Le Mois de Saint Vincent de Paul

Lectures de piété sur ses vertus et ses œuvres pour chaque jour du mois de juillet

Icon, France, Vincent and boy

Quatrième jour

Humilité de Saint Vincent

 

C'est une vérité prononcée par la bouche du Fils de Dieu, que celui qui s'élève sera humilié et au contraire, que celui qui s'humilie sera exalté : cela s'est vérifié eu la personne de Vincent, lequel a été exalté par les grandes choses que Dieu a faites en lui et par lui d'autant qu'il s'est humilié ; et plus il s'est profondément abaissé, Dieu a pris plaisir de l'élever davantage, et de répandre plus abondamment ses bénédictions sur lui, et sur ses saintes entreprises.

Il est vrai que l'on peut dire de ce Saint homme après sa mort ce que plusieurs en ont dit durant sa vie, qu'il n'a jamais été bien connu au monde tel qu'il était en effet, quelque estime qu'on ait eue pour lui : car, bien qu'il ait toujours passé pour un homme fort humble, l'opinion commune toutefois n'a jamais regardé son humilité comme la disposition principale qui a attire sur lui toutes les grâces et les bénédictions dont il a été comblé et comme le fondement et la racine de toutes les grandes œuvres qu'il a faites. Ceux qui en ont jugé plus favorablement ont estimé que c'était son zèle qui le portait à les entreprendre, et que sa prudence les lui faisait conduire heureusement à chef ; mais quoique ces deux vertus fussent excellentes en lui, et qu'elles aient beaucoup contribué aux grands biens qu'il a opérés, il faut néanmoins avouer que c'est sa profonde humilité qui a attiré sur lui cette plénitude de lumières et de grâces, par la vertu desquelles tout a prospéré entre ses mains et sous sa conduite. Mais pour parler encore mieux, nous pouvons dire que son zèle le portait à s'humilier sans cesse ; il répétait continuellement en lui-même cette leçon d'humilité qu'il avait apprise de son divin Maître, disant en son cœur : « Je ne suis pas un homme, mais un pauvre ver de terre, qui rampe ne sachant où il va, mais qui cherche seulement à se cacher en vous, ô mon Dieu ! Qui êtes tout mon désir. Je suis un pauvre aveugle qui ne saurait avancer un pas dans le bien si vous ne me tendez la main de votre miséricorde pour me conduire ».

Il qualifiait sa Congrégation de petite, très petite et chétive Compagnie : il ne pouvait souffrir qu'on dit aucune chose à sa louange, disant qu'il ne demandait rien pour elle à Dieu, sinon qu'il eût pour agréable de lui donner la vertu d'humilité.

Son humilité était si sincère, qu'on la pouvait lire sur son front, sur ses yeux, et sur toute la posture de son corps, et reconnaître par son extérieur que ses humiliations et abaissements venaient du fond de son cœur, où cette vertu était si profondément gravée, qu'il croyait ne pas mériter l'usage d'aucune créature, non pas même de celles qui servent à conserver la vie, et encore moins des autres qui peuvent être utiles ou nécessaires pour avancer la gloire de Dieu.

C'était sa coutume en toutes rencontres, et devant toutes sortes de personnes, même de la plus haute qualité, et surtout quand on témoignait quelque estime de lui, et qu'on lui voulait rendre quelque honneur, de dire et publier qu'il n'était que le fils d'un pauvre paysan et qu'il avait gardé les troupeaux ; ce qu'il prenait aussi plaisir de déclarer aux pauvres, afin qu'ils le considérassent comme ayant été de leur condition ; sur ce sujet, il arriva un jour qu'un homme de village étant venu à Saint-Lazare demander Vincent et le portier lui ayant dit qu'il était empêché pour lors avec quelques Seigneurs, ce bon homme répliqua : « Ce n'est donc plus Monsieur Vincent, parce que lui-même m'a dit qu'il n'était que le fils d'un simple paysan comme moi ? » — Accompagnant un jour un ecclésiastique à la porte de Saint-Lazare, une pauvre femme se mit à crier, lui disant : « Monseigneur, donnez-moi l'aumône » ; à quoi Vincent lui répondit : « O ma pauvre femme, vous me connaissez bien mal, car je ne suis qu'un porcher et le fîls d'un pauvre villageois ». Une autre l'ayant encore rencontré à la porte comme il conduisait quelques personnes de condition et pour le convier de lui donner l'aumône plus volontiers, lui ayant dit qu'elle avait été servante de Mme sa Mère, il lui répondit aussitôt devant tous ceux qui étaient présents : « Ma bonne femme, vous me prenez pour un autre : ma mère n'a jamais eu de servante, ayant elle-même servi, et étant la femme et moi le fils d'un paysan ».

