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Sainte Scholastique

Soeur de Saint Benoît

+ en 543

Fête le 10 février

La sœur du Patriarche des moines d'Occident vient nous réjouir aujourd'hui de sa douce présence; la fille du cloître apparaît sur le Cycle à côté de la martyre! toutes deux épouses de Jésus, toutes deux couronnées, parce que toutes deux ont combattu et ont remporté la palme. L'une l'a cueillie au milieu des rudes assauts de l'ennemi, dans ces heures formidables où il fallait vaincre ou mourir; l'autre a dû soutenir durant sa vie entière une lutte de chaque jour, qui s'est prolongée, pour ainsi dire, jusqu'à la dernière heure. Apolline et Scholastique sont sœurs; elles sont unies à jamais dans le cœur de leur commun Epoux. Il fallait que la grande et austère figure de Saint Benoît nous apparût adoucie par les traits angéliques de cette sœur que, dans sa profonde sagesse, la divine Providence avait placée près de lui pour être sa fidèle coopératrice. La vie des saints présente souvent de ces contrastes, comme si le Seigneur voulait nous faire entendre que bien au-dessus des régions de la chair et du sang, il est un lien pour les âmes, qui les unit et les rend fécondes, qui les tempère et les complète. Ainsi, dans la patrie céleste, les Anges des diverses hiérarchies s'unissent d'un amour mutuel dont le souverain Seigneur est le nœud, et goûtent éternellement les douceurs d'une tendresse fraternelle.

La vie de Scholastique s'est écoulée ici-bas, sans laisser d'autre trace que le gracieux souvenir de cette colombe qui, se dirigeant vers le ciel d'un vol innocent et rapide, avertit le frère que la sœur le devançait de quelques jours dans l'asile de l'éternelle félicité. C'est à peu près tout ce qui nous reste sur cette admirable Epouse du Sauveur, avec le touchant récit dans lequel saint Grégoire le Grand nous a retracé l'ineffable débat qui s'éleva entre le frère et la sœur, trois jours avant que celle-ci fût conviée aux noces du ciel. Mais que de merveilles cette scène incomparable ne nous révèle-t-elle pas! Qui ne comprendra tout aussitôt l'âme de Scholastique à la tendre naïveté de ses désirs, à sa douce et ferme confiance envers Dieu, à l'aimable facilité avec laquelle elle triomphe de son frère, en appelant Dieu même à son secours? Les anciens vantaient la mélodie des accents du cygne à sa dernière heure; la colombe du cloître bénédictin, prête à s'envoler de cette terre, ne l'emporte-t-elle pas sur le cygne en charme et en douceur? Mais où donc la timide vierge puisa-t-elle cette force qui la rendit capable de résister au vœu de son frère, en qui elle révérait son maître et son oracle? qui donc l'avertit que sa prière n'était pas téméraire, et qu'il pouvait y avoir en ce moment quelque chose de meilleur que la sévère fidélité de Benoît à la Règle sainte qu'il avait donnée, et qu'il devait soutenir par son exemple? Saint Grégoire nous répondra. Ne nous étonnons pas, dit ce grand Docteur, qu'une sœur qui désirait voir plus longtemps son frère, ait eu en ce moment plus de pouvoir que lui-même sur le cœur de Dieu; car, selon la parole de saint Jean, Dieu est amour, et il était juste que celle qui aimait davantage se montrât plus puissante que celui qui se trouva aimer moins. »

Sainte Scholastique sera donc, dans les jours où nous sommes, l'apôtre de la charité fraternelle. Elle nous animera à l'amour de nos semblables, que Dieu veut voir se réveiller en nous, en même temps que nous travaillons à revenir à lui. La solennité pascale nous conviera à un même banquet ; nous nous y nourrirons de la même victime de charité. Préparons d'avance notre robe nuptiale; car celui qui nous invite veut nous voir habiter unanimes dans sa maison.

La sainte Eglise nous fait lire aujourd'hui la narration que saint Grégoire a consacrée à la dernière entrevue du frère et de la sœur.

