Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

 04

Quatorzième jour

Sa tendresse ineffable envers ceux qui l'aiment

Voix de Jésus

 

« Ce que Mon Cœur ressent, ce qu'Il aime à faire pour les âmes qui se sont égarées, Je te l'ai dit, Mon fils, dans Mes trois paraboles, et dans l'histoire de la Samaritaine. Écoute aujourd'hui comme ce même Cœur qui se fond d'Amour pour ceux qui l'aiment, se crée une langue inouïe pour exprimer l'abondance de sa Divine Tendresse. C'était la veille de Ma Mort : Je venais de célébrer cette dernière Pâque depuis longtemps désirée d'un si grand désir. Je voulus graver, en paroles brûlantes d'Amour, Mon Testament dans le cœur de Mes disciples; et ces paroles, c'est Jean, Mon disciple bien-aimé, que Je choisis pour les recueillir dans son évangile, lui qui avait reposé sur Mon Cœur avant que Je fisse entendre mes derniers et tendres adieux. Chaque mot, ô Mon fils, dans ce testament de ton Sauveur, est une source de vérité et d'Amour inépuisable ici-bas pour l'intelligence des hommes; prête-moi l'oreille du cœur: que Je te redise ici quelques-unes de ces effusions de Ma Charité infinie, et que Je te fasse entrer dans le sens profond qu'elles renferment. Entends d'abord ce premier accent plein de douleur et d'attendrissement: « Mes bien-aimés, Je n'ai que peu de temps à passer encore avec vous ». Comme si Je leur disais: « O vous que Je chéris ainsi qu'une mère chérit son nourrisson, voilà que bientôt il faudra nous séparer. Je vous lègue ici Ma dernière volonté: C'est un commandement nouveau que Je vous donne, de vous aimer mutuellement comme Je vous ai aimés. On connaîtra que vous êtes mes disciples à l'amour que vous aurez les uns pour les autres. Si Je vous annonce que Je vais vous quitter, que votre cœur ne se trouble point: vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi; Je vous quitte, pour aller vous préparer une place dans la maison de Mon Père; et quand Je vous l'aurai préparée, Je viendrai et Je vous prendrai avec Moi, afin que vous soyez où Je suis. Non, Je ne vous laisserai pas orphelins; Je viendrai à vous... En attendant, Je vous laisse la Paix, Je vous donne Ma Paix: Je ne vous la donne pas comme le monde la donne, une paix trompeuse qui endort l'âme sur le précipice, mais la paix véritable, la Paix de Dieu qui surpasse tout sentiment. Qu'ainsi votre cœur n'ait aucun trouble, n'ait aucune crainte; vous avez entendu ce que Je vous ai dit : Je m'en vais et Je reviens à vous. O Mon fils, n'est-ce pas là le vrai langage d'un cœur qui s'attendrit, qui encourage et qui console?... Ah! nourris tes pensées et tes affections de ces paroles prononcées par ton Sauveur à la veille de monter pour toi au Calvaire; et si tu ne peux d'abord faire autre chose, repose ton cœur sur mon Cœur, et bientôt coulera dans ton âme l'onction de Ma Grâce, rafraîchissante comme la rosée du matin, plus suave que le rayon de miel le plus pur ».

 

Réflexion

 

Voilà donc ce que Jésus a demandé de moi, la veille de Sa Mort : c'est que j'aime les autres comme Il m'a aimé Lui-même. Il semble que ce devait être à Son Divin Cœur une douce consolation dans les souffrances horribles qu'Il allait endurer pour les hommes, d'établir parmi eux cette loi de Charité tendre et universelle, qui ne ferait bientôt de tous qu'un peuple de frères, si tous obéissaient à l'Évangile... Ai-je fidèlement accompli cette dernière Volonté de mon Jésus?... Ai-je fidèlement recueilli cet héritage d'amour qu'Il m'a légué, sans lequel vainement je voudrais être un jour où il est, et goûter dans ce monde Sa Paix, Sa Paix Divine, gage précieux de la paix éternelle? Puis-je me rendre ce témoignage que j'aime tous les hommes comme les enfants du Père Céleste, comme les cohéritiers de Celui qui nous a tous aimés jusqu'à s'immoler pour nous? Puis-je dire que je me plais à leur donner, en toute occasion, les mêmes preuves de Charité que si je voyais Jésus Lui-même en leur personne?...

 

Pratique

 

1° Que ce ne soient ni le goût naturel, ni les liens seuls de la naissance, ni votre propre intérêt qui règlent votre charité pour le prochain; mais aimez-le, obligez-le toujours pour Dieu et en Dieu. 2° Quand vous avez de la répugnance à aimer quelqu'un ou à lui rendre service, souvenez-vous qu'il est comme vous un enfant de notre Père qui est dans les deuxi, qu'il a été racheté par le même sang, et qu'il est destiné à la même gloire dans l'éternité.

 

Paroles touchantes du Comte de Stolberg sur son lit de mort

 

Le comte de Stolberg, grand Seigneur issu d'une maison longtemps souveraine, célèbre par son beau caractère et par ses talents, avait eu le malheur de naître dans les erreurs du protestantisme. L'étude des Pères de l'Eglise lui fit concevoir des doutes sur la légitimité de la Réforme luthérienne, et il chercha la vérité avec la candeur et la maturité d'un esprit droit; puis se démettant de tous ses emplois, s'arrachant, avec tous les déchirements d'un cœur tendre, à ses amis, à ses parents, à un père chéri, il se rendit à Munster, ainsi que sa femme ; et tous deux abjurèrent le luthéranisme en 1800. Sa conversion lui attira des fureurs jalouses, des haines qui ne servirent qu'à mettre au jour la charité admirable dont ce cœur vraiment chrétien était rempli. Dans une lettre écrite d'Eutin (16 août 1800), après une effusion d'actions de grâces à Dieu, il disait: « Il est bien juste que mon bonheur soit mêlé de quelque amertume. La position dans laquelle nous nous trouvons n'en manque pas. On nous fuit, on nous abandonne.... Notre situation est pénible au delà de tout ce que je pourrais dire. Que celui qui a bien voulu se faire couronner d'épines me donne la grâce de recueillir, de celles qu'il m'envoie, des roses immortelles ». Ce vœu fut accompli. Le soulèvement des esprits fut grand : la résignation, la patience et la bienveillance du Comte envers ses ennemis furent plus grandes encore; et la plupart ne tardèrent pas à lui rendre justice. On aime à voir ce grand homme près de la mort, entouré de ses quinze enfants, demandant pardon de ses manques de charité, et priant qu'on oublie tout le mal qu'on a pu lui faire, dans des termes solennels et touchants, comme ceux d'un patriarche des temps primitifs. « Vers une heure après midi (est-il dit dans le récit de sa mort par ses enfants), il nous fit tous appeler. Nous nous agenouillâmes autour de son lit, et il prononça les paroles suivantes d'une voix affaiblie, mais émue et solennelle: « Je suis ici en face de Dieu présent partout, Père, Fils et Saint-Esprit, et je supplie la Sainte Trinité, que j'ai toujours adorée, d'avoir pitié de nous tous, de moi, de ma première femme, de celle qui vit encore, de mes frères et sœurs morts ou vivants, de mes gendres, de mes brus, de mes neveux, nièces, petits-fils et petites-filles, de nous joindre tous en un lien d'amour par la foi, l'espérance et la charité, de manière que personne de ce petit troupeau ne se perde, et que nous soyons tous réunis un jour près du trône de Dieu. Tout misérable pécheur que je suis, je m'en vais pourtant plein de confiance en Jésus-Christ. Je prie mes chers enfants et toutes les personnes avec lesquelles j'ai vécu, de me pardonner les manques de charité dont je me suis rendu coupable à leur égard, et les scandales que je leur ai donnés. Puisse Dieu éloigner d'eux le tort qui aurait pu en résulter pour leurs âmes, et ne pas le leur imputer, mais seulement à moi! Je les conjure tous de prier pour moi, pour ma défunte femme, et pour nous tous, tant qu'ils vivront. Puisse l'esprit de Dieu nous remplir tous de son amour, de sorte que nous soyons un, comme le Père et le Fils sont un! Si l'un de mes enfants ou de mes amis croyait que quelqu'un a eu des torts envers moi, je le supplie de ne pas en conserver de ressentiment, mais de prier pour celui dont il aurait cette opinion. Mes enfants chéris, il y a une chose que je voudrais vous graver dans le cœur. Nous sommes tous hommes, tous pécheurs, mais tenez toujours votre cœur ouvert au Sauveur: n'ayez pas peur de lui, car si nous l'appréhendons, qui n'appréhendrons-nous pas? et si nous n'avons confiance en lui, en qui pourrons-nous avoir confiance? » (Annales de philosophie chrétienne, tome IX ; Raison du Christianisme, tome VII).

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