Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

Mary Icon

Vingtième jour

Tour de David, priez pour nous.

Tour d'ivoire, priez pour nous.

 

Marie n'est pas seulement une rose mystérieuse, c'est-à-dire tout ce qui peut s'offrir de plus gracieux à nos regards ; elle est aussi une tour formidable, c'est-à-dire le refuge le plus assuré contre tous les traits de l'ennemi du salut. La tour construite par David et qui portait son nom, formait un arsenal où les armes étaient mises en dépôt et où les guerriers venaient se munir en temps de guerre pour combattre et repousser l'ennemi. L'Eglise en invoquant Marie, sous le nom de Tour de David, de Tour d'ivoire, a voulu nous apprendre que la vie du chrétien étant une milice sur la terre, c'est à elle que nous devons recourir pour combattre le bon combat. Oui, quelque violentes que soient nos tentations, quelque invétérées que soient nos mauvaises habitudes ; recourons à Marie, et nous trouverons dans sa protection tout le courage et toute l'énergie dont nous avons besoin pour triompher de nos passions, pour sortir de l'état du péché, pour nous maintenir termes inébranlables dans la voie du salut.

Depuis son établissement jusqu'à nos jours, l'Eglise a traversé des épreuves continuelles et soutenu contre les puissances de la terre et de l'enfer les assauts les plus terribles. Pendant trois siècles les tyrans ont voulu la noyer dans son sang, et plusieurs millions de martyrs l'ont défendue victorieusement en mourant pour sa cause. Par qui a-t-elle triomphé et triomphera-t-elle jusqu'à la fin des temps ? Par l'assistance et la protection toute puissante de Marie. De là le surnom glorieux que l'Eglise lui a donné, de Notre-Dame des Victoires, et qui répond à celui sous lequel nous l'invoquons aujourd'hui, de Tour de David, Tour d'ivoire.

Mais ce n'est pas seulement contre la violence des tyrans et la cruauté des bourreaux, que la Sainte Vierge a protégé l'Eglise ; elle l'a défendue surtout contre les erreurs sans nombre et toutes les fausses doctrines qui ont tenté d'altérer son enseignement. L'Eglise catholique, apostolique et romaine a reçu le dépôt des vérités divines que nous devons croire et pratiquer pour être sauvés. « Allez, dit Notre-Seigneur à ses apôtres, et enseignez toutes les nations. Celui qui vous écoute, m'écoute. Celui qui vous méprise et repousse votre enseignement, me méprise moi-même et repousse mon enseignement ». La vérité religieuse qui doit régler notre foi et notre conduite, qui peut seule nous conduire au salut, se trouve donc tout entière dans l'enseignement de l'Eglise. Aussi, qu'a fait Lucifer, cet éternel ennemi du genre humain ? Voyant qu'il ne pouvait pas anéantir l'Eglise par les persécutions sanglantes, il a attaqué sa doctrine et ses enseignements en suscitant les hérétiques qui se sont faits les apôtres du mensonge et de l'erreur. Leurs efforts comme ceux des bourreaux sont restés impuissants. L'Eglise a traversé dix huit siècles sans subir aucune altération dans sa doctrine ; et son enseignement est resté le même qu'au temps des apôtres. Et à qui rend-elle hommage de cette nouvelle et perpétuelle victoire, ô Marie ? « Vous seule, chante-t-elle dans ses hymnes de victoire, avez triomphé dans le monde entier, de toutes les hérésies ».

Tenez vous donc en garde conte toute doctrine qui ne vient pas de l'Eglise ; repoussez les livres, quelle que soit la main qui vous les offre, lorsqu'ils ne sont pas approuvés et recommandés par votre pasteur. Que vos regards soient toujours tournés vers Rome et vos oreilles attentives à renseignement du Souverain Pontife. Le Pape est le chef de l'Eglise, l'oracle infaillible de la vérité. C'est le Pape qui a institué l évêque, premier pasteur du diocèse ; c'est l'évéque qui a donné mission à votre pasteur et l'a institué votre curé. En écoutant votre pasteur vous écoutez votre évêque, en écoutant votre évêque vous écoutez le Souverain Pontife, eu écoutant le Souverain Pontife vous écoutez Jésus-Christ lui-même dont il est le représentant sur la terre.