Du second livre des Dialogues de saint Grégoire le Grand

Scholastique était sœur du vénérable Père Benoît. Consacrée au Seigneur tout-puissant dès son enfance, elle avait coutume de venir visiter son frère une fois chaque année. L'homme de Dieu descendait pour la recevoir dans une maison dépendante du monastère, non loin de la porte. Scholastique étant donc venue une fois, selon sa coutume, son vénérable frère descendit vers elle avec ses disciples. Ils passèrent tout le jour dans les louanges de Dieu et les pieux entretiens; et, quand la nuit fut venue, ils prirent ensemble leur repas. Comme ils étaient encore à table, et que le temps s'écoulait vite dans leur entretien sur les choses divines , la vierge sacrée adressa cette prière à Benoît: « Je te prie, mon frère, de ne me pas abandonner cette nuit, afin que nous puissions jusqu'au matin parler encore des joies de la vie céleste. » Le saint lui répondit: « Que dis-tu là, ma sœur? Je ne puis en aucune façon passer la nuit hors du monastère. » Dans ce moment, le ciel était si pur qu'il n'y paraissait aucun nuage. La servante de Dieu, ayant entendu le refus de son frère, appuya sur la table ses doigts entrelacés; et, cachant son visage dans ses mains, elle s'adressa au Seigneur tout-puissant. Au moment où elle releva la tête, des éclairs, un violent coup de tonnerre, une pluie à torrents, se déclarèrent tout à coup: au point que ni le vénérable Benoit, ni les frères qui étaient avec lui ne purent mettre le pied hors du lieu où ils étaient.

La pieuse servante de Dieu , pendant qu'elle avait tenu sa tête appuyée sur ses mains, avait versé sur la table un ruisseau de larmes; il n'en avait pas fallu davantage pour charger de nuages le ciel serein jusqu'à cette heure. Après la prière de la sainte, l'orage ne s'était pas fait longtemps attendre; mais cette prière et les torrents de pluie qu'elle amenait s'étaient si parfaitement rencontrés ensemble, que, au même instant où Scholastique levait sa tête de dessus la table, le tonnerre grondait déjà: en sorte qu'un même instant vit la sainte faire ce mouvement, et la pluie tomber du ciel. L'homme de Dieu, voyant que ces éclairs, ces tonnerres, cette inondation ne lui permettaient plus de rentrer au monastère, en fut contristé, et exhala ainsi ses plaintes: « Que le Dieu tout-puissant te pardonne, ma sœur! Que viens-tu de faire? » Elle répondit: « Je t'ai adressé une demande, et tu n'as pas voulu m'écouter: j'ai eu recours à mon Dieu, et il m'a exaucée. Maintenant sors, si tu peux, laisse-moi, et retourne à ton monastère. » Mais le saint était dans l'impossibilité de sortir de la maison, et lui qui n'avait pas voulu y rester volontairement, demeura contre son gré. Ainsi, les deux saints passèrent la nuit entière dans les veilles, et reprenant leurs pieux entretiens sur la vie spirituelle, ils se rassasièrent à loisir par l'échange des sentiments qu'ils éprouvaient.

Le lendemain, la vénérable Mère retourna à son monastère, et l'homme de Dieu reprit le chemin de son cloître. Trois jours après, étant dans sa cellule, et ayant élevé ses yeux en haut, il vit l'âme de sa sœur, qui venait de briser les liens du corps, et qui, sous la forme d'une colombe, se dirigeait vers les hauteurs mystérieuses du ciel. Ravi de joie pour la gloire dont elle était entrée en possession, il rendit grâces au Dieu tout-puissant par des hymnes et des cantiques, et annonça aux frères le trépas de Scholastique. Il les envoya aussitôt au lieu qu'elle avait habité, afin qu'ils apportassent le corps au monastère, et qu'il fût déposé dans le tombeau qu'il s'était préparé pour lui-même. Il arriva ainsi que ceux dont l'âme avait toujours été unie en Dieu ne furent point séparés par la mort, leurs corps n'ayant eu qu'un même tombeau.

