Le Mois de Sainte Philomène

 

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Vingt-et-unième jour

 

Sainte Philomène raccommode sa cloche de Mugnano

 

Le lecteur ne lira pas sans intérêt le prodige que la Sainte a opéré sur la grande cloche de l’église de Notre-Dame des Grâces où est son corps, à Mugnano. Il verra dans ce trait avec quelle tendresse cette bonne Sainte satisfait les désirs louables de ses dévots.

La grande cloche de cette église venait de se fendre, et l’on songeait à lui en substituer un autre.

Le bon peuple de Mugnano, toujours, plein de zèle pour l’honneur de sainte Philomène, n’épargna rien pour que la nouvelle cloche répondît à ses pieuses intentions.

On fit venir les plus habiles ouvriers. Les plus vives recommandations leur furent adressées. On pria le ciel de bénir leur travail. À cette fin et pour intéresser la Sainte, on voulut que son image se trouvât sur l’airain destiné particulièrement à son culte. L’ouvrage se fit au mois de mai 1831.

Lorsqu’il fut achevé et le métal refroidi, on s’empresse de le découvrir, et la première chose qui vient frapper les regards fut une imperfection assez notable, qui rendait le travail complètement inutile.

Faute de matière, une partie des pièces qui servent à enchaîner et à retenir dans le bois cette lourde masse manquait totalement.

Une seconde fonte devenait nécessaire, de là de nouveaux frais, auxquels la pauvreté de ce peuple n’aurait pu suffire. On se prit donc à murmurer, à se plaindre, à menacer, comme il est d’usage dans ces occasions.

Quel dommage ! une si belle cloche !

L’image de la Sainte était si bien venue ! « Mais comment donc, disaient ceux-ci, sainte Philomène n’a-t-elle pas empêché le malheureux accident ». « Eh ! c’est, répondaient ceux-là, pour avoir occasion de faire un nouveau miracle ».

D’autres allaient encore plus loin, ils disaient : « Il faut prier la Sainte de suppléer à ce qui manque ». Devant son autel même, on les entendait proférer ces mots : « Où est donc votre honneur ? Quoi ! la cloche porte votre image, et vous n’en faites pas de cas ! que va-t-on dire désormais de vous ! qu’en sera-t-il de votre nom et de votre gloire ? »

Il y en avait aussi dont le zèle moins éclairé s’en prenait aux ouvriers, en les accusant hautement d’avoir trahi la confiance et les intérêts du peuple. « C’est, leur disaient-ils, pour gagner davantage, en faisant un double travail, que vous nous avez joués de la sorte. Si vous craigniez de ne pas réussir, que ne le disiez-vous ? Pourquoi tant de belles protestations ? et où viennent enfin aboutir ces magnifiques conditions dont, après tout, nous devons être seuls la victime ? »

À ces reproches venaient se joindre les paroles les plus menaçantes, au point que les ouvriers, n’osant pas se montrer en public, crainte de quelque grave insulte, attendaient la nuit avec impatience pour se retirer dans leur pays.

Le reproche qu’on leur adressait n’avait assurément aucun fondement solide. Ces ouvriers avaient de la probité et de la religion. Leur habileté était connue. Mais ne faut-il pas que tout homme suive Jésus-Christ en portant sa croix ? Ils cherchèrent sagement à rendre la leur plus douce, en recourant à la consolatrice des affligés, et en la suppliant de venir à leur secours, par l’intercession et les mérites de sainte Philomène.

Le directeur de l’entreprise surtout, vu qu’il était le plus intéressé et le plus lésé dans cette affaire, priait avec toute la ferveur dont il était capable, et il sentait je ne sais quelle confiance naître dans son cœur. C’était comme l’aurore d’une grande grâce.

Vers la quatrième heure de la nuit, certaine rumeur se fait entendre tout auprès du lieu où nos ouvriers étaient réunis. Ils sont d’autant plus étonnés, qu’il règne partout un grand silence. L’effroi s’empare d’eux. Leur imagination s’échauffant, ils se croient à deux doigts de la mort. Ils se persuadent que, dans un instant, une grêle de pierres va les faire tomber sous les coups de la fureur populaire.

Le directeur seul ne pouvait se rendre à cette pensée. Son cœur semblait lui dire : « Imagination que tout cela ! Va, la grâce est faite, la cloche réparée. Sors, tu le verras de tes yeux ».

Ses compagnons, dont la confiance paraissait mal fondée, jugeaient qu’il valait mieux recommander cette affaire à Dieu.

« Au surplus, lui répondirent-ils, vous pouvez aller voir ce qui en est ; nous serions trop heureux que la bienheureuse Vierge et sainte Philomène nous eussent obtenu cette grâce ». Il va donc, personne ne s’offre à lui sur son passage.

Il arrive, il regarde. « Non, ce n’est point une erreur ; voici les pièces qui manquaient, je les vois, je les touche. Ô Dieu! ô sainte Philomène! »

Et il court, transporté de joie, vers ses compagnons ; ils reviennent ensemble, ils donnent à Dieu et à la Sainte mille bénédictions ; le miracle en un moment a porté l’éveil dans toutes les demeurés ; on accourt, on veut voir, on veut toucher, on veut entendre. Rien de plus certain, de plus admirable, de plus inouï ; ce n’est sur tous les points, dans tous les cœurs, sur toutes les lèvres, qu’un concert spontané de louanges et d’actions de grâce, dont le Seigneur, sa sainte Mère et sainte Philomène sont l’objet.

Une circonstance singulière accompagna ce prodige.

On trouva au-dessus de ces crampons ou anneaux, miraculeusement ajoutés à la cloche, un bloc de mâchefer, du poids d’environ trois livres, comme en signe peut-être de ce qui venait d’être opéré ; et tous, comprenant cet insensible langage, s’unirent le lendemain au clergé de l’endroit, pour transporter dans l’église ce monument sacré de la bonté de Dieu.

En le regardant, ils louaient la céleste puissance ; et leur dévotion à sainte Philomène y trouvait un délicieux aliment.

 

Pratique : Rappelons souvent à notre esprit que ce que nous ferons pour honorer et faire honorer sainte Philomène, tournera réellement à notre avantage. Sainte Philomène, qui est si bonne, aura soin de nos intérêts si nous prenons à cœur les siens !

 

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