Le Mois du Très Saint Sacrement

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Seizième jour

Le Mardi de la troisième semaine après l'octave de Pentecôte

 

Venez, Esprit Saint,

Repoussez au loin l'Ennemi,

Donnez-nous la paix qui dure ;

Que sous Votre prévenante conduite,

nous évitions tout mal et toute erreur.

Je Vous salue Marie.

 

Dieu avait donné à Moïse les tables de la loi. Pour les placer dans un lieu convenable, il fallut construire un Tabernacle dans lequel serait déposée l'Arche d'Alliance. Cette arche construite suivant les dessins que le Seigneur en donna Lui-même, devait être d'un bois incorruptible, revêtu en dehors comme en dedans de lames d'or. Une couronne également d'un or pur l'environnait. On voyait au-dessus de l'Arche, le propitiatoire sur lequel deux Chérubins étendaient leurs ailes. Tous ces ornements étaient de l'or le plus pur. Rien n'était plus saint et plus vénéré parmi les Israélites. C'était le Dieu du Ciel qui habitait en quelque sorte sur l'Arche d'Alliance, entre les ailes des Chérubins, pour y faire entendre Ses oracles. Les enfants d'Israël n'osaient presque la regarder sous le voile qui la couvrait, et nous savons comment fut punie la témérité de cet homme qui porta la main sur ce précieux Tabernacle.

L'Arche d'Alliance était la gloire et le salut d'Israël ; elle fut toujours la terreur de ses ennemis. A son approche, on vit les murailles d'une ville forte s'écrouler, les fleuves suspendre la rapidité de leur cours, les armées ennemies obligées de prendre la fuite. Sa présence suffisait pour relever le courage abattu et pour rendre les armées du Seigneur invincibles. La maison du fidèle Obededon où l'Arche fut placée pendant trois mois, abonda de toute sorte de biens, tandis que celle d'un infidèle fut inondée de calamités. Moïse fit placer dans l'Arche, outre les tables sur lesquelles le doigt de Dieu avait gravé Sa Loi Sainte, un vase renfermant de la manne, et la verge qui avait fleuri dans les mains d'Aaron, lorsque Dieu voulut fixer dans sa famille le Sacerdoce de la Loi. En lisant tous ces détails relatifs à l'Arche d'Alliance, il est impossible d'arrêter sa pensée. Elle se porte si naturellement sur la Divine Eucharistie qu'on pourrait facilement omettre toute explication.

Nous avons aussi notre Tabernacle, notre temple, et là se trouve l'Arche véritable de la nouvelle Alliance, Jésus-Christ. Cet or pur, ce bois incorruptible, ce propitiatoire, ces Chérubins qui adorent la Majesté de Dieu, tout ne figure-t-il pas la Chair, le Corps de Jésus-Christ dont la pureté est infinie, la divinité qui habite avec toute sa plénitude dans ce Corps adorable, ou plutôt qui Lui est unie hypostatiquement ? Les Anges qui entourent le Tabernacle et adorent continuellement, avec un respect profond, la majesté du Dieu qui réside parmi nous. Tout n'est-il pas figuré par l'Arche d'Alliance ? Ici ce ne sont plus ces tables de pierre sur lesquelles était écrite la loi du Seigneur. Mais le Divin Législateur de la nouvelle Alliance qui est venu graver en traits de feu dans notre propre cœur, la loi de grâce qui est une loi d'amour. Ce n'est plus ce vase qui renfermait la manne dont l'Israélite voyageur s'était nourri dans le désert, mais la vraie manne du Chrétien, le pain dés Anges qui donné l'immortalité. Ce n'est pas ce Signe matériel qui rappelait le choix que le Seigneur avait fait d'Aaron pour le sacerdoce de l'ancienne Alliance ; mais Jésus Lui-même, le souverain Prêtre dont le Sacerdoce est éternel, suivant l'expression de Saint Paul : celui à qui il a été dit : « Tu es prêtre pour l'éternité selon l'ordre de Melchisédech ». O combien la réalité est au-dessus de la figure ! Néanmoins je vois dans cette même figure un grand nombre de vérités qu'il m'importe de méditer et qui me feront comprendre que la Divine Eucharistie est la gloire et la force de l'Eglise Chrétienne.