Ayant été une fois visité par son neveu, lequel était venu exprès pour cela de la ville de Dax à Paris, le portier du collège des Bons Enfants, où il demeurait pour lors, l'ayant averti que son neveu demandait à le voir, il ressentit le premier mouvement de quelque peine pour son arrivée, et dit qu'on le lui amenât à sa chambre ; néanmoins son humilité lui fit aussitôt changer de sentiment, et prendre la résolution d'aller lui-même le recevoir en bas : voici en quels termes Mr de Saint-Martin, chanoine de la ville de Dax, qui demeurait pour lors en ce collège, en rendit témoignage : « Je ne puis passer sous silence un acte de vertu de Mr Vincent, dont je suis témoin à l'occasion d'un de ses neveux. C'est qu'ayant donné charge à l'un des siens de l'aller prendre dans la rue où il était, habillé à la mode des paysans de ce pays, pour le mener à sa chambre, ce bon serviteur de Dieu eut un mouvement extraordinaire de se surmonter comme il le fit; car, descendant de sa chambre, il alla lui-même jusqu'à la rue, où, ayant trouvé son neveu, il l'embrassa, le baisa et le prit par la main, puis l'ayant conduit dans la cour, fit descendre tous les Messieurs de la Compagnie, auxquels il dit que c'était là le plus honnête homme de sa famille, et les lui fit saluer tous. Il lui fit faire la même civilité aux autres personnes de condition qui venaient le visiter ; et aux premiers exercices spirituels qu'il fit après, il s'accusa publiquement en pleine assemblée d'avoir eu quelque honte à l'arrivée de son neveu, et de l'avoir voulu faire monter secrètement à sa chambre, parce qu'il était paysan et mal habillé.

Mais non content de parler de la sorte il a toujours tâché par ses exemples d'insinuer cet esprit d'humilité dans sa Compagnie dès ses premiers commencements. Quand il pensait lui être arrivé quelque chose qui ne fut pas tout-à-fait de bon exemple aux siens, il ne manquait pas à chaque fois de s'en humilier et de leur en demander pardon ; ce qu'il faisait même pour les choses secrètes, comme pour les mouvements d'impatience qui n'avaient point paru au-dehors, pour quelques paroles moins douces dites à quelque particulier, et pour les moindres manquements faits par inadvertance ».

 

Fleurs Spirituelles

 

« Une personne humble, quoiqu'elle soit humiliée, s'humilie encore davantage, lorsqu'elle est couverte de mépris ; se réjouit de ce qu'on la méprise, lorsqu'elle est employée à des offices bas et abjects ; reconnaît qu'elle est encore plus honorée qu'elle le mérite, et s'en acquitte avec plaisir ; elle n'abhorre et ne fuit que les charges distinguées et les honneurs ». (Sainte Jeanne-Françoise de Chantal).

« On fait une chose beaucoup plus utile pour sa perfection chaque fois qu'on ne s'excuse pas lorsqu'on est repris, que si l'on entendait avec des dispositions saintes dix sermons. Une marque qu'on n'ambitionne pas l'estime des créatures, c'est quand on agit ainsi ; en s'accoutumant à ne pas se justifier dans de telles circonstances, on parvient à entendre parler de soi, comme si c'était une personne étrangère ». (Sainte Thérèse d'Avila).

 

Pratique : Ne dites rien aujourd'hui qui puisse tourner à votre avantage, et ne laissez passer aucune occasion de vous humilier. Priez pour les religieuses qui craignent les humiliations.

 

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