Texte extrait de l'Année Liturgique de Dom Guéranger

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Litanies de Sainte Scholastique


Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils, rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Trinité, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, priez pour nous.

Sainte Vierge des vierges,

Sainte Scholastique,

Sainte Scholastique, sœur de saint Benoît,

Sainte Scholastique, éternellement élue de Dieu,

Sainte Scholastique, prévenue de la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ,

Sainte Scholastique, consacrée à Dieu dès l'enfance,

Sainte Scholastique, vierge toujours très pure,

Sainte Scholastique, fiancée à Notre-Seigneur Jésus-Christ,

Sainte Scholastique, enseignée par le Saint-Esprit,

Sainte Scholastique, miroir d'innocence,

Sainte Scholastique, règle de perfection,

Sainte Scholastique, modèle de vertus,

Sainte Scholastique, ornement de la vie monastique,

Sainte Scholastique, patronne de vierges innombrables,

Sainte Scholastique, mère d'une infinité de religieuses,

Sainte Scholastique, imitatrice de la vie des anges,

Sainte Scholastique, pleine de foi en Dieu,

Sainte Scholastique, remplie do l'espérance des biens du ciel,

Sainte Scholastique, brûlante d'amour pour l'Époux divin,

Sainte Scholastique, rayonnante d'humilité,

Sainte Scholastique, toujours enflammée de désirs célestes.

Sainte Scholastique, amie intime de Jésus-Christ,

Sainte Scholastique, animée envers le Seigneur d'une confiance toute filiale,

Sainte Scholastique, appliquée fréquemment à l'oraison,

Sainte Scholastique, promptement exaucée,

Sainte Scholastique, comblée des grâces spirituelles,

Sainte Scholastique, honorée de la gloire de la persévérance,

Sainte Scholastique, pénétrant sous la forme d'une colombe dans le céleste sanctuaire,

Sainte Scholastique, qui habitez maintenant le paradis,

Sainte Scholastique, qui suivez l'Agneau partout où il va,

Sainte Scholastique, unie éternellement aux embrassements de l'Époux,

Sainte Scholastique, ornée de la couronne de gloire,

Sainte Scholastique, toute remplie de la divinité,

Sainte Scholastique, associée aux chœurs des anges,

Sainte Scholastique, unie pour l'éternité aux joies de votre très saint frère,

Sainte Scholastique, avocate auprès de Dieu pour ceux qui vous invoquent,

Sainte Scholastique, patronne bienfaisante de ceux qui vous imitent,

Très sainte vierge Scholastique, Pauvres pécheurs, nous vous eu supplions, exaucez-nous.

Daignez nous aider près de Dieu par vos très saintes et très puissantes prières,

Daignez nous admettre nous-mêmes au nombre de vos enfants,

Daignez exciter, développer et affermir notre dévotion envers vous,

Daignez, par vos prières, obtenir que la rosée des grâces célestes rafraîchisse l'aridité de notre cœur,

Daignez obtenir l'accomplissement de nos saints et pieux désirs,

Daignez, par votre intercession, nous réunir pour l'éternité à Jésus-Christ, l'Époux de nos âmes,

Daignez nous faire entrer avec vous, comme de pures et innocentes colombes, dans le céleste sanctuaire,

Daignez nous faire parvenir aux joies éternelles, aux embrassements de l'Époux Jésus, Daignez nous exaucer, nous vous en supplions.

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau «le Dieu qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

Seigneur, prenez pitié,

Jésus-Christ, prenez pitié,

Seigneur, prenez pitié.


Priez pour nous, bienheureuse Scholastique.

Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.


Prions


O Dieu, qui, pour manifester l'innocence do votre Bienheureuse vierge Scholastique, avez fait entrer son âme dans le ciel sous la forme d'une colombe, accordez-nous, par ses mérites, de vivre nous-mêmes avec tant d'innocence que nous méritions de parvenir aux mêmes joies; par Jésus, le Christ notre Seigneur.

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Notice biographique de Sainte Scholastique

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