 

Premier point

La Divine Eucharistie est le Trône de la Sagesse et de la Vérité

 

Le Seigneur rendait Ses oracles du haut de l'Arche d'Alliance. Moïse venait consulter Dieu, et Dieu déclarait Sa Volonté qui était bientôt connue de tout le peuple. Quelle gloire et en même temps quelle consolation pour nous ! Jésus-Christ est dans le Saint Sacrement pour découvrir à Ses enfants Ses Volontés adorables. Quand le Prêtre s'est entretenu avec Lui, il monte dans la chaire de vérité ; sa parole simple et facile pénètre dans les âmes. C'est une lumière qui va visiter les intelligences les plus enveloppées de ténèbres. On dit de lui, « Un homme, par lui-même, n'a jamais parlé comme cet homme ». Sa parole est puissante, elle touche les cœurs. Si le directeur de nos consciences est venu s'entretenir avec Jésus-Christ avant d'entrer dans le Sacré Tribunal, il arrive plein de sagesse et de vérité. Comment a-t-il sondé les abîmes de ce cœur ! Qui lui a découvert ces liens secrets, ces replis cachés que l'âme dérobe à ses propres regards ! D'où est venu ce conseil plein de sagesse qui fixera l'irrésolution et montrera, d'une manière certaine, les desseins de Dieu sur une âme ! N'allez pas en chercher le principe dans les talents et le génie de l'homme. Tous les Saints vous diront qu'un entretien avec Jésus-Christ dans le Sacrement de son amour, leur a communiqué ces lumières qui étonnent.

Autrefois les enfants d'Israël disaient : « Allons consulter Dieu à Silo, devant Son Tabernacle », et Dieu manifestait au peuple Sa Volonté souveraine. Eh bien ! l'Arche d'Alliance est là devant nous. Allons consulter Dieu à Silo, c'est-à-dire dans l'Eglise, au pied du Saint Tabernacle où le Divin Sauveur a fixé Sa demeure. Si nous faisons souvent de fausses démarches, si nous donnons des conseils qui sont opposés à la divine sagesse, c'est que nous avons oublié le lieu où le Seigneur rend Ses oracles. Si ceux qui gouvernent les peuples allaient consulter le Seigneur devant l'Arche du Nouveau Testament, tous les peuples marcheraient dans les voies de la sagesse et de la vérité. Vous êtes réellement, ô mon adorable Sauveur, dans la Divine Eucharistie, et par là même la Divine Eucharistie est le Trône de la Sagesse, d'où la Vérité se fait entendre à l'âme du fidèle ! Certes, si autrefois la reine de Saba vint de loin pour admirer la sagesse du Roi Salomon, si elle s'écria ravie d'admiration : « Heureux ceux qui sont à vous ! Heureux vos serviteurs qui sont sans cesse devant vous et qui écoutent votre sagesse » ; il y a ici bien plus que le roi Salomon, c'est Jésus-Christ, la Sagesse Éternelle !...

O Eglise, sois fière du trésor que tu possèdes ! Ô enfants de l'Eglise, comprenez votre gloire ! Mon Dieu ! Comme je sens le besoin de venir souvent au pied de l'Arche Sainte pour y entendre Vos oracles ! Non, je ne passerai aucun jour de ma vie, sans venir Vous parler et recevoir, avec la docilité la plus parfaite, les oracles de Votre éternelle Vérité !...

 

Deuxième point

La Divine Eucharistie met en fuite les ennemis de notre Salut

 

Si les fleuves ont suspendu leur cours, si les murailles des villes sont tombées, si les armées ont été mises en fuite, par la seule présence de l'Arche d'Alliance, de quelles victoires l'Eglise n'est-elle pas capable, quels triomphes lui sont impossibles, avec la Sainte Eucharistie ? « Un jour, les Philistins placèrent l'Arche d'Alliance dont ils s'étaient a emparés, dans le temple de leur dieu Dagon. Or, le lendemain, s'étant levés dès la pointe du jour, ils trouvèrent Dagon qui était tombé le visage contre terre devant l'Arche du Seigneur : ils le relevèrent et le remirent à sa place. Le jour suivant, s'étant encore levés dès le matin, ils trouvèrent Dagon tombé par terre, sur le visage, devant l'Arche du Seigneur. Mais la tête et les deux mains en ayant été coupées, étaient sur le seuil de la porte, et le trône seul de Dagon était demeuré en sa place ». Quelle imposante figure de la force communiquée à l'Eglise par le Saint Sacrement ! C'est bien en présence de Jésus-Christ que l'âme s'écrie : « Le Seigneur est le défenseur de ma vie ; qui pourra me faire trembler ? Quand des armées nombreuses se lèveraient contre moi, quand on livrerait le plus épouvantable combat, mon cœur n'en serait point effrayé, car le Seigneur m'a caché dans Son Tabernacle ; Il me protège au jour de l'affliction, en me plaçant dans le secret de son sanctuaire ».