 

Exemple

Le soldat Vincent

 

Entre le petit port d'Auray en Bretagne et le bourg fameux de Sainte Anne, renommé par son célèbre pèlerinage, vivaient dans une petite cabane, Marc-Thomas et son fils Vincent. Marc n'avait que cinquante-six ans, mais était cassé, souffrant et malade, et quand la conscription vint lui enlever son soutien, il fut bien malheureux. Cependant il se soumit sans murmurer : « C'était un chrétien, il respectait la loi ». Quand Vincent partit, il lui dit : « Mon enfant, n'oublie jamais que je l'ai consacré à la sainte Vierge ; invoque-la toujours, sois fidèle, et tu reviendras sain et sauf. Si lu meurs, elle te recevra dans le paradis, et tu ne regretteras pas la terre ». Vincent fui incorporé dans un régiment qui partit presque aussitôt pour la Crimée. Je ne vous dirai pas ici à combien d'épreuves fut exposé Vincent, mais il se disait : une personne consacrée à la sainte Vierge peut-elle faire cela ? Si c'était non, c'était non pour lui. Ses amis se moquaient de lui, mais leurs plaisanteries ne l'effrayaient pas plus que le feu ennemi. Un jour, un de ses camarades, irrité de ne pouvoir réussir à l'entraîner dans ses parties de débauche, l'accabla d'injures et voulut le forcer à se battre. « Je ne me battrai pas, dit Vincent, parce que nous n'avons le droit ni l'un ni l'autre de priver l'armée d'un soldat, mais demain peut être donnera-t-on un assaut à Sébastopol, et alors là nous verrons si nous craignons le feu ». Le lendemain on donnait un assaut, et près de Vincent le soldat qui l'avait provoqué tombait blessé. A l'instant une sortie des assiégés fait reculer les assiégeants, et le soldat va être abandonné sous les pieds des chevaux des Russes. Vincent s'avance rapidement, enlève le blessé, le charge sur ses épaules elle rapporte an camp. Quand le blessé put parler : « O mon Dieu ! dit-il à Vincent, comment as-tu pu courir assez vite pour nous soustraire tous deux aux armes des Russes ? » « Oh ! répondit Vincent, j'ai invoqué la bonne Notre-Dame, et je me suis senti des ailes ; elle m'a envoyé ses anges, car il fallait bien que je sauvasse la vie ! hier tu voulais me tuer ». « C'est vrai, dit le soldat ; ta vertu m'importunait, et aujourd'hui je lui dois la vie. Mais je suis converti, et je veux comme toi me consacrer à Marie ». (La Miséricorde de Marie, par le R. P. Huget).

Pratiques : Remerciez Dieu de ce qu'il vous a fait naître au sein de l'Eglise catholique. Respectez les personnes consacrées à Dieu, et ne permettez pas qu'on en dise du mal en votre présence.

 

13116155_10153466220705863_199503440048533716_o

Prière

 

Ô divine Marie, terrible au démon comme une armée rangée en bataille, c'est à vous que votre fils adorable a confie la garde de son Eglise ; car c'est à vous que cette même Eglise rapporte la gloire de ses triomphes sur l'hérésie. Vous êtes pour elle un refuge assuré, une tour fortifiée contre tous ses ennemis. Ah ! Protégez-nous contre les assauts du démon ; protégez-nous surtout à l'heure de la mort, et pour nous préparer à la dernière lutte qui doit assurer notre triomphe éternel, obtenez-nous de Dieu une foi vive et inébranlable. Ainsi soit-il.

 

080

Pour recevoir chaque jour pendant le mois de mai

les méditations du Mois de Marie d'Ars,

abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes