Le Mois de la Passion

ou la Science du Crucifix

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Douzième jour

Comment nous appartenons à Jésus-Christ

 

I. Jésus-Christ a bien le droit de dire, en considérant nos âmes, qu’Il a rachetées par sa mort : Voilà Mon Sang et Ma vie. Elles lui tiennent lieu du Sang qu’Il a répandu, et de la vie qu’Il a sacrifiée, comme un héritage tient à un acquéreur lieu de l’argent qu’il a donné pour l’acquérir. Mon âme est donc à Jésus-Christ, de même que Son Sang et Sa vie qui en est le prix, et si pour mes péchés j’ai le malheur de la perdre, ce n’est pas mon bien que je perds, c’est celui de Jésus-Christ, c’est Son Sang et Sa Vie, et je deviens véritablement complice de la mort de l’Homme-Dieu. Ah ! Quels reproches n’ai-je pas à craindre de sa part, si je refuse de vivre soumis à Sa Loi ! Malheureux, me dira-t-il, rends-moi le Sang que J’ai répandu pour toi : rends-Moi la vie que j’ai sacrifié pour ton Salut.

II. Les mauvais chrétiens, dit Saint Paul, qui par leurs péchés crucifient de nouveau Jésus-Christ en eux-mêmes, n’ont rien à se promettre pour le terrible Jugement de Dieu, et le supplice d’un feu vengeur ; je dis d’un feu jaloux de la gloire de Jésus-Christ qui sans jamais anéantir ses ennemis, les brûlera toujours. Un prévaricateur de la Loi de Moïse, continue le même Apôtre, étais mis à mort sans pitié et sans rémission. Quels châtiments sont donc réservés à un prévaricateur de la Loi de Jésus-Christ, à un Chrétien sacrilège, qui aura foulé aux pieds le Sang du Fils de Dieu, ce Sang Précieux et Divin, dont l’effusion a consommé l’alliance de Dieu avec les hommes ?

III. Dans une âme fidèle, qui vit dans la dépendance et l’amour de son Sauveur, Jésus-Christ règne comme dans un empire qu’Il a acquis au prix de Son Sang. Il y trouve en quelque sorte l’équivalent de la vie qu’Il a sacrifiée pour s’en assurer la possession. En me donnant à Lui, je lui rends le Sang qu’Il a répandu, je Lui rends la vie qu’Il a perdue pour moi. La gloire que je puis Lui rendre le dédommagera de ses opprobres et de ses souffrances ; Sa grâce qui régnera dans mon coeur le ressuscitera, le fera revivre en moi. Ce n’est que dans mon coeur qu’Il peut être victorieux de la mort qu’Il a bien voulu souffrir pour s’en assurer la possession. Il y vit, Il y règne avec toute la gloire qu’Il désire, s’il est à lui ; et s’il est asservi au péché, Jésus-Christ y est encore, mais dans un état de mort et d’humiliation, comme il était sur la Croix, puisque, selon la doctrine de Saint Paul, les Chrétiens qui pèchent, crucifient de nouveau le Fils de Dieu en eux-mêmes.

Ô mon âme, tandis qu’il t’est libre de servir Dieu ou le monde, tu as entre les mains la vie et la mort de ton Sauveur. Tu lui rends la vie qu’Il a donnée pour toi, si tu lui es fidèle ; si à son empire tu préfères l’empire du monde et du démon, tu deviens coupable de sa mort, et au dernier jour Il te redemandera le Sang qu’il aura inutilement répandu pour toi.

IV. Dépouillez-vous du vieil homme, dit Saint Paul, abandonnez en toutes choses sa manière de penser, d’agir, de parler, revêtez-vous de l’homme nouveau ; qu’il retrace en vous l’image de Dieu que le péché avait effacée. Le vieil homme, c’est Adam avec ses convoitises, c’est la chair avec ses concupiscences, c’est le monde avec son orgueil ; ce sont ces inclinations vicieuses que nous avons héritées d’un père criminel. L’homme nouveau, c’est le Fils de Dieu fait homme, la plus parfaite image de la Divinité ; c’est Jésus-Christ, qui s’étant chargé des iniquités du vieil homme, l’a attaché à sa croix pour l’y faire périr avec lui. Faisons-nous donc une idée de la vie chrétienne que nous professons d’après la doctrine de Saint Paul. Elle suppose la mort, le crucifiement et la sépulture du vieil homme, sur le modèle de la mort, du crucifiement et de la sépulture de Jésus-Christ, afin que le corps de péché soit détruit en nous, que nous ne soyons plus les membres du péché, mais les membres de Jésus-Christ qui est l’homme nouveau qui doit vivre en nous. Tandis que je respirerai, j’aurai à soutenir une guerre intestine entre le vieil homme et l’homme nouveau entre la chair et l’esprit, entre Jésus-Christ et le démon. C’est à moi de décider lequel des deux sera vainqueur et triomphant, mais je ne dois pas oublier qu’au triomphe de Jésus-Christ est attaché mon bonheur éternel, et mon malheur éternel au triomphe du démon.

 

Texte extrait du Mois de la Passion ou la Science du Crucifix, aux Editions Saint Jean

 

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