12 octobre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

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 Vingt-sixième jour

8e jour de la seconde neuvaine en l’honneur de Saint Vincent de Paul

13 octobre

 

La journée de Saint Vincent de Paul (suite)

 

Prélude. - Suivons notre admirable saint au réfectoire et considérons son esprit de renonce ment et de mortification, jusqu'au milieu d'une action si matérielle et si animale.

 

Récit. - Il rentre enfin. Il salue aussitôt la sainte Vierge et l'ange gardien, comme il a fait en sortant, comme il fait toujours et comme il prescrit de faire à l'entrée et au sortir d'une chambre, comme en sortant encore, il va adorer le Saint-Sacrement qu'il appelle le Maître de la maison.

Il est bien tard quelquefois, et néanmoins il s'oublie plusieurs heures. Il finit par se rendre au réfectoire.

Si la communauté s'y trouve, il s'assied où il se rencontre, le plus souvent à la dernière place, même après les frères. Pas plus de distinction entre lui et les siens pour la nourriture que pour la place, jusque dans les infirmités d'une extrême vieillesse. Si le repas commun est achevé, sa mortification s'en réjouit, car il n'aura plus que les restes. Si tout est desservi, il ne demande rien et se contente d'un peu de pain. Pour du vin, il n'en ré clame jamais et ne boit que de l'eau pure.

Ce repas si sobre, achevé en un instant, est pourtant son premier et sera souvent son unique repas de la journée, car il est rentré fort tard, et, suivant sa coutume, il n'a rien pris le matin.

Ce n'est pas assez pour sa mortification d'une nourriture mauvaise et prise en trop petite quantité ; il tient encore en réserve des poudres amères qu'il y mêle pour la rendre plus désagréable au goût.

La nature quelquefois succombe, et la nuit il lui faut porter dans une défaillance un morceau de pain sec, seul confort qu'il veuille accepter.

Voilà le repas destiné à réparer les forces perdues dans une longue journée de travail, et encore il se le reproche, et chaque soir, s'asseyant devant sa maigre pitance, il se dit : « Ah ! misérable, tu n'as pas gagné le pain que tu manges ! »

C'est un jeûne continuel. Néanmoins, il en fait un plus rigoureux deux fois par semaine et tous les jours ordonnés par l’Église. À plus de 80 ans, il se contenta des salines servies à la communauté. Le soir un peu de pain, une pomme et de l'eau rougie fait toute sa collation. Il s'en abstient même, quand il arrive un peu tard de la ville : alors, sans manger, il se retire dans sa chambre, ou se rend à l'église | pour présider une conférence spirituelle.

 

Pratique. - S'imposer toujours quelque mortification dans les repas.

 

Invocation. - Saint Vincent, qui avez été si mortifié, enseignez-moi à réduire mon corps en servitude.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Plusieurs se contentent des doux entretiens qu'ils ont avec Dieu dans l'oraison ; mais, est-il question de se mortifier, de supporter patiemment les maladies, les humiliations, ou autres disgrâces, le courage leur manque. Cependant, ne nous y trompons pas ; l'Apôtre nous déclare qu'il n'y a que nos œuvres qui nous accompagnent en l'autre vie.

Parmi les différents moyens que nous avons pour plaire à Dieu dans tout ce que nous faisons, un des plus efficaces, c'est de faire chacune de nos actions comme si ce devait être la dernière de notre vie. À chaque démarche que nous avons à faire, disons-nous à nous mêmes : « Si tu savais devoir mourir après cette action, la ferais tu ?... la ferais-tu de la manière que tu vas la faire ? »

La perfection consiste à se renoncer à soi-même, à porter sa croix, à suivre Jésus-Christ ; or, celui qui se renonce davantage, qui porte mieux sa croix, qui suit de plus près Jésus-Christ, c'est celui qui ne fait jamais sa propre volonté, mais toujours celle de Dieu.

Celui qui veut avancer à grands pas dans la vertu, doit réprimer fortement ses propres inclinations. On n'a qu'une vertu imaginaire, lorsque, dans les occasions, on ne fait pas les sacrifices qu'exige la vertu véritable.

La pauvreté volontaire et effective nous fait tourner vers Dieu et recourir à lui, tandis que l'abondance nous le fait souvent oublier.

Celui à qui Dieu confie le soin d'assister les pauvres, ne doit pas éprouver moins de plaisir en leur procurant des secours, que n'en éprouve un père tendre lors qu'il présente quelque soulagement à ses enfants.

Celui qui aura aimé les pauvres pendant sa vie, verra sans effroi approcher le moment de sa mort.

 

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11 octobre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Vingt-cinquième jour

7e jour de la seconde neuvaine en l’honneur de Saint Vincent de Paul

12 octobre

 

La journée de Saint Vincent de Paul (suite)

 

Prélude. - Suivons notre saint dans les rues de la capitale, où sa démarche modeste édifie tous les passants.

 

Récit. - Ce n'est pas assez de ses occupations à domicile. Tous les jours, deux fois par jour souvent, le saint prêtre sort et parcourt tous les quartiers de Paris, où l'on réclame sa présence où il a à visiter quelqu'un de ses établissements charitables. Il va à la cour pour assister à une séance, du conseil, ou solliciter la charité de la reine, ou s'entremettre dans les querelles des partis ; trois fois la semaine, il préside l'assemblée des Dames de la Charité et des Seigneurs ; souvent, il est appelé en d'autres assemblées particulières, soit de prélats, soit de docteurs, soit de supérieurs de communautés ou enfin de personnes de condition. De là, il se rend dans un monastère ou dans une famille, pour y rétablir l'ordre et la paix ; il va encourager une Conférence de la Charité, consoler les prisonniers et les forçats, visiter les malades à domicile et dans les hôpitaux, réjouir les vieillards du nom de Jésus, bégayer avec les petits Enfants-Trouvés.

Dans le passage d'un lieu à l'autre, il emploie soigneusement son temps. Il prie, combine une œuvre, prépare une instruction, quelquefois même en voiture, il écrit une lettre.

Jusque dans le tumulte de la rue, de la cour et des assemblées, il ne perd pas de vue la présence de Dieu. Il y songe au moins quatre fois par heure. L'horloge sonne : il se découvre, fait le signe de la croix et lève ses yeux au ciel. Ordinairement, il les tient baissés, et même fermés, lorsqu'il est en carrosse, et ne les ouvre que sur le crucifix du chapelet qu'il porte toujours à sa ceinture. Pour ne rien voir, n'être vu de personne, et se pouvoir entretenir avec Dieu, il tire presque toujours le rideau de la voiture. Sans doute la vue des créatures, bien loin de le distraire, le porte à leur auteur, néanmoins, c'est en se privant de l'aspect des objets agréables et en mortifiant ses sens, qu'il honore Dieu, et se tient uni à lui. Malgré son impressionnabilité aux températures extrêmes, il ne se garantit ni contre le froid, ni contre le chaud ; pas même de gants en hiver, et ses mains sont enflées et gercées comme ses jambes.

S'il marche à pied dans les rues, il observe le même recueillement et les mêmes pratiques. En passant devant une église, il y entre et s'y prosterne, le visage contre terre. Quand l'Angélus sonne, au milieu de la foule comme à la cour, il se découvre, tombe à genoux et le récite. Il ne voit personne, bien que tous le regardent et l'admirent. Les enfants eux-mêmes se le montrent et se disent : « Voilà le saint qui passe ! »

 

Pratique. - Se rappeler souvent le souvenir de la présence de Dieu.

 

Invocation. - Saint Vincent, recueilli au milieu du monde, conservez moi l'esprit de solitude intérieure.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Les vérités éternelles sont capables de remplir le cœur et de nous conduire par une voie sûre. Il suffit donc de faire usage de ces moyens tout divins pour arriver en peu de temps à la perfection.

Celui qui ne se tient pas uni à Dieu par l'exercice de sa sainte présence, ne peut réussir dans ce qu'il entreprend pour sa gloire.

On doit s'appliquer dans l'oraison à combattre spécialement la passion ou la mauvaise inclination qui domine en nous. On doit la mortifier avec une attention continuelle, parce que, dès qu'elle sera détruite, on obtiendra aisément la victoire sur toutes les autres.

Quand on veille sur soi, l'attention à la présence de Dieu se change peu à peu en habitude. J'ai connu une personne qui se reprochait d'avoir été trois fois le jour distraite de la présence de Dieu. Ces gens-là seront nos juges, et nous condamneront devant la Majesté divine de l'oubli que nous avons pour Elle.

Pour s'établir solidement dans une vertu, il est nécessaire de prendre de bonnes résolutions, des résolutions pratiques sur les actes particuliers de cette vertu. Il faut de plus être fidèle à les exécuter ; sans cela, malgré la facilité et le goût qu'on trouve dans la méditation, on n'est pas vrai ment vertueux, on ne l'est qu'en imagination.

Celui qui sait bien pratiquer l'exercice de la présence de Dieu et qui est fidèle à suivre l'attrait de cette divine vertu, arrivera bientôt à un très-haut degré de sainteté.

Nous devons honorer Dieu en ses saints, et le supplier qu'il nous rende participants des grâces qu'il a si abondamment versées dans leurs âmes.

 

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10 octobre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Vingt-quatrième jour

6e jour de la seconde neuvaine en l’honneur de Saint Vincent de Paul

11 octobre

 

La journée de saint Vincent de Paul (suite)

 

Prélude. - Contemplons notre saint apportant à ses occupations l'esprit intérieur dont les pieux débuts de sa journée l'ont animé.

 

Récit. - Ce qu'il se montre dans les offices publics, Vincent l'est encore, sous l'œil de Dieu, dans la récitation privée de son bréviaire. Il le récite toujours tête nue ; à genoux aussi et tête nue, il fait sa lecture quotidienne du Nouveau-Testament.

Après plus de trois heures consacrées ainsi le matin à la prière, même pendant les hivers les plus rigoureux, toujours à genoux sur le pavé de l'église, sans permettre jamais qu'on recouvre sa place d'une simple natte, il rentre dans sa chambre. Chambre plus que modeste, petite, pauvre, nue. Des murs blanchis à la chaux, un pavé sans natte ; pour tous meubles, une table de bois sans tapis, deux chaises de paille et un méchant lit ; pour tout ornement, un crucifix de bois et une image de papier collée au mur. Ni feu, ni même de cheminée, et cela jusqu'à l'âge de plus de quatre-vingts ans, que ses disciples le forceront à prendre une autre chambre, parce qu'il a besoin d'un peu de feu pour panser ses ulcères. Mais, comme il s'en humiliera ! Comme il accusera ses péchés de l'avoir réduit à une telle misère, qu'il traitera de scandaleuse ! De quelle parcimonie il se montrera dans l'usage du bois, qu'il appelle comme tout le reste, le bien des pauvres !

Le voilà tout entier aux visites et aux affaires. Leur diversité et leur multitude ne lui ôtent rien de son calme, de son égalité ni de son recueillement. Il reçoit avec bonté et il écoute avec son attention ordinaire toutes sortes de personnes du dedans et du dehors. Il ne les interrompt jamais, et encore, avant de prendre lui même la parole, il met toujours, entre la demande et la réponse, un intervalle de quelque instant pour réfléchir et consulter Dieu.

Saint-Lazare est sa maison de consultation universelle, où se rendent, de Paris et des provinces, tous ceux qui ont besoin de conseils pour leur personne ou pour leurs entreprises. Rien ne se fait, pour la religion ou pour la charité, sans l'avis de Vincent, et sans la coopération du moins de ses prières.

 

Pratique. - Avoir toujours soin d'animer d esprit intérieur toutes ses œuvres, même les plus absorbantes et les plus dissipantes.

