-même.

Parmi les vocations auxquelles les hommes sont appelés par la Providence, le mariage est l'une des plus nobles et des plus élevées. Louis et Zélie ont compris qu'ils pouvaient se sanctifier non pas malgré le mariage mais à travers, dans et par le mariage, et que leurs épousailles devaient être considérées comme le point de départ d'une montée à deux. Aujourd'hui, l'Eglise n'admire pas seulement la sainteté de ces fils de la terre de Normandie, un don pour tous, mais elle se mire dans ce couple de bienheureux qui contribue à rendre la robe de mariée de l'Eglise, plus belle et splendide. Elle n'admire pas seulement la sainteté de leur vie, elle reconnaît dans ce couple la sainteté éminente de l'institution de l'amour conjugal, telle que l'a conçue le Créateur Lui-même. L'amour conjugal de Louis et Zélie est un pur reflet de l'amour du Christ pour son Eglise; il est aussi un pur reflet de l'amour dont l'Eglise aime son Epoux:  le Christ. Le Père nous a choisis avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irréprochables sous Son regard, dans l'amour (Ep 1, 4).

Louis et Zélie ont témoigné de la radicalité de l'engagement évangélique de la vocation au mariage jusqu'à l'héroïsme. Ils n'ont pas craint de se faire violence à eux-mêmes pour ravir le Royaume des cieux et ainsi ils sont devenus la lumière du monde que l'Eglise aujourd'hui met sur le lampadaire afin qu'ils brillent pour tous ceux qui sont dans la maison (Eglise). Ils brillent devant les hommes afin que ceux-ci voient leurs bonnes œuvres et glorifient notre Père qui est dans les cieux. Leur exemple de vie chrétienne est telle une ville située sur une montagne qui ne peut être cachée (cf. Mt 5, 13-16).

Quel est le secret de la réussite de leur vie chrétienne? On t'a fait savoir, homme, ce qui est bien, ce que Dieu réclame de toi:  rien d'autre que pratiquer la justice, aimer la miséricorde, et marcher humblement avec ton Dieu (Mi 6, 8). Louis et Zélie ont marché humblement avec Dieu à la recherche de l'avis du Seigneur. Maître donne-nous ton avis. Ils cherchaient l'avis du Seigneur. Ils étaient assoiffés de l'avis du Seigneur. Ils aimaient l'avis du Seigneur. Ils se sont conformés à l'avis du Seigneur sans récriminer. Pour être sûrs de marcher dans le véritable avis du Seigneur, ils se sont tournés vers l'Eglise, experte en humanité, mettant tous les aspects de leur vie en harmonie avec les enseignements de l'Eglise.

Pour les époux Martin, ce qui est à César et ce qui est à Dieu était très clair. Messire Dieu, premier servi, disait Jeanne d'Arc. Les Martin en ont fait la devise de leur foyer:  chez eux Dieu avait toujours la première place dans leur vie. Madame Martin disait souvent:  Dieu est le Maître. Il fait ce qu'Il veut. Monsieur Martin lui faisait écho en reprenant:  Dieu, premier servi. Lorsque l'épreuve atteignit leur foyer, leur réaction spontanée fut toujours l'acceptation de cette volonté divine. Ils ont servi Dieu dans le pauvre, non par simple élan de générosité, ni par justice sociale, mais simplement parce que le pauvre est Jésus. Servir le pauvre, c'est servir Jésus, c'est rendre à Dieu ce qui est à Dieu:  chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait (Mt 25, 34-40). Dans quelques instants nous proclamerons notre profession de foi que Louis et Zélie ont répétée tant de fois à la messe et qu'ils ont enseignée à leurs enfants. Après avoir confessé la sainte Eglise catholique, le symbole des apôtres ajoute la Communion des saints.

Je croyais, disait Thérèse, je sentais qu'il y a un ciel et que ce Ciel est peuplé d'âmes qui me chérissent, qui me regardent comme leur enfant... (Ms B).

Dans ce Ciel peuplé d'âmes, nous pouvons compter désormais les bienheureux Louis et Zélie, que pour la première fois, nous invoquons publiquement:  Louis et Zélie priez Dieu pour nous. Je vous en prie chérissez-nous, regardez-nous comme vos enfants, chérissez l'Eglise entière, chérissez surtout nos foyers et leurs enfants.

Louis et Zélie sont un don pour les époux de tous âges par l'estime, le respect et l'harmonie avec lesquels ils se sont aimés pendant 19 ans. Zélie écrivait à Louis:  Je ne puis pas vivre sans toi, mon cher Louis. Il lui répondait:  Je suis ton mari et ami qui t'aime pour la vie. Ils ont vécu les promesses du mariage:  la fidélité de l'engagement, l'indissolubilité du lien, la fécondité de l'amour, dans le bonheur comme dans les épreuves, dans la santé comme dans la maladie.

Louis et Zélie sont un don pour les parents. Ministres de l'amour et de la vie, ils ont engendré de nombreux enfants pour le Seigneur. Parmi ces enfants, nous admirons particulièrement Thérèse, chef d'œuvre de la grâce de Dieu mais aussi chef d'œuvre de leur amour envers la vie et les enfants. Louis et Zélie sont un don pour tous ceux qui ont perdu un conjoint. Le veuvage est toujours une condition difficile à accepter. Louis a vécu la perte de sa femme avec foi et générosité, préférant, à ses attraits personnels, le bien de ses enfants.

Louis et Zélie sont un don pour ceux qui affrontent la maladie et la mort. Zélie est morte d'un cancer, Louis a terminé son existence, éprouvé par une artériosclérose cérébrale. Dans notre monde qui cherche à occulter la mort, ils nous enseignent à la regarder en face, en s'abandonnant à Dieu.

Enfin je rends grâce à Dieu, en cette 82e journée mondiale des missions, car Louis et Zélie sont un modèle exemplaire de foyer missionnaire. Voilà la raison pour laquelle le Saint Père a voulu que la béatification se réalise en cette journée si chère à l'Eglise universelle, comme pour unir les maîtres Louis et Zélie à la disciple Thérèse, leur fille, devenue Patronne des missions et Docteur de l'Eglise. Les témoignages des enfants Martin au sujet de l'esprit missionnaire qui régnait dans leur foyer sont unanimes et frappants:  Mes parents s'intéressaient beaucoup au salut des âmes... Mais l'œuvre d'apostolat la plus connue chez nous était la propagation de la foi pour laquelle, chaque année, nos parents faisaient une très belle offrande. C'est encore ce zèle des âmes qui leur faisait tant désirer avoir un fils missionnaire et des filles religieuses.

Tout récemment, le cardinal Dias, préfet de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples (Propagande Fide) écrivait:  Pour un disciple du Christ, annoncer l'Evangile n'est pas une option mais un commandement du Seigneur... Un chrétien doit se considérer en mission (...) pour répandre l'Evangile dans chaque cœur, dans chaque maison, dans chaque culture (Conférence de Lambeth, 23 juillet 2008).

Puissent, mes frères, vos familles, vos paroisses, vos communautés religieuses, de Normandie, de France... et du monde entier, être aussi des foyers saints et missionnaires, comme l'a été le foyer des bienheureux époux Louis et Zélie Martin. Amen.

 

0690116618109

Epiphanie du Seigneur

Dimanche 8 janvier

 

La Canonisation de Louis et Zélie Martin

 

Louis et Zélie Martin ont donc été béatifiés à Lisieux, le 19 octobre 2008. Pour qu’ils soient canonisés, il était nécessaire que l’Eglise reconnaisse un miracle survenu par leur intercession. Il a été obtenu en faveur d’une enfant prématurée de Valencia, en Espagne.

Carmen naît le 15 octobre 2008, après 28 semaines d’une grossesse très difficile. « Préparez-vous au pire » annonce la sage-femme. Les complications, fréquentes chez un grand prématuré, se multiplient : détresse respiratoire, cardiaque, double septicémie, hémorragie cérébrale au stade le plus avancé, etc.

L’enfant ayant vu le jour pour la Fête de sainte Thérèse d’Avila, le Papa se rend dans un carmel en dehors de la ville. Les soeurs prennent cette intention à coeur. Les parents viennent chaque dimanche à la Messe et repartent vite à l’hôpital. Fin novembre, le cas semble désespéré. Pour la première fois la maman a le droit de toucher son bébé, la couveuse reste ouverte. La famille commence à évoquer l’inhumation.

Le 23 novembre, la Prieure du Carmel remet aux parents la prière à Louis et Zélie en espagnol. Ils ne les connaissaient pas du tout, pas plus que leur célèbre fille Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face. Dès le lendemain a lieu un changement d’Hôpital providentiel. Contrairement à toute attente, Carmen le supporte, l’infection est jugulée. Elle commence à récupérer, au point de sortir le 2 janvier 2009.

Un point reste très préoccupant : l’hémorragie cérébrale dilate son crâne et la fait souffrir. Un examen est prévu le 19 février. Il faudra probablement opérer. Nouvelle « offensive » de prière aux Parents Martin dont le Reliquaire passe providentiellement au Sanctuaire de Llerida juste avant. Le père de Carmen, le grand frère Ismaël (né en 2004), et les grands-pères s’y rendent pour remercier et intercéder. De leur monastère, les carmélites se joignent à leur prière. Quelques jours après, l’échographie révèle que l’hémorragie cérébrale a disparu, on ne constate plus que les cicatrices et, ce qui est le plus surprenant (à ce jour les médecins ne peuvent l’expliquer), l’absence totale de séquelles neurologiques ou motrices. Cette guérison inexpliquée a été reconnue comme miracle par le Pape François, à Rome, le 18 mars 2015, permettant ainsi la canonisation des Bienheureux Parents Martin (d'après un texte extrait du site www.eglise.catholique.fr )

 

Homélie prononcée par le Pape François,

lors de la Messe de Canonisation de Louis et Zélie Martin

à Rome, 18 octobre 2015

 

Les lectures bibliques nous présentent (...) le thème du service et nous appellent à suivre Jésus sur le chemin de l’humilité et de la croix.

Le prophète Isaïe décrit la figure du Serviteur du Seigneur (53, 10-11) et sa mission de salut. Il s’agit d’un personnage qui ne se vante pas de généalogies illustres, il est méprisé, évité par tous, expert en souffrance. Quelqu’un à qui on n’attribue pas d’entreprises grandioses, ni de discours célèbres, mais qui mène à son accomplissement le plan de Dieu à travers une présence humble et silencieuse et à travers sa propre souffrance. Sa mission, en effet, se réalise au moyen de la souffrance, qui lui permet de comprendre ceux qui souffrent, de porter le fardeau des fautes d’autrui et de les expier. L’exclusion et la souffrance du Serviteur du Seigneur, prolongées jusqu’à la mort, se révèlent féconde au point de racheter et de sauver les multitudes.

Jésus est le Serviteur du Seigneur : sa vie et sa mort, entièrement dans la forme du service (cf. Ph 2, 7), ont été cause de notre salut et de la réconciliation de l’humanité avec Dieu. Le kérygme, cœur de l’Évangile, atteste que dans sa mort et sa résurrection se sont accomplies les prophéties du Serviteur du Seigneur. Le récit de saint Marc décrit la scène de Jésus aux prises avec les disciples Jacques et Jean, qui – soutenus par leur mère – voulaient s’asseoir à sa droite et à sa gauche dans le royaume de Dieu (cf. Mc 10, 37), revendiquant des places d’honneur, selon leur vision hiérarchique du royaume même. La perspective dans laquelle ils se placent se révèle encore polluée par des rêves de réalisation terrestre. Jésus alors donne une première “secousse” à ces convictions des disciples rappelant son chemin sur cette terre : « La coupe que je vais boire, vous la boirez… quant à siéger à ma droite et à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela a été préparé » (vv. 39-40). Avec l’image de la coupe, il assure aux deux la possibilité d’être associés jusqu’au bout à son destin de souffrance, sans toutefois garantir les places d’honneur ambitionnées. Sa réponse est une invitation à le suivre sur le chemin de l’amour et du service, repoussant la tentation mondaine de vouloir exceller et commander aux autres.

Devant des gens qui intriguent pour obtenir le pouvoir et le succès, pour se faire voir, devant des gens qui veulent que leurs mérites personnels, leurs œuvres personnelles soient reconnus, les disciples sont appelés à faire le contraire. Il les avertit donc : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maître ; les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur » (vv. 42-44). Avec ces paroles, il indique le service comme style de l’autorité dans la communauté chrétienne. Celui qui sert les autres et est réellement sans prestige exerce la véritable autorité dans l’Église. Jésus nous invite à changer de mentalité et à passer de la convoitise du pouvoir à la joie de disparaître et de servir ; à extirper l’instinct de domination sur les autres et à exercer la vertu de l’humilité.

Et après avoir présenté un modèle à ne pas imiter, il s’offre lui-même comme idéal auquel se référer. Dans l’attitude du Maître, la communauté trouvera la motivation de la nouvelle perspective de vie : « Car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude » (v. 45). Dans la tradition biblique, le Fils de l’homme est celui qui reçoit de Dieu « domination, gloire et royauté » (Dn 7, 14). Jésus remplit d’un nouveau sens cette image et précise qu’il a le pouvoir en tant que serviteur, la gloire en tant que capable d’abaissement, l’autorité royale en tant que disponibilité au don total de sa vie. C’est en effet, par sa passion et sa mort qu’il conquiert la dernière place, atteint le maximum de grandeur dans le service, et en fait don à son Église.

Il y a incompatibilité entre une manière de concevoir le pouvoir selon des critères mondains et l’humble service qui devrait caractériser l’autorité selon l’enseignement et l’exemple de Jésus. Incompatibilité entre ambitions, arrivismes et suite du Christ ; incompatibilité entre honneurs, succès, réputation, triomphes terrestres et la logique du Christ crucifié. Il y a au contraire compatibilité entre Jésus “expert en souffrance” et notre souffrance. La Lettre aux Hébreux, qui présente le Christ comme le souverain prêtre qui partage en tout notre condition humaine, excepté le péché, nous le rappelle : « Nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché » (4, 15). Jésus exerce essentiellement un sacerdoce de miséricorde et de compassion. Il a fait l’expérience directe de nos difficultés, il connaît de l’intérieur notre condition humaine ; ne pas avoir fait l’expérience du péché ne l’empêche pas de comprendre les pécheurs. Sa gloire n’est pas celle de l’ambition ou de la soif du pouvoir, mais c’est la gloire d’aimer les hommes, d’assumer et de partager leur faiblesse et de leur offrir la grâce qui guérit, de les accompagner avec une infinie tendresse, de les accompagner sur leur chemin de souffrance.

Chacun de nous, en tant que baptisé, participe pour la part qui lui est propre au sacerdoce du Christ ; les fidèles laïcs au sacerdoce commun, les prêtres au sacerdoce ministériel. Tous nous pouvons donc recevoir la charité qui émane de son Cœur ouvert aussi bien pour nous-mêmes que pour les autres : en devenant des “canaux” de son amour, de sa compassion, spécialement envers tous ceux qui sont dans la douleur, dans l’angoisse, dans le découragement et dans la solitude.

Ceux qui aujourd’hui ont été proclamés saints ont constamment servi leurs frères avec une humilité et une charité extraordinaires, imitant ainsi le divin Maître. Saint Vincent Grossi a été un curé plein de zèle, toujours attentif aux besoins de ses gens, spécialement aux fragilités des jeunes. Pour tous, il rompait avec ardeur le pain de la Parole et il est devenu un bon samaritain pour les plus nécessiteux.

Sainte Marie de l’Immaculée Conception, en puisant aux sources de la prière et de la contemplation, a vécu en personne dans une grande humilité le service des derniers, avec une attention particulière aux enfants des pauvres et aux malades.

Les saints époux Louis Martin et Marie Azélie Guérin ont vécu le service chrétien dans la famille, construisant jour après jour une atmosphère pleine de foi et d’amour ; et dans ce climat ont germé les vocations de leurs filles, parmi lesquelles sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus.

Le témoignage lumineux de ces nouveaux Saints nous pousse à persévérer sur la route du service joyeux des frères, confiant dans l’aide de Dieu et dans la protection maternelle de Marie. Du ciel qu’ils veillent maintenant sur nous et nous soutiennent de leur puissante intercession !

 

Effet de conversion : Je remercie la Sainte Vierge pour sa présence, sa bienveillance et son soutien et je lui confie les années qui me restent à vivre sur cette terre : « Priez pour nous... maintenant et à l'heure de notre mort ».

 

Fin

 

Prochain mois de Dévotion

Le Mois du Cœur agonisant de Jésus

Rendez-vous le 15 février

 

 

Textes extraits du Hors Série de Parole et Prière, "Mon Avent avec Saints Louis et Zélie Martin", publié également en 2015 (pour les textes des semaines).

 

reliquaire_louis_et_zelie_martin_basilique_de_lisieux

Téléchargez les méditations de cette semaine (pdf) en cliquant ici

Téléchargez l'intégralité des Méditations de l'Avent avec Saints louis et Zélie Martin (pdf) en cliquant ici

 


24 décembre 2016

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

Images religieuses3

Nativité du Seigneur

 

Dimanche 25 décembre

 

La nouveauté de Dieu

 

Evangile de Jésus-Christ selon st Luc 2, 10-14

 

L’ange du Seigneur se présenta devant les bergers, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte. Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

Noël ! Le Verbe prend chair, Jésus naît. Marie et Joseph donnent au monde le Sauveur, les anges chantent « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ! » [Lc 2,14]. Les bergers accourent, les mages ne tarderont pas. C’est un instant de paix, un instant de bonheur mais aussi un instant d’épreuve : n’oublions pas que la venue au monde de Jésus advient dans l’inconfort d’une étable, suite au manque d’hospitalité des habitants de Bethléem. Qu’importe, Marie et Joseph ont donné le meilleur d’eux-mêmes et ce meilleur d’eux-mêmes a été… le Fils de Dieu lui-même !

Louis et Zélie ont également cherché à donner le meilleur d’eux-mêmes, là où ils étaient, appuyés sur une foi profonde parfois mise à rude épreuve, mais une foi solidement enracinée en Christ. Ce meilleur d’eux-mêmes s’est traduit là aussi par la venue au monde, par le don au monde, d’une enfant, ou plus exactement du dernier enfant de la famille, venant couronner l’éclat de la sainteté de Louis et Zélie. Deux semaines après cette heureuse naissance de 1873, Zélie témoigne dans une lettre de sa joie après la peine : « Je suis tout-à-fait rétablie maintenant, la petite va bien aussi, elle promet d’être très forte […] La petite n’est pas du tout difficile pendant le jour, mais la nuit elle nous fait souvent payer cher sa bonne journée. Hier soir, je l’ai tenue jusqu’à onze heures et demie, je n’en pouvais plus de lassitude ; après, heureusement, elle n’a fait que dormir. Cette enfant s’appelle Thérèse ; tout le monde me dit qu’elle sera belle, elle rit déjà. Je m’en suis aperçue pour la première fois mardi. J’ai cru que je me trompais, mais hier le doute n’était plus possible ; elle m’a regardée bien attentivement, puis elle m’a fait un sourire délicieux.Pendant que je la portais, j’ai remarqué une chose qui n’est jamais arrivée avec mes autres enfants : lorsque je chantais, elle chantait avec moi… Je vous le confie à vous, personne ne pourrait y croire. » (CF 85).

Eh bien, osons croire, comme Louis et Zélie donnant au monde Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, en la bonté de Dieu donnant le meilleur en nous ! L’Homme est fait pour donner et se donner lui-même, car il est – au fond de lui-même – Amour, créé à l’image de ce Dieu qui n’est qu’Amour (1 Jn 4,16). Que Louis et Zélie intercèdent ainsi pour nous, qu’ils nous apprennent à faire confiance en Notre-Père, à suivre Jésus-Christ, à être mus par l’Esprit : acceptons nous aussi d’être aimés et d’aimer à notre tour !

 

Fr. Cyril Robert, ocd (Paris)

 

Saint et Joyeux Noël à vous tous !

 

Octave de la Nativité

 

Hautz-9318L

Lundi 26 décembre

Prise d'habit

 

Un an après son entrée au Carmel de Lisieux, Thérèse prend l'habit. Nous sommes le 10 janvier 1889. En ce jour, la santé de Louis est stable : il peut descendre la nef de la chapelle conventuelle au bras de sa fille, qui écrit : « Jamais il n'avait été plus beau, plus digne. Il fit l'admiration de tout le monde ». Pourtant, un mois plus tard, un nouveau drame. Lors d'une crise sévère, Louis s'imagine en plein milieu d'une bataille et s'empare de son revolver. Appelé en hâte, l'oncle Isidore parvient à désarmer son beau-frère... Ce triste épisode implique une nouvelle prise de décision à l'endroit de Louis.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à sa fille Marie) Je pense souvent à vous toutes, et dernièrement, j'ai fait un très beau rêve où je te voyais si bien que c'était comme une réalité. Si je pouvais vous faire ressentir tout ce que j'éprouve en admirant les grandes et belles choses qui se déroulent devant moi ! Mon Dieu, que vos œuvres sont donc admirables ! (…) C'est trop, Seigneur, vous êtes trop bon pour moi ! » (Zélie).

 

Parole de Dieu : « Guéris-moi, Seigneur, et je serai guéri, sauve-moi, et je serai sauvé, car tu es ma louange ! » (Jérémie 17, 14).

 

Dans ma vie

 

L'habit religieux n'est ni un uniforme ni un déguisement. C'est la parure dont l'Esprit Saint revêt les êtres qu'il s'est réservés. Mis à part, les religieux sont mariés avec Dieu pour toujours. Et leurs noces sont continuelles : c'est la raison pour laquelle ils sont appelés à ne pas se départir de leur vêtement de fête. Même la nuit, ils sont nombreux à le conserver pour signifier qu'ils sont, comme dans un linceul, morts au monde et vivants en Jésus-Christ. Signe de pauvreté, l'habit religieux est une invitation à l'humilité : je ne suis rien sans Dieu qui me revêt de sa beauté.

 

Effet de Conversion : Je prends le temps de lire et de méditer l'Evangile de la Messe de la Nuit pour ensemencer mon âme de la Parole de Dieu qui nourrit et féconde.

 

Mardi 27 décembre

Humiliation

 

Le 12 février 1889, décision est prise par le médecin d'interner le malade Louis Martin à l'asile du Bon Sauveur, à Caen. Le vieillard y restera trois ans. Pendant longtemps, le personnel se souviendra de sa gentillesse et de sa docilité lors de ses longs moments de lucidité. Il faut bien reconnaître que l'épreuve est lourde. Louis accepte la situation avec courage et résignation. « Je sais pourquoi le Bon Dieu m'a donné cette épreuve : je n'avais jamais eu d'humiliation pendant ma vie, il m'en fallait une ».

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à sa belle-sœur) Quant à m'affliger outre mesure de ma malheureuse glande, je n'y suis pas décidée. Si le Bon Dieu permet que je meure de cela, je tâcherai de m'y résigner de mon mieux et de prendre mon mal en patience, pour diminuer mon purgatoire. Le Bon Dieu nous donne toujours ce qu'il nous faut, ayons tous bon courage ».

 

Parole de Dieu : « Or, vieilli, chargé d'années, ô Dieu, ne m'abandonne pas, que j'annonce ton bras aux âges à venir, ta puissance et ta justice, ô Dieu, jusqu'aux nues ! » (Psaume 71, 18-19).

 

Dans ma vie

 

La maladie psychiatrique n'est pas, en elle-même un désordre spirituel. Au contraire, elle peut être un tremplin vers un plus dans l'amour, dans l'offrande de notre vie à Celui qui acceptera d'apparaître tout petit dans le dénuement de la Crèche. Le monde n'aime pas ce qui n'est pas calibré, ce qui détonne et exprime une différenciation. Le chrétien est appelé à vivre son handicap sans s'écarter du plan de Dieu sur l'homme. Les personnes affectées d'une maladie psychiatrique ont beaucoup à nous apprendre sur elles et sur nous. Elle nous interrogent : comment mieux grandir vers Dieu et accepter comme une grâce ce qui nous arrive, même si cela a le goût affreux du vinaigre.

 

Effet de Conversion : Je choisis aujourd'hui d'être le plus souriant possible, surtout en présence des personnes qui me sont très désagréables. Il faut que celles-ci puissent se dire que je les aime vraiment.

 

Mercredi 28 décembre

Comprendre la souffrance

 

Derrière ses grilles qui la séparent du monde, la jeune Carmélite, la « Petite Reine », Thérèse partage douloureusement l'épreuve de son père. Sa prière se fait intense. Elle qui avait toujours vue en lui l'image de Dieu, père bienveillant et bon, reconnaît maintenant derrière son visage fatigué les traits du Christ humilié, abandonné, défiguré, méprisé de tous. Elle médite longuement sur le mystère de souffrance qui va constituer pour elle une étape importante sur son chemin spirituel.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à sa fille Marie) Dans quelques semaines, ce ne sera plus un rêve et nous serons de nouveau tous réunis pour le temps que Dieu, dans sa bonté, veut bien nous réserver. (…) Tu as bien fais de donner des poires : donne, donne, donne toujours et fais des heureux. (…) Allons, chères filles, soyez toujours ma joie et ma consolation sur la terre et continuez à bien servir le Seigneur ; il est si grand et si admirable dans ses œuvres ».

 

Parole de Dieu : « La montagne du Temple de Yahvé sera établie en tête des montagnes et s'élèvera au-dessus des collines » (Michée 4, 1).

 

Dans ma vie

 

(…) L'attente s'achève dans le mystère d'une rencontre avec le Tout Petit. Tant d'efforts pour une si maigre découverte... On non... Grâce unique : la vision du nourrisson divin est la révélation : en découvrant le dessein de Dieu qui se fait si humble, je suis appelé à mieux retrouver l'enfant qui sommeille en moi. Il ne s'agita pas de plonger dans un infantilisme puéril que d'emprunter les voies de l'enfance spirituelle. Pour devenir adulte dans la Foi, il fait accepter de perdre de la hauteur et de s'abaisser au niveau d'un bébé qui, se ses gestes maladroits, dessine le nouveau visage de l'humanité appelée à la renaissance.

 

Effet de Conversion : Je prends du temps, pendant ces jours de l'octave de la Nativité de Jésus, pour aller à l'église, prier et vénérer avec un grand amour le Divin Enfant de la Crèche.

