Le Mois de Marie Historique de Notre Dame du Puy

 

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Vingt-neuvième jour

Sentiments du vénérable Monsieur Ollier et de plusieurs autres Sulpiciens à l'égard de Notre Dame du Puy

 

Personne ne fut plus dévot à Notre-Dame du Puy que Monsieur Ollier, le vénérable fondateur de la pieuse et modeste Société de Saint-Sulpice. En revanche, c'est Notre-Dame qui amena Messieurs de Saint-Sulpice au Grand-Séminaire du Puy, dont Mgr de Maupas leur confia la direction et la fondation.

En 1652, M. Ollier, qui s'était démis de sa cure, à Paris, vint faire le pèlerinage du Puy, sans autre intention que de satisfaire sa dévotion. Sa première démarche, en arrivant dans notre ville, fut de monter à la Cathédrale, et de s'offrir à Notre Seigneur et à sa très sainte Mère, au pied de l'autel principal où il demeura quelques temps en oraison. Dieu, qui avait d'autres vues, profita de sa présence pour ménager l'établissement de notre Grand-Séminaire. Monsieur Ollier fut on ne peut plus heureux d'en prendre la conduite, tant à cause de son zèle pour la gloire de Dieu, que de sa grande dévotion pour Notre-Dame du Puy. Ne pouvant être assidûment à ses pieds devant son image, il fut ravi qu'il y eût quelques membres du Séminaire de Saint-Sulpice qui suppléassent à son impuissance, en lui rendant leurs devoirs en son nom, et qui travaillassent à la sanctification des ecclésiastiques destinés à conduire le peuple qu'elle a pris sous sa protection particulière.

Cette fondation lui donna occasion de revenir dans la cité de Marie quelque temps avant sa mort. Ce fut en l'année 1655 que, sentant sa fin approcher, il voulut faire encore une fois ce saint pèlerinage, avant d'aller paraître devant Dieu. Il arriva donc au Puy, comblé de joie de revoir une ville, où régnait, depuis tant de siècles, la dévotion la plus tendre envers la Mère de Dieu, et où il se souvenait d'avoir reçu, par son intercession, des grâces très abondantes. Le séjour qu'il y fit, fut pour lui une source de bénédictions, et un grand sujet d'édification pour les habitants. On le voyait prier très assidûment dans l'Eglise de Notre-Dame : c'était même de tous les lieux de piété qu'il avait visités dans la France celui pour lequel il témoignait le plus d'attrait : « Je n'en connais point, disait-il, où Dieu se communique si intimement, et où il répande ses grâces avec plus de libéralité. Tout y porte à lui, tant ce lieu est saint ; en sorte que, pour en sortir tout pénétré de son amour et de son esprit, on n'a qu'à se laisser aller au mouvement intérieur qu'on y éprouve, dès qu'on s'y présente avec foi ». Il se rappelait, avec une douce joie, les grâces éminentes dont la mère Agnès y avait été favorisée. Aussi y était-il tellement touché lui-même et si intimement uni à Dieu, qu'il fallait l'en tirer comme par violence, et l'avertir plusieurs fois de sortir. « Je suis dans un lieu, écrivait-il, où je finirais ma vie avec joie, aux pieds de Notre Dame du Puy, à laquelle je suis redevable, par Sœur Agnès, de toutes sortes de grâces ».

Ne pouvant toujours demeurer présent de corps dans cette église, et désirant y être au moins en esprit, autant qu'il était en son pouvoir, il laissa, auprès de l'image de Marie, une statue d'argent où il s'était fait représenter dans la posture d'un suppliant, qui, respectueusement incliné devant elle, lui faisait hommage de tous les sentiments que doivent un sujet à sa souveraine et un fils à sa mère. Cette statue était placée autrefois sur une console de marbre, scellée dans le grand autel, derrière l'image miraculeuse de Marie. Non content de cette offrande, il laissa encore une riche médaille d'or, sur laquelle il avait fait graver le séminaire de Saint Sulpice de Paris, qu'il lui présentait, la conjurant de le prendre sous sa protection spéciale, et de faire, de tous ceux qui l'habitaient, autant d'instruments de la gloire de son fils.

Mais le plus riche cadeau que fit encore Monsieur Olier au sanctuaire de Notre-Dame, fut de donner au Grand-Séminaire du Puy, comme fondateur et premier supérieur, le très docte et très pieux de Lantages, une des plus belles perles de Saint-Sulpice et du clergé français à cette époque. En arrivant au Puy, M. de Lantages et ses compagnons, à l'exemple de Monsieur Olier, allèrent droit à la Cathédrale s'offrir à la très sainte Vierge, et mettre, dès ce moment, sous la protection de cette auguste Reine du clergé, l'oeuvre qu'ils venaient fonder dans ce diocèse. La sainteté du lieu les pénétra de la dévotion la plus tendre, et, aux pieds de la statue miraculeuse de Marie, ils répandirent leurs coeurs avec une dilatation de sentiments qu'il serait difficile d'exprimer. M. de Lantages surtout y reçut de si grandes consolations, qu'il ne manqua presque jamais, tant qu'il demeura au Puy, de visiter tous les jours, même dans les infirmités de sa vieillesse, cette aimable Patronne, dans la Basilique qui lui est consacrée, et de venir lui faire hommage des succès que Dieu daignait accorder à ses travaux. Après de longues et pénibles épreuves, M. de Lantages vint enfin à bout de l'oeuvre que Monsieur Olier lui avait confiée, et sous sa direction et celle de ses pieux successeurs, si dignement représentés encore aujourd'hui, le Grand-Séminaire du Puy devint bientôt un établissement modèle, un centre de doctrine et de piété où accouraient les étudiants de plusieurs diocèses voisins, tels que Mende, Clermont, Viviers, Vienne et Valence.

La dévotion, pour notre sanctuaire, ne s'est jamais affaiblie dans le coeur des disciples de Monsieur Olier. Nous pourrions rapporter les noms de tous ceux qui ont passé leur vie à former, sous l'égide de Notre-Dame du Puy, des prêtres pour propager sa gloire, en consolidant le règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Nous nous contenterons de citer ici le nom de M. de Breton-Villiers qui fut plusieurs fois attiré dans notre ville par son amour pour la sainte Vierge plus encore que par les affaires du Séminaire. C'était toujours avec la plus grande joie que ce vénérable sulpicien se rendait au Puy où sa piété aimait tant à prier dans l'Eglise de Notre-Dame, et où il trouvait de si grands sujets d'édification, en constatant tout le bien que ses confrères faisaient dans le diocèse, sous les auspices de la reine du Mont-Anis. Il fallait le voir, pendant de longues heures, plongé en oraison dans l'angélique sanctuaire de Marie, et ne se lassant point d'épancher son âme aux pieds de la Madone. Souvent il passait des matinées entières, à jeun jusqu'à midi, et quand il sortait enfin de la Cathédrale, au lieu d'aller immédiatement prendre un peu de nourriture, il songeait d'abord, avant tout, à faire l'aumône aux pauvres. Il en réunissait quelquefois douze à quinze cents devant la porte du Grand-Séminaire, leur distribuait un petit secours à chacun, et ne consentait qu'après cela à prendre sa frugale réfection.

Après de tels exemples de piété et de dévotion, est-il étonnant que les sulpiciens, chargés au Puy de la direction du Grand-Séminaire, aient formé un clergé si dévot envers la sainte Vierge ? Est-il étonnant que cette maison bénie, où continuent encore d'enseigner les dignes enfants de Monsieur Olier, ait été la pépinière de tant de saints prêtres ? Est-il étonnant enfin que notre clergé ait fourni tant de martyrs à l'Eglise du Puy, pendant la grande Révolution française? L'honneur, après Dieu, en revient tout entier aux Messieurs de Saint-Sulpice, dont toute l'étude semble être de laisser oublier les grandes oeuvres qu'ils opèrent. Oui, si le sacerdoce est si florissant et si estimé dans ce diocèse de Marie, on le doit certainement à la pieuse direction que les jeunes clercs reçoivent au Grand-Séminaire.

