Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Vingt-sixième jour

Reine des anges, priez pour nous

 

Dans notre dernière méditation, nous avons contemplé et laissé Marie au pied de la croix ; aujourd'hui cherchons-la et contemplons-la dans le séjour de la gloire. C'est l'Eglise qui nous y invite, en la saluant du titre radieux de Reine des anges. Le titre de reine exprime, sur la terre, tout ce qu'il y a de plus grand, de plus auguste et de plus respecte. En présence d'une reine, tous les fronts s'inclinent, toutes les bouches expriment leur admiration. Élevons-nous par la pensée jusque dans le ciel, et portons nos hommages à la Reine des anges.

Que rencontrent d'abord nos regards éblouis ? Les trônes des pontifes, ceux des martyrs, ceux des apôtres, ceux des patriarches et des prophètes. De quelle gloire éclatante ils sont couronnés ! Mais là vainement nous cherchons le trône de Marie, moulons plus haut. Voici le choeur des anges, des chérubins, des séraphins ; tous ces milliers d'esprits purs qui rayonnent comme d'inaltérables soleils ; est-ce là que la Vierge par excellence jouit de la béatitude éternelle ? Non, non ; plus haut encore. Au-dessus des anges et des archanges, près du trône adorable de l'Homme-Dieu ressuscité, un autre trône moins élevé que celui de Jésus, plus élevé que celui des autres habitants des cieux, éclipse tout ce qui l'entoure par l'éclat de sa magnificence et la splendeur de ses rayons. C'est là qu'est assise et que règne la Reine des anges, transportée de la terre au ciel par les anges eux-mêmes. Tous les regards des bienheureux sont tournés vers elle, et la contemplent dans un ravissement ineffable. De ce que Marie a été élevée à la dignité de mère de Dieu, tous les docteurs concluent qu'elle est reine des anges. « Comme celui qui est né de la Vierge, dit saint Athanase, est le Seigneur des anges, des hommes et de tout ce qui a été tiré du néant, ainsi la Vierge qui la mis au monde est-elle la souveraine des anges, des hommes et de toutes les créatures ».

Ah ! quelle distance entre le trône radieux qu'occupe aujourd'hui Marie, et l'humble condition dans laquelle elle a vécu sur la terre. L'oracle en était sorti de la bouche de la vérité même : « Celui qui s'élève sera abaissé, et celui qui s'abaisse sera élevé ». Marie donc qui, remplie des dons de Dieu, le chef d'oeuvre de sa main, ne semble avoir eu d'autre soin dans tout le cours de sa vie, que de s'humilier, de se faire oublier, de se mettre au dessous de toute créature, devait être placée au sommet des cieux, élevée au-dessus des anges, et offerte à leurs regards comme leur Reine.

Grande et consolante leçon pour nous. La voie de l'humilité dans ce monde est le chemin qui conduit au trône le plus élevé dans le ciel. Pour devenir un grand saint, pour mériter une riche couronne, il n'est donc pas nécessaire d'opérer des miracles, d'occuper une position distinguée, de faire du bruit dans le monde ; loin de là, la condition la plus humble, celle d'une ménagère dans l'intérieur de sa maison, celle d'un serviteur ou d'une servante de ferme, est une voie plus sûre pour arriver au salut. Ô vous qui vivez dans les champs, qui gardez un troupeau, qui arrosez la terre de vos sueurs, sachez donc apprécier Votre état. Un ange, ministre des volontés de Marie, dispensateur de ses largesses, est à vos côtés pour vous soutenir et vous fortifier, pour porter vos prières à sa Reine, et en rapporter les faveurs qu'elle est toujours disposée à répandre sur ceux qui l'invoquent. Sous l'oeil de Marie, cet ange vous suit pas à pas, compte une à une toutes vos actions les plus communes et les plus ordinaires, lorsque vous les faites avec esprit de foi, écrit tous vos mérites dans le livre de vie ; et un jour vous serez ravis de joie et d'admiration en voyant combien Dieu est riche et magnifique dans ses récompenses. Plus vous aurez été pauvres, plus vous deviendrez riches ; plus vous aurez été placés bas sur la terre, plus vous serez élevés en gloire dans le ciel.

 

Exemple

Grâce obtenue le 13 mai 1819, par l'intercession de Notre Dame de Liesse, dans le diocèse de Laon.

 

C'était un dimanche. On chantait la messe avec la solennité ordinaire. A l'offertoire, un pèlerin, tenant entre ses bras un enfant de douze ans, traverse la foule et se présente à l'offrande. La jeune infirme avait un besoin pressant du secours de Marie. Depuis longtemps son état était entièrement désespéré. Elle était atteinte de paralysie, hors d'état de marcher et de prendre des aliments solides. Elle réclame l'assistance de Marie avec une piété qui fait tout espérer pour sa guérison. Le saint sacrifice s'achève. Elle n'avait rien obtenu. Son père, qui n'avait cessé de solliciter le secours de Marie avec tout l'intérêt, toute la ferveur que lui inspirait la vue d'une enfant tendrement aimée réduite à cet état, se retirait tristement, portant toujours sa fille entre ses bras. Mais la Vierge avait entendu les prières de l'innocence et de l'amour paternel. Elle semblait vouloir se ménager le plaisir de procurer à la famille affligée une heureuse surprise. Tout à coup sur la limite de la bourgade, près du Calvaire, la jeune enfant se sent une vigueur inconnue. « Mon père, s'écrie-t-elle, je n'ai plus de mal ». On la met à terre. Aux yeux de son père muet d'étonnement, elle marche et bondit de joie. Qu'on se figure les transports de la famille ! L'enfant augmente encore leur surprise et leur ravissement. Elle demande du pain, elle se croit en état de manger. On lui en donne, et son estomac s'accommode fort bien de cette ,nourriture solide. Il n'y avait qu'une chose à faire, c'était de retourner aussitôt rendre grâces au sanctuaire de Notre-Dame. Mais la famille n'y pense point pour le présent ; elle se livre tout entière à la joie de voir la petite fille courir et faire son repas. Cependant Marie ne fut pas oubliée. Le dimanche suivant, les parents ramenèrent leur enfant au pèlerinage. Alors elle avait cessé d'être pèle et souffrante ! À la procession elle eut la place d'honneur, on la fit marcher à côté du célébrant. Tout le monde était ravi. Cette guérison convertit plusieurs incrédules, et ranima la piété des fidèles. (Pèlerinages aux sanctuaires de la Mère de Dieu).

Pratique : Enfants et serviteurs, obéissez aujourd'hui à vos parents et à vos maîtres, comme les anges obéissent à leur Reine.

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Prière

 

Salut, Reine du ciel, sa lut, Souveraine des anges. Qu'il m'est doux de penser qu'un de vos fidèles sujets, qu'un ange gardien veille à mes côtés. En lui obéissant, c'est à vous que j'obéis. Je lui confie aujourd'hui toutes mes pensées, tous mes sentiments, toutes mes paroles et toutes mes actions, afin que cette offrande présentée par ses mains vous soit plus agréable En retour, envoyez-moi par son ministère les pures impressions de votre cœur, la consolation dans mes peines, et une ardeur nouvelle pour courir dans la voie des commandements et la pratique de toutes les vertus. Ainsi soit il.

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