Aujourd'hui les ennemis de l'Eglise écument de rage, leur fureur s'irrite de leur impuissance ; ils se promettent depuis longtemps une victoire qui leur échappe toujours. L'Eglise prend l'Adorable Eucharistie, elle l'élève au milieu du monde et s'écrie : « Que le Seigneur se lève, que ses ennemis soient dissipés ; que ceux qui le haïssent fuient de devant Sa Face, comme la fumée qui disparaît, comme la cire qui fond à la présence du feu. Que les justes se réjouissent en la présence de Dieu. qu'ils soient dans des transports de joie ». La puissance du Divin Sacrement est la même partout, elle met en fuite nos ennemis particuliers. Nous les trouvons bien forts et bien terribles ; ils le deviennent par notre négligence à recourir à ce précieux secours. Voilà l'Arche du Nouveau Testament ! Si les Philistins s'écriaient à l'approche de la figure : « Voici une armée de Dieux », comment les ennemis de notre salut ne seront-ils pas saisis de la même frayeur, quand nous leur opposerons l'Arche de la nouvelle Alliance ? Comment cette tentation, cette passion violente que le démon irrite pour notre perte, comment le démon lui-même résisterait-il à la toute puissance du Divin Sacrement ?

O Jésus, Vous serez mon soutien, Vous serez ma force ; je Vous placerai entre mon ennemi et moi, j'irai à Vous avant le combat ; je Vous appellerai au moment de l'attaque, et je serai victorieux. Non, jamais je n'eusse été vaincu, si j'avais compris ce que doit être pour moi la Sainte Eucharistie, si j'avais mis en elle toute ma confiance, si ma dévotion pour cet auguste Mystère eut été plus ardente et plus vive !...

 

Troisième point

La Divine Eucharistie est l'objet de l'adoration des hommes

 

L'Arche d'Alliance était considérée par les Israélites comme l'objet le plus précieux de leur culte. Ils n'en approchaient qu'avec un respect profond, elle était placée sous le voile du Sanctuaire. Elle renfermait l'urne dans laquelle se trouvait la manne. Admirable figure, s'écrie le grand Docteur Saint Bonaventure, du Très Saint-Sacrement, qui contient ce qu'il y a de plus Saint et de plus auguste dans le Ciel et sur la terre. Le voile représentait les espèces du Sacrement, l'Arche représentait le Corps de Jésus-Christ, l'urne était la figure de son Ame, et la manne de sa Divinité. Peut-on imaginer quelque chose de plus grand ? Le Corps, le Sang, l'Ame, la Divinité du Sauveur !

L'Arche d'Alliance fut toujours en grande vénération parmi le peuple d'Israël. Quand il fallut la transporter dans le temple magnifique que lui avait préparé le grand Roi Salomon, la réjouissance fut grande parmi les enfants d'Israël ; on immola des victimes sans nombre. Tout le peuple et les anciens d'Israël s'étant assemblés, les prêtres portèrent l'Arche d'Alliance du Seigneur dans le Saint des Saints ; elle fut placée sous les ailes des Chérubins, tandis que les lévites et les chantres, revêtus de robes de lin, faisaient retentir leurs cymbales, leurs psaltérions et leurs cithares, et que cent vingt prêtres sonnaient de la trompette. Tous chantaient ensemble et faisaient retentir les airs du son de leur voix, des orgues et de diverses sortes d'instruments, et l'on entendait de fort loin ce cantique : « Louez Le Seigneur, parce que Sa Miséricorde est éternelle ».

Dites les sentiments de respect profond, d'adoration, de foi et d'amour qui doivent remplir nos âmes, en présence de la Divine Eucharistie. Humilions-nous profondément, adorons cette grandeur infiniment élevée au-dessus de l'homme. Adorez, dit le Saint-Esprit, l'escabeau de ses pieds, parce qu'il est saint ! Cet escabeau des pieds de Dieu, dit Saint Augustin, c'est la Chair de Jésus-Christ, dans laquelle réside la Divinité. Ah ! Je veux être comme ces Chérubins qui étaient placés sur l'Arche de l'Ancien Testament. Vous faites éclater votre puissance, s'écriait David, vous qui êtes assis sur les Chérubins. Oui, Jésus règne ; Il est assis sur les âmes innocentes, sur les cœurs fervents, élevés comme des Chérubins par la plénitude de la Sagesse qu'Il leur communique ; Il règne sur ces âmes comme sur le trône de Sa grandeur ! Mais l'âme mondaine ne doit pas oublier que l'idole de Dagon fut abattue par la présence de l'arche. Malheur au téméraire qui voudrait allier la vanité du monde et l'amour des plaisirs, avec le Saint des Saints ; il serait frappé de mort.

Mon Dieu, qui pourra Vous louer dignement pour un si précieux Don ! Qui pourra honorer la Divine Eucharistie comme elle mérite d'être honorée ! Qui se croira digne d'en approcher ? Vous l'avez dit : « Celui qui a les mains innocentes et le cœur pur ; celui qui n'a pas reçu son âme en vain, qui n'a jamais fait un serment faux et trompeur à son prochain. C'est Celui-là qui obtiendra du Seigneur la bénédiction, et la Miséricorde du Dieu son Sauveur lui sera accordée ». Je le veux, ô Jésus ; oui, tous les jours de ma vie je m'efforcerai de me rendre moins indigne de paraître devant Vos Saints Tabernacles, et d'adorer avec les Anges Celui dont la majesté remplit les Cieux.

 

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