Du reste, la situation, unique au monde, de cet établissement ecclésiastique se prête d'une façon admirable au développement de la piété et à l'étude des sciences sacrées. Placé aux portes de la Cathédrale, à quelques pas seulement du sanctuaire de Notre-Dame, il ne laisse pas d'être cependant dans une profonde et complète solitude. Plusieurs terrasses, couvertes de belles allées, montent, comme par différents étages, jusqu'au pied du rocher de Corneille, qui sert de piédestal à la gigantesque statue de Notre-Dame de France. De telle sorte que le regard et la protection de Marie planent sans cesse sur celte sainte maison. Puisse Notre-Dame du Puy être toujours propice à son cher Séminaire du Mont-Anis !

 

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Prière

 

Ô Marie, nous vous prions pour le clergé de ce diocèse, pour les six cents prêtres à qui vous avez confié le soin des âmes dans le Velay. Donnez-leur à tous l'esprit qui fait les vrais apôtres, l'esprit du saint curé d'Ars, l'esprit de saint François de Sales, l'esprit de saint Bernard et de saint François d'Assise, l'esprit, de saint Pierre, de saint Paul et de saint Jean, l'esprit du bon Pasteur venu en ce monde à la recherche des brebis perdues d'Israël ; sanctifiez le clergé chrétien, pour qu'à son tour, le clergé chrétien forme ici-bas des peuples vertueux et qu'il conduise l'âme des multitudes dans les chemins du Seigneur. Obtenez-lui des grâces surabondantes, en ces temps difficiles où il a tant besoin de la force d'en-Haut, pour faire entendre la parole du salut aux âmes égarées et pécheresses, si nombreuses aujourd'hui. Que vos prêtres, ô Marie, soient toujours le sel de la terre au milieu de laquelle ils vivent ! Que par leurs exemples et leurs enseignements ils soient une digue toute puissante contre le flot de plus en plus envahissant de l'erreur et de la corruption ! Que leurs lèvres distillent toujours la science des saintes Ecritures et du salut ! Que leur coeur soit toujours le refuge des pauvres et des malheureux, des faibles et des persécutés, des malades et des agonisants, des justes et des pécheurs, de tous ceux qui souffrent et de tous ceux qui pleurent ! Enfin, ô Marie, que les âmes sauvées par eux, soient un jour leur couronne de gloire en Paradis. Ainsi soit-il !

 

Notre-Dame du Puy, priez pour nous !

 

Salve Regina

 

Salut, ô Reine, Mère de miséricorde, notre vie, notre joie, notre espérance, salut !

Enfants d’Eve, de cette terre d’exil, nous crions vers vous. Vers vous nous soupirons vers vous, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes !

Ô vous notre avocate, tournez vers nous votre regard miséricordieux,

et au sortir de cet après l'exil, obtenez-nous de contempler Jésus, le fruit béni de votre sein !

O clémente, ô pieuse, ô douce Vierge Marie !

 

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu.

R. Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

 

Oraison

 

Dieu tout puissant et éternel, qui, par la coopération du Saint Esprit, avez préparé le corps et l'âme de la glorieuse Vierge Marie pour en faire une demeure digne de votre fils, accordez-nous d'être délivrés des maux présents et de la mort éternelle par l'intercession de Celle dont nous célébrons la mémoire avec joie, nous vous en supplions par le même Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.

 

 

Salve, Regina, Mater misericordiæ, vita, dulcedo et spes nostra, salve !

Ad te clamamus, exules, filii Evæ ; ad te suspiramus, gementes et flentes in hac lacrymarum valle.

Eia ergo, advocata, nostra, illos tuos misericordes occulos ad nos converte.

Et Jesum benedictum fructum ventris tui, nobis, post hoc exilium, ostende.

O clemens, o Pia, O dulcis Virgo Maria !

 

V. Ora pro nobis sancta Dei genitrix.

R. Ut digni efficiamur promissionibus Christi.

 

Oremus

 

Omnipotens sempiterne Deus, qui gloriosae Virginis Matris Mariae corpus et animam, ut dignum filii tui habitaculum, effici mereretur, Spiritu sancto cooperante, præparasti: da ut cujus commemorationo lætamur, ejus pia intercessione, ab instantibus malis, et a morte perpetua liberemur. Per enmdem Christum Dominum nostrum.

 

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