Le Mois de Sainte Philomène

 

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Quinzième jour

 

Sainte Philomène délivre un condamné à la mort

 

Si nous sommes délaissés, confions-nous en la Providence et prions sainte Philomène de nous aider.

C’est toujours quand les causes semblent le plus désespérées que le secours divin est plus près de nous. Voyons-en la preuve dans le trait suivant, qui montre qu’il n’y a point de malheur dans la vie auquel sainte Philomène ne puisse remédier, si on la prie avec toute la foi et la confiance possible.

C’est la délivrance d’un homme condamné à mort.

Il s’appelait Pellegrino Ruocco. La cour spéciale d’Avellino, dont les jugements sont sans appel, venait de lui appliquer cette peine, on ne dit pas pour quel crime, et deux autres coupables la partageaient avec lui La sentence leur ayant été intimée, on ne songea plus qu’à les disposer à bien mourir. Elle devait s’exécuter le lendemain, 19 août 1832.

Ce misérable avait dans la ville une tante qui lui portait une grande affection. La funeste nouvelle lui parvient presque aussitôt ; et sur-le-champ, de compagnie avec quelques autres personnes pieuses, elle se rend à l’église, et y fait de ferventes prières pour son malheureux neveu.

On y célébrait un triduum solennel en l’honneur de la sainte Martyre. Après avoir imploré le secours de la reine des Vierges, ces femmes, pleines de foi, se dirigent vers l’autel de sainte Philomène, et lui demandent à grands cris, au milieu d’un torrent de pleurs, qu’elle veuille s’intéresser pour la grâce du condamné.

La foule qui se trouvait là pour rendre ses hommages à la Sainte, ne put, en les entendant, se défendre de les désapprouver. Comment, se disait-on, demander la grâce d’un criminel, après que la sentence a été portée? Ne valait-il pas mieux la prévenir ? Eh ! quel moyen maintenant d’obtenir cette grâce ?

Ainsi raisonnait le peuple ; la bonne tante pensait bien différemment. Persuadée qu’au Seigneur et à ses Saints il n’est rien d’impossible, elle rentre dans son logis, et prosternée devant une image de sainte Philomène, elle persiste à demander avec foi la grâce du malheureux.

Il lui semblait alors entendre une voix intérieure qui lui disait avec clarté : « Va, pars pour Naples; jette-toi aux pieds du Roi, et la grâce te sera accordée ».

Comme elle ne savait pas d’où pouvait lui venir cette invitation, elle poursuivit sa prière. Plus elle priait, plus cette voix se faisait entendre. Mais, lorsqu’elle commençait à y voir quelque chose de surnaturel, une difficulté l’arrêtait ; il lui paraissait que jamais elle ne viendrait à bout d’une pareille entreprise. La lumière divine l’emporte ; le voyage est décidé.

Elle part d’Avellino, vers les six heures trois quarts du même jour. Après avoir couru trente milles, elle arrive dans la capitale, vers le milieu de la nuit. Cette nuit-là même, son neveu, qui ne pouvait savoir les projets qu’elle avait formés, se recommandait vivement à la sainte Martyre. S’étant assoupi, il crut la voir et lui entendre proférer ces mots : « Ne crains pas ; sois content ; lors même que tu serais tout auprès de la potence, je saurai bien t’arracher aux mains de tes bourreaux ».

Il s’éveille, et sur-le-champ il fait part à ses compagnons de ce songe favorable. Le lendemain, il le racontait à ceux qui venaient le voir. La joie qui animait alors son visage décelait ce qui se passait dans son cœur. Il était inébranlable dans sa confiance.

La tante se trouvait néanmoins dans un grand embarras, La supplique était faite, l’audience obtenue, mais le Roi n’était visible qu'à deux heures environ de l’après midi, et la sentence devait s’exécuter à Avellino, le même jour, à cinq heures.

N’importe ; Dieu peut tout. Déjà, contre toute espérance humaine, la grâce est accordée. Les légalités vont se remplir ; et s’il faut un miracle pour que la grâce arrive avant l’exécution, sainte Philomène est là pour l’opérer.

Il est impossible de ne pas remarquer ici l’attention de Dieu à rehausser la gloire de sa servante. Il permit de nouvelles et de presque insurmontables difficultés. Car, au lieu d’expédier sur-le-champ les lettres de grâce, on laissa s’écouler encore deux mortelles heures. Quatre heures sonnaient (il n’en restait donc plus qu’une seule avant l’exécution), quand le Roi se souvient du par­ don accordé, des lettres qui n’ont pas été expédiées.

Nouvel embarras pour lui. Il fait chercher la supplique ; on ne peut la trouver. Il veut du moins se rappeler les noms des trois coupables. Car la grâce avait été sollicitée et obtenue pour tous les trois également. Mais, quoi qu’il fasse, le nom d’un seul vient se retracer à sa mémoire, celui de Pellegrino Ruocco.

Sur-le-champ, sans autre formalité, il ordonne à l’un de ses officiers de porter au télégraphe l’expression de sa volonté royale ; et l’oubli des noms amenant celui des personnes, Pellegrino Ruocco est le seul aussi dont il se souvienne de prononcer la grâce. Il était temps qu’elle arrivât.

Déjà, dans Avellino, tout était en mouvement pour l’exécution de la sentence. Les criminels, tirés de la prison, s’avançaient vers le lieu du supplice. Ils y arrivaient.

Au même instant, la dépêche télégraphique paraît. C’est un ordre du Roi; mais l’expression n’en est pas claire. Elle porte un seul mot : « Que l’on suspende ». Le directeur de l’observatoire flotte irrésolu. Cependant, s’il s’agit des condamnés, il n’y a pas de moments à perdre. Il laisse un suppléant ; il arrive sur la place, et de par le Roi, il commande un sursis.

La chose était si extraordinaire, que l’officier de justice eut toutes les peines du monde à se rendre à cet avis. L’on était encore à discuter avec chaleur, quand le suppléant accourt, et apporte en termes clairs et précis la grâce tout entière. Pellegrino est pardonné.

Seul, il avait intéressé en sa faveur la puissante sainte Philomène.

Le malheureux se trouvait déjà sur l’échelle ; on lui apprend son bonheur ; et il tombe, accablé sous le poids de sa joie. Il revient peu après à lui-même ; la liberté, l’honneur, la vie lui sont rendus ; il doit tout à son admirable Protectrice. Dieu ! que ne peut votre bonté ! Et nous, chrétiens, que ne peut aussi la foi qui nous a été donnée !

 

Pratique : Comme nous sommes tous condamnés par la divine justice à la mort temporelle, et que nous devons tous prier les uns pour les autres, nous ne saurions mieux exercer notre zèle qu’en suppliant sainte Philomène de protéger tout particulièrement les pauvres agonisants qui expirent à chaque moment !

 

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