 

Invocation. - Saint Vincent, modèle de la vie intérieure, apprenez-moi à demeurer recueilli au milieu du monde.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

On doit, dans la méditation, prendre toujours des résolutions particulières, et chercher les moyens de déraciner ses mauvaises habitudes et de conformer sa vie à celle de Jésus-Christ, attendu que le fruit principal de l'oraison ne consiste pas en des pensées sublimes, en des sentiments affectueux, mais dans l'acquisition des vertus et dans la pratique des bonnes œuvres.

La perfection de l'oraison, ainsi que notre perfection intérieure, ne consiste pas dans une oraison plus ou moins sublime, mais dans la charité.

Oh ! qu'il faut peu de chose pour être saint ! Il suffit de faire en tout la volonté de Dieu.

Si l'orgueil nous sollicite de nous élever, nous devons nous abaisser ; s'il nous donne des pensées d'estime de nous-mêmes, nous devons penser à notre faiblesse et à notre incapacité ; s'il nous incite à nous faire connaître, nous devons nous abstenir de tout ce qui pourrait nous faire remarquer, et préférer les œuvres bas ses et viles à celles qui seraient grandes et honorables.

Celui qui s'humilie profondément, devient juste, de pécheur qu'il était. Au contraire un homme de mœurs angéliques, et qui serait orné des plus rares ver tus, et qui les posséderait dans le degré le plus éminent, s'il n'a pas l'humilité, devient semblable à un reprouvé, parce que toutes les vertus qu'il possède manquent de fondement et ne peuvent subsister.

Si l'on ordonne quelque chose à des âmes humbles, elles s'appliquent de bon cœur à exécuter ce qui leur est commandé, quelques difficultés qu'elles y trouvent, se confiant pleinement en la force de l'obéissance. Si elles sont assaillies de tentations, elles s'affermissent encore davantage dans l'humilité ; et ainsi les attaques mêmes du démon les font triompher de l'orgueil, le dernier ennemi qui leur reste à combattre.

Il n'y a que ceux qui ont une humilité profonde et un sincère mépris d'eux-mêmes qui puis sent être propres aux œuvres de Dieu.

Celui qui a une véritable humilité, se regarde comme le plus imparfait de tous. Il se juge coupable ; il attribue à un secret aveuglement de ne pas apercevoir en lui des défauts que tout le monde y voit.

 

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08 octobre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Vingt-deuxième jour

4e jour de la seconde neuvaine en l’honneur de Saint Vincent de Paul

9 octobre

 

La journée de saint Vincent de Paul (suite)

 

Prélude. - Suivons notre saint dès le début de sa journée et contemplons-le abîmé dans une fervente oraison.

 

Récit. - L'oraison du matin, il y porte tous ceux sur lesquels il exerce quelque action ; il veut qu'on y forme les ordinands et les exercisants, et qu'on leur en fasse emporter la résolution et la pratique comme le fruit le plus précieux de leur retraite. Lui même, il y engage les ecclésiastiques de la conférence et même les dames de son assemblée.

Mais, il ne cesse d'y exhorter, par-dessus tous les autres, ses missionnaires, dans leur intérêt et dans celui du prochain. Il n'en exempte même pas les infirmes qu'il engage à la pratiquer moins par une application impossible de l’entendement, que par les affections de la volonté, par des actes réitérés de résignation, de contrition, de patience, de confiance, de persévérance et d'amour.

Il l'exige, et d'une heure entière, les jours de repos comme les jours de travail, dans la multiplicité des occupations comme dans le train ordinaire de la vie. Il la recommande particulière ment aux prédicateurs, aux catéchistes et aux directeurs des âmes.

C'est le matin, au sortir de sa propre oraison, que Vincent donne ces conseils et ces enseignements à ses missionnaires. Au moins deux fois la semaine, il leur fait rendre compte des bonnes pensées et des bons sentiments que Dieu leur y a don nés à eux-mêmes. Il les interroge tour à tour, même les frères ; c'est une mutuelle et commune édification ; c'est aussi une école, une leçon pratique, où les nouveaux venus et les inexpérimentés se façonnent au grand art de l'oraison. Pour lui, « cette a répétition de l'oraison » l'édifie et le charme. Hors de sa communauté, en voyage, il la pratique encore. Voyage-t-il avec des séculiers, il leur fait trouver bon non-seulement qu'on emploie tous les matins quelque temps à l'oraison, mais aussi qu'on s'entretienne ensuite des communications que l'esprit de Dieu a faites à chacun.

 

Pratique. - Renouveler la résolution de ne jamais passer un jour de sa vie sans faire oraison.

 

Invocation. - Saint Vincent, qui avez tant aimé l'oraison, apprenez-nous la pratique de la méditation quotidienne.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Il est nécessaire, pendant l'oraison, d'élever son esprit à Dieu et de se tenir dans une humble vue de son néant, attendant le moment où Dieu daignera parler à notre cœur et nous dire quelques paroles de la vie éternelle, parce qu'une de ces paroles fera plus d'effet en nous que mille raisonnements, mille pensées de notre esprit. Il n'y a que ce qui vient de Dieu, que ce que Dieu même nous inspire, qui puisse être vraiment profitable à notre coeur.

L'état de celui qui souffre pour Dieu est très heureux et très agréable à la divine Majesté, puis que le fils de Dieu Lui-même a bien voulu couronner les actions héroïques de sa vie, par des douleurs si excessives, qu'elles Lui causèrent la mort.

Nous ne devons voir que Dieu seul dans tous les hommes, et honorer en eux les perfections divines : cette pensée nous pénétrera d'amour et de respect pour tous ceux avec qui nous nous trouverons.

Nous devons tout faire pour Dieu, sans chercher l'estime des hommes et sans compter sur leur approbation.

L'homme n'est jamais plus riche que lorsqu'il est semblable à Jésus-Christ.

On ne doit pas juger des choses par leur extérieur ou leur apparence, mais par ce qu'elles sont aux yeux de Dieu, et selon le bon plaisir de Dieu.

Il ne suffit pas de faire de bon mes œuvres, il faut les bien faire, à l'imitation de Notre-Seigneur Jésus-Christ, dont il est écrit qu'Il a bien fait toutes choses Nous devons donc nous appliquer à faire toutes nos actions dans l'esprit de Jésus-Christ, c'est-à-dire de la manière dont ce Dieu Sauveur agissait avec la perfection et pour les fins qu'Il se proposait dans toutes ses actions : sinon, nos bonnes œuvres elles-mêmes nous attireront plutôt des châtiments, qu'elles ne mériteront des récompenses.

Ceux qui sont animés d'une charité véritable, ne peuvent s'empêcher de la laisser paraître au dehors , et pour l'ordinaire, les démarches extérieures sont des preuves des dispositions intérieures d'une âme.

On enchaîne agréablement et on gagne les cœurs des hommes en traitant avec eux d'une manière humble et pleine de douceur.

Un homme d'oraison est capable de tout ; il peut dire hardiment avec l'Apôtre : « Je puis tout en Celui qui me fortifie ».

Lorsqu'on a à traiter avec d'autres de choses spirituelles, on doit commencer à s'en occuper avec Dieu dans l'oraison, et renoncer à son propre esprit et à ses propres sentiments, pour se remplir de l'Esprit-Saint qui peut seul nous éclairer et enflammer notre volonté.

N'attendez pas de grandes choses de quelqu'un qui ne sait pas s'entretenir avec Dieu.

L'oraison est un grand livre pour les prédicateurs ; c'est là qu'ils puiseront dans le Verbe éternel les vérités dont Il est la source, les vérités saintes qu'ils sont chargés d'annoncer au peuple.

L'étude des sciences ralentit en plusieurs la ferveur de l'esprit : ceux qui étudient doivent donc apporter tous leurs soins pour conserver la dévotion à l'aide des exercices de piété, et spécialement de la méditation, afin que, tout en perfectionnant leur esprit par la connaissance de la vérité, leur volonté s'enflamme de l'amour de Dieu, qui est l'auteur de toutes les sciences.

Les meilleures dispositions qu'on puisse apporter à la prière et à l'oraison, sont l'humilité, la conviction de son néant, la mortification de ses passions et des inclinations naturelles qui portent au mal, le recueillement intérieur, la pureté d'intention, la présence de Dieu, la conformité totale à sa volonté et de fréquentes aspirations vers la bonté divine.

L'oraison doit être effective et pratique, puisqu'elle n'a pour but que l'acquisition des vertus solides et la mortification des passions.

 

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07 octobre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Vingt-et-unième jour

3e jour de la seconde neuvaine en l’honneur de Saint Vincent de Paul

8 octobre

 

La journée de saint Vincent de Paul

 

Prélude. - Préparons-nous à suivre, avec un vif désir de l'imiter dans toute sa conduite, une des journées ordinaires de la vie de notre saint.

 

Récit. - Il est quatre heures du matin (1). Quoique vieux, malade, couché depuis de courts instants, encore passés le plus souvent dans l'insomnie, Vincent se lève, et le second coup de la cloche ne le trouve jamais dans la même posture que le premier. Cette obéissance à la règle du le ver est pour lui la première en importance comme dans l'ordre du jour, et c'est la première aussi qu'il recommande aux siens.

Donc, au premier signal, il sort du lit, fait le signe de la croix se prosterne et baise la terre.

Après ces premiers actes de religion, il fait son lit et se rend à l'église, où, malgré l'enflure de ses vieilles jambes qu'il lui a fallu bander, il est arrive plus tôt que les plus sains et les plus jeunes. La vue de sa famille assemblée devant Notre-Seigneur réjouit son âme. Il félicite les plus diligents, les traîneurs l'affligent. Pour lui, il ne manque jamais de se trouver à l'oraison du matin, au milieu même de la plus grande multiplicité des affaires et des traitements que lui imposent ses maladies.

C'est qu'il a pour l'oraison l'estime la plus profonde et la plus religieuse. Il la regarde comme la manne qu'il faut re cueillir chaque matin, sous peine de mourir dans le désert de la vie, Aussi il s'y livre avec ardeur, bien que son humilité en cache les efforts. Mais en descendant de la sainte montagne, son front paraît quelquefois tout lumineux comme celui de Moïse, et la ferveur de son âme rejaillit en toute sa personne, passe dans ses paroles et dans ses actes. Ses discours, au sortir de l'entretien divin sont plus brûlants encore de foi et de charité. Son humilité, sa mortification, sa patience, toutes ses vertus brillent d'un nouvel éclat dans sa conduite.

Cette oraison si chère, il s'y livrera dans ses longues insomnies ; il y consacrera tous les loisirs que lui laisseront les emplois de sa charge et le service du prochain ; et, chaque année, quelles que soient ses occupations, il y donnera au moins huit jours entiers, pendant lesquels il interrompra les plus saints commerces pour ne plus s'entretenir qu'avec Dieu.

 

(1) Cette méditation et celles qui suivront, jusqu'à la fin de cette seconde neuvaine, sont empruntées à l'Abrégé de la vie de saint Vincent de Paul, par M. l'abbé Maynard.

 

Pratique. - Se renouveler dans l'estime et l'amour de la méditation quotidienne.

 

Invocation. - Saint Vincent, homme d'oraison, apprenez-nous à méditer.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

I,'oraison est absolument nécessaire à ceux qui travaillent au salut des âmes, soit pour entretenir en eux un désir ardent de faire toujours des progrès nouveaux dans la dévotion et la ferveur, soit pour leur inspirer un courage toujours nouveau dans les services qu'ils rendent au prochain.

La pratique de l'oraison est aussi nécessaire aux ministres des autels que l'épée l'est aux soldats.

Un homme d'oraison est capable de tout ; il peut dire hardiment avec l'Apôtre : « Je puis tout en Celui qui me fortifie ».

Lorsqu'on a à traiter avec d'autres de choses spirituelles, on doit commencer à s'en occuper avec Dieu dans l'oraison, et renoncer à son propre esprit et à ses propres sentiments, pour se remplir de l'Esprit-Saint qui peut seul nous éclairer et enflammer notre volonté.

N'attendez pas de grandes choses de quelqu'un qui ne sait pas s'entretenir avec Dieu.

L'oraison est un grand livre pour les prédicateurs ; c'est là qu'ils puiseront dans le Verbe éternel les vérités dont Il est la source, les vérités saintes qu'ils sont chargés d'annoncer au peuple.

L'étude des sciences ralentit en plusieurs la ferveur de l'esprit : ceux qui étudient doivent donc apporter tous leurs soins pour conserver la dévotion à l'aide des exercices de piété, et spéciale ment de la méditation, afin que, tout en perfectionnant leur esprit par la connaissance de la vérité, leur volonté s'enflamme de l'amour de Dieu, qui est l'auteur de toutes les sciences.

Les meilleures dispositions qu'on puisse apporter à la prière et à l'oraison, sont l'humilité, la conviction de son néant, la mortification de ses passions et des inclinations naturelles qui portent au mal, le recueillement intérieur, la pureté d'intention, la présence de Dieu, la conformité totale à sa volonté et de fréquentes aspirations vers la bonté divine.

L'oraison doit être effective et pratique, puisqu'elle n'a pour but que l'acquisition des vertus solides et la mortification des passions.

 

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06 octobre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Vingtième jour

2e jour de la seconde neuvaine en l’honneur de Saint Vincent de Paul

7 octobre

 

La Visitation

 

Prélude. - Représentons-nous l'aimable et doux François de Sa les présentant l'humble et charitable Vincent de Paul aux religieuses de la Visitation.

 

Récit. - Vincent, comme nous venons de le voir, n'avait point songé à créer un ordre religieux. Ce n'est pas qu'il ne fût un très habile maître de la vie monastique. On le voit surabondamment à tant de monastères protégés par sa vigilance, et préservés de supérieurs incapables ou peu dignes. Il était le conseiller de la Rochefoucauld, depuis que le pieux cardinal avait accepté de diriger la réformation des cloîtres.

Or, il y avait déjà quelques années que Dieu avait fait éclore le saint Ordre des religieuses de la Visitation et cette nouvelle fleur commençait à répandre une odeur de suavité dans le jardin de l’Église. C'était de saint François de Sales, évêque de Genève, que Dieu s'était servi pour donner la vie et la première culture à cette mystique plante : le doux et saint prélat s'y était appliqué avec tous les soins que sa charité incomparable avait pu lui suggérer. La mère de Chantal avait été envoyée à Paris par son bienheureux père, pour y fonder un monastère de ce saint Ordre ; et elle y travailla avec tant de zèle et de prudence que, malgré toutes les oppositions, contradictions et persécutions qui lui furent faites, les murs de cette Jérusalem et de cette demeure de paix s'élevèrent comme par enchantement.

Lorsqu'il fut question de trouver un père spirituel et une supérieure pour cette religieuse communauté, c'est-à-dire un ange visible qui en fut le gardien pour y conserver le premier es prit que Jésus-Christ lui avait donné, saint François de Sales, qui avait un don tout singulier pour discerner les esprits, et sainte Jeanne de Chantal, qui avait un esprit très éclairé, choisirent notre saint pour lui confier ce qui leur était le plus cher et le plus précieux en ce monde. Dieu bénit ce choix et le gouverne ment de saint Vincent qui dura jusqu'à sa mort, quelques efforts qu'il fit pour se décharger de ce fardeau.

Mais, le nom même de la Visitation devait lui rappeler que cette aimable institution était restée incomplète, que le fondateur avait été empêché de faire tout ce que son cœur lui inspirait pour les nécessités de son siècle, et que sa bonne pensée, arrêtée à la porte de l’Église, attendait toujours un introducteur. François de Sales en effet s'était proposé d'appliquer ses religieuses à la visite des malades, de là le nom de Visitation : mais il y avait renoncé sur les représentations réitérées et encore trop puissantes, de certaines âmes timorées ou routinières, qui ne comprenaient pas une religieuse sans cloître, ni la contemplation dans les œuvres de charité extérieure. Vincent de Paul fut amené insensiblement à exécuter ce que François de Sales n'avait eu que la liberté de concevoir. Il y réussit avec une approbation qui a dignement justifié l'évêque de Genève et l'a couronné lui-même de la gloire la plus connue et la plus durable.

 

Pratique. - Unir la pratique de la vie intérieure à l'accomplissement des devoirs de la vie active.

 

Invocation. - Saint Vincent, modèle de la vie chrétienne, apprenez-nous à unir la vie active à la vie contemplative, comme fit le Sauveur, votre divin exemplaire.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Un supérieur doit avoir de la complaisance pour les scrupuleux ; il doit supporter leurs faiblesses et les écouter avec une grande patience. Il doit en agir de même avec les esprits difficiles et pointilleux, qu'il faut traiter avec beaucoup de ménagement, leur faiblesse étant plus digne encore de compassion que les maladies corporelles.

La gloire de Dieu et le salut des âmes sont les deux seuls objets qu'un supérieur doit avoir en vue. Il ne peut les procurer plus efficacement que par l'humilité et la douceur.

Le supérieur doit donner tous ses soins à ceux qui sont affligés de peines intérieures ou tourmentés par des tentations, pour les aider et les délivrer ; et s'il trouve en eux quelques oppositions, il doit s'efforcer de les vaincre par des manières douces et humbles.

Le supérieur doit avoir une amitié, une tendresse paternelle pour ses inférieurs ; il doit leur faire un accueil si affectueux, que chacun d'eux connaisse qu'il en est tendrement aimé.

Le supérieur ne doit pas se décourager par les difficultés qu'il rencontre, ni s'inquiéter de ce que son gouvernement ne plaît pas à tous. Oh ! combien n'y a-t-il pas eu de personnes qui n'ont pas approuvé, et combien n'y en a-t-il pas encore aujourd'hui qui n'approuvent pas la conduite de Notre-Seigneur Jésus-Christ lui même !

Rien n'est plus nuisible à une communauté que d'être gouvernée par des supérieurs trop faibles qui cherchent à plaire et à se faire aimer.

 

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05 octobre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Dix-neuvième jour

1er jour de la seconde neuvaine en l’honneur de Saint Vincent de Paul

6 octobre

 

Les filles de la Charité

 

Prélude. - Écoutons pieusement le bon père, exhortant les premières filles de la Charité.

 

Récit. - Deux servantes des pauvres, mises au service de deux confréries de Paris, voilà tout le commencement des Filles de la Charité. Ensuite, un petit noviciat, établi dans la maison de mademoiselle Legras en 1633, bientôt transféré à sa chapelle et ramené définitivement au Faubourg Saint-Lazare, constitua la corporation.

Dès que le nombre eut augmenté sensiblement, il y eut concurrence à qui obtiendrait ces auxiliaires ; d'abord les confréries de Charité de Paris, puis les dames de la Charité pour l'Hôtel Dieu et pour leurs Enfants Trouvés, puis une protectrice de l'hospice des galériens qui fit, à cet effet, une rente de six mille livres, puis par imitation naturelle les confréries et les hôpitaux de provinces.

En 1644, la cause était gagnée. Vincent de Paul rédigea les constitutions, et l'archevêque de Paris érigea la Compagnie des « Filles de la Charité, servantes des pauvres », sous la direction du supérieur-général de la Congrégation de la mission.

Ainsi naquirent ces religieuses d'un nouveau genre, à qui notre siècle s'étonnerait avec tant de raison que l'on contestât le nom de religieuses; car elles le sont par tous les sacrifices qui multiplient le dévouement, par l'obéissance, le célibat, la pauvreté.

Vincent de Paul, pour ménager encore les scrupules de quelques-uns de ses contemporains, consentait à dire : « Ce ne sont des religieuses, mais des filles qui vont et viennent comme des séculières ; elles n'ont pour monastères que les maisons des malades, pour cellule quelque chambre, pour chapelle l'église paroissiale, pour cloître les rues de la ville, pour clôture l'obéissance, pour grille la crainte de Dieu et pour voile la sainte modestie ».

Mais, s'il sacrifiait le nom, il ne diminuait pas les devoirs : « Une fille de la Charité, écrivait il encore, a besoin de plus de vertus que les religieuses les plus austères. Il n'y a point de religion de filles qui ait autant d'emplois qu'elles en ont ; car les filles de la Charité ont presque tous les emplois des religieuses : elles ont à travailler à leur perfection comme les carmélites et autres semblables ; au soin des malades comme les religieuses de l'Hôtel Dieu de Paris et autres hospitalières ; à l'instruction des pauvres filles comme les ursulines ».

La reconnaissance publique a solennellement confirmé ce témoignage, et de toutes les institutions monastiques il n'en est as de plus respectée en France. Les Filles de la Charité sont devenues et demeurent par excellence les religieuses du peuple.

 

Pratique. - Concourir, en toute occasion, aux œuvres de charité qui nous sont proposées.

 

Invocation. - Saint Vincent, fondateur des Filles de la Charité, veillez sur votre famille spirituelle.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Ce n'est pas le faste des discours qui contribue au salut des âmes ; c'est la simplicité et l'humilité qui disposent et ouvrent les cœurs aux opérations de la grâce.

Quoique Notre-Seigneur Jésus Christ eût pu très aisément donner au peuple des instructions sublimes et merveilleuses, Il a cependant préféré employer les comparaisons d'un ouvrier, d'un vigneron, d'un champ, d'un petit grain de sénevé, et autres paraboles semblables.

La simplicité fait que nos paroles sont toujours conformes au sentiment de notre cœur. Elle ne veut cependant pas que nous manifestions toutes nos pensées, parce que cette vertu n'est pas contraire à la prudence, qui nous fait discerner ce que nous devons dire et ce que nous devons taire ; qui nous fait connaître le moment de parler et celui où il faut garder le silence.

La simplicité nous fait aller droit à Dieu, sans consulter notre intérêt propre, ni le respect humain. Elle nous fait parler et agir simplement, sans déguisement, sans artifice ; et non-seulement elle nous fait un devoir de la vérité et de la pureté d'intention, mais elle nous inspire le plus grand éloignement pour toute espèce de duplicité.

La simplicité se porte vers Dieu, à qui seul elle cherche à plaire. Elle nous rend semblables à Dieu, qui est un être souverainement simple, qui ne peut ad mettre aucun mélange.

On doit réprimer le désir de paraître, et on ne doit rien faire par respect humain.

Disons à Dieu, et disons-nous à nous-même : de deux pensées qui pourront me venir à l'esprit, je ne produirai au dehors que la moindre pour m'humilier, et je retiendrai la plus belle pour en faire un sacrifice à Dieu dans le secret de mon cœur.

 

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04 octobre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

8212

 

Dix-huitième jour

8e et dernier jour de l’octave d’action de grâces après la fête de Saint Vincent de Paul

5 octobre

 

Mademoiselle Legras

 

Prélude. - Cette admirable femme est à genoux devant saint Vincent de Paul qui l'exhorte, l'instruit et l'anime de son esprit de charité.

 

Récit. - Cependant, il fallait à ces belles créations des agents réguliers, qu'une pratique constante rendît habiles dans l'art de servir les pauvres, et capables de l'enseigner aux autres, des gardiens spéciaux et permanents qu'aucun autre soin ou devoir légitime ne vint distraire de cette occupation.

Louise de Marillac, veuve de Legras, secrétaire de Marie de Médicis, si connue sous le nom de « Mademoiselle Legras », s'était mise entièrement sous la direction de Vincent de Paul, au mérite duquel son nom est resté glorieusement uni, Comme elle était libre de son temps et de sa fortune, il la chargea de visiter les Confréries de Charité établies dans les campagnes, de raffermir celles qui chancelaient, de dresser les inexpérimentées, d'assurer par des tournées régulières, l'effet de ses bons conseils.

Ce système d'inspection réussit à merveille ; mais, à mesure que l'œuvre s'étendit, de nouvelles mesures parurent indispensables à sa conservation.

Les femmes qui composaient les Confréries de Charité, sur tout dans les villes, et d'abord à Paris, avaient quelquefois plus de bonne volonté que de liberté ; il leur était plus facile de contribuer de leur argent que de leurs personnes. L'opposition de leurs maris, le soin de leurs familles, leurs devoirs domestiques, l'inégalité même des forces et des santés, ne leur permettaient pas de consacrer toujours et également aux malades une part de leur temps. On sentit qu'il faudrait à chaque confrérie une ou plusieurs « servantes des malades », qui n'auraient pas d'autre emploi, seconderaient les associées, et seraient toujours prêtes à les remplacer au besoin.

Vincent de Paul, loin de rejeter cette proposition, la trouva op portune et d'autant plus facile à réaliser qu'il avait souvent rencontré de bonnes filles à qui le mariage ne convenait pas, à qui la vie des cloîtres était peu abordable, « mais qui seraient bien aises de se donner pour l'amour de Dieu au service des pauvres ». Telle fut l'origine des « Filles de la Charité ».

 

Pratique. - S'adonner aux bonnes œuvres, dans la mesure des exigences de la position sociale que l'on occupe.

 

Invocation. - Saint Vincent, inspirateur des âmes charitables, développez l'esprit de charité au sein de notre pauvre société.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Il ne faut quelquefois qu'un mot charitable pour convertir un cœur endurci ; de même aussi une seule parole dure est capable de désoler une âme et de la pénétrer d'une douleur amère qui peut lui être très nuisible.

La douceur et l'affabilité sont des vertus très puissantes pour gagner les âmes à Dieu.

Il faut être affable, mais jamais flatteur, parce qu'il n'est rien de plus vil ni de plus indigne d'un cœur chrétien, rien de plus détestable aux yeux des personnes solidement pieuses, que la flatterie.

L'affabilité jointe à l'amour est un moyen très efficace pour s'insinuer dans l'esprit des hommes, et pour les engager à embrasser les choses les plus répugnantes à la nature.

Il y a nombre de personnes qui se bornent à avoir un extérieur bien modeste, et de grands sentiments de Dieu dans leur intérieur ; mais, lorsqu'il s'agit de supporter pour Dieu de grandes fatigues, d'instruire les pauvres, de souffrir, de se mortifier, de recevoir avec amour les maladies, d'être en butte à des calomnies ou à d'autres disgrâces, le courage leur manque et tout s'évanouit.

La modestie extérieure et le bon exemple sont une prédication muette, mais très efficace ; ces vertus sont comme le caractère qui distingue essentiellement les vrais serviteurs de Dieu des hommes esclaves de leurs sens ; et, comme elles prennent leur source dans une grâce intérieure, elles opèrent nécessairement des effets merveilleux sur ceux qui en sont les témoins.

 

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03 octobre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

1038

 

Dix-septième jour

7e jour de l’octave d’action de grâces après la fête de Saint Vincent de Paul

4 octobre

 

Les Enfants Trouvés

 

Prélude. - Vénérons saint Vincent, portant dans ses bras un pauvre petit enfant qu'il a trouvé dans la rue.

 

Récit. - Dès que les Dames de la Charité eurent pris l'habitude de consacrer aux pauvres une partie de leur fortune, d'attirer à elles les dons de leurs amies, et de doubler les revenus de la Compagnie par ce concours, Vincent de Paul s'enhardit à leur recommander d'autres infortunés.

Il commença, en 1638, par les Enfants Trouvés.

Ces petites créatures, produit et victimes d'une débauche aussi lâche qu'effrénée, périssaient presque toutes, par l'abandon ou par l'insuffisance des soins qu'elles recevaient dans une pauvre maison où les faisaient porter les commissionnaires du Châtelet. Vincent de Paul invita ces Dames à visiter cette maison, sachant bien que ce qu'elles y verraient éveillerait en elles une grande pitié, un vif désir de supprimer un si grand mal.

Ce pieux calcul ne fut pas trompé, Dès la première vue, les Dames de la Charité prirent à leur charge douze de ces enfants qu'elles logèrent dans une maison de louage ; peu à peu, elles en admirent un plus grand nombre ; et jamais elles ne se découragèrent, malgré le surcroît considérable de dépenses que l'accroissement des besoins faisait peser sur elles. Souvent menacée de déficit, mais toujours relevée par une série d'exhortations et d'efforts qui sont restés célèbres, l'œuvre des Enfants-Trouvés finira par devenir une institution publique : elle est encore aujourd'hui un des types les plus populaires des bons services et de la charité infatigable de Vincent de Paul.

Il emploiera de la même manière les Dames de la Charité à fonder la maison des Filles de la Providence, retraite offerte à d'honnêtes filles trop exposées dans le monde.

Ces auxiliaires lui trouveront encore l'argent nécessaire à ses pauvres galériens, puis ces millions qui seront la principale assistance des provinces ravagées par la guerre, puis les premiers matériaux de l'Hôpital Général.

 

Pratique. - Concourir toujours par quelque aumône à toutes les bonnes œuvres, auxquelles on nous propose de nous intéresser.

 

Invocation. - Saint Vincent, inspirateur de la charité, inspirez-moi.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

On ne gagne à Dieu les âmes les plus obstinées dans le péché que par la douceur, par la compassion pour leurs travers, et par la sensibilité qui fait partager leurs malheurs.

On doit user de cordialité et d'affabilité avec les pauvres et les personnes les plus méprisables, et ne pas les traiter avec des manières impérieuses : la hauteur les révolte ; au lieu que, quand on est affable avec eux, ils deviennent plus dociles, et ils profitent mieux des avis qu'on leur donne.

Comme il n'y a qu'une grande nécessité qui puisse décider à donner des remèdes à un malade dans un violent accès de fièvre, ainsi on ne doit pas ordinairement reprendre quelqu'un dans le moment même où il fait une faute.

Nous ne devons jamais témoigner du ressentiment contre ceux qui nous persécutent par leurs injures, leurs calomnies, les maux qu'ils nous font, etc. ; mais nous devons continuer de les traiter avec cordialité, comme nous le faisions auparavant, ne disant d'eux que du bien, et leur rendant tous les services qu'il nous est permis de leur rendre.

On doit choisir un moment qui soit propre à la correction que l'on veut faire. On doit reprendre la première fois avec beaucoup de douceur et d'affabilité ; la seconde fois avec un peu de sévérité et de gravité, assaisonnée cependant de douceur ; la troisième fois avec zèle et fermeté, en faisant connaître aux coupables quel est le dernier remède qu'on emploiera s'ils ne se corrigent point.

La douceur supporte les défauts du prochain, et ses mauvais procédés, pour l'attirer par ces égards à la connaissance et à l'amour de Dieu.

La douceur doit être accompagnée d'une fermeté et d'une constance qui nous empêchent de condescendre à ce qui blesserait une conscience délicate. Quand nous n'avons pas à craindre ce danger, nous devons donner la préférence à la douceur, comme étant beaucoup plus puissante et plus efficace pour soumettre la volonté des hommes, que ne l'est la rigueur et la sévérité.

Il faut encourager les pécheurs et ranimer leur confiance. Le démon se sert ordinairement de la rigueur et de la dureté de certaines personnes pour porter un trouble plus violent dans les âmes.

 

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02 octobre 2020

Le Mois de Saint Vincent de Paul

Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

1066

 

Seizième jour

6e jour de l’octave d’action de grâces après la fête de Saint Vincent de Paul

3 octobre

 

Dans les hôpitaux

 

Prélude. - Suivons notre saint visitant les hôpitaux et y faisant pénétrer, avec un rayon de joie, la paix de Jésus-Christ.

 

Récit. - Non content d'évangéliser les galériens avec fruit, il avait obtenu du Roi et de Richelieu le soulagement de leurs misères corporelles, par la création de deux hôpitaux, dont le régime parut à ces infortunés « le paradis ». Il se laissa donc inviter à prendre soin d'un autre hôpital, dont il semblait que les malades eussent encore plus de droit à la compassion du public ; et ici, comme en bien d'autres circonstances, de sa vie, il arriva qu'en déférant à la pensée d'autrui, il rencontra l'occasion de développer plus largement autour de lui le zèle de la charité, et de rassembler des ressources plus abondantes pour la souffrance.

L'Hôtel-Dieu de Paris n'était pas alors aussi bien administré qu'il importait aux besoins de sa nombreuse population. Une riche veuve, qui avait remarqué cette insuffisance et qui voulait contribuer de sa fortune à y remédier, pria Vincent de Paul de chercher les moyens d'assurer cette réparation.

Il ne l'entreprit qu'après s'être assuré du consentement des supérieurs, mais dès ses premiers pas on put pressentir de grands résultats. Il réunit plusieurs assemblées de dames, où l'on comptait bon nombre de présidentes, comtesses, marquises, duchesses et princesses, et il les constitua en « Compagnie des Dames de la Charité ».

Elles s'engageaient à recueillir l'argent nécessaire aux aumônes, à visiter les malades de l'hôpital, à leur parler de leurs devoirs spirituels, à leur porter un supplément de nourriture, des bouillons le matin, une collation dans l'après-midi. On ne tarda pas à voir ces femmes du monde changées en infirmières, ceintes du tablier de service, parcourir les salles, passer d'un lit à l'autre, et présenter aux infirmes les aliments substantiels, ou les « petites douceurs » préparées quelque fois par elles-mêmes, dans une chambre qu'elles avaient louée pour cet effet dans le voisinage.

Les conséquences se montrèrent bientôt dans le changement de mœurs de ces malheureux ramenés à la religion et à la vertu, comme dans l'heureuse influence de ces soins charitables sur leur santé.

Mais, ce qui n'est pas moins admirable, c'est que la « Compagnie des Dames de la Charité », créée dans le principe pour une seule œuvre, devint en peu de temps la mère et le soutien de beaucoup d'autres.

 

Pratique. - Visiter les hôpitaux et chercher à y exercer la Charité.

 

Invocation. - Saint Vincent, bienfaiteur des pauvres malades et infirmes, conservez-leur les soins des saintes filles qui se dévouent à leur soulagement, en soutenant le courage de ces servantes des pauvres.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Dieu nous envoie des peines et des afflictions pour exercer notre patience et pour nous apprendre à compatir aux maux des autres.

Dieu a coutume d'éprouver ses serviteurs, et de corriger par des châtiments ceux qu'il aime.

Les familles et les particuliers doivent regarder comme un malheur d'être toujours tranquilles, de voir tout réussir au gré de leurs désirs, et de n'avoir rien à souffrir pour l'amour de Dieu.

Jésus-Christ nous a appris, par son exemple, combien les souffrances peuvent glorifier Dieu et contribuer à nous sanctifier.

Toutes les fois qu'il nous survient quelque événement inattendu, soit des afflictions, soit des consolations spirituelles ou corporelles, nous devons tâcher de les recevoir avec égalité d'esprit, en pensant que tout vient de la main de Dieu.

Nous devons remercier et bénir Dieu, quand nous nous trouvons dans l'occasion de souffrir quelques peines, en exerçant la Charité.

Puisque l'on prend les médecines les plus amères pour recouvrer ou conserver la santé du corps, on doit recevoir volontiers les peines, quelque répugnantes qu'elles soient à la nature, et les regarder comme des remèdes très efficaces dont Dieu se sert pour purifier une âme, et pour la faire parvenir à la perfection à laquelle il l'appelle.

L'affabilité fait que nous nous supportons mutuellement, et que nous acquiesçons sans peine à ce que les autres disent ; et tandis que la charité nous unit comme les membres d'un même corps, l'affabilité perfectionne cette union divine.

 

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