Le Mois de Sainte Philomène

 

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Vingtième jour

 

Sainte Philomène aime qu’on propage son culte et sa dévotion

 

Sainte Philomène est si désireuse de nous faire du bien, qu’il lui est arrivé de châtier ceux qui refusaient d’employer les moyens à leur disposition, et les talents qu’ils possédaient pour accroître sa dévotion et l’étendre davantage. On conçoit en effet que c’est là une ingratitude inexcusable et que la pureté du motif peut seulement faire excuser. Les châtiments exercés de la sorte par sainte Philomène doivent être mis au rang de ses plus riches grâces, et reçus avec une considération toute particulière. Ainsi l’a compris l’archidiacre d’Ascoli dont nous allons parler.

Une dame, dit ce respectable ecclésiastique, m’envoya de Teramo, une relique de sainte Philomène, en me priant de concourir à propager son culte. La chose n’était pas difficile. La place que j’occupe, les rapports intimes qu’elle établit entre Mgr l’Evêque et moi, me promettaient un plein succès. Mais me persuadant qu’il y avait plus de zèle naturel que de vraie dévotion dans les instances que cette dame me faisait, je résolus de tenir la relique enfermée ; j’allai même jusqu’à la refuser à Mgr, qui me témoigna le désir de l’avoir pour une fête solennelle en l’honneur de la Sainte.

On parla beaucoup de ce refus ; on me fit craindre quelque châtiment de la part de la Thaumaturge. Mais je répondais avec assurance que, si telle était la volonté de Dieu, il me donnerait bien aussi à moi, comme à tant d’autres, des signes de son bon plaisir. Que pour les châtiments dont j’étais menacé, mon cœur n’avait aucune crainte, vu les heureux résultats dont les opérations de Dieu et de ses Saints ont coutume d’être accompagnées. Sainte Philomène me comprit ; et le 3 mai (1833), vers le milieu du jour, elle me donna ce signe et m’envoya un châtiment, qui me causa une bien grande amertume.

J’étais dans mon cabinet à faire une lecture sérieuse, quand tout à coup mes yeux s’obscurcissant, je passai du grand jour aux plus épaisses ténèbres. Tous les objets disparurent à mes regards. Ce n’était point un éblouissement ; rien en moi, ni autour de moi, n’annonçait l’effet d’une cause physique ou naturelle ; c’était quelque chose de plus, et qui tenait du surnaturel.

La première pensée qui me vint alors fut celle de sainte Philomène, de la relique obstinément refusée, du châtiment dont j’avais été menacé. Un mouvement soudain suivit cette pensée. Ma main cherche le reliquaire ; je le trouve, et, me levant, je me dirige, consterné, vers mon oratoire, où j’adresse à la sainte Martyre une prière aussi fervente que possible, et telle que pouvait me l’inspirer mon extrême affliction.

Ma cécité durait toujours ; et accablé par la pensée que ce serait peut-être un mal sans remède, je suspens ma prière, et vais chercher ailleurs quelque consolation à ma douleur. Je me disais alors : « Mais si telle est la volonté de Dieu, ne faut-il pas que je m’y résigne ? Ne dois-je pas même en être content ?... Content ? me répondait mon cœur, plongé dans une amère tristesse ; peut-il donc y avoir encore de la joie pour une créature assise dans les ténèbres, et pour laquelle brille en vain la lumière du ciel ?... »

Une demi-heure et plus se passa dans ces agitations ; ne pouvant les calmer, je retourne dans mon oratoire, et me remets à prier la Sainte, avec la con­ fiance d’en être exaucé. Puis, prenant la relique pour me bénir avec elle, à l’instant même l’obscurité se dissipe, je lis l’inscription du reliquaire, je vois, je distingue tous les objets dont je suis environné. Qui pourrait dire la joie, la reconnaissance, la tendresse, tous les sentiments qui se pressèrent alors en foule dans mon pauvre cœur ? Oh ! avec quels transports je baisai les restes sacrés de ma généreuse bienfaitrice! avec quelles expressions je la remerciai, je la bénis !

Sans différer plus longtemps, je cours auprès de Monseigneur et lui déclare tout ce qui vient de se passer. Il se tait ; mais sur-le-champ il fait dresser un acte en forme de l’événement prodigieux et de ces circonstances... et j’ai la consolation de voir qu’à mon occasion le culte public de la Sainte a pris naissance dans Ascoli, c’est moi qui suis chargé d’en être le premier promoteur, un triduum solennel se fera par mes soins dans l’église d’un monastère ; telle est la volonté, l’ordre exprès de Monseigneur.

Le triduum se fit en effet avec un grand concours de peuple et un pompeux appareil. Mgr l’évêque Zelli voulut être présent à tous les exercices ; le panégyrique de la Sainte fut fait par un célèbre prédicateur ; et depuis ce moment jusqu’à présent (1er juillet 1833), la dévotion et le concours des fidèles ne se sont point affaiblis : de continuelles grâces du ciel en sont la récompense...

Ascoli, dans la marche d’Ancône ; 1er juillet 1833. Signé : Louis Borri, archidiacre.

 

Pratique : Ne reculons jamais devant un petit sacrifice, lorsqu’il s’agit de rendre plus vivant et plus solennel le culte si doux de sainte Philomène. Elle saura nous en ré­compenser.

 

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