Le Mois de Saint Dominique

 

Le Couronnement de la Vierge - Louvre Collections-page-002

 

Vingt-septième jour

La maladie

 

Prélude. - Contemplons notre bienheureux père étendu sur la couche où la fièvre consume sa vie mortelle, tandis que ses regards cherchent le ciel qui s'ouvre pour recevoir cette grande âme.

 

Réflexions et traits historiques

 

Ces précieux détails sont si pieusement instructifs que, dans cette méditation comme dans les deux qui vont suivre, nous n'avons rien de mieux à faire qu'à relire, en les complétant l'un par l'autre, les récits des deux récents biographes auxquels nous avons souvent eu recours durant ce mois.

On était au plus fort des chaleurs de l'été. Un soir, à la fin du mois de juillet, Dominique entra au couvent de Saint Nicolas. Malgré la fatigue, il s'entretint jusqu'à minuit avec le prieur et le procureur ; puis, il se rendit à l'église, où il demeura en prière jusqu'à l'heure des matines, malgré les instances des deux pères, inquiets de son état. Les matines terminées, il avoua que l'ardeur de la fièvre l'empêchait de veiller debout. Malgré la souffrance cependant, il refusa de se coucher dans un lit, il se tenait tout habillé sur un sac de laine. Les progrès du mal ne lui arrachaient aucune marque d'impatience, aucune plainte, aucun gémissement ; il paraissait joyeux comme l'ordinaire. Son front était baigné de la sueur que lui causaient ses vives souffrances, mais alors même il ne voulut point s'épargner, et il commanda qu'on fit venir les novices autour de lui, pour qu'il pût leur parler ; car il sentait que c'était la dernière fois qu'il allait les voir. Pendant tout ce temps, sa patience et sa douceur ne se démentirent pas, et la pâleur de la mort, qui se répandait sur ses nobles traits, ne put point en altérer la joie un seul instant.

Les frères cependant ne désespéraient pas encore de la vie de leur père. Ils ne pouvaient croire que Dieu le ravît sitôt à l’Église et à eux. D'après le conseil des médecins et dans la pensée que le changement d'air lui serait salutaire, ils le transportèrent à Sainte Marie du Mont, église dédiée à la sainte Vierge sur une hauteur voisine de Bologne. Lui cependant, sachant bien qu'aucun secours humain ne pourrait opérer sa guérison, fit venir la communauté autour de lui. Il voulait donner à ses fils son dernier testament :

« Ayez la charité dans vos cœurs, leur dit-il, pratiquez l'humilité à l'exemple de Jésus Christ et faites votre trésor et vos richesses de la pauvreté volontaire. Vous savez que servir Dieu c'est régner, mais vous devez le servir par amour et de tout votre cœur. C'est seulement par une sainte vie et la fidélité à votre règle, que vous pourrez honorer votre profession ».

Il parlait ainsi, couché sur le plancher, tandis que les frères pleuraient autour de lui. La maladie, rebelle à tous les remèdes et à tous les vœux, ne fit qu'empirer. Dominique, se croyant près de mourir, appela de nouveau les frères auprès de lui. Ils vinrent au nombre de vingt avec leur prieur Ventura, et se rangèrent autour du malade gisant devant eux. Il leur adressa un discours, dont les historiens disent que jamais paroles plus touchantes n'étaient sorties de son cœur. « Il ne poussa pas un gémissement, dit Ventura dans sa déposition, je ne l'entendis jamais prononcer des paroles si excellentes et si pleines d'édification ».

Il reçut ensuite le Sacrement de l'Extrême Onction. Puis, ayant su de frère Ventura que le religieux préposé à la garde de l'église de Sainte Marie du Mont se promettait d'y garder son corps et de l'y ensevelir, il dit : « À Dieu ne plaise que je sois enseveli ailleurs que sous les pieds de mes frères ! Portez-moi dehors, dans cette vigne, afin que j'y meure, et que vous me donniez la sépulture dans notre église ».

Les frères craignaient de le voir expirer pendant la route, ils obéirent à ses ordres, et le reportèrent en pleurant à Saint Nicolas, à travers les champs et les vignes, enveloppé dans une couverture déchirée. Comme il n'avait pas de cellule à lui au couvent, on le déposa dans celle du frère Monéta. On voulut le changer de vêtements ; mais il n'en avait pas d'autres que ceux qu'il portait sur lui, et Monéta donna une de ses tuniques pour le couvrir.

Après être resté paisible environ une heure, il appela auprès de lui le prieur et lui dit : « Préparez-vous », voulant parler de la recommandation de l'âme. Mais, comme ils allaient commencer, il ajouta : « Vous pouvez attendre un peu », et ce fut peut-être en ce moment que, selon la révélation faite à sainte Brigitte, la mère de Dieu, envers laquelle il s'était montré un si loyal et si affectionné serviteur, lui apparut et lui promit de ne jamais retirer à son Ordre son patronage et sa protection.

 

Pratique : Demander à Dieu la grâce de la bonne mort par l'intercession de saint Dominique et invoquer souvent le nom de ce bienheureux père dans la maladie.

Invocation : Saint Dominique, afin qu'à notre mort nous soyons reçus avec vous dans le ciel, priez pour nous.

 

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