 

Jeudi 29 décembre

Retrouvailles

 

Le 24 septembre 1890, âgée de dix-sept ans et demi, sœur Thérèse de l'Enfant Jésus prononce ses vœux et se consacre pour toujours dans la voie carmélitaine. Ce jour de joie et d'aboutissement pour la jeune fille est « tout entier voilé de larmes », tant elle pleure l'absence de son père qu'elle aime tant. Enfin, le 10 mai 1892, l'épreuve prend fin : Isidore ramène Louis de l'asile de Caen. Le vieillard peut rencontrer ses trois filles Carmélites au parloir pour la première fois depuis quatre ans. Ce sera aussi la dernière. Il est lucide, mais très amaigri et ne parle pas.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à sa belle-soeur) Le cœur me bat en pensant à la peine que je vais vous faire, j'ai hésité un instant à vous dire toute la vérité, mais je sens qu'il le faut (…). Voyant mon mal s'aggraver (…). Je n'ai pu m'empêcher de tout dire chez nous. Je m'en repens à présent, car c'était une scène de désolation... Tous pleuraient... Mon mari ne peut se consoler. (…). Quoi qu'il en soit, profitons du bon temps qu'il nous reste et ne nous tourmentons pas ». (Zélie).

 

Parole de Dieu : « Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle naquit Jésus, appellé Christ ». (Matthieu 1, 16).

 

Dans ma vie

 

La terre, cette vallée de larmes comme nous le chantons dans le Salve Regina (In hac larcrimarum valle). Le Massacre des Saints innocents à succédé bien vite à la naissance du Prince de la Paix. Le silence d'Auschwitz, des goulags endormis sous les neiges, des poubelles emplies de cadavres d'enfants avortés dans le sein maternel... et les larmes de tant d'hommes qui pleurent discrètement. Noël, où es-tu ? Où sont les rois Mages et leurs présents, les Anges et leurs chants ? Préfiguration de la Croix, l'assassinat des petits enfants, juste après la Divine Naissance porte malgré tout les germes de la résurrection... et de puissants intercesseurs.

 

Effet de Conversion : Je prie pour les enfants qui n'ont pas vu le jour cette année, pour ceux qui sont morts en bas-âge, et pour leur parents. Que Dieu fasse miséricorde à tous.

 

Vendredi 30 décembre

Repos éternel

 

Louis est installé chez les Guérin, où Céline et Léonie, aidées d'une bonne et d'un domestique, s'occupent de lui car il ne peut plus marcher. Pendant l'été 1893, il est conduit au château de la Musse, une belle propriété campagnarde dont a hérité Isidore Guérin. La santé du vieil homme continue de se détériorer : le 27 mai 1894, il subit une violente attaque qui paralyse son bras gauche. Le 5 juin, il fait une crise cardiaque. Malgré son état d'extrême faiblesse, à le transporte à la Musse début juillet. C'est là qu'il meurt le 29 juillet 1894, en présence de sa fille Céline. Il est inhumé à Lisieux le 2 août. Le 14 septembre, Céline rejoint à son tour le Carmel de Lisieux.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à sa fille Marie) Tout ce que je vois est splendide (Louis est en voyage), mais c'est toujours une beauté terrestre et notre cœur n'est rassasié de rien, tant qu'il ne voit pas la beauté infinie qui est en Dieu. À bientôt le plaisir intime de la famille, c'est cette beauté-là qui nous en rapproche d'avantage » (Louis).

 

Parole de Dieu : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et sur la terre paix sur la terre aux hommes, objets de sa complaisance ! » (Luc 2, 14).

 

Dans ma vie

 

« Tu nous as faits pour Toi Seigneur et notre cœur est sans repos tant qu'il ne demeure en Toi », écrit Saint Augustin. Louis Martin connaît visiblement cette belle sentence du grand Docteur d'Hippone et la décline sur un autre mode : « Notre cœur n'est rassasié de rien, tant qu'il ne voit pas la beauté de Dieu ». Que le mystère de l'inhabitation de Dieu en nous est grand et que nous sommes petits ! La finalité de tout homme est à chercher les plaisirs, les réalités charnelles de l'existence. La bonté des biens de la terre est relative et ne trouve son sens que dans la lumière des joies qui ne passent pas.

 

Effet de Conversion : Dans la joie de Noël, je continue de prier quotidiennement auprès de ma crèche, à l'image des Mages, je décide de suivre l'étoile lumineuse qui annonce l'Enfant Jésus.

 

Samedi 31 décembre

Canonisation

 

Lors de la Canonisation de Thérèse, le 17 mai 1925, le Cardinal Antoine Vico a laissé entendre que la Congrégation pontificale des rites pourrait s'intéresser à la vie des parents de la sainte Carmélite. C'est seulement en 1941, date de la publication des lettres de Zélie, et 1946, date de la publication d'Histoire d'une famille par le Père Piat, que l'évêque de Bayeux et Lisieux de l'époque fera savoir publiquement au nonce apostolique Monseigneur Angello Roncalli, futur Pape Jean XXIII, son espoir de voir introduire la cause des Parents Martin.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à sa fille Pauline) Je me recommande beaucoup à Saint Joseph, j'ai grande confiance en lui (…). ne t'afflige pas de ce que je te dis, ma chère Pauline, si je savais que tu t'en fasses de la peine, je ne te dirais rien et le Bon Dieu ne serait pas content de toi, ce serait manquer de confiance. Abandonnons-nous à sa bonté, à sa miséricorde, et il arrangera tout pour le mieux » (Louis).

 

Parole de Dieu : « Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples » (Luc 2 30-31).

 

Dans ma vie

 

Pour bien découvrir l'intimité de la famille Martin, le grand livre est celui du Père Piat. Il nous parle avec les mots de l'époque et l'esprit libre, s'il en est, de son auteur. Le deuxième ouvrage qui pourrait faire entrer dans la sainteté de l'ordinaire de cette famille : l'édition de la correspondance de Louis et Zélie. Que fait-il retenir de tout cela ? Louis et Zélie sont les Saints de l'ordinaire. Il nous enseignent que la vie Chrétienne est faite de l'offrande des petites choses, de la banalité des événements qui parsèment le quotidien.

 

Effet de Conversion : Je choisis de me priver de quelque chose en offrant cette contrariété pour le Pape, les évêques et pour les prêtres.

 

Les textes de cette Retraites ont été publiés en 2015 par Les Carmes de Paris (pour les méditations des Dimanches) et sont extraites du Hors Série de Parole et Prière, "Mon Avent avec Saints Louis et Zélie Martin", publié également en 2015 (pour les textes des semaines).

 

0690116618109

Téléchargez les méditations de cette semaine (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir chaque semaine, pendant le temps l'Avent,

les méditations de l'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin,

abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes

17 décembre 2016

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

Famille Martin

Quatrième semaine de l'Avent

 

Sortir de chez soi

 

Quatrième Dimanche de l'Avent

 

Dimanche 18 décembre

 

Evangile de Jésus-Christ selon St Luc 1,39-45

 

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

 

La méditation de la semaine

 

« J’ai reçu trop de grâces devant cette Vierge ! » (Zélie, citée par ses filles) Marie est enceinte, elle mettra bientôt au monde l’Enfant-Dieu, « le Fils du Très-Haut » [Lc 1,32] appelé à régner pour l’éternité. Elle est sur le point de devenir la Theotokos, littéralement celle qui a accouché de Dieu. Cette place est unique au sein de l’humanité, tant personne d’autre que cette jeune fille de Nazareth ne bénéficiera d’un tel privilège ! Elle pourrait donc se mettre en avant, demander à ce que des honneurs lui soient rendus, organiser autour d’elle et de l’enfant à naître une véritable cour de fidèles… Il n’en est rien. L’évangile de ce dernier dimanche avant Noël nous montre au contraire la « hâte » de Marie ; hâte non de se mettre en avant ou de se trouver au-dessus de la mêlée, mais hâte d’aller aider une parente, sa cousine Elisabeth. Ne s’était-elle d’ailleurs pas présentée comme « servante du Seigneur » à l’ange Gabriel, lors de l’Annonciation ? Elle se présente à nouveau comme « servante » lors de son Magnificat, prononcé devant Elisabeth et devant toutes les générations actuelles.

 

RecevoirMarie chez soi, comme Elisabeth la reçut chez elle…

 

En étant servante, hier comme aujourd’hui, la Vierge d’Israël ne demeure ainsi jamais seule. Les Evangiles nous montrent Marie fiancée à Joseph, puis Marie dans son lien à Dieu par l’intermédiaire de l’ange Gabriel, Marie aidant Elisabeth, Marie et Jésus, Marie et les « frères » de Jésus, Marie confiée à Jean au pied de la croix, Marie avec les apôtres priant au cénacle… Marie n’est décidément jamais seule : Marie se donne et nous est donnée, constamment… La stupeur et l’émerveillement s’emparent d’Elisabeth voyant Marie venir à elle ; « comment cela se fait-il ? », « comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur » ? La réponse vient de la foi de Marie : elle ne se fait pas une fausse idée du Très-Haut, mais croit en sa bonté, en la puissance du Très-Haut se déployant dans le cours de l’histoire de l’humanité, en ce Dieu pour qui « rien n’est impossible » [Lc 1,37]. Aussi Marie imite t-elle en retour cette bonté, elle participe à cette puissance de la charité en actes : elle vient servir sa cousine dans l’Evangile.

Toute la vie de Marie de Nazareth exprime l’attitude d’une nouvelle Eve dans son lien avec le nouvel Adam, Jésus-Christ. Celui qu’elle s’apprête à mettre au monde vient comme « l’unique médiateur entre Dieu et les hommes » [1 Tm 2,5], il vient vaincre par sa Croix et sa Résurrection le péché et la mort, il vient remettre l’Esprit pour quiconque se tourne vers lui. Marie, nouvelle Eve, coopère à l’œuvre salvifique du nouvelle Adam par sa prière maternelle ; elle intercède pour obtenir par l’Esprit Saint l’engendrement du Christ en l’âme des croyants (d’où le terme de Chrétien), elle-même ayant auparavant engendré le Fils par la grâce de cet Esprit. Cette coopération de Marie et de Jésus est si intime que déjà Elisabeth en dresse le constat : on ne peut pas accueillir Marie chez soi sans accueillir le Christ ! L’expérience des serviteurs des noces de Cana va dans le même sens : interpellés par Marie, ils sont invités par la mère à accueillir la présence agissante de son Fils : « faites tout ce qu’il vous dira » [Jn 2,5].

Mais si le mystère de ce quatrième dimanche de l’Avent, celui de la Visitation, fait bien état de cette présence constante de Jésus avec Marie, n’oublions pas que ce mystère s’accomplit encore aujourd’hui ! Quiconque se tourne vers Marie se trouve orienté, comme Elisabeth ou les serviteurs de Cana, vers son Fils Jésus-Christ. Est-il possible d’être fortement attaché à Marie tout en éclipsant la figure de Jésus ? Cela ne serait pas la volonté du Père, cela ne serait pas l’œuvre de l’Esprit, cela ne serait pas la vie – disons-le – d’un vrai disciple du Christ… « Voici ta mère » [Jn 19,27], nous dit le Verbe-fait-chair. Croyons-nous en l’accomplissement de cette parole ? « Jésus ne veut pas que nous marchions sans une mère », nous rappelle le pape François (Evangelii Gaudium). Avons-nous accompli cette volonté du Maître lui-même, en recevant Marie chez nous, pour Mère ?

 

L’aide de la Sainte Vierge dans un foyer où elle fait partie de la famille

 

Marie fait déjà partie de la vie de Zélie avant 1858, c’est-à-dire préalablement à sa rencontre avec Louis. Zélie trouve en la Sainte Vierge un appui solide pour l’aider dans les péripéties de sa vie. Marie n’a-t-elle pas murmuré à son cœur, après l’effondrement de son projet de vie religieuse, une idée pour orienter sa vie professionnelle ? « Fais faire du point d’Alençon », glisse-t-elle à l’oreille du cœur de Zélie, le 8 décembre 1851… De ce fait la jeune femme (elle n’a pas encore vingt ans) évite de se retrouver prise au dépourvu, elle rebondit rapidement et se met à son compte. Dans la même période Louis, de son côté, se voit offrir une statue de la Vierge de l’Annonciation (la future « Vierge du Sourire » de Thérèse). Il vient d’ouvrir son commerce d’horlogerie, et Marie occupe également une place de choix dans sa vie. Il installe la statue dans le jardin du Pavillon, un endroit un peu en retrait où il se ressource régulièrement.

Cette statue de la Vierge ne tarde pas, après leur mariage, à être rapatriée au sein de la maison familiale et à recueillir les prières de la famille. La vie du foyer Martin est en effet ancrée dans la foi chrétienne : les journées commencent avec la Messe, tôt le matin, et s’achèvent avec la prière du soir, autour de la Vierge. Pour le couple Martin comme pour Elisabeth dans l’évangile de ce jour, Marie est vraiment une personne faisant partie de la famille. La statue devient ainsi le ‘‘coin-prière’’ du foyer. Zélie, dès ses premières lettres, témoigne de l’« aide » efficace de la Vierge envers celles et ceux qui se confient à elle. Elle en parle à son frère Isidore, dont la foi vacille pendant ses études de pharmacie à Paris : « tu habites tout près de Notre-Dame des Victoires ? Eh bien ! Entres-y seulement une fois par jour, pour dire un Ave Maria à la Sainte Vierge. Tu verras qu’elle te protègera d’une manière toute spéciale, et qu’elle te fera réussir en ce monde, pour te donner ensuite une éternité de bonheur. Ce que je dis là, ce n’est pas de ma part une piété exagérée et sans fondement ; j’ai sujet d’avoir confiance en la Sainte Vierge, j’ai reçu d’elle des faveurs que moi seul connais » (CF 1). Puis Zélie encourage son frère en lui demandant, pleine de réalisme et de bon sens féminin, de mettre « pour moi un cierge ; tu me rendras service. N’aie pas honte de cela. D’ailleurs, personne ne te connaît dans cette église » (CF 6) ! Pour Zélie, la chose est entendue : Marie est un rempart pour solidifier ou préserver notre foi. Ses dernières lettres, écrites alors qu’elle est sur le point de mourir, emportée par une tumeur du sein, sont émouvantes. Zélie y témoigne là aussi du soutien que lui apporte la Vierge Marie au moment de quitter ce monde. Elle y affirme croire fermement en cette parole de « la Vierge Marie qui nous a dit à tous, comme à Bernadette : « je vous rendrai heureuse, non pas en ce monde, mais en l’autre » » (CF 210). La protection de Marie ne nous préserve pas des souffrances de la vie mais nous aide à les traverser en conservant le bonheur de sa présence maternelle.

Mais que ce soit avant le drame du décès de Zélie ou après, toute la famille Martin a pour habitude de se placer sous le regard du Ciel, confiante en l’intercession de la Vierge. Les joies, les difficultés, les projets, les affaires sont autant de sujets pour la prière quotidienne. Aux côtés des prières habituelles (Notre Père, Ave Maria, la prière du Souvenez-vous de St Bernard, ou encore une prière quotidienne enseignée par Zélie à ses enfants) se tiennent des prières jaillissant des cœurs en toute simplicité. Concernant l’attente de la venue au monde d’un deuxième enfant par exemple, Zélie se souvient de ce « 8 décembre 1860, jour où j’ai prié notre Mère du Ciel de me donner une petite Pauline, mais je n’y puis penser sans rire, car j’étais absolument comme une enfant qui demande une poupée à sa mère et je m’y prenais de même. Je voulais avoir une Pauline comme celle que j’ai et je mettais les points sur les i, dans la crainte que la Sainte Vierge ne comprenne pas bien ce que je désirais » (CF 147). Pour la petite histoire, Pauline naît effectivement le 7 septembre 1861, soit exactement neuf mois plus tard. Plusieurs années durant, Zélie (probablement un peu confuse de la témérité de sa prière) remercie quotidiennement la Vierge de lui avoir obtenu cette grâce… Pour l’activité professionnelle, Marie est également sollicitée par la famille. Zélie se souvient des moments difficiles des années 1870-1871 : « j’étais accablée de travail et de soucis de toute espèce, mais j’avais cette ferme confiance d’être soutenue d’en-haut » (CF 65).

Malgré les difficultés, la présence de la Vierge Marie apporte enthousiasme et sérénité au foyer. Les filles aiment se recueillir quotidiennement avec les parents. La petite Thérèse aime ainsi voir son père prier, « n’ayant qu’à le regarder pour savoir comment prient les Saints » (Manuscrit A). La prière des enfants se trouve stimulée par l’exemple des parents. Lors du mois de Marie, le coin-prière de la famille est particulièrement fleuri, au point de devenir un véritable petit oratoire ! Au milieu des branches d’aubépine qui montent jusqu’au plafond, la statue se détache alors sur un fond de fleurs et de verdure. Les enfants allument avec plaisir les bougies autour de la Vierge, même s’ils se plaignent parfois des exigences méticuleuses de leur mère quant à l’aménagement de ce lieu de prière. Qu’importe, la Sainte Vierge est là et « c’est à ses pieds que maman faisait faire notre prière, témoigne Céline, et nous la baisions si souvent que ses doigts étaient tout cassés et qu’il fallait avoir en réserve plusieurs paires de mains ! ». La foi est bien transmise et la joie de l’Evangile aussi…

La présence de Marie dans la vie de Louis et Zélie Martin aura été bénéfique, dans tous les moments de leurs vies, heureux ou difficiles. Louis s’écriera devant ses filles, « Mon Dieu, c’en est trop ! », et Zélie confiera à ses filles, elle aussi ; « j’ai reçu trop de grâces devant cette Vierge ! »  Avec Louis et Zélie, n’ayons pas peur de trop aimer Marie…

 

3 pistes pour s’approprier l’Evangile et suivre l’exemple de Louis et Zélie :

 

L’accueil qu’Elisabeth fait à la Vierge, dans l’Évangile, lui permet d’expérimenter combien le Christ est lui aussi présent, et combien Marie est venue « non pour être servi[e], mais pour servir » [Mc 10,45] comme son Fils ! Avons-nous accueilli Marie chez nous, comme Elisabeth, ou plutôt comme Jean le disciple bien-aimé ? Quelle place lui accordons-nous dans notre vie quotidienne ?

Inquiète pour son frère Isidore dont la foi est plutôt vacillante pendant ses années d’études de pharmacie, Zélie le supplie de bien vouloir entrer dans une église pour prier et poser un geste concret. A travers cette anecdote, Zélie nous interpelle nous aussi ; n’ayons pas honte de poser des gestes concrets soutenant notre foi et attirant sur nous la bénédiction de son Fils…

La question de la transmission de la foi est préoccupante pour nombre d’entre nous, surtout quand il s’agit d’un éveil (ou d’un réveil) difficile de la foi chez un membre de la famille proche : conjoint, enfants, petits-enfants… Là aussi, Marie se présente à nous comme celle qui nous « aide ». Grâce à son intercession et grâce aux conseils de Zélie, Isidore a pu sauvegarder sa foi. Trente-cinq ans plus tard, c’est même lui qui financera la première impression d’Histoire d’une âme !

 

Fr. Cyril Robert, ocd (Paris)

 

Prier chaque jour de la semaine

11954590_1067808719903473_4179962633387348445_n

Lundi 19 décembre

Rencontre avec le Pape

 

Thérèse est profondément affectée par cette indécision épiscopale concernant sa demande d'entrée au Carmel. C'est alors que son père parle d'aller rencontrer le Pape. N'a-t-il pas prévu de participer en novembre 1887 à un pèlerinage à Rome pour le Jubilé de Léon XIII ? L'occasion de faire un grand voyage réjouit tout le monde. Louis, Céline et Thérèse vont visiter Paris, traverser la Suisse et rejoindre l'Italie où les visites se succèdent : Milan, Venise, Bologne, enfin la ville éternelle, Rome.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) Tu sais qu'étant jeune fille, je me suis donné un coup dans la poitrine à l'angle d'une table. On n'y fit pas alors attention, mais aujourd'hui, j'ai une glande au sein qui me cause de l'inquiétude, surtout depuis qu'elle me fait un peu souffrir. Cependant quand j'y touche, elle ne me fait aucun mal, bien que je sente tous les jours et plusieurs fois par jour, des engourdissements ». (Zélie).

Parole de Dieu : « Sachez-le, aucune prophétie de l’Écriture n'est objet d'explication personnelle ». (2 Pierre 1, 20).

 

Dans ma vie

 

La découverte d'une maladie grave résonne comme un tremblement de terre. Tout allait bien jusque là. Subitement l'on prend conscience que la vie va s'arrêter dans un court délai. Pourquoi moi ? Comment est-ce possible ? Tant de questions insolubles se télescopent. Une seule réponse demeure pourtant stable depuis l'aurore de l'existence : dieu est là et nous tient dans sa main. Aucun cheveu de notre tête ne tombe sans qu'il ne le sache. C'est alors qu'une paix profonde nous envahit : Dieu est père de miséricorde et rien ne nous arrive sans qu'Il ne soit avec nous. Tournons-nous alors vers son pardon, intensifions notre vie sacramentelle.

Effet de Conversion : Je vais accomplir aujourd'hui un acte d'abandon à la Divine Miséricorde avec l'intention de me remettre complètement entre les mains du Père.

 

Mardi 20 décembre

La Volonté de Dieu avant tout

 

L'audience papale tant attendue a lieu le 20 novembre 1887. Thérèse se jette aux pieds du Saint Père et l'implore de permettre son entrée au Carmel. Léon XIII regarde cette jeune fille tendrement et lui répond avec bienveillance qu'elle doit obéir aux supérieurs et s'en remettre à la Volonté de Dieu. Thérèse reste sur sa faim... Elle rentre tristement à Lisieux. Et pourtant, en ce matin du 1er janvier 1888, à, la veille de ses quinze ans, la petite dernière de Louis et Zélie Martin reçoit une lettre de Monseigneur l'évêque. Une lecture rapide... et c'est l'allégresse : Thérèse a l'autorisation d'entrer au Carmel.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à ses filles) Je t'expédie une douzaine de coquilles d'or, tu en donneras deux à Céline et deux à ma petite Reine, en les embrassant bien sur les deux joues. Et toi, ma grande, console-toi et encore une fois, je t'assure que tu ne te repentiras pas de m'avoir laissé partir (en voyage) ; aussi je t'embrasse, ainsi que ma Léonie, bien fort, bien fort. N'oublie pas de remettre les huit coquilles à ma « perle fine » du Carmel ». (Louis).

Parole de Dieu : « Vivez dans la prière et les supplication ; priez en tout temps dans l'Esprit » (Ephésiens 6, 18).

 

Dans ma vie

 

L'affection de Louis pour ses filles est remarquable. Sa paternité n'est-elle pas un exemple pour les pères de famille ? Il est ferme, exigeant et débordant de tendresse tout en même temps. Il aime le terrain de la complicité sans sombrer dans l'infantilisme. Avec ses adolescentes il garde le contact en prenant du temps et partageant des moments de jeux ou de voyages, hors de toute obsession de rentabilité ou d'activisme. Saint Louis Martin, maître en gratuité et pédagogue exceptionnel, enseignez-nous la voie de la patience et du don de nous-mêmes.

Effet de Conversion : Lorsque quelque chose me demandera de la peine et que j'hésiterai à renoncer, je m'imposerai de persévérer et de finir la tâche prévue. Pour l'amour de Dieu.

 

Mercredi 21 décembre

L'entrée au Carmel

 

Il faudra attendre jusqu'en avril pour que Thérèse rejoigne le monastère. Louis propose alors un pèlerinage à Jérusalem... L'offre est refusée car pour cela, il aura fallut repousser la date d'entrée au Carmel. Le 9 avril 1888, c'est le jour du départ, ou plutôt de l'arrivée. Devant la porte, Louis ne peut s'empêcher de laisser couler quelques larmes au moment où il bénit sa fille. Le Carmel de Lisieux abrite désormais trois de ses « petites ». Marie, Pauline et Thérèse. Le lendemain, il écrit à ses amis : « Ma petite Reine est entrée hier au Carmel. Dieu seul peut exiger un tel sacrifice, mais il m'aide si puissamment qu'au milieu de mes larmes, mon cœur surabonde de joie.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à sa fille Pauline) C'est donc mercredi l'Immaculée Conception ; c'est une très grande fête pour moi ! (…) Cette année j'irai encore trouver la Sainte Vierge de grand matin, je veux être la première arrivée ; je ne lui demanderai plus de petites filles ; je la prierai seulement que celles qu'elle m'a données soient toutes des saintes et que moi, je les suive de près » (Zélie).

Parole de Dieu : « Ayez confiance, c'est moi, soyez sans crainte » (Marc 6, 50).

 

Dans ma vie

 

La prière mariale est centrale dans la vie de la famille Martin. La présence de la statue de Notre Dame, la fameuse « Vierge du Sourire » indique bien l'attitude intérieure des occupants de la maison : avoir un esprit de Fils, c'est savoir qui est son Père, qui est sa Mère. Chaque jour, en famille, la prière des cœurs humbles s'élève vers les Cieux : « Je Vous salue Marie, pleine de grâce... » Quand une sainte maman s'appuie sur la Mère de Dieu pour accomplir son devoir d'état, l'on ne peut qu'être en admiration devant ce que Dieu a pu réaliser de magnifique dans le cœur d'une femme, Zélie.

Effet de Conversion : Si je n'ai pas une belle représentation de Notre Dame dans mon intérieur, je prévois de faire « un petit coin » marial qui soit joli... et fleuri.

 

Jeudi 22 décembre

« J'ai le cœur déchiré »

 

Depuis le voyage chez le Souverain Pontife, Louis Martin a beaucoup vieilli. Céline écrit ainsi à sa jeune sœur : « Ce pauvre petit père me semble maintenant si vieux, si usé. (…) J'ai le cœur déchiré, je me figure qu'il mourra bientôt ». Il commence à souffrir d'artériosclérose, de crises d'urémie qui provoquent étourdissements et malheureusement des pertes de mémoires... Le 23 juin 1888, une grande inquiétude agite les Buissonnets : Louis Martin a disparu ! Le lendemain, un télégramme du Havre est annoncé : Louis demande de l'argent sans laisser d'adresse. On le retrouve là-bas, lucide mais harcelé par l'idée de vivre en ermite.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à sa fille Marie) Ma Marie, ma grande, ma première, continue à conduire ton petit bataillon le mieux que tu pourras et sois plus raisonnable que ton vieux père, qui a déjà assez de toutes les beautés qui l'entourent et qui rêve du Ciel et de l'infini. Vanité des vanités, et tout n'est que vanité, hors aimer Dieu et le servir ! » (Louis).

Parole de Dieu : Quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, m'est un frère et une sœur et une une mère. » (Matthieu 12, 50).

 

Dans ma vie

 

La mission de l'aîné dans une famille est belle et sérieuse. Loin de chercher à faire peser sur les épaules du premier-né une charge qui ne serait pas la sienne, nous pouvons dire que ce n'est pas par hasard si untel est l'aîné. Il n'y a pas de hasard en Dieu. Seulement une divine Providence qui veille sur chacun et accompagne les pas hésitants. L'aîné à la mission de l'exemplarité : il est investi par Dieu de cette douce exigence d'être celui sur qui les regards des suivants se posent. Voilà une belle occasion de faire l'apprentissage de la responsabilité, comme un chef de patrouille dans le scoutisme avance en premier de cordée.

Effet de Conversion : à quelques jours de Noël, je prends un bon moment de prière silencieuse auprès de la Crèche. La contemplation de Marie et Joseph pourra m'aider à préparer mon cœur à la venue du Divin Enfant.

 

Vendredi 23 décembre

Toujours plus généreux

 

L'errance de Louis au Havre va traumatiser la famille, spécialement Thérèse qui a choisi de rejoindre le Carmel au moment où son père entre dans une grande période de fragilité. Certaines paroles méchantes franchissent la clôture du Carmel : si Louis a perdu la tête, n'est-ce pas dû au départ de ses jeunes filles en religion, surtout de la plus jeune qu'il aime tant ? Louis alterne les périodes de lucidité et de rechutes. Sentant sa fin proche, il se montre toujours plus généreux : il offre, entre autre, les 10 000 francs que coûte l'achat d'un maître-autel à la cathédrale de Lisieux.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à sa fille Pauline) On ne peut être heureux que la terre. Quand on a la fortune, on désire les honneurs, je vois cela chez toutes les personnes qui se sont enrichies. (…) je n'aime pas voir (Marie) avec des gens si riches, cela donne des envies malsaines. Je ne désire nullement fréquenter ces personnes-là » (Zélie).

Parole de Dieu : « Une fois de plus, aie pitié de nous ! Foule aux pieds nos fautes, jette au fond de la mer tous nos péchés ! » (Michée 7, 19).

 

Dans ma vie

 

L'orgueil est un mal affreux. Zélie, humble travailleuse dans la vigne du Seigneur, ne compte ni sa peine, ni son temps. Elle connaît les bienfaits jaillis de l'accomplissement des humbles tâches du quotidien. Son désir de perfection est un aiguillon qui va l'aider à désirer pour ses filles qu'elles vivent en véritables chrétiennes. C'est la raison pour laquelle elle les dissuadera bien souvent de chercher les fréquentations qui pourraient les écarter de la simplicité évangélique. L'orgueil, tel le lierre qui enlace l'arbre à la manière d'un serpent, est un poisson mortel.

Effet de Conversion : Il faut beaucoup d'humiliations pour un peu d'humilité dit-on. Je ne craindrai pas celles-ci pour mieux obtenir celle-là.

 

Samedi 24 décembre

Prise d'habit

 

Un an après son entrée au Carmel de Lisieux, Thérèse prend l'habit. Nous sommes le 10 janvier 1889. En ce jour, la santé de Louis est stable : il peut descendre la nef de la chapelle conventuelle au bras de sa fille, qui écrit : « Jamais il n'avait été plus beau, plus digne. Il fit l'admiration de tout le monde ». Pourtant, un mois plus tard, un nouveau drame. Lors d'une crise sévère, Louis s'imagine en plein milieu d'une bataille et s'empare de son revolver. Appelé en hâte, l'oncle Isidore parvient à désarmer son beau-frère... Ce triste épisode implique une nouvelle prise de décision à l'endroit de Louis.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à sa fille Marie) Je pense souvent à vous toutes, et dernièrement, j'ai fait un très beau rêve où je te voyais si bien que c'était comme une réalité. Si je pouvais vous faire ressentir tout ce que j'éprouve en admirant les grandes et belles choses qui se déroulent devant moi ! Mon Dieu, que vos œuvres sont donc admirables ! (…) C'est trop, Seigneur, vous êtes trop bon pour moi ! » (Zélie).

Parole de Dieu : « Guéris-moi, Seigneur, et je serai guéri, sauve-moi, et je serai sauvé, car tu es ma louange ! » (Jérémie 17, 14).

 

Dans ma vie

 

L'habit religieux n'est ni un uniforme ni un déguisement. C'est la parure dont l'Esprit Saint revêt les êtres qu'il s'est réservés. Mis à part, les religieux sont mariés avec Dieu pour toujours. Et leurs noces sont continuelles : c'est la raison pour laquelle ils sont appelés à ne pas se départir de leur vêtement de fête. Même la nuit, ils sont nombreux à le conserver pour signifier qu'ils sont, comme dans un linceul, morts au monde et vivants en Jésus-Christ. Signe de pauvreté, l'habit religieux est une invitation à l'humilité : je ne suis rien sans Dieu qui me revêt de sa beauté.

Effet de Conversion : Je prends le temps de lire et de méditer l'Evangile de la Messe de la Nuit pour ensemencer mon âme de la Parole de Dieu qui nourrit et féconde.

 

Les textes de cette Retraites ont été publiés en 2015 par Les Carmes de Paris (pour les méditations des Dimanches) et sont extraites du Hors Série de Parole et Prière, "Mon Avent avec Saints Louis et Zélie Martin", publié également en 2015 (pour les textes des semaines).

0690116618109

Téléchargez les méditations de cette semaine (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir chaque semaine, pendant le temps l'Avent,

les méditations de l'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin,

abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes

 

 

10 décembre 2016

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

Images religieuses4

Troisième semaine de l'Avent

 

Accueillir la vie

 

Troisième Dimanche de l'Avent

 

Dimanche 11 décembre

 

Evangile de Jésus-Christ selon St Luc 3,10-18

 

En ce temps-là, les foules qui venaient se faire baptiser par Jean lui demandaient : « Que devons-nous faire ? » Jean leur répondait : « Celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même ! » Des publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) vinrent aussi pour être baptisés ; ils lui dirent : « Maître, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. » Des soldats lui demandèrent à leur tour : « Et nous, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « Ne faites violence à personne, n’accusez personne à tort ; et contentez-vous de votre solde. » Or le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ. Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. » Par beaucoup d’autres exhortations encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.

 

La méditation de la semaine

 

« Donne, donne toujours et fais des heureux » (CF 226, Louis) « Que devons-nous faire ? » La question est sur toutes les lèvres. Les foules accourant auprès de Jean-Baptiste sont pleines d’espoir ! L’Evangile de ce jour est la suite de l’Evangile de la semaine passée, où le grand prophète avait surgit tel un flambeau éclairant d’une lueur nouvelle un monde trop enfermé sur lui-même. Il accomplissait le passage de l’Ecriture affirmant qu’un homme se lèverait, « avec l’esprit et la puissance d’Elie » [Lc 1,17], pour annoncer la venue imminente de Celui qui enlève le péché du monde. Cette lumière soudaine éclairant la vie des hommes bouscule la vie des uns et des autres, à commencer par celle de … Marie de Nazareth elle-même. S’était-elle attendue à la visite d’un Archange, lui annonçant qu’elle enfanterait le Sauveur du monde ? Les mages guidés par une étoile, les bergers surpris par les anges du Ciel, avaient-ils prévu un tel événement au sein de leur vie ? Et que dire de ces pêcheurs appelés à devenir apôtres du Seigneur, ou de ces foules étonnées et admiratives devant un Maître se révélant être « le Chemin, la Vérité et la Vie » [Jn 14,5] !

 

Devons-nous faire des choses extraordinaires ?

 

Mais pour l’heure, la Bonne Nouvelle est annoncée par Jean, le baptiste, et la réponse qu’il donne à cette question « que devons-nous faire ? » fait elle-même partie de la Bonne Nouvelle. Le prophète nous informe en effet que nos actes expriment concrètement notre foi (ou notre manque de foi !). Et ces actes ne relèvent pas de l’extraordinaire. Nous ne sommes pas appelés à poser des actes extraordinaires, nous ne sommes pas appelés à vivre une vie extraordinaire. « Que devons-nous faire ? », demandent les collecteurs d’impôts ? Devenir des résistants, au lieu de collaborer aux exigences de l’occupant romain ? Se ruiner, plutôt que prélever taxes et impôts ? Faites simplement votre travail avec honnêteté, leur répond Jean-Baptiste, et « n’exigez rien au-delà de ce qui vous est prescrit ». Des militaires, à leur tour, s’interrogent : que faire pour correspondre à l’appel du Ciel ? Là encore, la réponse et simple, elle ne demande pas de choses exceptionnelles : faites votre métier, ne soyez pas violents quand cela est inutile…

Nous n’aurons probablement pas assez d’une vie pour mesurer combien la Bonne Nouvelle commence par cette simplicité et non autrement. « Qui est fidèle en très peu de chose est fidèle aussi en beaucoup, et qui est malhonnête en très peu est malhonnête aussi en beaucoup » [Lc 16,10] ; ce serait une erreur de croire que l’accueil du Christ en nos vies devrait se traduire par de grandes choses à accomplir. Bien au contraire ! La grâce de l’Esprit se vit dans les petites choses de nos vies, dans toutes les petites choses de nos vies, que ce soit au travail, en famille, entre amis, en détente ou en activités sportives... Sommes-nous attentifs à cette foule de ‘‘détails’’ tissant notre quotidien ? Prenons le temps de nous interroger. Jésus lui-même souligne à plusieurs reprises combien ces petites choses aboutissent ou aboutiront à de bien plus grandes. « C’est bien, bon serviteur, dit Jésus dans la parabole des mines, puisque tu t’es montré fidèle en très peu de chose, reçois autorité sur dix villes » [Lc 19,17] : oui, très peu de chose aboutit au gouvernement de dix villes ! La petite Thérèse est l’une des saintes ayant le mieux compris l’importance d’accomplir en esprit de foi, d’espérance et de charité, les choses quotidiennes et d’apparence anodines. On n’allume pas un feu sans pailles ou sans brindilles, le feu de l’Esprit ne vient pas réchauffer nos vies et éclairer notre prochain sans brûler dans ces petites pailles ou ces brindilles. Inutile de s’évertuer à aller chercher des bûches extraordinairement volumineuses, le feu ne prendra pas ! Or, nous apprend encore Jean-Baptiste, nos vies sont bien appelées à être consumées par « l’Esprit Saint et le feu »… La vie de Louis et Zélie Martin l’illustre bien ; s’ils sont tous les deux saints, ils ont simplement vécu une vie droite, dépourvue de choses extraordinaires.

 

Une foi quotidienne se traduisant en actes quotidiens

 

Chez les Martin, la vie familiale commence régulièrement avec la Messe du matin. La famille pourrait aller à une Messe moins matinale, mais pour Louis « c’est la seule à laquelle peuvent assister les domestiques et les ouvriers. J’y suis en compagnie des pauvres », et cela fait son plaisir. Ensuite, il se met à son travail, se montrant très appliqué dans son travail d’horloger-bijoutier. Le dimanche, Louis refuse d’ouvrir son commerce, malgré la pression d’amis lui montrant que d’autres, concurrents y compris, n’hésitent pas à le faire. Mais de manière surprenante, le respect du jour du Seigneur n’entrave pas ses affaires, au contraire… « Voilà un homme qui n’a jamais essayé de faire fortune, remarque Zélie ; quand il s’est établi, son confesseur lui disait d’ouvrir sa bijouterie le dimanche, jusqu’à midi ; il n’a pas voulu accepter la permission, préférant manquer de belles ventes. Et malgré tout, le voilà riche. Je ne puis attribuer l’aisance financière dont il jouit à autre chose qu’une bénédiction spéciale, fruit de son observance du dimanche » (CF 140).

Louis rejoint ensuite Zélie dans son métier de dentelière spécialisée en fabrication du point d’Alençon. Les affaires ont des hauts et des bas, avec tout ce qu’une activité commerciale peut subir de déconvenues ; retards de paiement, demandes parfois farfelues de la part des clients, ou absence de commandes. Dans ces moments de difficultés, Louis et Zélie s’appuient sur la Providence divine sans rechigner à payer le salaire des neuf ouvrières, même en ces périodes de ‘‘vaches maigres’’. « C’est ce coquin de point d’Alençon qui me rend la vie dure, soupire Zélie dans une lettre à son frère : quand j’ai trop de commandes, je suis une esclave du pire esclavage ; quand il ne va pas et que je m’en vois pour vingt-mille francs sur les bras à moi coûtant, et des ouvrières que j’ai eu tant de peine à trouver qu’il faut renvoyer chez d’autres fabricants, il y a un peu sujet de se tourmenter, aussi j’en ai des cauchemars ! Enfin, que faire ? Il faut bien se résigner » (CF 15) à avoir confiance en la divine Providence, conclut Zélie. Si les finances de son commerce vont de mieux en mieux au fil des ans, mettant la famille à l’abri des difficultés financières, Zélie garde le sens des priorités ; elle ne se rendra jamais esclave de l’appât du gain… Elle est chef d’entreprise, mais elle exerce cette charge à l’image du Christ lavant les pieds de ses disciples : elle se réserve la partie la plus fastidieuse et la plus ingrate du travail. Louis et Zélie accomplissent leurs tâches du jour du mieux qu’ils peuvent, en esprit de service, en esprit de charité chrétienne. « Je ne traite pas mes servantes moins bien que mes enfants », affirme Zélie. Ils ne font rien d’extraordinaire, et forment un foyer parmi d’autres... L’éclat de choses surnaturelles à accomplir au nom de la foi ne les attire pas. Louis, malgré l’impression qu’il dégageait sur sa clientèle et sur les notables d’Alençon, ne se transforme pas en prédicateur acharné de l’Evangile. Quant à Zélie, l’idée de devenir une nouvelle Madame Acarie (grande figure laïque du XVII° siècle) ne lui a jamais traversé l’esprit… Si la famille ne cache pas sa foi, elle ne l’impose pas aux ouvrières ou à la clientèle.

 

Le flambeau chaleureux de la foi

 

Cette vie embrasée par l’Esprit rendrait-elle le foyer austère ? La foi n’est pas triste ! La joie et le bonheur – malgré les épreuves – transparaissent dans les écrits du couple. Les enfants ne sont pas délaissés par l’activité prenante de la dentelle, et Zélie préfère interrompre son travail pour le reprendre ensuite, quitte à travailler tardivement la nuit, afin de s’occuper de ses enfants. La joie d’être ensemble – parents, enfants –, les jeux, les chants, les histoires racontées (par Louis notamment) rendent l’atmosphère familiale libre et joyeuse. Leur vie de famille est à la fois simple et dynamique. Par ailleurs Louis a appris de ses études à Paris combien des relations ou des influences néfastes peuvent être nuisibles dans une vie, aussi prend-il soin de protéger le foyer des relations trop mondaines. Peut-être surprotège-t-il un peu trop la famille, la petite Thérèse elle-même écrira plus tard combien dans son enfance elle ne pouvait « souffrir la compagnie de personnes étrangères et ne retrouvait [sa] gaieté que dans l’intimité de la famille » [Ms A 13]. Mais qui n’a jamais fait d’erreurs ? Les fruits de la vie de Louis et Zélie sont abondants. Leurs filles ont une enfance heureuse et l’une d’elle deviendra plus tard « la plus grande sainte des temps modernes ».

La lumière brille de manière chaleureuse au foyer Martin, aussi ne manque-t-elle pas de rayonner sur autrui. S’ils évitent les mauvaises fréquentations et travaillent d’arrache-pied à la maison, tant Louis que Zélie font preuve de zèle pour aider leur prochain, chacun à sa façon. Le plus discrètement possible, Zélie fait porter des paniers de nourriture et un peu d’argent aux indigents de la ville. « Ma maîtresse, témoignera Louise Marais, employée comme servante de maison pendant onze années, m’envoyait fréquemment chez les indigents avec un pot-au-feu, des bouteilles de vin et des pièces de quarante sous. Et personne ne le savait que nous deux »… Louis, de son côté, s’investit au cercle Vital Romet et aux Conférences Saint-Vincent de Paul pour aider les plus nécessiteux. L’estime de Louis pour les pauvres est telle qu’un jour, à la maison des Buissonnets (à Lisieux), il demande à l’un d’entre eux de bénir ses deux petites filles, Céline et Thérèse !

« Donne, donne toujours et fais des heureux » (CF 226), conseille-t-il vers la fin de sa vie à sa fille Marie. Le conseil paraît emblématique de la Bonne Nouvelle reçue dans les petites choses courantes de la vie. Louis écrit en effet cette devise pour encourager et féliciter Marie qui venait de donner des poires : « Donne, donne toujours » là où tu es, « et fais des heureux » là où tu es, le conseil de Louis est aussi simple que précieux ; ne nous imaginons pas aller faire du bien ou de grandes choses là où nous ne sommes pas ! À quoi ressemblerait un homme voulant apporter la lumière chez les habitants de l’autre bout de la ville, alors qu’il ne s’occupe pas de l’avoir chez lui ? « Que devons-nous faire ? » se demandaient les foules dans l’Evangile du jour ? « Donne, donne toujours et fais des heureux » est la réponse que foyer Louis et Zélie Martin s’est attribuée : donne-toi toi-même aux tiens, et par de petites choses (quarante sous, quelques poires…) fais des heureux.

 

3 pistes pour s’approprier l’Evangile et suivre l’exemple de Louis et Zélie :

 

Jésus est « le Chemin, la Vérité et la Vie » [Jn 14,6]. Nous pouvons nous demander quel est actuellement le chemin que nous avons pris, quelle est la vérité de nos vies. Comment notre foi s’incarne-t-elle dans notre vie quotidienne ? Nos actes quotidiens en disent longs sur notre avancement spirituel réel ou supposé !

« Il me tarde d’être près de toi », je suis « ton mari et vrai ami, qui t’aime pour la vie » (CF 2bis), écrit Louis à sa femme Zélie. Dans nos relations conjugales, faisons-nous toujours preuve d’attentions et de délicatesse pour notre conjoint, ou cherchons-nous souvent nos propres intérêts ? Si Louis et Zélie sont attentionnés pour leurs enfants et leur éducation, ils évitent toutefois d’en faire des enfants-rois… « Toute petite qu’elle était, je ne lui passais rien, sans cependant la martyriser, mais il fallait qu’elle cède » (CF 44), dit Zélie à propos de sa fille Pauline, dont le tempérament était vif. Mais « c’est surtout la petite Céline qui me donne du mal, elle devient capricieuse, on l’a trop gâtée » (CF 50), ajoute un peu plus tard la maman. Avons-nous trouvé la juste relation avec nos enfants ? Si nous sommes célibataires, quel est notre attrait pour le mariage ; celui d’une recherche de plaisirs plus ou moins centrés sur nous-mêmes, ou celui d’une vie partagée à deux, vie de bonheur mais aussi de concessions à faire ?

Dans notre vie professionnelle, ou dans notre recherche d’une activité, faisons-nous preuve – avec notre collègue, avec la clientèle… – d’un réel esprit de service, souhaitons-nous bien faire et être utile, avec la saine ambition de servir au mieux ?

Fr. Cyril Robert, ocd (Paris)

 

rough-paysage-bis_2

Prier chaque jour de la semaine

 

Lundi 12 décembre

Vie de famille

 

La vie pouvait sembler austère aux Buissonnets. Elle est loin l'animation de la boutique d'Alençon. Le calme et le silence se succèdent au brouhaha des clients et des ouvrières. On n'est pas avide de réceptions aux Buissonnets. Les dimanches et fêtes mettent un peu de fantaisie bien réglée : on assiste à la Messe à la Cathédrale Saint Pierre, où l'on retrouve l'oncle Isidore et son épouse, puis c'est un joyeux repas chez eux. Le temps du deuil cède progressivement le pas à celui de la maturité des grandes filles.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) Il paraît que tu penses toujours à melle X ? je crois que tu es fou (…) Tu te casseras le cou (…) car tu ne considères que des choses futiles : la beauté, la fortune, sans t'inquiéter des qualités qui font le bonheur d'un mari, ou des défauts qui causent sa désolation et sa ruine. Le principal est de choisir une bonne femme d'intérieur, qui n'ait pas peur de salir ses mains au travail, qui sache élever ses enfants dans le travail et la piété... » (Zélie).

Parole de Dieu : « Ma maison sera appelée maison de prière pour toutes les nations ». (St Marc 11, 17).

 

Dans ma vie

 

« La paix c'est la tranquillité de l'ordre », écrit Saint augustin. L'exemple laissé par le témoignage de vie de la famille Martin montre que celle-ci s'appuie sur des arêtes vives, des lignes de force : la messe, comme fondement de la journée, la convivialité, le travail, Dieu, famille, patrie pour résumer. « Cherchez le Royaume de Dieu et sa justice et tout le reste vous sera donné par surcoît » pouvons-nous lire dans les Saintes Ecritures. C'était aussi la devise d'Antoine Lestra, un militant Catholique de la première moitié du XXe siècle dans la ressemblance physique avec Louis Martin était plus que saisissante.

Effet de Conversion : Lorsque je serai amené à formuler un avis concernant une situation, je choisirai de commencer par une parole qui bénisse, avant d'aller plus loin dans l'appréciation de la question.

 

Mardi 13 décembre

Voyages

 

Les plus jeunes, Léonie, Céline, Thérèse rejoignent tour à tour le pensionnat des bénédictines de Lisieux. En 1882, Pauline décide, soutenue par son père, d'emprunter la voie de Sainte Thérèse d'Avila. Elle entre au Carmel de Lisieux le 15 octobre. Thérèse est dans un grand désarroi : ne perd-elle pas sa seconde maman ? Grand amateur de voyages, Louis fait découvrir la capitale à ses filles. En 1885, il accomplit un voyage de deux mois jusqu'aux confins des Balkans. Avec un ami, l'Abbé Charles Marie, il traverse l'Europe centrale, Munich, Vienne, Athènes, Naples, Rome, Milan... De retour, il raconte ses péripéties durant les veillées d'hiver. « J'aime les longues soirées qui nous rassemblent en famille près du foyer pétillant », écrira Thérèse.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) Je suis allé voir, mardi dernier, ma petite Hélène. Je suis partie seule à 7 heures du matin, par la pluie et le vent qui m'ont menée et ramenée. Imagine-toi ma fatigue le long du chemin, mais j'étais soutenue par la pensée que j'allais bientôt tenir dans mes bras l'objet de mon amour. C'est un gentil bijou que la petite Hélène, elle est belle à ravir ». (Zélie).

Parole de Dieu : « Une source jaillira de la maison de Yahvé et arrosera le ravin des Acacias ». (Joël 4, 18).

 

Dans ma vie

 

Les voyages forment la jeunesse, entendons-nous bien souvent. Ils ouvrent en effet l'esprit et le cœur aux dimensions du monde. Joseph et Marie se sont mis en route pour trouver un lieu qui permettrait la naissance de bonnes conditions de l'enfant divin qu'elle porte en elle. C'est au cours d'un voyage que Jésus à voulu naître. C'est après un long voyage que les Mages l'ont découvert tandis que les bergers l'avaient reconnu après avoir marché quelques kilomètres seulement. Car le voyage n'est pas d'abord affaire de longues distance, mais d'ouverture de cœur.

Effet de Conversion : dans une conversation qui tourne vinaigre, je choisis de garder le silence pour ne pas prêter le flanc à un manque de Charité qui, entre médisance et calomnie, serait une atteinte à la dignité de mon frère.

 

Mercredi 14 décembre

Peine et départ

 

Thérèse est sans doute la plus touchée des filles, par la mort de sa mère Zélie. Sa grande sensibilité contraint Louis, son père, à la retirer de son école en février 1886. Elle suivra dorénavant des leçons particulières. En août de la même année, contre toute attente, l'aînée Marie entre elle aussi au Carmel de Lisieux. Louis perd sa fille préférée, celle qu'il nomme son « diamant ». Il devra cacher sa peine. Une nouvelle fois la petite Thérèse subit de plein fouet le coup. Marie n'était-elle pas devenue sa confidente, sa « troisième maman ? »

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« Combien j'aurais désir voie ces braves gens rentrer dans le giron de l’Église ! Pour celui qui a la Foi, c'est si triste de voir un brave garçon comme Mathey, et tant d'autres poursuivre leur petit bonhomme de chemin, sans s'inquiéter de ce qui les attend ». (Louis).

Parole de Dieu : « J'estime en effet que les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer à la gloire qui doit se révéler en nous » (Romains 8, 18).

 

Dans ma vie

 

Le souci de trouver une bonne scolarisation pour les enfants a été une préoccupation majeure pour Louis et Zélie. Ils voulaient avant tout une école Catholique et un contenu à la hauteur de la vocation à la sainteté qui est le lot commun de chaque baptisé. Cela les a conduit à faire des sacrifices financiers et affectifs, importants (par l'éloignement des enfants). La responsabilité des parents ne consiste pas seulement à assurer le minimum vital au plan horizontal et purement animal. L'école sert la croissance, ou bien la décroissance, de l'enfant. Il est heureux de voir que Louis, devenu veuf, en a la préoccupation.

Effet de Conversion : J'offre une contrariété, ou une obole, à l'intentions de tous ceux qui oeuvrent à la reconstruction d'établissement, bien souvent hors contrat, pleinement en phase avec ce que l’Église demande.

 

Jeudi 15 décembre

Les voies de Dieu sont impénétrables

 

En octobre 1886, Léonie tente l'aventure religieuse au couvent des Clarisses. L'ambiance familiale des Buissonnets se réduit de plus en plus. Ne reste plus que Thérèse, Céline et le vieux père, Louis Martin. Début décembre 1886, Léonie est de retour après sept semaines de vie claustrale. Quelques mois plus tard, cette dernière demande l'autorisation d'entrer à la Visitation de Caen. Heureuse époque où la mission parentale ne consistait pas simplement à payer les études ou à laisser le libéralisme franchir les portes de la demeure familiale...

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) La petite Léonie se porte bien maintenant (…) Je suis allée voir, il y a quinze jours, celle qui est en nourrice ; je ne me souviens pas d'avoir jamais éprouvé un saisissement de bonheur tel qu'au moment ou je l'ai prise dans mes bras, et où elle m'a souri si gracieusement, que je croyais voir un ange. (…) Je ne puis me figurer que j'ai l'honneur d'être la mère d'une créature aussi délicieuse ». (Zélie).

Parole de Dieu : « C'est la miséricorde que Je veux et non le sacrifice. En effet, Je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs » (Matthieu 9, 13).

 

Dans ma vie

 

Léonie sera l'enfant difficile de la famille Martin. Zélie n'hésite pas à dore d'elle : « Je voyais un ange ». Une belle chanson intitulée « L'espérance » contient les mots suivants : « Même le plus noir nuage a toujours sa frange d'or ». Cela veut dire qu'aucun enfant n'est totalement mauvais. Baden-Powell, le fondateur du Scoutisme, disait toujours qu'il y a toujours 5% de bon dans le pire des êtres humains. Pour Léonie, ce fut certainement vrai à tel point que le mauvais fut mis en ballotage puis en minorité. Aujourd'hui, un procès en béatification est ouvert pour Léonie. Les voix de Dieu sont impénétrables et pourtant si claire, vues sous un autre angle...

Effet de Conversion : Toutes nos familles comptent des enfants plus difficiles que d'autres. Éducateur, je choisis de porter un regard plein d'espérance sur tel enfant qui m'est lourd à porter.

 

Vendredi 16 décembre

Appelée par Jésus

 

Avec le temps et les soucis, la santé de Louis finit par être un peu atteinte. Le 1er mai 1887, ce dernier subit une attaque qui le laisse hémiplégique pendant quelques heures. Heureusement, l'intervention rapide de son beau-frère Isidore le sauve de ce mauvais pas. Après la grâce reçue à Noël 1886, Thérèse est résolument sortie de l'enfance. Petit à petit, elle aspire à devenir carmélite, non pour retrouver Marie et Pauline, mais parce qu'elle se sent appelée par Jésus. Le jour de la Pentecôte 1887, après avoir prié toute la journée, elle présente sa demande à son père, dans le jardin des Buissonnets.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (Départ pour le grand voyage) Très chères filles. Vous êtes bien aimables de m'avoir laissé faire cette petite échappée, et je vous saurai toute ma vie bon gré de cela. Du reste, si la distance nous sépare un peu, mon cœur est tout près de vous. Soyez donc sans inquiétudes et nous vous faites pas de chagrin, mes enfants. (…) Tout à vous dans le Seigneur » (Louis).

Parole de Dieu : « Mon fils, viens en aide à ton père dans sa vieillesse, ne lui fait pas de peine pendant sa vie ». (Sirac 3, 12).

 

Dans ma vie

 

La bonne santé physique est un bien, pour autant qu'elle n'est pas le bien suprême. Le bien suprême est la santé de l'âme. La Passion du Christ nous a indiqué clairement que la souffrance et la mutilation ne sont pas des amputations quand elles sont vécues en offrande d'amour. Au contraire, elles ajoutent un surcroît d'être (cette expression ne doit pas être prise au sens métaphysique du terme) et de dignité à l'homme. L'embryon, le vieillard, la personne handicapée, le malade en état pauci-relationnel ne sont pas des sous-hommes. La mort et la résurrection de Jésus nous indiquent au contraire qu'ils portent en eux les germes de leur résurrection.

Effet de Conversion : Suis-je suffisamment présent auprès des personnes âgées de mon entourage ? Je décide aujourd'hui de poser un acte fort de présence auprès de l'une d'entre elles.

 

Samedi 17 décembre

Première requête

 

Louis n'est pas totalement surpris par la requête de sa fille. Il la trouve tout de même un peu jeune... n'a-t-elle pas encore quinze ans ? Il se laisse vite convaincre et ajoute que Dieu lui fait « un grand honneur de lui demander ainsi ses enfants ». Mais d'autres difficultés se présentent : il faut convaincre l'oncle Isidore ainsi que le Chanoine Delatroëtte, supérieur du Carmel. Celui-ci répond négativement, si bien que Louis propose une rencontre avec l'évêque, Mgr Hugonin. L'entrevue est bonne, mais la décision est remise à plus tard... Grande tristesse pour la petite Thérèse.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) oh ! Va, je ne me repens pas de m'être mariée. Si tu avais vu les deux aînées aujourd'hui, comme elles étaient bien toilettées, tout le monde les admirait et on ne pouvait en détourner les yeux. Et moi, j'étais là rayonnante, je me disais : « c'est à moi ! J'en ai encore deux autres qui ne sont pas là... » (Zélie).

Parole de Dieu : « C'est pourquoi, bien que j'aie dans le Christ tout le franc-parler nécessaire pour te prescrire ton devoir, je préfère invoquer la charité et te présenter une requête ». (Philémon 8, 9).

 

Dans ma vie

 

La sainteté c'est laisser se répandre la bonne odeur du Christ : le parfum du Saint Chrême en témoigne, au baptême, à la confirmation ou encore à l'ordination. La plus belle toilette de la chrétienne sera sa vertu, sa pureté, sa simplicité, son sourire, sa bonté, sa générosité... Comme une bonne odeur qui se dégage et s'envole vers les quatre coins de l'horizon... Pour une plus grande beauté. Sans le divin parfum, il n'est point de rose spirituelle. Sans cela, une jolie femme restera laide tandis qu'une autre, moins gracieuse, sera vraiment belle. Notre Dame allia les deux. Pour notre plus grande joie.

Effet de Conversion : Je réciterai une dizaine de Chapelet à l'intention d'un jeune homme ou d'une jeune fille de ma connaissance et dont la moralité est incompatible avec l'Evangile. Je le confiera particulièrement à Notre Dame, Reine de la Pureté.

 

Les textes de cette Retraites ont été publiés en 2015 par Les Carmes de Paris (pour les méditations des Dimanches) et sont extraites du Hors Série de Parole et Prière, "Mon Avent avec Saints Louis et Zélie Martin", publié également en 2015 (pour les textes des semaines).

 

Téléchargez les méditations de cette semaine (pdf) en cliquant ici

 

0690116618109

 

Pour recevoir chaque semaine,pendant le temps l'Avent,

les méditations de l'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin,

abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes

 

03 décembre 2016

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

rsz_portraits_of_saints_-_sts_louis__zelie_martin

Deuxième semaine de l'Avent

 

Trouver sa place

 

Deuxième Dimanche de l'Avent

 Dimanche 4 décembre

 

Evangile de Jésus-Christ selon St Luc 3,1-6

 

L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode étant alors au pouvoir en Galilée, son frère Philippe dans le pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias en Abilène, les grands prêtres étant Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie. Il parcourut toute la région du Jourdain, en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés, comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis ; et tout être vivant verra le salut de Dieu.

 

La méditation de la semaine

 

« Nous mettre dans la disposition d’accepter généreusement la volonté du bon Dieu, quelle qu’elle soit, car ce sera toujours ce qu’il peut y avoir de mieux pour nous » (CF 204, Zélie) Jean, le prophète, le baptiste, fait irruption dans l’histoire d’Israël alors que le monde semble être bien en ordre. En cet « an quinze », il y a un empereur à Rome, un gouverneur en Judée, des grands prêtres et d’autres figures d’autorité et ce en divers lieux de l’Empire romain. Tout semble bien en ordre, ou plutôt tout semble tourner sans de véritable remise en cause à envisager. Ce monde bien établi n’est pourtant pas le monde idéal, comme en témoigne l’historien Flavius Joseph rapportant la brutalité d’un Ponce Pilate. Ce dernier se livre parfois à des répressions brutales, sanguinaires. Il heurte la sensibilité religieuse juive en introduisant des enseignes romaines à Jérusalem et en puisant dans le trésor du Temple. Mais malgré tout, le monde semble peu enclin à se remettre en question ; la paix – celle de Rome, celle des hommes – s’est plus ou moins imposée.

 

L’appel à la conversion au cœur même de nos vies

 

Un événement soudain surgit alors. Au cœur de ce monde, « la parole de Dieu fut adressée à Jean, fils de Zacharie ». La parole de Dieu fait irruption dans cet ‘establishment’, elle appelle à un changement de comportement, à un « repentir en vue de la rémission des péchés ». Elle le fait car le monde n’est pas seulement le monde des hommes mais celui de Dieu. S’il est vrai que l’homme a son Ciel en Dieu, Dieu, lui, a son Ciel en l’homme. Sa Présence, sa Providence font irruption au cœur même de nos vies, si banales qu’elles pourraient paraître. Notre Père n’est pas perdu au Ciel, au point qu’il nous faudrait gravir les nuages pour nouer contact. Notre Père vient à nos devants, à l’image de l’Esprit-Saint venant au-devant de Marie lors de l’Incarnation, ou du Fils venant au-devant de ses disciples après la Résurrection.

Si la parole de Dieu s’est adressée à Jean et à travers lui au peuple de l’époque, elle s’adresse à nous tous aujourd’hui. Elle s’inscrit dans cette Alliance que le Très-Haut a proposée au peuple hébreu au long des siècles avant Jésus-Christ et qu’il propose à chacun depuis. Le Seigneur nous adresse ainsi, à travers cet Evangile du jour, une demande et une promesse. La demande est pressante, impérative même : « préparez le chemin du Seigneur » ! Le changement d’attitude intérieure et extérieure constitue la façon pour l’homme de dégager le chemin à l’advenue du projet divin. Dieu ne s’impose pas brutalement à nous, mais il se laisse trouver quand notre cœur se trouve disposé. Notre-Seigneur, par l’intermédiaire de Jean-Baptiste, nous invite à travailler cette attitude de disponibilité, tant elle n’est pas aisée a priori. Le poids de notre propre histoire, avec ses blessures, ses déceptions, ses souffrances, ses égarements, ne nous rend pas toujours facile cette disponibilité de cœur et d’esprit. Mais une fois retrouvés, cette disponibilité et ce changement de comportement prennent un nom : celui de « conversion ». C’est à cela que nous sommes invités, en ce deuxième dimanche de l’Avent.

Cette conversion, autrement dit ce refus de s’enfermer sur nous-mêmes et sur nos péchés, cette confiance retrouvée en Dieu, laisse alors place à la promesse de Dieu : « toute chair verra le salut de Dieu ». « Le Seigneur l’a promis » [Is 40,5], rajoute le passage du prophète Isaïe cité par l’Evangile d’aujourd’hui. Quiconque prépare le chemin du Seigneur verra le salut de Dieu œuvrer en sa vie. Ce salut ne viendra probablement pas changer le monde actuel, ‘ordonné’ et non idéal comme pouvait l’être le monde à l’époque de Jean-Baptiste, mais il permet à « toute chair » tournée vers le Ciel de trouver sa place sur terre. Trouver sa place dans le monde, n’est-ce pas une question primordiale ? Mieux, voir la beauté de cette place qui est la nôtre, n’est-ce pas d’une importance capitale ? La promesse de Dieu nous est donnée, elle nous invite à prendre notre place au sein de la société, avant de prendre notre place au cœur du Royaume qui nous est destiné… Louis et Zélie ont mis plusieurs longues années avant de trouver ainsi leur place, mais l’attente en aura valu la peine !

 

Trouver, prendre sa place et… en voir la beauté

 

En 1847, après sa déception de n’avoir pas pu embrasser la vie monastique, Louis se remet à ses études professionnelles dans l’horlogerie, et se rend à Paris plusieurs années dans cette optique. Il lutte pour ne pas se laisser aller à des divertissements ou à des tentations – nombreuses dans la capitale ! – susceptibles de le détourner de sa foi profonde. N’oublions pas qu’avec le poids de sa déception, Louis aurait pu chercher un ‘réconfort’, un moyen d’oublier sa désillusion, il aurait pu endurcir son cœur ou jouer le désabusé… Il préfère rester droit et lutter pour ne pas tomber. « Il lui a fallu du courage pour sortir victorieux de tous ces combats » (CF 1), écrira par la suite Zélie à ce sujet. Revenu à Alençon, Louis attendra l’âge de 34 ans – ce qui est beaucoup, à l’époque – pour voir le tournant salvifique que Dieu s’apprête à opérer en sa vie. Zélie, pendant ce temps, est revenue de son projet de vie religieuse. Tout en soupirant toujours après une vie de consacrée – «  je ne fais que rêver cloître et solitude » (CF 150), écrira-t-elle encore quelques années plus tard –, Zélie s’est faite à l’idée d’un possible mariage et se lance dans la confection de la dentelle. Elle a 20 ans. Pendant une demi-douzaine d’années, Louis et Zélie vivront dans la même petite ville, sans se rencontrer, à moins de 500 mètres l’un de l’autre…

La vie de l’un et de l’autre semble être bien réglée et ordonnée, les affaires vont leur train mais le cœur de chacun semble rester dans l’expectative. Devrais-je « rester vieille fille », s’interroge Zélie (CF 150) ? Mon fils restera-t-il toujours célibataire, s’alarme la mère de Louis ? En avril 1858, la Providence agit. « Un jour que Zélie Guérin passait sur le pont Saint-Léonard, elle croisa un jeune homme dont la noble physionomie, l’allure réservée, la tenue pleine de dignité l’impressionnèrent. Au même moment, une voix intérieure lui murmurait en secret : « C’est celui-là que j’ai préparé pour toi » » (Piat, Histoire d’une famille). Zélie entend une intérieurement une parole céleste (elle l’attribue à la Vierge Marie) venant bouleverser sa vie ; elle vient de rencontrer Louis. Si elle et lui se sont préparés à être disponibles à la volonté de Dieu dans leur vie – « Préparez le chemin du Seigneur » nous dit l’Evangile d’aujourd’hui –, Dieu avait déjà en amont préparé cette place qui leur était destinée. Cependant, Louis et Zélie ont encore du mal à apercevoir la beauté de leur place, la beauté du mariage et de l’union conjugale. S’ils se marient trois mois après leur rencontre, le 13 juillet 1858, en toute discrétion (le mariage a lieu à minuit, en présence d’une dizaine de personnes seulement), Louis et Zélie ne comprennent encore pas totalement. Ils ne réalisent pas encore la beauté de leur vocation au sein du monde, au point que Zélie, le jour même du mariage, s’en va, accompagnée de Louis, pleurer à chaudes larmes au monastère de la Visitation où sa sœur Elise est devenue religieuse. « Je me trouvais si malheureuse d’être au milieu du monde, j’aurais voulu cacher ma vie avec la sienne » (CF 192), au monastère. Le jour de son mariage, Zélie rêve encore du cloître !

 

Parole donnée, parole tenue : l’accomplissement de la promesse

 

Si le couple a bien perçu l’appel divin à se sanctifier au cœur de la société, en tant que mari et femme, les deux époux sont toutefois encore imprégnés de leurs désirs d’une vie conçue comme une vie cloîtrée. Pendant les dix premiers mois, ils vivent même en se dispensant des relations conjugales ! Fort heureusement, le confesseur de Louis demande à ce dernier de mettre fin à leur abstinence sexuelle. Louis et Zélie ne se raidissent pas, ils vont découvrir le bonheur de se donner l’un à l’autre. Neuf enfants vont naître, parmi lesquels la petite Thérèse, la dernière. Ils font découvrir à Louis et Zélie le bonheur de devenir parents. Ainsi, lors du baptême de l’aînée, Marie, en 1860, Louis sera tout joyeux d’annoncer au prêtre que « c’est la première fois que je viens ici pour un baptême, mais ce n’est pas la dernière ! ». Zélie, de son côté, s’extasie : « moi, j’aime les enfants à la folie, j’étais née pour en avoir » (CF 83)… La promesse de Dieu s’est réalisée, Louis et Zélie sont comblés. S’ils conservent leur attrait pour la prière, ils mettent définitivement fin à leurs velléités de vie religieuse. Zélie est heureuse avec son Louis, au point qu’elle « en désire un pareil à toutes les femmes » (CF 1). Louis, en retour, l’« aime pour la vie » (CF 2bis).

Mais ce bonheur, le couple doit se battre pour le conserver et le faire croître, tant les difficultés familiales ne manquent pas. Sur les neuf enfants nés du mariage, quatre meurent en bas âge. C’est une épreuve douloureuse. En l’espace de quatre ans, le couple voit mourir trois nourrissons et une petite fille, Hélène, âgée de cinq ans. Pour cette dernière, le choc est terrible, l’enfant meurt dans les bras de sa mère, alors que celle-ci ne s’y attend pas. « J’ai cru que j’allais en mourir ». La foi de Louis et Zélie, mise à rude épreuve, leur permet de surmonter le drame. « Nous l’avons offerte ensemble au bon Dieu » (CF 52), mais le travail de deuil doit s’effectuer, il sera long. Léonie, née un an avant Hélène, se révèle une enfant difficile, moins douée que ses sœurs et psychologiquement fragile. Elle donne beaucoup de soucis à Zélie. Mais « plus je la vois difficile, écrit-elle alors que Léonie a onze ans, plus je me persuade que le bon Dieu ne permettra pas qu’elle reste ainsi. Je prierai tant qu’il se laissera fléchir » (CF 117). Léonie en effet finira par se redresser, au point de comprendre mieux que ses sœurs la – future – petite voie de Thérèse. Tout au long de leur vie, Louis et Zélie se mettent « dans la disposition d’accepter généreusement la volonté du bon Dieu, quelle qu’elle soit, car ce sera toujours ce qu’il peut y avoir de mieux pour nous » (CF 204). Ils ont pu l’expérimenter, malgré les difficultés et… au sein même de ces difficultés. Cette « disposition » est toujours œuvre de conversion. Grâce à elle, nous donnons prise au « bon Dieu » pour agir dans nos vies.

 

3 pistes pour s’approprier l’Évangile et suivre l’exemple de Louis et Zélie :

Dans l’Évangile, les foules entendent l’appel de Dieu à travers l’exhortation de Jean-Baptiste proclamant un baptême de conversion en vue de la rémission des péchés. Dans sa vie, Zélie entend l’invitation à considérer l’homme qu’elle allait croiser : Louis Martin. Sommes-nous également attentifs aux appels de Dieu dans nos vies quotidiennes ? Prenons-nous le temps de discerner ces appels ? Comment y répondons-nous ?

La foi et la disponibilité de cœur et d’esprit ont permis à Louis et Zélie d’accepter d’être bousculés, au point de consentir à une vie ne correspondant pas, initialement, à leur conception d’une vie sanctifiée. Mettons-nous nos existences pleinement sous le regard miséricordieux de Dieu, ou lui cachons-nous (à lui, mais peut-être à nous aussi) les points sombres ou douloureux de nos vies ? Cela revient à nous demander si notre attitude est bien une attitude filiale, confiante, celle d’un enfant envers le meilleur des pères, ou bien si nous lui présentons un personnage n’étant pas vraiment nous-mêmes…

Le salut des hommes est en Dieu, ne cesse de proclamer Jean-Baptiste. Louis et Zélie l’ont expérimenté. Livrés à eux-mêmes, ils ne se seraient probablement pas donnés l’un à l’autre, ils n’auraient pas eu la joie d’être parents, ils n’auraient probablement trouvé ni leur place ni aperçu la beauté de la place qui était la leur. Sommes-nous si sûrs d’être au clair avec cette question de notre place : l’avons-nous trouvée ? Savons-nous reconnaître la beauté de cette place qui est nôtre ?

 

Fr. Cyril Robert, ocd (Paris)

0690116618109

Prier chaque jour de la semaine

 

Lundi 5 décembre

 Vivre en chrétien

 

Si Zélie, femme de premier plan, tient une place prépondérante dans ce ménage, celle-ci ne cesse de louer la bonté de son mari : « C'est un saint-homme que mon mari, j'en désire un pareil pour toutes les femmes ». Fervents chrétiens, Zélie et Louis assistent chaque matin à la Messe de 5 h 30. ils pratiquent le jeûne et la prière en famille, respectent avec une belle conviction le repos du dimanche. Ils mettent en pratique leur Foi : ils visitent les malades, les vieillards isolés, les mourants. Il leur arrive parfois d'accueillir les vagabonds à table...

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) Il paraît que tu n'as pas été content de ma lettre du premier de l'An. Que voulais-tu que je te dise ? Si je t'avais fait des compliments, tu te serais moqué de moi, si je t'avais prêché, tu en aurais ris, de sorte que ce que j'ai mis me passait dans l'idée au moment. Mais cela n'empêche pas que je t'aime et que je donnerais tout ce que j'ai plutôt que de t'abandonner, quand même tu en viendrais à m'oublier et ferais les plus grandes sottises » (Zélie).

 

Parole de Dieu : « Quiconque demande reçoit ; cherche, trouve ; et à qui frappe, on ouvrira » (Luc 11, 11).

 

Dans ma vie

 

« Femmes, soyez soumises à vos maris ! » Eh bien oui, il faut bien se le dire, puisque cette parole nous vient du Christ, le Verbe de Dieu qui parle dans les Écritures. Certes, cet appel nous vient de Saint Paul ; pour autant nous savons que ses épîtres sont la parole de Dieu. Cette soumission n'est en rien celle de l'Islam, qui chosifie l'homme et le dégrade. Elle est en réalité une demande spécifique qui invite la femme, celle qui porte la vie, à ne pas s'attribuer la maternité de toute chose dans le ménage. C'est en se livrant à elle, totalement que le Christ a aimé l’Église, poursuit Saint Paul, que l'homme rend possible cet ordre : « Femmes, soyez soumises à vos maris ! ».

 

Effet de Conversion : La loi de l'Amour consiste à renoncer à soi-même, à porter sa croix et à suivre Jésus. Pour mieux aimer mon conjoint, mes enfants, ceux qui m'entourent, suis-je prêt à faire passer en deuxième position mes aspirations secondaires, celles qui ne sont pas de l'ordre de l'essentiel ?

 

Mardi 6 décembre

Maladie

 

Zélie s'occupe consciencieusement de ses bonnes et de ses ouvrières, souvent jeunes et inexpérimentées. Une première épreuve va s'abattre sur la famille Martin. En 1876, la maladie frappe une première fois la famille Martin. C'est d'abord la sœur de Zélie, Marie-Dosithée, rongée par la tuberculose. Zélie en est très affectée. Elle se résout à consulter pour elle-même un médecin en décembre 1876, chose qu'elle avait mise de côté malgré des maux de têtes et des douleurs d'estomac récurrentes.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à un ami) Je sens le besoin de te féliciter ou plutôt de remercier avec toi le Seigneur, et cela de tout mon pauvre cœur, de la grande faveur qu'il a bien voulu t'accorder en décembre dernier, époque à jamais mémorable ! (son ami était revenu à la pratique religieuse) De cette faveur, on en connaîtra au juste le prix que plus tard... » (Louis).

 

Parole de Dieu : « Qui cherchera à épargner sa vie la perdra, et qui la perdra la sauvera » (Luc 17, 33).

 

Dans ma vie

 

L'avent et le Carême sont les temps liturgiques qui invitent à la conversion, comme deux grandes retraites annuelles. Ce sont de véritables exercices spirituels. Louis et Zélie aimaient se retrouver auprès du Seigneur dans ces moments particuliers. Il est bon de rester avec son époux aux pieds du Maître, assis dans le silence. Rien n'est plus important que cela, c'est la meilleure part qui résume à elle toute seule la vie contemplative. La conversion, le retournement de tout l'être vers celui qui est à l'origine, est un bouleversement salutaire à désirer ardemment pour soi-même et pour les autres.

 

Effet de Conversion : Je prends la résolution de consacrer au Seigneur une demi-heure de cette journée par un temps de prière silencieuse et de méditation.

 

Mercredi 7 décembre

Renoncement

 

Zélie n'avait pas pris le temps de faire le point sur sa santé. Le diagnostic est sans appel : elle est affectée d'une « tumeur fibreuse » au sein très avancée. Toute opération est considérée alors comme inutile. Zélie reçoit la nouvelle avec courage, mais son mari, Louis, est « comme anéanti ». Isidore Guérin, le frère de Zélie, devenu pharmacien à Lisieux, lui fit rencontrer un grand chirurgien. Ce dernier pose le même diagnostic qu'antécédemment : il est trop tard pour envisager une opération.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) Tu sais que Louis est rigoureux observateur des Commandements de l’Église, il ne voudrait ni faire gras, ni ne pas jeûner pour un empire et je doute que ma tante soit aussi fidèle à son devoir. Quand M.D. est venu, ce Carême, tu ne pourrais croire combien nous avons été gênés. Louis jeûnait seul, puisque je m'en trouve dispensée pour le moment ; il nous regardait manger de bonnes choses pendant qu'il ne faisait que sa légère collation » (Zélie).

 

Parole de Dieu : « Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle ». (Jean 12, 25).

 

Dans ma vie

 

Certains démons ne se combattent que par le jeûne, pouvons-nous lire de la plume des plus grands auteurs spirituels de la tradition Catholique. En sommes-nous sûrs ? Nous devrions probablement l'être... si l'on croit les témoignages de ceux chez qui la pratique de l'ascèse corporelle, régulée avec discernement et dans l'obéissance à un bon directeur spirituel, porte des fruits magnifiques. L’Église demande le jeûne à ceux qui le peuvent certains jours de l'année, Mercredi des Cendres et Vendredi Saint. Elle n'interdit pas la pratique en Avent.

 

Effet de Conversion : Je choisis aujourd'hui de me priver de quelque chose pour m'unir à ceux qui manquent du nécessaire. Sans oublier de vivre cela avec le Christ qui s'offre à Son Père, dans l'Esprit Saint.

 

Jeudi 8 décembre

Retour au Père des Cieux

 

Le 24 février 1877, Marie-Dosithée s'éteint. Pour Zélie, c'est un coup très dur ; son mal empire. En juin de la même année, elle se rend à Lourdes malgré ses souffrances... mais il n'y a pas de miracle. Rentrée à Alençon, elle prépare sa tribu à son prochain départ. Elle reçoit l'extrême onction le 26 août en présence de Louis et de ses filles et meurt le 28 août 1877 après deux jours d'agonie. Ses funérailles sont célébrées dans l'actuelle Basilique Notre Dame d'Alençon. Le 29 août, elle est inhumée au cimetière d'Alençon. Sa famille est effondrée. La dernière de ses cinq filles, Thérèse, n'a pas cinq ans.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) La petite Léonie ne pousse pas bien ; elle ne paraît pas vouloir marcher. (…) Elle vient d'avoir la rougeole dont elle a été bien malade, avec des convulsions très fortes. Pauline est toujours la même. Elle est bien amusante et espiègle. (…) L'autre joue, je faisais le mois de Marie avec elle et je lui disais de prier le Bon Dieu pour toi ; elle a interrompu sa prière en pleurant, elle voulait voir son « tonton » ! ».

 

Parole de Dieu : « Tu sauvas mon âme de la mort pour que je marche à la face de Dieu dans la lumière des vivants ». (Psaume 56, 24).

 

Dans ma vie

 

La prière en famille n'est pas toujours aussi tranquille que l'office des Complies à l'Abbaye Saint Pierre de Solesmes. Les petits enfants ont parfois du mal à rester à genoux, tandis que les adolescents pourront être tentés de se passer de ce temps consacré à l'adoration, à l'examen de conscience et à l'action de grâce. Et pourtant, c'est comme cela que Dieu permet les choses. La perfection de la prière n'est pas d'abord dans l'attitude extérieure, même si celle-ci à son importance, mais dans la manière d'être présent à celui qui, venant des profondeurs de notre cœur où nous descendons si rarement, vient nous chercher dans une brise légère.

 

Effet de Conversion : Je réserve quelques instants à la contemplation de la création : en observant l'harmonie de l'oeuvre de Dieu, je nourris mon âme et la rends plus belle encore.

 

Vendredi 9 décembre

Installation à Lisieux

 

En novembre 1877, Louis et ses cinq filles choisissent de s'installer à Lisieux pour se rapprocher d'Isidore Guérin, frère de Zélie, qu'un conseil de famille a désigné subrogé tutelle des enfants. Les bonnes relations familiales entretenues notamment par Zélie, avec Isidore et son épouse, facilitent cette prise de décision. L'oncle et la tante sont persuadés que le transfert à Lisieux est une sage solution. Louis, d'abord réticent, est finalement gagné à cette idée. Ils trouvent à Lisieux une maison bourgeoise entourée d'un parc coquet : les Buissonnets.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) J'ai le portrait de mon père et le tien sur la cheminée ; ils sont parfaitement réussis et surtout très ressemblants. Pourtant Pauline ne te reconnaît pas. Elle dit : « Voilà Bon-Papa, et l'autre, c'est un curé ». (…) Si ça pouvait être la vérité ! Je donnerai de bon cœur ma part d'héritage pour que tu sois un bon curé. (…) Enfin, on a vu d'aussi grands miracles, mais pas de plus grands ». (Zélie).

 

Parole de Dieu : « Il délivre le pauvre qui appelle et le petit qui est sans aide ; compatissant au faible et au pauvre, il sauve l'âme des pauvres ». (Psaume 72, 12-13).

 

Dans ma vie

 

Les bonnes relations entretenues en famille, dans le respect des uns et des autres, mais sans repli sur soi, sont un signe de l'amour trinitaire. Dieu est famille. Dieu est amour. Le respect dû aux parents, aux anciens, est un principe majeur de l'Evangile. La présence des cousins, des enfants est un devoir pour tout Chrétien. « Regardez comme ils s'aiment ! ». L'évangélisation passe par le témoignage de l'amour échangé et vécu. Les bons repas en famille, c'est bien, la prière, la participation aux messes aux offices liturgiques, c'est encore mieux. L'Avent, c'est aussi fait pour ça !

 

Effet de Conversion : Je prends le temps de nommer les membres de ma famille proche, spécialement ceux qui m'ont blessé, et je mes confie à la maternité de Notre Dame.

 

Samedi 10 décembre

Continuer d'avancer sous le regard de Dieu

 

Louis a donc vendu le commerce familial d'Alençon et vit désormais de ses rentes. Il se consacre à ses filles et en particulier à Thérèse, qu'il appelle sa « reine » et elle son « roi ». Il m'emmène souvent en promenade aux alentours. L'aînée, Marie, âgée de dix-sept ans, prend en main le fonctionnement de la maison, avec l'aide d'une bonne engagée pour la circonstance. Pauline, du hait de ses seize ans, s'occupe de l'éducation des deux plus petites, spécialement de Thérèse. Quant à Louis, isolé de ses amis alençonnais, il vit intensément sa solitude, par la lection, la meditation, l'oratio (prière) et la contemplatio.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à un ami) Dernièrement, je t'ai parlé de mes cinq filles, mais j'ai oublié de te dire que j'ai encore quatre enfants qui sont avec leur sainte mère, là-haut où nous espérons aller les rejoindre un jour !... Alors je ne dirai plus : « Oh ! Qui me rendra mon Hélène ? » Avec Hélène, sont encore deux petits Joseph et une autre jolie petite Thérèse » (Louis).

 

Parole de Dieu : « Enfants, écoutez-Moi, Je suis votre père, faites ce que Je vous dis, afin d’être sauvés » (Ben Sirac 3,1).

 

Dans ma vie

 

« Qui me rendra mon Hélène ? » Louis a pu connaître cette tristesse de l'absence d'un être très cher et aimé. Dans le silence de sa prière, dans le secret de son âme bouleversée, il sait. Il sait qu'en se rapprochant de Dieu, il se rapproche de ceux qui sont avec Lui. Mystère de communion ! C'est à la Messe en particulier que les âmes chrétiennes, celles qui militent encore sur la terre et celles qui triomphent pour toujours dans le Ciel, se retrouvent vraiment dans l'amour. « Qui me rendra mon Hélène ? » Elle est là, maintenant, avec nous, en Dieu.

 

Effet de Conversion : Est-ce que je suis attentif aux mères enceintes de mon entourage ? Je choisis aujourd'hui, si j'en ai la possibilité, de poser un acte de Charité en direction d'une maman qui attend du bébé.

 

Les textes de cette Retraites ont été publiés en 2015 par Les Carmes de Paris (pour les méditations des Dimanches) et sont extraites du Hors Série de Parole et Prière, "Mon Avent avec Saints Louis et Zélie Martin", publié également en 2015 (pour les textes des semaines).

 

ciric_307415-620x349

Téléchargez les méditations de cette semaine (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir chaque semaine, pendant le temps l'Avent,

les méditations de l'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin,

abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes


26 novembre 2016

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin

11665657_847884551956086_4456970025423031074_n

Accueillir la nouveauté de Dieu avec saints Louis et Zélie Martin

 

Saints Louis et Zélie Martin

 

Ils sont les premiers ! Louis et Zélie Martin, canonisés le 18 octobre dernier, sont le premier couple de l’histoire à être canonisés ensemble, en tant que mari et femme… Mais qui sont-ils vraiment ? Sont-ils uniquement les parents de la petite Thérèse, parents dont la vie aurait semblée inintéressante s’il n’y avait pas eu leur illustre fille ? Sont-ils au contraire des saints inimitables ? En quoi leur vie de foi peut-elle nous être encore significative aujourd’hui ? Enfin, quel lien établir entre ce couple et la grâce de Noël à venir ?

Les différents thèmes abordés au cours des quatre dimanches de l’Avent répondront à ces diverses interrogations. Nous découvrirons en effet le déroulé de leur vie progressivement au cours de la retraite. Cependant, nous pouvons d’ores et déjà répondre à la dernière question : Louis et Zélie, comme Marie et Joseph, ont accueilli le don de Celui qui est la Vie, ils ont accueilli la présence sanctifiante de l’Amour. Leur vie commune, que nous suivrons de manière chronologique au cours de la retraite en ligne, nous donnera de voir combien la grâce de Noël – c’est-à-dire la grâce de l’Amour venant prendre chair parmi nous – s’actualise dans une vie ou dans un foyer partageant la foi quotidienne de l’humble famille de Nazareth.

 

La sainteté dans la vie de famille

 

Mais ne nous faisons pas d’illusions ! Si Louis Martin pouvait écrire à ses filles « que […] notre famille, quoique très humble, a l’honneur d’être au nombre des privilégiées de notre adorable Créateur » (Correspondance Familiale CF 231), cet honneur n’est pas destiné à être l’apanage de foyers familiaux ‘‘élitistes’’. À l’image de la vie de la petite Thérèse, Louis et Zélie ont mené une vie simple, exempte d’événements ou de grâces extraordinaires. Mieux, ils ont traversé des périodes de difficultés d’ordre familial (l’éducation difficile d’une enfant, la mort de plusieurs nourrissons, les finances parfois incertaines du foyer…) ou d’ordre moral (face à la tentation de désespoir notamment…). Même si Louis et Zélie ont vécu au XIXème siècle, leurs difficultés et leurs luttes nous donnent à voir un couple très actuel, proche de nos préoccupations, de nos joies, de nos propres combats.

La sainteté est accessible et elle n’est pas triste : voilà ce que la vie de Louis et Zélie nous enseigne, entre autres. N’ayons donc pas peur d’aspirer comme eux à la sainteté, n’ayons pas peur d’expérimenter à notre tour la beauté de la sainteté chrétienne. Louis et Zélie ne sont pas nés saints, ils le sont devenus… Avaient-ils des prédispositions prometteuses à ce sujet ? Il ne semble pas. Ils ont vécu la foi chrétienne en la prenant ‘‘simplement au sérieux’’, en mettant en pratique les commandements du Christ et en suivant les recommandations de l’Eglise. Cela a changé leur vie. Pas de mortifications démesurées, pas de prosélytisme exacerbé, pas de rigorisme mortifère : Louis et Zélie ont vécu la sainteté dans la situation propre qui était la leur. Que leur exemple et la grâce de la venue de Jésus permettent à l’Esprit de venir embraser le quotidien de nos vies d’aujourd’hui !

 

Notre retraite d’Avent avec les Martin

 

Avec Louis et Zélie, nous apprendrons à accueillir la nouveauté de Dieu qui se dévoile au grand jour de Noël. Nous suivrons quatre étapes, comme les quatre semaines de l’Avent, avec en plus un court message pour le jour de Noël :

 

  1. Attendre l’heure de Dieu

  2. Trouver sa place

  3. Accueillir la vie

  4. Sortir de chez soi

 

Chaque samedi, un message électronique. Vous sera envoyé : vous pourrez aussi y télécharger le texte (en format pdf) qui comprend une méditation pour le dimanche et pour la semaine suivante et un calendrier de l’Avent pour nourrir chaque journée, du lundi au samedi.

 

Bonne retraite à chacun, en union de prière !

 

Fr. Cyril Robert, ocd (Paris)

 

Les sources de cette Retraite

 

J'ai compilé et réactualisé à cette année deux Retraites de l'Avent qui ont été proposée en 2015 en une seule : La 1e retraite a été proposée par les Carmes de Paris dont j'ai gardé les méditations pour le dimanche, et la seconde par le hors série du magazine « Paroles et Prière » Mon Avent avec Saints Louis et Zélie Martin », dont j'ai volontairement placé les textes pour chaque jour de la semaine. F.Monvoisin, rédacteur du blog Images Saintes

 

 

La nouveauté de Dieu

Evangile de Jésus-Christ selon st Luc 2, 10-14

 

L’ange du Seigneur se présenta devant les bergers, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte. Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

Noël ! Le Verbe prend chair, Jésus naît. Marie et Joseph donnent au monde le Sauveur, les anges chantent « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ! » [Lc 2,14]. Les bergers accourent, les mages ne tarderont pas. C’est un instant de paix, un instant de bonheur mais aussi un instant d’épreuve : n’oublions pas que la venue au monde de Jésus advient dans l’inconfort d’une étable, suite au manque d’hospitalité des habitants de Bethléem. Qu’importe, Marie et Joseph ont donné le meilleur d’eux-mêmes et ce meilleur d’eux-mêmes a été… le Fils de Dieu lui-même !

Louis et Zélie ont également cherché à donner le meilleur d’eux-mêmes, là où ils étaient, appuyés sur une foi profonde parfois mise à rude épreuve, mais une foi solidement enracinée en Christ. Ce meilleur d’eux-mêmes s’est traduit là aussi par la venue au monde, par le don au monde, d’une enfant, ou plus exactement du dernier enfant de la famille, venant couronner l’éclat de la sainteté de Louis et Zélie. Deux semaines après cette heureuse naissance de 1873, Zélie témoigne dans une lettre de sa joie après la peine :

« Je suis tout-à-fait rétablie maintenant, la petite va bien aussi, elle promet d’être très forte […] La petite n’est pas du tout difficile pendant le jour, mais la nuit elle nous fait souvent payer cher sa bonne journée. Hier soir, je l’ai tenue jusqu’à onze heures et demie, je n’en pouvais plus de lassitude ; après, heureusement, elle n’a fait que dormir. Cette enfant s’appelle Thérèse ; tout le monde me dit qu’elle sera belle, elle rit déjà. Je m’en suis aperçue pour la première fois mardi. J’ai cru que je me trompais, mais hier le doute n’était plus possible ; elle m’a regardée bien attentivement, puis elle m’a fait un sourire délicieux. Pendant que je la portais, j’ai remarqué une chose qui n’est jamais arrivée avec mes autres enfants : lorsque je chantais, elle chantait avec moi… Je vous le confie à vous, personne ne pourrait y croire. » (CF 85).

Eh bien, osons croire, comme Louis et Zélie donnant au monde Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, en la bonté de Dieu donnant le meilleur en nous ! L’Homme est fait pour donner et se donner lui-même, car il est – au fond de lui-même – Amour, créé à l’image de ce Dieu qui n’est qu’Amour (1 Jn 4,16). Que Louis et Zélie intercèdent ainsi pour nous, qu’ils nous apprennent à faire confiance en Notre-Père, à suivre Jésus-Christ, à être mus par l’Esprit : acceptons nous aussi d’être aimés et d’aimer à notre tour ! Joyeux Noël !

 

Fr. Cyril Robert, ocd (Paris)

 

Première semaine de l'Avent

cp15-0002-carte-postal-2-saints-louis-et-zelie-martin-18-octobre-2015

Attendre l’heure de Dieu

 

Premier Dimanche de l'Avent

Dimanche 27 novembre 2016

 

Evangile de Jésus-Christ selon St Luc 21,25-36

 

En ce temps-là, Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots. Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire. Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste comme un filet ; il s’abattra, en effet, sur tous les habitants de la terre entière. Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »

 

La méditation de la semaine

 

« Je suis sûre que tu réussiras si tu le veux » (1ère lettre de Zélie, à son frère, le 1er janvier 1863) Que peut-il y avoir de commun entre l’attente de la venue au monde d’un enfant – ou plus exactement de la venue au monde de l’Enfant sur qui reposent la promesse de Vie et le salut du monde – et les événements catastrophiques évoqués par Jésus dans l’Evangile de ce premier dimanche de l’Avent ? Le Christ, s’adressant à ses disciples, met le doigt sur une venue provoquant « l’angoisse », « la frayeur », l’ébranlement même des fondations du monde. Or, il s’agit de la manifestation glorieuse du Dieu-fait-homme, c’est-à-dire de Celui qui vient à la rencontre de l’humanité pour la mener paître en cette Terre promise à Israël depuis des siècles, en ce Paradis ouvert même à un bandit (le bon larron), en cette Vie de délices où il n’y aura plus ni maladie ni mort ni pleurs ni gémissements !...

 

« Comprenez »…

 

« Comprenez », demande Jésus à ses disciples, oui « comprenez » que l’important n’est pas tant de savoir exactement de quoi l’avenir sera fait, mais de veiller, de prier, de puiser dans la foi la force de tenir debout face à des événements pouvant se révéler dramatiques, imprévus, et bouleversant nos vies. Ainsi, si des hommes de foi en Israël avaient correctement interprété l’Ecriture au point de savoir que le Christ à venir naîtrait à Bethléem, en terre de Juda, personne en revanche n’avait envisagé que le prophète annoncé serait Dieu lui-même venant prendre chair, naissant comme un homme parmi d’autres, en un lieu aussi pauvre qu’une mangeoire… Le roi Hérode ne l’avait pas anticipé, les grands prêtres et les scribes ne l’avaient pas compris, les habitants de Bethléem recevant Joseph et Marie non plus, et le peuple d’Israël lui-même pensait fermement que « le Christ, à sa venue, personne ne saura d’où il est » [Jn 7,27]. Pourtant, Dieu est droit ; il n’est « pas de ruse en Dieu, mon rocher », proclame le Psalmiste [Ps 92 ,16]. Cette incompréhension des hommes et la « menace [évoquée par le Christ] sur le monde habité » [Lc 21,26] viennent du fait que l’homme a perdu sa simplicité d’enfant, son cœur est bien souvent malade et compliqué. La réaction cruelle d’Hérode faisant mettre à mort des enfants innocents, suite à l’annonce de la naissance du Prince de la Paix, dévoile bien un cœur malade et fermé sur lui-même. Le Très-Haut, lui, n’est ni fourbe ni cruel, et son projet pour chacun de nous est simplement un projet de Vie. Si nous soupirons tous après cette Vie - pour laquelle nous avons été façonnés dès l’origine - avons-nous assez de disponibilité de cœur et d’esprit pour la discerner et savoir l’accueillir ? Avons-nous vraiment la foi en ce Dieu qui met en nous ces aspirations immenses au bonheur, à l’épanouissement de nos talents, à la vie de famille ou à la vie consacrée… - et souhaite plus que nous leur accomplissement ?

L’Evangile de ce premier dimanche de l’Avent attire notre attention sur le fait que dans notre quête de bonheur, Jésus ne nous demande pas de ne pas nous tromper mais il nous demande plus fondamentalement de veiller : « veillez donc et priez en tout temps » [Lc 21,36]. La recommandation du Christ appelle une attitude de foi, une attitude de disponibilité à la Vie du Royaume, une attitude remettant éventuellement en cause nos priorités ou nos certitudes. « Cherchez et vous trouverez […] car qui cherche trouve » [Lc 11,9-10], affirme vigoureusement Jésus. Celui qui cherche sait bien qu’il se trompe facilement ou régulièrement (puisqu’il cherche !), avant de trouver ce qu’il cherchait. C’est pourquoi l’appel de l’Evangile de ce jour ne prend pas la forme d’un appel à ne pas se tromper, mais il invite à rester éveillés. Nous avons droit à l’erreur, nous avons droit à la remise en cause de nos certitudes, nous avons droit à l’échec… Dieu nous invite au sein de ces situations, il nous invite surtout au sein de ces situations, à rester dans une attitude de foi vigilante. Nous ne sommes pas le centre de nos vies, nous sommes liés à Celui qui nous a créés et rachetés, nous sommes liés à Celui dont le projet de Vie pour nous demeure ferme jusqu’au bout, y compris dans les méandres de nos vies. « Je suis venu pour que les hommes aient la vie, et qu’ils l’aient en surabondance » [Jn 10,10], rappelle Jésus. Jusqu’où oserons-nous le croire ?

 

Une ouverture de cœur au sein des méandres de nos vies

 

La vie de Zélie Guérin et de Louis Martin nous invite à rester fermes dans cette audace de la foi. Ils ont quotidiennement travaillé, par la prière et par la foi, à obtenir ou à maintenir une véritable ouverture de cœur et d’esprit face aux méandres de leurs vies respectives.

Zélie, née Azélie-Marie Guérin, naît le 23 décembre 1831 dans l’Orne, près d’Alençon, où ses parents déménagent quelques années plus tard. Elle est le deuxième enfant de ses parents Isidore et Louise-Jeanne. L’aînée est sa sœur Elise, le cadet est un garçon. Il s’appelle Isidore, comme son père. Elle reçoit une éducation chrétienne, est entourée de parents attentifs. Malheureusement, ceux-ci sont très austères. En fait, Zélie est privée d’affection, tant par son père que par sa mère, pendant toute sa jeunesse. « Mon enfance, ma jeunesse ont été tristes comme un linceul, écrit Zélie à son frère, car si ma mère te gâtait, pour moi, tu le sais, elle était trop sévère ; elle, pourtant si bonne, ne savait pas me prendre, aussi j’ai beaucoup souffert du cœur » (Correspondance Familiale CF 15). Zélie n’aura jamais ne serait-ce qu’une poupée pour jouer … Mais plutôt que de sombrer dans une certaine déprime, Zélie cherche à maintenir ses aspirations légitimes à la tendresse et à l’affection. Sa soif d’être aimée se reporte sur le Seigneur, sa soif d’aimer à son tour s’oriente vers les plus démunis. Zélie sent monter en elle le désir impétueux de se vouer à Dieu et aux pauvres. Son idéal de mener une vie valant la peine d’être vécue n’est pas entamé par sa « souffrance du cœur »… Zélie cherche quelle peut être la volonté de Dieu pour elle, mais elle ne la comprend pas encore vraiment…

Louis Martin, de son côté, naît quelques années avant Zélie, le 22 août 1823, à Bordeaux. Sept années plus tard, sa famille s’installe à Alençon. Le jeune Louis passe une jeunesse apparemment sans heurts, il apprécie la belle littérature et les ouvrages sur la vie des saints. On pourrait alors penser que Zélie et Louis – vivant tous deux dans la même petite ville – auront tôt fait de se rencontrer, de s’aimer, de se donner l’un à l’autre en fondant une famille. Il n’en est rien ! Louis lui aussi se trompe encore sur l’orientation à donner à sa vie. Après un apprentissage professionnel du métier d’horloger, il s’oriente vers le monastère du Grand-Saint-Bernard, hospice monastique juché à 2 472 mètres d’altitude, à une trentaine de kilomètres du Mont-Blanc, en Suisse. Louis portera toujours en lui un goût prononcé pour la solitude, la contemplation, l’aventure aussi. Mais après un essai au monastère, à l’âge de 22 ans, Louis se voit contraint de revenir à Alençon, pour y apprendre… le latin ! En effet, c’est une condition nécessaire pour devenir chanoine au Grand-Saint-Bernard. C’est une grosse épreuve pour le jeune homme. Pendant un an et demi, il se lance dans l’étude du latin avec opiniâtreté, mais c’est l’échec : il n’y arrive pas, ces études le fatiguent, la déception est terrible. Louis tombe malade…

À Alençon, Zélie se tourne à son tour vers la vie religieuse. Elle a l’ardent désir de devenir Fille de la Charité à l’Hôtel-Dieu d’Alençon, afin de pouvoir se consacrer à Dieu et aux malades hospitalisés. Vers 18 ou 19 ans, elle se rend sur place, accompagnée de sa mère. L’entrevue avec la supérieure tourne court, celle-ci annonce à Zélie qu’elle n’a pas la vocation. Pour Zélie comme pour Louis, c’est l’échec. Le coup est d’autant plus rude que cet idéal de vie religieuse serait venu combler le vide affectif dont Zélie avait souffert depuis sa plus tendre enfance. Les vies de Louis et de Zélie prennent l’allure de deux trajectoires élancées vers le Ciel et subitement brisées. Louis a jeté toutes ses forces dans la bataille, mais c’est la déroute. Zélie s’est réfugiée toute entière dans une vie qu’elle projetait meilleure et pour elle, mais là encore c’est la désillusion…

 

La force puisée dans la foi et la prière

 

Revenons à l’Evangile pour évaluer la situation de Louis et de Zélie : « comprenez » [verset 30], nous dit Jésus aujourd’hui, oui « comprenez » [verset 31] que l’important n’est pas tant de savoir exactement de quoi l’avenir sera fait, que de veiller, de prier, de recevoir dans la foi la grâce de tenir debout face à une épreuve comme celle endurée par Louis et Zélie. L’un comme l’autre puisent en la foi et en la prière la force de ne pas se laisser aller à une certaine déprime. La prière faite par Zélie juste après avoir été éconduite de son projet de vie religieuse l’exprime bien : « mon Dieu, puisque je ne suis pas digne d’être votre épouse […], j’entrerai dans l’état de mariage pour accomplir votre volonté sainte. Alors, je vous en prie, donnez-moi beaucoup d’enfants, et qu’ils vous soient tous consacrés »… Déçue, Zélie se bat pourtant pour continuer à croire en un vrai projet de Vie de Dieu pour elle, malgré une forte tentation de croire que ce projet de Vie n’est, finalement, qu’un ‘plan B’ venant prendre la place d’un ‘plan A’ ayant échoué. Son cœur et son esprit restent ouverts.

Louis, lui, se lance sans plus tarder dans son activité professionnelle. Il tient un commerce d’horlogerie dans la ville. Il ne pense apparemment pas à se marier. Une paroissienne ne tarde pas à lui offrir une statue de la Vierge de l’Annonciation (il s’agit de la future Vierge du Sourire !), Louis se montrant très porté à la prière tout en se révélant très actif dans les milieux caritatifs. Lui aussi, malgré la douleur de n’avoir pas pu réaliser son rêve, maintient une ouverture de cœur et d’esprit envers son Seigneur. Louis, comme Zélie, pourrait faire sienne cette prière du jeune Samuel : « parle [dans ma vie] Seigneur, car ton serviteur écoute » [1 S 3,10]. Cette situation durera plusieurs années. Le Seigneur agira et parlera au cœur de l’un et de l’autre, car ils finiront par accomplir leur projet de Vie ; le 2ème dimanche de l’Avent nous permettra de le découvrir. Ce projet de Vie aboutira si bien que Zélie, forte de cette expérience, pourra écrire à son frère : « je suis sûre que tu réussiras si tu le veux » (CF 1) ; tu réussiras… mais sous le regard du Seigneur, et peut-être pas de la façon initialement envisagée !

 

3 pistes pour s’approprier l’Evangile et suivre l’exemple de Louis et Zélie :

 

Ce 1er dimanche de l’Avent nous permet de constater combien Louis et Zélie ont cherché à comprendre, à l’invitation de Jésus, quel était ce projet de Vie pour chacun d’eux. Avons-nous ou travaillons-nous à avoir, nous aussi, cette disponibilité de cœur et d’esprit pour correspondre au projet de Dieu dans nos vies ? Nous sommes si souvent happés par des agendas bien chargés ou une vie bien (trop) réglée…

Louis et Zélie n’avaient pas envisagé le mariage, au point que leurs déconvenues semblaient prendre la forme d’un échec définitif dans leur vie. Comment envisageons-nous à notre tour nos propres échecs : à vue humaine, ou comme une façon de rebondir malgré une inévitable douleur ? Nous reconnaissons-nous un droit à l’erreur, sous le regard du Seigneur ? Ayons l’audace de nous pardonner à nous-mêmes nos propres erreurs. Ne laissons pas les déconvenues prendre les rênes de nos vies…

Enfin, la foi chrétienne et la prière tiennent une grande place dans la vie de Louis et de Zélie. Elles ont été leur soutien là où elles auraient pu être rejetées (‘si Dieu existe, pourquoi tant de déconvenues s’acharnent-elles contre moi ?’). Elles ont contribué à poser des fondations solides dans leur vie. Notre foi s’éclipse-t-elle, ou se révèle-t-elle au contraire un appui, quand une difficulté vient à se présenter ?

Fr. Cyril Robert, O.C.D. (Paris)

 

Prier chaque jour de la semaine

vignette-canonisation-louis-et-zelie-martin-632281

Lundi 28 novembre

Attiré par Dieu

 

Fils de Pierre-François Martin (1777-1865) et de Fanie Boureau (1730-1883), Louis Martin naît le 22 août 1823 à Bordeaux. Dernier d'une famille de cinq enfants, il est élevé au hasard des garnisons militaires de son père, militaire de carrière. Après ses études, Louis entreprend le métier d'horloger. Âgé de 22 ans, il se sent attiré par la vie consacrée, il demande à entrer au Grand-Saint-Bernard, couvent de Chanoines Réguliers dans les Alpes Suisses. Sa candidature est ajournée car il ne connaît pas assez le latin. Il séjourne ensuite trois années à Paris, puis rejoint Alençon chez ses parents qui occupent un magasin d'horlogerie-bijouterie, rue du Pont Neuf.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« Mon très cher frère, (…) je désire de tout mon cœur que tu réussisses dans tes entreprises et je suis sûre que tu réussiras si tu le veux ; cela ne dépend que de toi, le Bon Dieu protège tous ceux qui ont confiance en Lui, il n'y en a jamais un seul de délaissé ». (Zélie).

 

Parole de Dieu : « Repentez-vous, car le Royaume de Dieu est proche » (Saint Matthieu 4, 17).

 

Dans ma vie

 

Le conseil de Zélie à son frère Isidore est précieux : il lui garantit le succès de son activité professionnelle. C'est en soi véritablement extraordinaire... Pour celui qui rêve de s'épanouir dans son travail, il n'y a pas mieux ! Et Dieu sait si, dans notre monde hyper actif de ce début du XXIe siècle, les candidats au succès sont nombreux. Zélie ajoute simplement une condition, « qui ne dépend que de toi », dit-elle : faire confiance à Dieu qui vient pour nous sauver et mettre en ordre nos affaires si mal en point sans lui. Mais attention, il sait mieux que nous ce qui est bon pour nous !

 

Effet de Conversion : Dans les difficultés professionnelles, je garderai le cœur tendu vers les réalités d'en-haut, à l'image de Louis et Zélie, qui eurent l'audace de tenir bon dans le quotidien parfois hasardeux de leurs entreprises parce qu'ils savaient que le Ciel est le véritable et seul horizon de l'existence.

 

Mardi 29 novembre

Jeunesse

 

Azélie-Martin Guérin, appelée Zélie, naît le 23 décembre 1831 à Gandelain, village proche de Saint Denis sur Sarthon. Son père, Isidore Guérin (1777-1865, ancien de la grande armée qui s'est battu à Wagram, soldat de Masséna et Soult pendant l'invasion espagnole, est affecté à la gendarmerie de Saint Denis sur Sablon. Sa mère, Louise-Jeanne Macé (1805-1859) est une rude paysanne. Zélie n'est pas seule : elle a une sœur aînée, Marie-Louise (1829-1877), et un frère, Isidore (1841-1909) qui naîtra dix ans plus tard. En septembre 1844, ses parents s'installent à Alençon. Zélie et Marie-Louise reçoivent alors une formation soignée au pensionnat des religieuses des Sacrés Cœurs de Picpus.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (A son frère) (…) Dans une grande inquiétude à ton sujet. Mon mari me fait, tous les jours, de tristes prophéties. Il connaît Paris, et il me dit que tu seras en butte à des tentations auxquelles tu ne résisteras pas, parce que tu n'as pas assez de piété. Il me raconte ce qu'il a éprouvé lui-même, et ce qu'il lui a fallu de courage pour sortir victorieux de tous ces combats (…). Prie, et tu ne te laisseras pas entraîner par le torrent ».

 

Parole de Dieu : « Comme l’éclair part de l’orient et brille jusqu’à l’occident, ainsi sera la venue du Fils de l’homme ». (Saint Matthieu 24, 27).

 

Dans ma vie

 

Combien de jeunes sont-ils laissés à eux-même durant leurs études ? Loin de leurs parents et de leur base. Ils sont comme un arbre transplanté des rives verdoyantes d'un gave vers un désert aux nombreux mirages. Ils ont l'impression de contrôler la situation mais, faute de racines bien profondes, ils se dessèchent et confondent l'air du ciel avec les fumées de Satan. Que de paradis artificiels aujourd'hui : la drogue, le sexe, l'alcool, les mondanités, la séduction... Pour que le feuillage des âmes reste toujours vert, il suffit de s'accrocher aux Sacrements, à la parole de Dieu, au service des pauvres, à un directeur spirituel, à la prière silencieuse... et aux bons amis qui nous aident à avancer.

 

Effet de Conversion : Je désire de tout mon cœur offrir aujourd'hui une contradiction, à laquelle je serai en butte, à l'intention d'un jeune, que je connais ou pas, en grave difficultés dans la construction de sa personnalité.

 

Mercredi 30 novembre

Fervent Catholique

 

Alençonnais, Louis mène pendant huit ans une vie paisible, faite surtout de travail et de prière. Ses distractions consistent en de longues parties de pêche, quelques chasses et des soirées sérieuses avec ses amis du Cercle Catholique « Vital Romet ». D'une grande foi vive et fervente, il va à la messe non seulement le dimanche mais aussi en semaine. Il pratique l'adoration du Saint Sacrement et les pèlerinages. Sédentaire, il achète à Alençon ce que l'on appelle « le Pavillon », qui est constitué d'une petite tour entourée d'un terrain propice au jardinage et à la méditation. Va-t-il se marier un jour ? Il a 34 ans, et sa mère s'inquiète pour son avenir.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) Tu habites tout près de Notre Dame des Victoires (sanctuaire parisien fondé par Louis XIII) eh bien ! Entres-y seulement une fois par jour pour dire un Ave Maria à la Sainte Vierge. Tu verras qu'elle te protégera d'une manière toute spéciale, et qu'elle te fera réussir en ce monde, pour te donner ensuite une éternité de bonheur... J'ai reçu d'elle des faveurs que moi seule connais » (Zélie).

 

Parole de Dieu : « Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure » (St Matthieu 25, 13).

 

Dans ma vie

 

Le cloître, refuge pour l'homme qui veut chercher Dieu. Nous aussi devrions tous avoir une arcade de cloître dans notre cœur : romane ou gothique, peu importe. Plongés dans le monde, notre bouée est cette chambre secrète, réclusion intérieure, où nous pouvons rencontrer Dieu dans le secret, seul avec le Seul, mais pourtant jamais moins seuls... que lorsque nous sommes seuls. Même marié, Louis va régulièrement « faire retraite » dans cette pauvre cellule qu'il appelle « le Pavillon ». Là, dans le silence, il se renouvelle au contact de la divine présence.

 

Effet de Conversion : A un moment où tout me poussera à détourner la tête d'un pauvre, quel qu'il soit, je veillerai à lui tendre une main secourable, à lui donner à manger, sans oublier de lui dire que Dieu l'aime et se sert des « bons samaritains » qu'il rencontre pour le lui faire savoir.

 

Jeudi 1er décembre

« Je veux devenir un saint »

 

Travailleuse et intelligente, Zélie conservera de son éducation une fragilité pouvant la conduire au scrupule. Les relations familiales ne sont pas très faciles, avec sa mère notamment, et ses souvenirs d'enfance sont empreints de grisailles : « Mon enfance, ma jeunesse ont été tristes comme un linceul ». Elle ressent assez jeune l'appel à la sainteté et songe alors à devenir religieuse et à entrer à l'hôtel-Dieu d'Alençon, mais la supérieure n'est pas de cet avis. Elle devient alors dentellière. En 1853, âgée seulement de 22 ans, elle ouvre une boutique avec sa sœur Marie-Louise qui la quitte peu de temps après pour entrer chez les Visitandines du Mans sous ne nom de sœur Marie-Dosithée.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) Tu sais bien que la vie n'est pas longue. Toi et moi, nous serons bientôt au terme, et nous nous saurons bon gré d'avoir vécu de manière à ne pas rendre notre dernière heure trop amère. Maintenant, si tu as le cœur mauvais, tu vas te moquer de moi ; si tu ne l'as pas, tu vas dire que j'ai raison ». (Zélie).

 

Parole de Dieu: « Je te bénis Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits ».

 

Dans ma vie

 

Vivre pour Dieu. Qu'à notre dernier instant nous ayons la force de tout remettre entre ses mains. Ce dernier instant ? Il peut arriver du jours au lendemain, d'une seconde à l'autre. Si un rien nous sépare de l'autre monde, une feuille de papier ou un rideau de soie, rien ne peut nous séparer de l'amour de Dieu qui frappe à la porte de notre cœur en permanence, sur un mode discret ou de manière plus vive. L'Esprit Saint ne cherche-t-il pas à faire naître en nous le Christ ? Avec Notre Dame prononçons alors un « fiat » décisif, que nous pourrons renouveler régulièrement.

 

Effet de Conversion : Je choisis de ne pas avoir peur de la mort, car je sais que Dieu est le maître de la vie et qu'il m'aide à me convertir à condition que je me livre tout entier à Sa Miséricorde.

 

Vendredi 2 décembre

La Volonté de Dieu

 

En 1858, âgé de 35 ans, sur le pont de Sarte de sa ville, louis rencontre Zélie de huit ans sa cadette. Convaincus que le doigt de Dieu est derrière cette entrevue providentielle, ils se marient le 12 juillet 1858 à minuit, à l'église Notre Dame d'Alençon. En premier lieu, ils décident de vivre comme frères et sœurs dans continence perpétuelle. Leur confesseur n'est pas de cet avis... Les naissances vont se succéder entre 1859 et 1873. Zélie donne naissance à neuf enfants, sept filles et deux garçons. Hélas, la mortalité infantile est encore très élevée à l'époque, et les Martin perdent quatre enfants en bas âge.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à sa fille Marie) Toi, ma Marie, ma grande, ma première, tu sais combien je t'aime ; eh bien continue à te dévouer de plus en plus pour tes sœurs, tâche qu'en te voyant, elles aient sous les yeux un bon modèle à imiter. Dis à Léonie que, si elle continue à être tout à fait bonne fille, je lui donnerai certainement quelque chose qui lui fera plaisir pour le premier jour de l'an ». (Zélie).

 

Parole de Dieu: « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ton épouse, car ce qui a été engendré en est de l’Esprit Saint » (Matthieu 1, 20).

 

Dans ma vie

 

La rencontre entre deux êtres qui vont bâtir ensemble leur vie et s'appuyer l'un sur l'autre pour marcher, comme deux boiteux s'entraident sur le chemin qui grimpe, n'est jamais le fruit du hasard. Le mystère de l'attente caractérise le passage de Dieu. Si les premiers regards, les premières paroles font entrer dans l'avent de l'amour humain, la période antérieure est encore plus mystérieuse car Dieu réalise les connexions intime de l'âme qui, providentiellement seront opérationnelles quand il l'aura permis et voulu. À nous d'entrer dans ce chemin préparatoire, pour que toute rencontre avec nos frères soit comme une naissance de Dieu en nous.

 

Effet de Conversion : Dès que possible, je récite un Ave Maria pour un couple en grande difficulté, et, si opportun, je prendrai contact avec l'un des conjoints pour entendre de ses nouvelles sans m'immiscer dans leur conflit.

 

Samedi 3 décembre

Deuils et labeurs

 

Malgré ces deuils et une maladie du sein qui progresse lentement depuis 1863, Zélie consacre toute son énergie à son époux, sa famille et son entreprise. Cette dernière est prospère et Zélie emploie jusqu'à une vingtaine d'ouvrières. À force de labeur et d'épargne, il faut bien le dire, les époux Martin on acquis une jolie fortune. En 1870, Louis vend son horlogerie à un neveu pour aider sa femme à administrer sa production et son commerce, sans oublier la gestion de ses biens.

 

À l'école des Saints Louis et Zélie Martin

 

« (à son frère) J'ai pleuré de bonheur pour la première fois de ma vie. Tu sais, je suis un peu cause de ta réussite, car j'avais demandé des prières aux Clarisses d'Alençon, le mercredi et le jeudi à dix heures du matin, pensant que c'était l'heure de tes examens, ensuite j'ai communié pour toi ; il faut que tu me saches un peu gré de tout cela ». (Zélie).

 

Parole de Dieu:  « Père, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne ; donne-nous notre pain quotidien ». (Luc 11, 2-3).

 

Dans ma vie

 

L'argent serait-il davantage tabou chez les chrétiens qu'ailleurs ? Quel rapport entretenons-nous avec l'argent ? Avec un air « de ne pas y toucher ». faussement détaché, nous sommes souvent, en réalité, attirés de manière quasi magnétique par les écus sonnants et trébuchants... Ah ! Si j'avais de l'argent... Et pourtant bien souvent, le mépris du riche se mêle en nous à une authentique soif de pauvreté. L'exemple de Louis est limpide : c'est bien de gagner de l'argent, c'est mieux de partager, faut-il encore disposer de quelques billets honnêtement gagnés. Heureusement qu'il y a des personnes riches, c'est ainsi que les pauvres peuvent manger.

 

Effet de Conversion : Même si j'ai de faibles moyens, je prévois de faire un don à une œuvre ou à une personne qui en a grand besoin.

 

Les textes de cette Retraites ont été publiés en 2015 par Les Carmes de Paris (pour les méditations des Dimanches) et sont extraites du Hors Série de Parole et Prière, "Mon Avent avec Saints Louis et Zélie Martin", publié également en 2015 (pour les textes des semaines).

 

0690116618109

Téléchargez les méditations de cette semaine (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir chaque semaine par mail, pendant le temps l'Avent,

les méditations de l'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin,

abonnez-vous à la Newsletter d'Images Saintes

21 novembre 2016

Mois des Âmes du Purgatoire

Mois des Âmes du Purgatoire

754_001

 Les voix du Purgatoire

Petit mois des morts à l'usage des fidèles

 

Par un tertiaire de Saint François

 

« Ayez pitié de moi, ayez pitié de moi, vous au moins qui êtes mes amis »

 

Prière pour tous les défunts

A réciter chaque jour

 

Dieu tout-puissant, en présence des terribles rigueurs de votre justice, nous nous humilions. Oui, chaque coup que vous frappez est bien mérité ; nous avons tous péché contre vous, et les flammes du Purgatoire sont bien peu de chose pour compenser l'injure que nous vous avons faite. Mais, Seigneur, dans votre divin Cœur, il y a un océan de miséricorde. Nous nous jetons à vos genoux, et nous vous présentons les souffrances et la mort de notre Sauveur crucifié, votre Fils ; l'amour et les douleurs de Marie, sa mère et la nôtre ; la sainteté, les pénitences de tous les saints du ciel, et, en particulier, de saint Joseph, de sainte Anne et de saint François d'Assise, ainsi que les prières, les sacrifices et les souffrances de toute l'Eglise militante ; nous vous conjurons d'avoir pitié des pauvres âmes du purgatoire ; délivrez-les toutes de leurs peines, du moins allégez leurs souffrances, et qu'au plus tôt elles s'élèvent au ciel pour chanter vos louanges et prier pour nous, pauvres pécheurs, sur la terre. Ainsi soit-il.

 

De Profundis

 

Du fond de l'abîme j'ai crié vers vous, Seigneur :

Seigneur, écoutez ma voix.

Que vos oreilles soient attentives à la voix de ma prière.

Si vous exigez, Seigneur, un compte sévère de nos iniquités,

qui pourra Seigneur, subsister devant vous ?

Vous aimez à pardonner ; aussi, à cause de votre loi,

j'ai attendu, Seigneur, votre secours.

Mon âme l'a attendu sur votre parole,

mon âme a espéré dans le Seigneur.

Depuis le matin jusqu'au soir,

qu'Israël espère dans le Seigneur.

Car dans le Seigneur est la miséricorde

et une abondante Rédemption.

Et il rachètera Israël de toutes ses iniquités,

 

V, Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.

R. Et que la lumière éternelle luise sur eux.

 

V, Seigneur, exaucez ma prière.

R. Et que mes cris s'élèvent jusqu'à vous.

 

Prions

 

O Dieu, Créateur et Rédempteur de tous les fidèles, accordez aux âmes de vos serviteurs et de vos servantes la rémission de tous leur péchés ; afin par que nos très humbles supplications, elles obtiennent le pardon qu'elles ont toujours désiré. Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Seigneur, nous vous en supplions : secourez vos serviteurs, que vous avez rachetés par votre précieux sang.

 

V. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.

R. Et que la lumière éternelle luise sur eux.

V. Qu'ils reposent en paix.

R. Ainsi soit-il.

 

5 Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père.

 

Offrande à faire tous les jours

 

Je Vous offre, ô mon Dieu, tout ce que j'ai fait ou ferai et tout ce que j'ai obtenu ou obtiendrais, aujourd'hui de mérites devant Vous, pour le soulagement des âmes du purgatoire, particulièrement aux intentions de ce jour.

 

Acte héroïque

 

O Marie, Mère de miséricorde, je mets entre vos mains, en faveur des saintes âmes du Purgatoire, l'entier abandon de mes œuvres satisfactoires pendant ma vie et des suffrages qui me seront appliqués après ma mort, ne me réservant que la compassion du Cœur de Jésus et la vôtre. Ainsi soit-il.

 

mediafile-3GZomYT3Aio-1

Vingt-deuxième jour

Prions pour ceux qui souffrent pour avoir violé le dimanche

 

Voix du Purgatoire — Dieu, dans sa bonté, nous avait donné six jours et n'en avait gardé qu'un pour Lui ; et ce qu'il nous demandait de faire ce jour-là était encore pour notre avantage : assister à la sainte Messe, prier, cesser de travailler, c'est-à-dire, quitter la terre pour le contempler au ciel, oublier nos peines pour partager ses joies. Ingrats, nous n'avons observé sa loi qu'à demi, avec répugnance et indifférence. Oh ! ne suivez pas l'exemple de notre folie et priez pour nous.

 

Prière

 

Vous le savez, ô mon Dieu, les violateurs du dimanche sont des insensés qui, trompés par l'esprit du mal, vous ont offensé plus par égoïsme que par malice. Ayez donc pitié d'eux, et puisqu'il n'ont pas su goûter les joies que l'on trouve à vous honorer sur la terre, vengez-vous en leur faisant célébrer vos grandeurs dans le ciel pendant toute l'éternité. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Vingt-troisième jour

Prions pour ceux qui souffrent pour avoir violé les lois de l'abstinence et du jeûne

 

Voix du Purgatoire — Bienheureux sont ceux qui font pénitence lorsqu'il est encore temps. Sur la terre une légère souffrance n'est rien, et quels grands supplices elle nous épargne au purgatoire... Oh ! S'il nous était donné de retourner sur la terre, nous voudrions y passer toute une longue vie dans la plus austère pénitence : mais il est trop tard !... Priez pour nous.

 

Prière

 

Nous reconnaissons, Seigneur, notre amour du bien-être et de la bonne chère. A l'exemple d'un si grand nombre de chrétiens peu fervents, loin d'aimer la pénitence, nous la fuyons. Mais nous voulons à l'avenir bien observer les lois du jeûne et de l'abstinence. Nous vous supplions d'avoir pitié des âmes qui sont dans le Purgatoire et qui, comme nous, ont été infidèles sur ce point. Écoutez nos voix, bien aimé Sauveur, et faites-leur miséricorde. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Vingt-quatrième jour

Prions pour ceux qui souffrent à cause de leurs scandales

 

Voix du Purgatoire — La miséricorde de Dieu à notre égard a déjà été bien grande. Il nous a pardonné malgré nos scandales. Vous que nous avons scandalisés, pardonnez-nous aussi. Vous avez encore les moyens de vous sauver et de nous délivrer ; oh ! Soyez touchés de nos gémissements. Ouvrez-nous la porte du ciel, et nous vous attirerons près de nous par nos prières.

 

Prière

 

O Dieu, qui désirez le salut de tous, faites en sorte que le scandale ne triomphe pas parmi nous. Augmentez, sur la terre, le zèle de vos amis et, au ciel, le nombre des élus, en pardonnant aux âmes du Purgatoire pour lesquels nous vous intercédons aujourd'hui, afin qu'à leur tour, elles prient pour nous. Ainsi soit il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Vingt-cinquième jour

Prions pour ceux qui ont eu une grande dévotion à Jésus-Christ

 

Voix du Purgatoire — C'est à Jésus que nous devons notre salut. Il nous a racheté de nos fautes et nous prépare un bonheur sans fin. Nous l'avons aimé sur la terre ; notre amour est maintenant bien plus grand. Nous soupirons vers lui. Il est notre espérance, notre vie. Nos souffrances ne sont rien, ce qui est affreux c'est d'en être séparé. Quelques prières seulement, et nous nous envolons, comme la colombe, vers notre bien-aimé.

 

Prière

 

Doux Jésus, nous savons que votre Cœur n'oublie jamais ses amis. Souvenez-vous donc qu'en purgatoire il y a quantité d'âmes qui vous ont aimé sur la terre plus que les autres, elles vous ont prié et ont placé en vous toutes leurs espérances ; seront-elles trompées ? Non, hâtez-vous de les secourir et de leur ouvrir les portes de la céleste patrie. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Vingt-sixième jour

Prions pour ceux qui ont eu une grande dévotion à la sainte Vierge

 

Voix du Purgatoire — Oh ! Quel bonheur a été le nôtre d'avoir été enfants de Marie ! Dans ce lieu de tourments, c'est Elle qui vient nous consoler et nous encourager. Sa vue, ses paroles nous donnent un avant-goût des joies du ciel. Priez pour nous, et nous-mêmes nous prierons pour vous, afin que bientôt nous soyons tous réunies pour toujours aux pieds de notre bonne Mère.

 

Prière

 

O Marie, nous vous adressons nos humbles prières. Voyez ces bonnes âmes qui soupirent vers le ciel : ce sont vos fidèles sur la terre, elles ont été membres de vos confréries, elles ont porté vos livrées, elles ont fidèlement récité votre rosaire, elles vous ont constamment aimé et servie. Maintenant qu'elles soupirent vers vous, accablées de peines et de misères, réunissez-les autour de votre trône, comme autant de diamants attachés à votre couronne. Ainsi soit il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Vingt-septième jour

Prions pour ceux qui ont eu une grande dévotion à saint Joseph et à sainte Anne

 

Voix dît Purgatoire — Malgré nos peines et nos souffrances, nous sommes remplies de consolations. Nous avons eu une grande confiance en saint Joseph sur la terre, nous avons prié constamment sainte Anne. De combien de grâces ne leur sommes-nous pas redevables. Qu'il nous tarde de les aller rejoindre dans le séjour de la gloire ! Elevez donc vos voix vers eux en notre faveur ; priez-les, ils ne resteront pas sourds à vos supplications, et nous obtiendrons la fin de nos tourments.

 

Prière

 

Ne retirez pas vos faveurs, ô grand saint Joseph et glorieuse sainte Anne, aux âmes qui vous ont été dévouées sur la terre, et qui maintenant souffrent dans le Purgatoire. Écoutez nos prières, nous vous supplions, visitez-les, encouragez-les, et introduisez-les sans délai auprès de vous dans le ciel. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Vingt-huitième jour

Prions pour ceux qui ont honoré particulièrement leur Ange Gardien

 

Voix du Purgatoire — Nous aimions notre Ange Gardien sur la terre. Oh ! Comme nous en recueillons bien les fruits maintenant ! Lorsque les souffrances terribles que nous endurons en ce lieu nous jettent dans le découragement, notre Ange Gardien relève notre courage et nous fortifie. Il est près de nous, il pleure avec nous, il prie pour nous, il nous attire à chaque instant vers le ciel. Aidez-le donc, âmes pieuses, par vos prières.

 

Prière

 

O Dieu, qui avez commandé à vos anges de prendre soin de nous sur la terre, et qui leur permettez de nous continuer leur charitable protection dans le purgatoire ; animés par un sentiment de reconnaissance, nous vous supplions de récompenser les âmes souffrantes du purgatoire qui les ont honorés particulièrement pendant leur vie en les délivrant du purgatoire. Ainsi soit -il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Vingt-neuvième jour

Prions pour ceux qui durant leur vie ont fait « l'Acte de cession »

 

Voix du Purgatoire — Nous nous sommes montrées généreux pendant notre vie : maintenant, nous sommes payées de notre désintéressement... suivez notre exemple. Nous nous étions réservé la compassion du Cœur de Jésus ! nous l'avons trouvée bien grande. Délivrez-nous et lorsque la justice divine vous aura appelé en ce lieu terrible. Dieu inspirera aux âmes compatissantes de vous en délivrer à votre tour.

 

Prière

 

Seigneur, vous n'oubliez jamais ce que l'on donne en votre nom. Nous renouvelons donc pour vous être agréable, « l'Acte de Cession », de toutes les indulgences que nous pourrons gagner, de tous nos mérites, et des suffrages qui nous seront appliqués après notre mort, en faveur des âmes du Purgatoire, ne nous réservant que la compassion de votre divin Cœur. Ayez pitié des âmes qui ont fait cet acte de cession durant leur vie, et qui souffrent maintenant dans le purgatoire. Ainsi soit- il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Trentième jour

Prions pour les tertiaires et pour les enfants de Saint François

 

Voix du Purgatoire. — Nous nous adressons à vous avec confiance, fils de Saint François. Nous avons été négligents dans l'observation de notre sainte Règle ; nous avons été sourds à la voix de nos directeurs, Si nous avons pratiqué les grandes vertus, nous avons négligé les petites. Ah ! Que nous souffrons maintenant pour avoir joui quelques instants. Priez pour nous.

 

Prière

 

O bon saint François, vous ne laisserez pas vos enfants souffrir plus longtemps dans le purgatoire. Nous venons à vos genoux vous prier d'employer votre puissance auprès de Dieu pour faire sortir de ce lieu de peines tous vos fils bien-aimés. Faites-nous aussi un jour cette grâce, que nous nous efforcerons de mériter par notre fidélité à vos saintes lois. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Téléchargez les méditations de cette semaine (pdf) en cliquant ici

528_001

Fin du mois des âmes du Purgatoire

 

Prochaine dévotion : L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin, rendez-vous le 26 novembre

 

Pour recevoir dans votre boite mail, chaque semaine, pendant le temps de l'Avent

les méditations de L'Avent avec Saints Louis et Zélie Martin,

abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

14 novembre 2016

Mois des Âmes du Purgatoire

Mois des Âmes du Purgatoire

596_001

Les voix du Purgatoire

Petit mois des morts à l'usage des fidèles

 

Par un tertiaire de Saint François

 

« Ayez pitié de moi, ayez pitié de moi, vous au moins qui êtes mes amis »

 

Prière pour tous les défunts

A réciter chaque jour

 

Dieu tout-puissant, en présence des terribles rigueurs de votre justice, nous nous humilions. Oui, chaque coup que vous frappez est bien mérité ; nous avons tous péché contre vous, et les flammes du Purgatoire sont bien peu de chose pour compenser l'injure que nous vous avons faite. Mais, Seigneur, dans votre divin Cœur, il y a un océan de miséricorde. Nous nous jetons à vos genoux, et nous vous présentons les souffrances et la mort de notre Sauveur crucifié, votre Fils ; l'amour et les douleurs de Marie, sa mère et la nôtre ; la sainteté, les pénitences de tous les saints du ciel, et, en particulier, de saint Joseph, de sainte Anne et de saint François d'Assise, ainsi que les prières, les sacrifices et les souffrances de toute l'Eglise militante ; nous vous conjurons d'avoir pitié des pauvres âmes du purgatoire ; délivrez-les toutes de leurs peines, du moins allégez leurs souffrances, et qu'au plus tôt elles s'élèvent au ciel pour chanter vos louanges et prier pour nous, pauvres pécheurs, sur la terre. Ainsi soit-il.

 

De Profundis

 

Du fond de l'abîme j'ai crié vers vous, Seigneur :

Seigneur, écoutez ma voix.

Que vos oreilles soient attentives à la voix de ma prière.

Si vous exigez, Seigneur, un compte sévère de nos iniquités,

qui pourra Seigneur, subsister devant vous ?

Vous aimez à pardonner ; aussi, à cause de votre loi,

j'ai attendu, Seigneur, votre secours.

Mon âme l'a attendu sur votre parole,

mon âme a espéré dans le Seigneur.

Depuis le matin jusqu'au soir,

qu'Israël espère dans le Seigneur.

Car dans le Seigneur est la miséricorde

et une abondante Rédemption.

Et il rachètera Israël de toutes ses iniquités,

 

V, Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.

R. Et que la lumière éternelle luise sur eux.

 

V, Seigneur, exaucez ma prière.

R. Et que mes cris s'élèvent jusqu'à vous.

 

Prions

 

O Dieu, Créateur et Rédempteur de tous les fidèles, accordez aux âmes de vos serviteurs et de vos servantes la rémission de tous leur péchés ; afin par que nos très humbles supplications, elles obtiennent le pardon qu'elles ont toujours désiré. Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Seigneur, nous vous en supplions : secourez vos serviteurs, que vous avez rachetés par votre précieux sang.

 

V. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.

R. Et que la lumière éternelle luise sur eux.

V. Qu'ils reposent en paix.

R. Ainsi soit-il.

 

5 Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père.

 

Offrande à faire tous les jours

 

Je Vous offre, ô mon Dieu, tout ce que j'ai fait ou ferai et tout ce que j'ai obtenu ou obtiendrais, aujourd'hui de mérites devant Vous, pour le soulagement des âmes du purgatoire, particulièrement aux intentions de ce jour.

 

Acte héroïque

 

O Marie, Mère de miséricorde, je mets entre vos mains, en faveur des saintes âmes du Purgatoire, l'entier abandon de mes œuvres satisfactoires pendant ma vie et des suffrages qui me seront appliqués après ma mort, ne me réservant que la compassion du Cœur de Jésus et la vôtre. Ainsi soit-il.

 

mediafile-3GZomYT3Aio-1

Quinzième jour

Prions pour ceux qui souffrent à cause de leur avarice

 

Voix du Purgatoire — Nous avons voulu amasser des trésors sur la terre... Que sont devenus tous ces biens ! Hélas ! Nous n'avons rien. Toutes ces richesses nous sont inutiles, et nous expions maintenant nos désirs déréglés, et notre attachement trop vif à ces choses périssables. Que n'avons-nous plutôt amassé des mérites devant Dieu par notre charité et par la pénitence !

 

Prière

 

Vous nous avez vous-même, ô Seigneur, enseigné la sainte pauvreté. Pourquoi les hommes ne suivent-ils pas votre exemple ? Pardonnez à notre ignorance et à notre faiblesse. Puisez dans les richesses de votre Cœur les consolations si nécessaires aux âmes qui souffrent dans le Purgatoire, pour avoir trop aimé les biens de la terre, et faites nous comprendre qu'une seule chose est nécessaire ici-bas : le salut de notre âme. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Seizième jour

Prions pour ceux qui souffrent à cause de leurs péchés contre la pureté

 

Voix du Purgatoire — Chair que nous avons trop aimée, pour laquelle nous avons sacrifié tant de fois la vertu, l'honneur et le devoir, combien tes plaisirs sont insensés ! Pour toutes nos sensualités nous souffrons éternellement dans un feu allumé par la colère divine. Oh ! qu'il faut payer cher au Purgatoire les jouissances de quelques instants sur la terre !...

 

Prière

 

Dieu de clémence, nous sommes saisis de crainte à la vue de la multiplicité de nos péchés. Pardonnez à la faiblesse de notre chair. Que le souvenir de la pureté de Marie, la Vierge immaculée, de tant de saints et de saintes qui sont avec vous au Ciel, et de tant d'autres encore sur la terre, obtienne le pardon des âmes qui n'ont pas su conserver intact leur corps, temple du Saint-Esprit. Pardonnez-leur. Seigneur, et que, purifiées, elles prennent place au milieu des âmes pures des bienheureux. Ainsi soit- il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Dix-septième jour

Prions pour ceux qui souffrent à cause de leur gourmandise et de leur ivrognerie

 

Voix du Purgatoire — Nous avons étés créés à l'image de Dieu, avec une âme raisonnable et immortelle. Et, misérables, nous nous sommes vautrées dans la fange. Le Dieu de miséricorde nous a pardonnés, sans doute, mais qu'elle est terrible la peine que nous avons encourue par nos fautes ! Maintenant notre âme est aride comme une terre sans eau, Ayez pitié de nous !

 

Prière

 

Mon Sauveur, qui sur la croix avez souffert d'une soif brûlante, en souvenir de ce cruel tourment et de cette ironie amère qui porta vos bourreaux à vous présenter du fiel et du vinaigre, jetez un regard de compassion sur les âmes qui souffrent dans le Purgatoire à cause de leurs excès dans le boire et le manger, et, appelez-les sans délai au partage de la vie éternelle. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Dix-huitième jour

Prions pour ceux qui souffrent à cause de leurs médisances et de leurs calomnies

 

Voix du Purgatoire — Âmes généreuses auxquelles nous avons ravi, dans notre fureur insensée, l'honneur et l'amour d'un époux, d'un parent ou d'un ami. Ah ! nous nous sommes fait un plus grand tort à nous-mêmes. Nous voici dans un lieu d'horribles souffrances, pour expier tous les péchés de notre langue. Secourez-nous par vos prières, afin que nous voyions bientôt les clartés du ciel.

 

Prière

 

Pardonnant sincèrement à tous ceux qui nous ont fait quelques torts par médisance et par calomnie, nous vous en supplions, Dieu de vérité et d'amour, pardonnez-leur aussi, et retirez-les du lieu de supplices où elles expient ces fautes, et faites les immédiatement jouir de l'éternité bienheureuse. Ainsi soit- il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Dix-neuvième jour

Prions pour ceux qui souffrent à cause de leurs blasphèmes

 

Voix du Purgatoire — Dieu nous avait donné une langue pour le bénir, pour célébrer ses louanges, et le remercier de ses bienfaits. Malheureux, nous n'avons su nous en servir que pour l'insulter dans son Nom divin, dans sa sainte Mère, dans ses sacrements, dans tout ce qu'il aimait. Nous avons fait le malheur des nôtres et de notre pays, et nous nous sommes plongés dans un abîme de maux. Implorez pour nous la bonté de ce Dieu que nous n'avons pas même su respecter.

 

Prière

 

Dans votre juste colère. Seigneur, vous avez frappé l'audacieux qui s'est élevé contre vous ; vous l'avez puni de son crime, mais votre miséricorde lui a déjà pardonné, et vous ne l'avez pas perdu à jamais. Continuez à étendre sur lui votre clémence, et remettez lui sa peine pour qu'il puisse monter au ciel y chanter vos louanges. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Vingtième jour

Prions pour ceux qui souffrent à cause de leur paresse

 

Voix du Purgatoire — Nos jours se sont passés dans la mollesse. Nous avons négligé nos devoirs envers nos familles, envers notre prochain et envers Dieu. Nous avons perdu notre temps, nous avons été sans force pour repousser le mal, sans énergie pour pratiquer le bien. Ah ! maintenant, que notre travail est pénible ! La Justice divine nous presse constamment, et c'est sous des sueurs brûlantes que nous expions notre paresse d'autrefois.

 

Prière

 

Le premier homme, ô mon Dieu, fut condamné pour un péché, à gagner son pain à la sueur de son front. Ce fut donc par le travail qu'il devait mériter son pardon. Le travail fut plus tard sanctifié par l'Enfant-Jésus. En souvenir des travaux de votre divin Fils, nous vous supplions de pardonner à ceux qui souffrent dans le purgatoire à cause de leur paresse sur la terre. Ouvrez-leur la porte du ciel, afin qu'ils puissent pendant toute l'éternité travailler à votre gloire. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Vingt-et unième jour

Prions pour ceux qui souffrent à cause de leur colère

 

Voix du Purgatoire — Hélas ! Que de fois sur la terre nous avons commis des injustices, prononcé des paroles haineuses et blessantes, et fait des actes détestables de violence. C'est pour cela qu'aujourd'hui Dieu nous a plongés dans les plus profondes humiliations et dans les plus grands malheurs. Vous qui, peut-être, avez été victimes de nos violents excès, pardonnez-nous et priez pour nous.

 

Prière

 

O Jésus, qui dans votre douloureuse passion avez montré tant de douceur, ayez pitié de ceux qui souffrent dans le Purgatoire à cause de leur colère. Ces âmes sont dignes de pitié, car, bien souvent elles ont été leur victime, et n'ont pu trouver aucune jouissance même dans leurs passions. Pardonnez-leur et attirez-les au ciel près de vous. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Téléchargez les méditations de cette semaine (pdf) en cliquant ici

145_001

Pour recevoir chaque semaine du mois de novembre les méditations du Mois des Âmes du Purgatoire,

abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes

11 novembre 2016

Neuvaine au Christ Roi de l'Univers

784_001

Neuvaine au Christ Roi de l'Univers

Du 12 au 20 novembre

 

Neuf jours avant le dimanche qui précède l’Avent, Fête du Christ Roi

 

Introduction

 

La solennité de la fête du Christ Roi de l'univers est une fête chrétienne, instituée par le Bienheureux Pie XI, en 1925, par l'encyclique Quas Primas, afin de mettre en lumière l'idée que les nations devraient obéir aux lois du Christ. Depuis la réforme liturgique de 1969, les catholiques la célèbrent le dernier dimanche de l'Année liturgique, vers la fin du mois de novembre (le dimanche qui précède le premier dimanche de l'Avent, lequel est le début de l'année liturgique). Par ailleurs, l'orientation et le nom même de la fête ont été changé : devenue la fête du « Christ Roi de l'univers », elle met l'accent sur l'idée que dans le Christ toute la création est récapitulée. (Lc 23,35-43) : « On venait de crucifier Jésus, et le peuple restait là à regarder. Les chefs ricanaient en disant : « Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Elu ! » Les soldats aussi se moquaient de lui. S’approchant pour lui donner de la boisson vinaigrée, ils lui disaient : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! » Une inscription était placée au-dessus de sa tête : « Celui-ci est le roi des Juifs. » L’un des malfaiteurs suspendus à la croix l’injuriait : « N’es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même, et nous avec ! » Mais l’autre lui fit de vifs reproches : « Tu n’as donc aucune crainte de Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi ! Et puis, pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal. » Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne. » Jésus lui répondit : « Amen, je te le déclare : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »

La fête du Christ-Roi veut ainsi convertir nos cœurs et nos représentations, pour que nous comprenions que la puissance véritable réside mystérieusement dans l’abaissement et le don de soi. Son règne est celui de la justice et de l’amour, objet de toute espérance et dont l’édification patiente est la mission de chaque homme. Précédant l’entrée dans le temps de l’Avent et marquant la fin d’une année liturgique, cette fête nous invite ainsi à célébrer Celui qui, par-delà les ans, domine l’histoire depuis son commencement jusqu’à son achèvement en Dieu. Cette neuvaine va nous faire redécouvrir notre Christ Roi de l'univers.

christ-the-king

Prières quotidiennes

 

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, amen !

Je crois en Dieu

 

Prière à l’Esprit Saint de saint Jean XXIII

 

O Saint Esprit, achevez en nous l'œuvre commencée par Jésus ; donnez force et constance à la prière que nous faisons au nom du monde entier ; hâtez pour chacun de nous l'heure où nous accéderons à une profonde vie intérieure ; donnez son élan à notre apostolat, qui veut atteindre tous les hommes et tous les peuples, tous ceux qui sont rachetés par le Sang du Christ et tout son héritage. Mortifiez en nous notre présomption naturelle et élevez-nous jusqu'à la sainte humilité, la vraie crainte de Dieu, le courage généreux. Qu'aucune attache terrestre ne nous empêche de faire honneur à notre vocation ; qu'aucun intérêt, par lâcheté de notre part, ne lèse les exigences de la justice ; qu'aucun calcul ne réduise l'immensité de la charité aux étroitesses de nos petits égoïsmes. Que tout soit grand en nous : la recherche et le culte de la vérité, la promptitude de notre sacrifice, jusqu'à la croix et la mort ; et enfin, que tout corresponde à la dernière prière du Fils à son Père céleste et à cette effusion de grâces que le Père et le Fils veulent répandre par vous, Esprit d'amour, sur l'Eglise et sur ses institutions, sur chaque âme et chaque peuple. Amen, amen, alléluia, alléluia !

 

Litanies royales

 

Roi sans palais,

Roi sans armée,

Roi sans trésor,

Roi d'un royaume de pauvres,

Roi d'un royaume de frères,

Roi d'un royaume de pécheurs,

Roi qui détruisez la violence

Roi qui renversez les puissances

Roi qui relevez ceux qui tombent

Roi qui dissolvez les ténèbres,

Roi qui guérissez les blessures,

Roi qui pardonnez les péchés

Roi d'humilité,

Roi plein de douceur,

Roi sur un ânon,

Ecoutez-nous, ayez pitié de nous,

Souvenez-Vous, souvenez-Vous de nous, Seigneur,

Quand tu viendrez dans ton royaume

Seigneur, Jésus-Christ, mon Seigneur et mon Dieu,

Vérité suprême, Fils du Père, je vous adore, ô Roi des rois.

 

Notre Père, 10 Je vous salue Marie, Gloire au Père

4yf7xiq443wgrv6woomch3h8167d29ul119

Premier jour

Christ a comme palais le ciel

 

Lorsque Jésus comparut devant Pilate, celui-ci l’interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien parce que d’autres te l’ont dit ? » Pilate répondit : « Est-ce que je suis Juif, moi ? Ta nation et les chefs des prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu donc fait ? » Jésus déclara : « Ma royauté ne vient pas de ce monde ; si ma royauté venait de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Non, ma royauté ne vient pas d’ici. » Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? » Jésus répondit : « C’est toi qui dis que je suis roi. Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix. » (Jn 18, 33-37) La royauté de ce roi n'est pas de ce monde. Ce roi était un échec politique. Il n’a eu ni succès, ni le pouvoir de sauver sa propre vie. Il a librement renoncé à son pouvoir plutôt que de l’employer à ses fins personnelles. Il est mort entouré seulement de quelques disciples au pied de sa croix. Il n’avait ni richesse ni armée, mais il aimait les siens dans le monde. Il les a aimés jusqu’au bout. Suis-je prêt à suivre un tel roi ?

O mon Roi ! Je ne veux pas faire partie de la foule qui est restée silencieuse. Donnez-moi la force pour Vous défendre et pour venir à Votre secours. Aidez-moi à ne jamais Vous nier dans ma vie. Aidez-moi à rester fidèle à vos enseignements et à rechercher quelle est Votre Volonté.

 

Prières quotidiennes

arton1086

Deuxième jour

Christ a la Croix comme Trône

 

Pendant sa vie terrestre Jésus régna, soutint les siens en leur disant des paroles de vérité, accomplissant des gestes de Charité, les servant jusqu’à leur laver les pieds et leur montrant son amour infini en allant sur le trône de la croix, après avoir été couronné d’épines par Ponce Pilate. Sa royauté est d’origine divine et elle a la suprématie sur tout parce que le Père a posé la plénitude de toutes les choses en Lui. Même si l’évangile de Luc présente la royauté de Jésus en mentionnant la scandaleuse investiture du Roi des juifs en croix. Deux morceaux de bois encastrés l’un sur l’autre sont le trône paradoxal du Seigneur de la paix et de l’unité qui –ne l’oublions pas - eût comme berceau une crèche dans une pauvre étable, où il fut honoré comme Homme, comme Dieu et comme Roi par des pasteurs et par des Rois mages (la myrrhe a été offerte pour l'humanité de Jésus, l’encens pour sa divinité et l’or pour sa royauté).

N’oublions pas, pour autant, que si le Christ Roi va sur la Croix, ce n’est pas pour donner un spectacle d’humilité, mais pour révéler l’amour passionné de Dieu pour nous. Sa passion n’est pas tant la flagellation suivie de crachats et de clous, que son cœur qui est seulement Amour « passionnel » pour chacun de nous. La Croix est la conclusion rigoureuse et nécessaire du discours sur le Mont des Béatitudes du Règne des Cieux. Lorsque nous fêtons le Christ Roi de l’univers, nous célébrons le Christ qui règne et domine sur toute la création parce que c’est la Parole de Dieu qui a créé le monde et cette parole de Dieu elle a un visage, celui du Christ, et nous fêtons également, la royauté de l’homme. Par le baptême, nous participons à la dignité du Christ, et donc à sa dignité de Prêtre, Prophète et Roi. Ce n’est pas qu’une image ! Par le baptême, nous devenons une créature nouvelle, qui fait de nous une prêtre à la manière du Christ, c’est-à-dire capable de prier le Seigneur, un prophète à la manière du Christ, c’est-à-dire capable d’annoncer les merveilles de Dieu, un roi à la manière du Christ, c’est-à-dire capable de s’abaisser pour servir les hommes et le monde.

Prenez, Seigneur et recevez, toute ma liberté, ma mémoire, mon intelligence et toute ma volonté ; Tout ce que j'ai et possède, c'est Vous qui me l'avez donné : A Toi, Seigneur, je le rends Tout est à Vous, disposez-en selon Votre entière Volonté. Donnez-moi, Votre Amour et Votre grâce : cela me suffit.

 

Prières quotidiennes

11082207_365375490337694_5808225169135311414_o

Troisième jour

Christ a deux voleurs comme témoins

 

Celui qui porte l’Amour est à la merci de la haine  et ne surmonte la haine qu’en acceptant la condamnation et en pardonnant. Celui qui est Amour pardonne et le déclare : « Père, pardonne-leur, parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font ». Cette prière du Christ-Roi qui pardonne, était si neuve pour le « bon » malfaiteur, qu’il ressentit des sentiments étrangers à son esprit et à toute sa vie. Ces paroles invraisemblables trouvent dans le cœur desséché de ce larron un lien à quelque chose à laquelle il voulait croire, particulièrement en ce moment où il était en train de comparaître devant un Juge plus important que celui des tribunaux humains. Alors, dans une impulsion soudaine de foi, comme s’il revendiquait la communion de ce sang qui coulait en même temps de ses mains de criminel et des mains de l’Innocent, il prononça ces paroles : « Seigneur, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton règne ». Et Jésus qui n’avait répondu à personne pendant qu’Il était en Croix, tourna sa tête vers le pieux larron, autant qu’Il le pouvait, et lui répondit : « Moi, je te dis en vérité qu'aujourd'hui, tu seras avec moi au paradis ». L’humble demande du bon malfaiteur avait suffi pour obtenir l’absolution. Cet homme se sauva parce qu’il sut transformer la condamnation sur la croix en un geste de piété. Il fut avec le Christ, et le Christ, tout de suite l'accueillit dans Sa piété.

Seigneur apprenez-moi que l’important n’est pas d'être comme Jésus, mais d'être avec Jésus, comme le bon larron.

 

Prières quotidiennes

christonthrone

Quatrième jour

La poursuite du chemin amoureux de la Croix

 

Si nous voulons fêter la royauté du Seigneur, nous devons parcourir le Chemin de Croix. Jésus est un roi, innocent, condamné. Les hommes sont habitués à bien d’autres rois et à bien d’autres manifestations de la royauté. Jésus avait déjà fait comprendre cela précédemment : « Les Rois des nations païennes leur commandent en maîtres et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler bienfaiteurs. » (Lc 22, 25-27). Il y a donc une différence entre la royauté du monde et la royauté de Dieu, entre les manifestations de la première et celles de la deuxième. « Il est le roi des juifs » La motivation de la condamnation signifierait, dans la tête des chefs, la fin de l’absurde prétention de Jésus : en fait, c’est l’affirmation inconsciente que la royauté de Jésus  se manifeste vraiment là, en croix, dans toute sa splendeur. Voici ce qui est inouï : Jésus ne se sert pas de sa puissance divine pour se sauver lui-même, pour se soustraire au don entier total de Lui-même. Il n’utilise pas son pouvoir pour contraindre ceux qui le refusent à admettre leur tort. Jésus s'abandonne totalement à l’apparente faiblesse de la non-violence et de l'amour. La royauté de Jésus est donc liée à la croix. Toutefois, même les aspects que nous indiquons comme la splendeur, la gloire, la victoire et la puissance, ne sont pas absents. En fait, le Crucifié est ressuscité et le Fils de l’homme reviendra dans la majesté de sa gloire. Mais il s’agit toujours de la gloire de l’amour, du triomphe du chemin de la Croix. La résurrection et le retour de Jésus sont la révélation de la splendeur et de la force victorieuse que le chemin de la Croix cache. C’est dans cette perspective que l’on comprend l’affirmation de Saint Luc, celle où le Christ crucifié et ressuscité règne déjà maintenant : « aujourd’hui ».

Aidez-nous Seigneur à marcher à votre suite : que notre attitude ressemble à la votre, prendre notre croix à sa suite. Celui qui accepte d’être appelé roi est Celui qui va prendre sa croix et accueillir les outrages et les coups. Jésus vient rendre témoignage à la vérité. La vérité descend du Ciel pour se révéler à ceux qui sont ici et ne la connaissent pas en plénitude. Vous êtes mon Roi, parce que mon Dieu ; Vous avez tous les droits sur mon être ; je le reconnais, je le veux, je le demande à grands cris. Régnez de plus en plus sur mon âme, sur mon corps, sur mon être entier. Amen.

 

Prières quotidiennes

christ-roi

Cinquième jour

Derrière la faiblesse de la croix, la puissance de l’amour

 

Jésus meurt entre deux condamnés (tout au long de sa vie, il fut accusé d’être avec des publicains et des pêcheurs) : un, le mauvais, ne comprend pas, prisonnier, comme tous, du schéma mondain de la royauté (« ce n'est pas toi le Messie ! Sauve-toi et nous aussi !») ; mais l’autre, le bon, entrevoit, derrière la faiblesse de la croix, la puissance de l’amour qui y transparaît: « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton règne ». Maintenant, le motif central est clair : la royauté de Jésus resplendit  dans l’obstination de l'amour. Il resplendit dans le refus  d’utiliser Sa puissance pour se sauver Lui-même, sans se soustraire  à la contradiction d’un roi « battu ». Contemplons la scène de la crucifixion. Nous voyons trois hommes crucifiés. Celui du milieu a un écriteau apposé sur sa croix sur lequel on peut lire : « Jésus le Nazaréen, roi des juifs ». Qui est ce roi ? Nous entendons les chefs des juifs le ridiculiser et les soldats le railler. Même un des criminels se moque de lui. Jésus a provoqué des réactions fortes chez les personnes de son époque. Il continue à provoquer des réactions fortes aujourd’hui. Voyons avec quelle énergie frénétique certains essayent d’effacer son nom de la vie publique. Considérons le temps et les ressources dépensées pour désavouer son enseignement, son influence et ses valeurs dans la culture occidentale. Il est ridiculisé dans des livres, des films et des œuvres d’art. Son Eglise est attaquée, de même que son Vicaire sur la terre et tous ceux qui lui restent fidèles et qui suivent ses enseignements.

Régnez, puisque Vous êtes le Roi des rois, le Dominateur des dominateurs. Régnez sur l'univers, sur les Anges et sur les hommes, sur toutes les créatures sorties de vos mains adorables.

 

Prières quotidiennes

christ-the-king a

Sixième jour

« Qu’il soit tout en tous »

 

N’oublions pas que nous sommes tous choisis depuis toute éternité pour régner avec lui, « à la louange de sa gloire » (Ep 1,12.) Il dit à chacun de nous : « tout ce qui est à moi est à toi, et tout ce qui est à toi est à moi » (Jn 17,10), et nous prions : « Que ton règne vienne » dans notre cœur, dans notre mémoire et dans notre volonté pour soutenir, avec Christ, le monde qui désire fortement se relever.

 

Epouses de Christ-Roi crucifié

 

Un Roi comme lui vaut la peine de le suivre et de répondre à la vocation de l’accepter comme Epoux et de devenir corédempteur en portant avec lui le poids du monde. A Dieu qui dit : « N'aie pas peur, ne crains pas parce que je suis avec toi et que je t'aime ». (Is 43,45), la réponse la plus naturelle est « oui ». Pour cela, il y a des exemples et des témoignages : « Les vierges consacrées qui célèbrent des noces mystiques avec Jésus Christ, fils de Dieu et se mettent au service de l'Eglise » (can. 604 du Code du Droit Canon). Choisir Jésus-Christ comme roi de notre vie et relativiser l’importance de ce qui, dans le monde qui nous entoure, ne sert pas directement le Christ et les desseins de Dieu. Proclamer le Christ Roi de l’univers, c’est reconnaître qu’en Lui toute la création doit être soumise au Père. « Qu’il soit tout en tous » (1 Co 15,28). Donc il ne s’agit plus seulement d’éviter ce qui est intrinsèquement mauvais, mais encore de laisser sur le chemin tout ce qui nous empêche d’entrer dans le royaume.

Sainte Thérèse de l’enfant Jésus priait : « O Jésus, mon divin époux : que jamais je ne perde la seconde robe de mon Baptême, prends-moi avant que je fasse la plus légère faute volontaire. Que je ne cherche et ne trouve jamais que toi seul, que les créatures ne soient rien pour moi et que je ne sois rien pour elles mais toi Jésus soit tout!... Que les choses de la terre ne puissent jamais troubler mon âme que rien ne trouble ma paix, Jésus je ne te demande que la paix, et aussi l'amour, l'amour infini sans limite autre que toi, l'amour qui ne soit plus moi mais toi, mon Jésus. Jésus que pour toi je meure martyre, le martyre du cœur ou du corps, ou plutôt tous les deux. Donne-moi de remplir mes vœux dans toute leur perfection et fais-moi comprendre ce que doit être une épouse à toi. Fais que je ne sois jamais à charge à la communauté mais que personne ne s'occupe de moi, que je sois regardée, foulée aux pieds, oubliée comme un petit grain de sable à toi, Jésus. Que ta volonté soit faite en moi parfaitement, que j'arrive à la place que tu as été devant me préparer. (Mt 6,10 ; Jn 14, 2-3) Jésus, fais que je sauve beaucoup d'âmes, qu'aujourd'hui il n'y en ait pas une seule de damnée et que toutes les âmes du purgatoire soient sauvées. Jésus pardonne-moi si je dis des choses qu'il ne faut pas dire, je ne veux que te réjouir et te consoler. »

Vous étiez déjà leur Roi, comme Créateur ; mais, vous êtes devenu leur Roi, par droit de conquête : c'est Vous, Verbe de Dieu, qui épousant la nature des vierges consacrées, êtes descendu jusqu'à elles pour les sauver, pour les arracher à la puissance des ténèbres et les transférer en votre royaume, ô Fils de la dilection du Père. Appelle Seigneur et donne la folie de répondre à ton appel à beaucoup de vierges. En tant que fils et filles du Roi, prions : « Que Votre Règne vienne » c’est à dire que Votre puissance d’amour, Seigneur, sauve le monde entier. Amen.

 

Prières quotidiennes

ChristTheKing

Septième jour

Mon royaume n’est pas de ce monde

 

Non, son royaume est bien loin de ce monde de guerre, de haine, d’égoïsme qui nous entoure bien souvent. Son Royaume aura lieu avec la consommation de l’histoire et la conflagration universelle, par laquelle Dieu constituera, dans ses desseins mystérieux et par sa puissance infinie, des cieux nouveaux et une terre nouvelle pour qu’y habite la justice. Le Christ roi et juge, dans son jugement, ne fera que reconnaître et accepter le bon et le mauvais usage que nous aurons fait de notre liberté, par laquelle on se sera soumis amoureusement à son royaume ou par laquelle on se sera rebellé contre lui pour nous mettre au service d’un autre roi. Dans le royaume de Dieu, nous n’aurons plus à nous soucier du manger ou du boire, comme en ce monde, puisque ce sera un royaume de vérité et de grâce, de justice, d’amour et de paix.

 

« Que vienne Ton Règne! »

 

Comme l'a dit Jésus, le Règne de Dieu « ne vient pas de manière à frapper le regard, et on ne saurait dire : « le voici, le voilà ! » Mais le Règne de Dieu est au-dedans de nous » (Lc 17, 20-21). Le mot au-dedans signifie : « dans notre bouche, dans notre cœur » (Rm 10,8). Il est donc évident que celui qui prie pour que vienne le Royaume de Dieu prie avec raison qu'en lui s'élève, fructifie, s'achève le Règne de Dieu. Dans tous les saints qui ont Dieu pour Roi et qui obéissent à ses lois spirituelles, le Seigneur habite comme dans une cité bien administrée. Le Père est présent et le Christ règne avec le Père dans l'âme accomplie, selon la parole : « Nous viendrons en lui et en lui nous établirons notre demeure » (Jn 14,22). Le Royaume de Dieu en nous, alors que nous progressons toujours, atteindra sa perfection, quand s'accomplira la parole de l'apôtre : « lorsqu'Il aura soumis tous Ses ennemis, le Christ remettra le Royaume à Dieu le Père, afin que Dieu soit tout en tous » (1 Co 15, 24-28).

Aussi prierons-nous sans cesse avec les dispositions divinisées par le Verbe, en disant à notre Père qui est dans les Cieux : « Que Votre Nom soit sanctifié, que votre Règne arrive ! » Oui, c'est Elle, Vérité suprême qui les délivre, qui les arrache à elles-mêmes, qui les pose dans le vrai, et par conséquent dans l'amour, et surtout dans cette Paix que vous êtes, et qui reste le sceptre de votre éternelle domination.

 

Prières quotidiennes

1982186_739185002799646_801207414_n

Huitième jour

Ils ricanaient et se moquaient de lui

 

Le peuple restait là à regarder. En lisant ce passage, nous ne prêtons généralement pas beaucoup d’attention à la foule qui se tenait là, à regarder les suppliciés. Ces personnes ne faisaient rien de mal ; elles étaient simplement passives. Pendant que Jésus était raillé et ridiculisé, elles sont restées silencieuses et n’ont rien fait. Personne ne s’est avancé pour défendre Jésus ; personne n’est venu à son secours. Combien aujourd’hui le défendent lui et son Eglise ? Pourquoi d’autres groupes sont-ils si rapides à défendre les leurs et leurs intérêts tandis que nous, nous restons souvent silencieux. Nous voyons les attaques livrées contre l’Eglise et le Christ, mais nous ne faisons rien. Il faut noter encore, à propos du Règne de Dieu : il n'est pas possible de concilier la justice avec l'iniquité, la lumière et l'ombre, le Christ et Bélial.

 

Le règne du péché est inconciliable avec le Règne de Dieu

 

Si nous voulons que Dieu règne sur nous, que jamais le péché ne règne sur notre corps mortel. Ne suivons pas les appels du péché qui sollicite notre âme aux œuvres de la chair et aux actes qui sont étrangers à Dieu. Faisons mourir nos membres charnels pour produire les fruits de l'Esprit ; le Seigneur se promènera en nous comme en un paradis spirituel, il régnera seul en nous avec Son Christ, à la droite de la puissance spirituelle que nous demandons de recevoir, jusqu'à ce que Ses ennemis deviennent en nous l'escabeau de Ses pieds et que soit écartée de nous toute principauté, puissance et souveraineté. Tout cela peut se réaliser en chacun de nous, la mort est vaincue, afin que le Christ puisse dire en nous : « Mort, où est ton aiguillon, enfer, où est ta victoire ? » (Os 13,14; 1 Co 15,55). Il faut donc que ce qui est corruptible en nous révèle la sainteté et l'incorruptibilité dans la pureté; et ce qui est mortel, en dépouillant la mort, révèle l'immortalité du Père. De cette manière, Dieu régnera en nous et déjà nous entrons en possession des biens de l'engendrement d'en haut et de la résurrection.” Pour entrer dans le royaume de Dieu, pour dire « oui » à Dieu, il faut notamment passer par un « non » à ce qui empêche l’entrée dans le royaume.

« Il faut qu'il règne », s'écrie Paul ! Oui, Seigneur, il faut que vous régniez sur nous, sur les nations, sur tous ceux qui Vous connaissent et qui Vous aiment déjà ; mais, encore sur ceux qui Vous ignorent, qui Vous blasphèment, qui refusent de Vous servir et s'écrient : « Nous ne voulons pas de ce Roi ! » Venez Seigneur Jésus, régner sur notre terre ! Amen.

 

Prières quotidiennes

cor small

Neuvième jour

Le monde du Christ, c’est l’amour

 

Il nous faut donc réaliser des œuvres de miséricorde, tant corporelles que spirituelles, car le Roi juge nous jugera en fonction de notre amour du prochain motivé par notre amour de Dieu. Au soir de notre vie nous serons jugés sur l’amour, disait Saint Jean de la Croix. Oui, parce que le Royaume c’est l’amour. La loi du Royaume, la sève du Royaume, l’essence du Royaume c’est l’amour. Aime et fait ce que tu veux martelait Augustin !

Oui, le Royaume du Christ n’est pas de ce monde, où l’amour y est présent mais pas établit comme norme suprême de l’agir humain. Le royaume de Dieu n’est pas une question d’honneurs et d’apparences, mais, comme l’écrit saint Paul, il est « justice, paix et joie dans l’Esprit Saint » (Rm 14,17). Le Seigneur a notre bien à cœur, c’est-à-dire que tout homme ait la vie, et en particulier que ses enfants les plus « petits » puissent accéder au banquet qu’il a préparé pour tous. C’est pourquoi il ne sait que faire de ces formes d’hypocrisie de celui qui dit : « Seigneur ! Seigneur ! » et puis néglige ses commandements (Mt 7, 21). Dans son royaume éternel, Dieu accueille ceux qui s’efforcent jour après jour de mettre sa parole en pratique.

C’est pour cela que la Vierge Marie, la plus humble de toutes les créatures, est la plus grande à ses yeux et qu’elle siège en Reine à la droite du Christ Roi. Nous voulons nous confier une fois encore à son intercession céleste avec une confiance filiale, pour pouvoir réaliser notre mission chrétienne dans le monde.

Roi d'amour, Seigneur Jésus-Christ, Vous êtes le Législateur, Vous êtes le Juge ; Vous êtes venu pour régner sur toutes les parties du monde par votre Vérité. Déliez-moi de moi-même, rendez-moi à la sainte liberté de votre règne ; car, Vous dilatez quiconque s'est rendu à votre empire. Régnez sur le monde assoiffé de Paix, la vôtre, ô Jésus-Christ, Roi des rois, Seigneur des seigneurs, mon Roi ! Amen.

 

Prières quotidiennes

Life-out-of-the-Centre

Litanies du Christ Roi de l’univers

 

Seigneur, ayez pitié de nous

O Christ, ayez pitié de nous

Seigneur, ayez pitié de nous

O Christ, écoutez-nous

O Christ, exaucez-nous

 

Père céleste qui es Dieu, ayez pitié de nous

Fils rédempteur du monde qui es Dieu,

Esprit-Saint qui es Dieu,

Trinité Sainte qui es un seul Dieu,

 

Christ Roi de l’Univers, Dieu de Dieu et Lumière de Lumière, régnez sur les âmes

Christ Roi de l’Univers, Image du Dieu invisible,

Christ Roi de l’Univers, en qui toutes choses ont été créées,

Christ Roi de l’Univers, pour qui le monde a été fait,

Christ Roi de l’Univers, né de la Vierge Marie, Vrai Dieu et vrai homme,

Christ Roi de l’Univers, adoré des bergers et des mages,

Christ Roi de l’Univers, Législateur Suprême,

Christ Roi de l’Univers, Source et Modèle de toute sainteté,

Christ Roi de l’Univers, notre Chemin, notre Vérité, notre Vie,

Christ Roi de l’Univers, à qui tout pouvoir a été donné au Ciel et sur la terre,

Christ Roi de l’Univers, Pontife Eternel,

Christ Roi de l’Univers, Roi de l'intelligence,

Christ Roi de l’Univers, Roi de la volonté,

Christ Roi de l’Univers, Roi de douleurs, couronné d'épines,

Christ Roi de l’Univers, Roi d'humilité, vêtu de pourpre par dérision,

Christ Roi de l’Univers, Epoux des vierges,

Christ Roi de l’Univers, qui en Marie-Madeleine as glorifié la vie pénitente,

Christ Roi de l’Univers, dont le royaume n'est pas de ce monde,

Christ Roi de l’Univers, par le Don Royal de ton Amour, la Sainte Eucharistie,

 

Christ Roi de l’Univers, Chef d'œuvre de la toute puissance du Père, régnez sur les familles

Christ Roi de l’Univers, qui as élevé le mariage à la dignité d'un sacrement,

Christ Roi de l’Univers, qui as opéré ton premier miracle aux noces de Cana,

Christ Roi de l’Univers, Ami très aimable des enfants, …

Christ Roi de l’Univers, qui par ta vie cachée à Nazareth as donné un exemple aux parents et aux enfants,

Christ Roi de l’Univers, qui as ennobli et sanctifié le travail par l'ouvrage de tes mains,

Christ Roi de l’Univers, qui as ressuscité d'entre les morts et rendu à leur famille le jeune homme de Naïm, la fille de Jaïre et ton ami Lazare,

Christ Roi de l’Univers, qui as pardonné à la femme adultère,

Christ Roi de l’Univers, par ton Amour pour Marie et Joseph,

 

Christ Roi de l’Univers, Roi des rois et Seigneur des seigneurs, régnez sur les nations

Christ Roi de l’Univers, Roi des siècles, Immortel et Invisible,

Christ Roi de l’Univers, Roi d'éternelle gloire,

Christ Roi de l’Univers qui diriges les batailles,

Christ Roi de l’Univers, Prince de la Paix,

Christ Roi de l’Univers, qui portes sur tes épaules l’insigne du Pouvoir,

Christ Roi de l’Univers, dont le règne n’aura pas de fin,

Christ Roi de l’Univers, qui es assis au-dessus des Chérubins,

Christ Roi de l’Univers, par l'Amour que tu as de tout temps témoigné aux peuples qui te sont fidèles,

 

Christ Roi de l’Univers, qui renverses les puissants de leur trône, régnez sur vos ennemis

Christ Roi de l’Univers, qui brises les rois au jour de ta colère,

Christ Roi de l’Univers, qui as vaincu l'enfer par ta mort sur la Croix,

Christ Roi de l’Univers, qui as triomphé de la mort par ta résurrection,

Christ Roi de l’Univers, qui viendras juger les vivants et les morts au jour de ta Force, dans la Splendeur de tes saints,

Christ Roi de l’Univers, par ta prière pleine d'Amour sur la Croix : « Père, pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font »,

 

Agneau de Dieu qui enlèves le péché du monde, pardonnez-nous, Seigneur

Agneau de Dieu qui enlèves le péché du monde, exaucez-nous, Seigneur

Agneau de Dieu qui enlèves le péché du monde, ayez pitié de nous

 

Son empire s'étendra.

Et la paix sera sans fin.

 

Prions le Seigneur

 

Dieu Eternel et Tout Puissant qui avez voulu tout renouveler par Votre cher Fils, Notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, le Roi de l'Univers, accordez dans ta bonté, que toutes les familles des peuples, divisées par la blessure du péché, se soumettent à Son autorité très douce, Lui qui vit et règne avec Vous, Père, dans l'unité du Saint-Esprit, maintenant, et pour les siècles des siècles. Amen.

 

Cette neuvaine est disponible en CD auprès de la librairie d’Etoile Notre Dame en cliquant ici

page_1

Téléchargez le texte de cette neuvaine (pdf) en cliquant ici

07 novembre 2016

Mois des Âmes du Purgatoire

Mois des Âmes du Purgatoire

046_001

Les voix du Purgatoire

Petit mois des morts à l'usage des fidèles

 

Par un tertiaire de Saint François

 

« Ayez pitié de moi, ayez pitié de moi, vous au moins qui êtes mes amis »

 

Prière pour tous les défunts

A réciter chaque jour

 

Dieu tout-puissant, en présence des terribles rigueurs de votre justice, nous nous humilions. Oui, chaque coup que vous frappez est bien mérité ; nous avons tous péché contre vous, et les flammes du Purgatoire sont bien peu de chose pour compenser l'injure que nous vous avons faite. Mais, Seigneur, dans votre divin Cœur, il y a un océan de miséricorde. Nous nous jetons à vos genoux, et nous vous présentons les souffrances et la mort de notre Sauveur crucifié, votre Fils ; l'amour et les douleurs de Marie, sa mère et la nôtre ; la sainteté, les pénitences de tous les saints du ciel, et, en particulier, de saint Joseph, de sainte Anne et de saint François d'Assise, ainsi que les prières, les sacrifices et les souffrances de toute l'Eglise militante ; nous vous conjurons d'avoir pitié des pauvres âmes du purgatoire ; délivrez-les toutes de leurs peines, du moins allégez leurs souffrances, et qu'au plus tôt elles s'élèvent au ciel pour chanter vos louanges et prier pour nous, pauvres pécheurs, sur la terre. Ainsi soit-il.

 

De Profundis

 

Du fond de l'abîme j'ai crié vers vous, Seigneur :

Seigneur, écoutez ma voix.

Que vos oreilles soient attentives à la voix de ma prière.

Si vous exigez, Seigneur, un compte sévère de nos iniquités,

qui pourra Seigneur, subsister devant vous ?

Vous aimez à pardonner ; aussi, à cause de votre loi,

j'ai attendu, Seigneur, votre secours.

Mon âme l'a attendu sur votre parole,

mon âme a espéré dans le Seigneur.

Depuis le matin jusqu'au soir,

qu'Israël espère dans le Seigneur.

Car dans le Seigneur est la miséricorde

et une abondante Rédemption.

Et il rachètera Israël de toutes ses iniquités,

 

V, Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.

R. Et que la lumière éternelle luise sur eux.

 

V, Seigneur, exaucez ma prière.

R. Et que mes cris s'élèvent jusqu'à vous.

 

Prions

 

O Dieu, Créateur et Rédempteur de tous les fidèles, accordez aux âmes de vos serviteurs et de vos servantes la rémission de tous leur péchés ; afin par que nos très humbles supplications, elles obtiennent le pardon qu'elles ont toujours désiré. Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

Seigneur, nous vous en supplions : secourez vos serviteurs, que vous avez rachetés par votre précieux sang.

 

V. Donnez-leur, Seigneur, le repos éternel.

R. Et que la lumière éternelle luise sur eux.

V. Qu'ils reposent en paix.

R. Ainsi soit-il.

 

5 Notre Père, je Vous salue Marie, gloire au Père.

 

Offrande à faire tous les jours

 

Je Vous offre, ô mon Dieu, tout ce que j'ai fait ou ferai et tout ce que j'ai obtenu ou obtiendrais, aujourd'hui de mérites devant Vous, pour le soulagement des âmes du purgatoire, particulièrement aux intentions de ce jour.

 

Acte héroïque

 

O Marie, Mère de miséricorde, je mets entre vos mains, en faveur des saintes âmes du Purgatoire, l'entier abandon de mes œuvres satisfactoires pendant ma vie et des suffrages qui me seront appliqués après ma mort, ne me réservant que la compassion du Cœur de Jésus et la vôtre. Ainsi soit-il.

mediafile-3GZomYT3Aio-1

Huitième jour

Prions pour nos ennemis, nos débiteurs et ceux qui souffrent à cause de nous

 

Voix du Purgatoire — Âmes généreuses, nous implorons votre pardon et votre pitié. Nous avons été coupables envers vous, nous avons été injustes, cruelles peut-être. Ah ! que nous sommes bien punis ! Tout ce que vous avez pu souffrir n'est rien auprès de nos affreux tourments. Pardon, pardon, intercédez pour nous... Dieu n'attend que cela... Il est prêt à pardonner... Resterez-vous insensibles ? Vous plairez-vous à nous voir brûler dans ce feu épouvantable ?

 

Prière

 

Cessez vos plaintes, pauvres âmes. Dieu de clémence, ayez pitié d'elles. Nous pardonnons tout, nous faisons remise pleine et entière aux âmes décédées de tout ce qui peut nous être dû, et nous implorons leur pardon et leur délivrance de votre Miséricorde divine, espérant qu'au ciel ces bonnes âmes prieront pour nous. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Neuvième jour

Prions pour ceux qui souffrent par notre faute

 

Voix du purgatoire — Nous vous demandons vos prières comme un acte de justice, si nous gémissons dans ce gouffre de douleurs, n'est-ce pas vous qui en êtes responsables ? Pourquoi n'avez -vous pas veillé sur nous ? Pourquoi ne nous avez-vous pas avertis, retenus, châtiés ? Pourquoi nous avez-vous scandalisés, entraînés au mal ? sans vous, peut-être, n'aurions-nous jamais offensé notre Dieu. Mais nous vous pardonnons, priez pour nous.

 

Prière

 

O mon Dieu, nous sommes bien coupables ; mais vous êtes la Bonté infinie, pardonnez-nous et pardonnez aux pauvres âmes qui souffrent actuellement dans le Purgatoire par notre faute. Frappez-nous pour elles dès cette vie, mais oubliez nos fautes et les leurs, afin que, les délivrant de ce lieu de supplice, et nous en préservant nous-même, nous puissions ensemble un pour vous bénir au ciel. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Dixième jour

Prions pour les âmes les plus abandonnées

 

Voix du Purgatoire — Voilà des années que nous souffrons et personne ne prie pour nous. Oh ! Que cet exil est long et pénible ! Nous n'avons plus de parents sur la terre, ni d'amis, nous sommes seuls, sans consolation, entourées de feu et de regrets. Ceux qui nous ont connus sur la terre ne sont plus ou nous ont oubliés. Combien durera ce martyre si tous nous abandonnent ?

 

Prière

 

Dieu de clémence, vous qui n'oubliez personne, ayez pitié des pauvres âmes les plus abandonnées. Nous vous supplions de mettre fin à leurs longs et cruels tourments. Nous prions la Sainte Vierge et les Saints du ciel de les consoler par leur présence, et de les conduire bientôt au ciel vers lequel se dirigent leurs désirs. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Onzième jour

Prions pour les âmes les plus proches de leur délivrance

 

Voix du Purgatoire — Il ne nous faut qu'un peu de charité d'une bonne âme pour payer notre dette ; plus qu'un coup d'aile pour franchir l'espace qui nous sépare du ciel. Nous voyons déjà poindre l'aurore du jour éternel ; les chants divins inondent nos cœurs; les clartés célestes sur la terre illuminent notre visage. Ah ! donnez-nous le moyen de louer immédiatement Dieu dans son paradis.

 

Prière

 

Ouvrez le trésor de votre miséricorde, mon Sauveur, et laissez-en tomber un sur les âmes qui sont le plus près de la gloire éternelle. Elles brûlent du désir d'être unies à vous, ne les laissez pas gémir davantage. Prenez dans le trésor abondant des mérites de Jésus- Christ, votre fils, de la sainte Vierge et des saints, pour satisfaire votre Justice. Et que ces saintes âmes prennent sans délai leur essor vers leur Bien- Aimé. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Douzième jour

Prions pour les âmes qui doivent souffrir le plus longtemps

 

Voix du Purgatoire — Quelle peine est la nôtre ! Nous souffrons des douleurs atroces, et nous les souffrirons des siècles peut être !.. Un instant de nos souffrances est infiniment plus cruel qu'une vie humaine toute entière passée dans un martyre continuel : et nous devons demeurer si longtemps dans ces supplices épouvantables, objet de la vengeance d'un Dieu irrité, venez, venez à notre aide !

 

Prière

 

O Dieu qui êtes inexorable dans votre justice, mais dont la bonté et la tendresse n'en sont pas moins infinies, serez-vous donc sans pitié pour ces pauvres âmes qui doivent souffrir le plus longtemps en Purgatoire. Sans doute, elles vous ont bien offensé, mais voyez donc ce qu'elles ont déjà souffert. Accordez à nos prières qu'elles soient délivrées de leurs souffrances, ou du moins soulagées et consolées par l'espérance d'une prochaine délivrance. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Treizième jour

Prions pour les âmes qui souffrent les plus grands tourments

 

Voix du Purgatoire — Quels affreux tourments nous endurons dans ce lieu ! Tout nous accable ! L'on ne pourra jamais sur la terre concevoir de pareilles souffrances. Justice de Dieu, que tu es terrible !.. Mais il nous reste l'espérance, Oh ! Priez pour nous vous qui êtes sur la terre. Dieu vous récompensera un jour de votre charité à notre égard.

 

Prière

 

Mon Dieu, nous vous présentons le Sang précieux de votre divin Fils, répandu à flot dans sa cruelle passion, pour le salut de tous. Nous vous l'offrons surtout afin que vous daigniez avoir pitié des âmes que votre justice frappe plus durement. Pourriez-vous nous refuser, alors que c'est votre Fils lui-même qui vous le demande. Pardonnez à ces grands coupables, et soulagez-les dans leurs cruels tourments. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

Quatorzième jour

Prions pour ceux qui souffrent à cause de leur orgueil

 

Voix du purgatoire — Nous nous sommes crus grands dans notre fol orgueil, et nous n'étions rien. Nous avons méprisé nos semblables sur la terre, qu'étaient les autres auprès de nous, de nos talents, de nos richesses, de nos forces, de notre beauté ? Insensés que nous étions ! Aujourd'hui, Dieu nous fait sentir notre néant. Toutes les humiliations que nous avons fait subir aux autres nous écrasent, nous étouffent sous leur poids pesant... Apprenez de nous à être humbles et priez pour nous.

 

Prière

 

Jésus doux et humble de cœur, jetez un regard de compassion sur les âmes orgueilleuses qui sont ensevelies dans les flammes du Purgatoire, pardonnez leurs folles erreurs, et accordez- nous la grâce, par l'exemple de leurs châtiments, de reconnaître notre indigence, et de fermer notre cœur à tout sentiment d'orgueil. Ainsi soit-il.

 

Dieu Tout-puissant, De Profundis, etc...

 

803_001 (2)

Téléchargez les méditations de cette semaine (pdf) en cliquant ici

 

Pour recevoir chaque semaine du mois de novembre les méditations du Mois des Âmes du Purgatoire,

abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes