Le Mois de Marie d'Ars

Un mois avec le Saint Curé d'Ars

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Vingt-troisième jour

Salut des infirmes, priez pour nous.

 

Ce que nous savons le mieux demander à la Sainte Vierge, c'est le soulagement de nos souffrances corporelles, c'est notre guérison dans nos maladies. Qu'un enfant soit blessé, qu'il souffre d'une chute ou d'un accident quelconque ; vite il court en pleurant dans les bras de sa mère. Il sait que sa mère sera sensible à sa douleur, qu'elle la partagera et n'épargnera rien pour la calmer.

C'est ce sentiment de confiance filiale, c'est cette compassion bien connue du cœur de Marie, qui a conduit, qui a fait porter au pied de ses autels, tant d'infirmes, tant de malades désespérés et abandonnés des médecins. Ont-ils été exaucés ? Marie a telle répondu au cri de leur douleur ? Il suffit d'avoir visité quelques-uns de ces nombreux sanctuaires dédiés , à Marie, tels que N.D. De Fourvières, N.-D. de la Garde, N.-D des Victoires, N.-D. de Santé, N.-D. de la Salette, pour reconnaître à combien .juste titre Marie est appelée salut des infirmes. Toutes ces inscriptions, tous ces ex-voto suspendus aux murs du sanctuaire, tellement nombreux que la reconnaissance ne peut plus trouver de place pour en suspendre de nouveaux, tous ces pauvres instruments de bois qui ont aidé celui qui venait réclamer son secours à se traîner jusqu'au seuil du lieu saint, et crue son intercession a rendus désormais inutiles, tant de flambeaux qui semblent prolonger les vœux ou l'action de grâces, ne fournissent-ils pas des témoignages irrécusables de la puissance de Marie sur les organes de notre corps ? Ne sont ils pas des témoins qui attestent son empressement à soulager nos maux. Oui, que de maladies guéries à la vue d'une image qui rappelait son souvenir, d'une médaille que la piété regardait comme son plus précieux trésor, d'une neuvaine de prières et de sacrifices, d'un pèlerinage entrepris dans la seule vue de faire une sorte de violence à sa bonté !

Cependant, il faut bien le reconnaître, tous les pèlerins ne reviennent pas avec la santé, ou ne la rapportent pas à ceux jour qui ils sont allés la demander. Est-ce une preuve que Marie a été insensible à leurs souffrances, qu'elle n'a pas pu les exaucer ? Gardons-nous de le croire. C'est qu'alors la maladie nous est plus avantageuse que la santé. Marie prévoit que si cette santé nous était rendue, nous en ferions mauvais usage ; et elle préfère le bien de notre âme à celui de notre corps. Vous avez fait un pèlerinage, vous avez entrepris une neuvaine pour obtenir la guérison d'un parent, d'un ami ; et cependant ce parent, cet ami vous est en levé par la mort. Qui sait ! ce parent, cet ami qui meurt dans de bonnes dispositions, s'il vous eût été rendu, aurait peut-être plus tard mal terminé sa carrière. Marie a préféré lui ouvrir les portes du ciel et faire une blessure à votre cœur ; oserez- vous encore vous en plaindre ? Voulez-vous rester inconsolable ?

Encore une fois, si nous n'obtenons pas toujours notre guérison, gardons-nous de croire que Marie n'exauce pas nos prières. Elle nous obtient une faveur qui vaut mieux que la santé du corps ; celle de payer nos dettes à la justice divine, en souffrant d'une manière plus méritoire, elle retrempe et fortifie notre âme pour le combat, elle augmente en nous la vie de la grâce. Recourons donc à Marie avec confiance dans toutes nos maladies ; mais remettons-nous en à sa tendresse éclairée, du soin de nous exaucer de la manière qu'elle jugera nous être la plus avantageuse. Oui, qu'elle soulage et sauve notre âme, s'il le faut, au préjudice de la santé du corps ! Notre âme ne vaut-elle pas plus que notre corps ? Ne devons-nous pas préférer la vie éternelle à la vie présente ?

 

Exemple

Patience admirable d'Alphonse Rodriguez

 

Alphonse Rodriguez, ce zélé serviteur de Marie, parvenu à une grande vieillesse, était accablé d'infirmités, et sa vie n'était qu'un martyre prolongé. II souffrait cependant ces tourments non seulement avec patience, mais encore avec une véritable joie. Trois jours et trois nuits s'étaient écoulés sans qu'il eût goûté un seul moment de repos, lorsqu'il dormit enfin un quart d'heure. On l'en félicitait, et le bon vieillard s'affligeait de ce que le sommeil avait un moment assoupi ses douleurs, et l'avait empêché de mériter, pendant ce court espace. D'où lui venaient ces sentiments si opposés à la nature ? De la grâce que le Sauveur et sa Sainte Mère répandaient dans son âme. Oui, Jésus et Marie daignèrent se montrer à lui sensiblement, le consoler, l'encourager, et, au lieu de le délivrer de ses peines, le remplir de force et de patience pour les supporter saintement. Aux douleurs extérieures se joignirent encore les douleurs intérieures les plus déchirantes. Jésus et Marie, qui le traitaient avec une sorte de familiarité, le laissèrent cinq mois dans ce surcroît d'épreuves. Ils l'en délivrèrent enfin, sans alléger les tourments qu'il souffrait dans son corps. Ce juste dans la peine était l'or dans le creuset. Dans nos infirmités, ayons recours à Marie, et elle répandra sur nos plaies le baume de la consolation et nos peines, endurées avec patience, nous mériteront de la voir de plus près dans le ciel. (Vie d'Alphonse Rodriguez).

Pratique : Si vous êtes affligé de quelque infirmité, demandez à Marie votre guérison, et offrez-lui en échange les résolutions que vous réaliserez ensuite avec fidélité. Si vous êtes en santé, faites aux malades de votre voisinage, des visites de charité.

 

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Prière

 

Ô Marie ! Vous dont le cœur si tendre peut nous dire bien mieux que le grand apôtre : « Qui est dans la souffrance sans que j'y compatisse ? » Soyez glorifiée de ce que vous faites si souvent, et d'une manière si admirable, éclater votre puissance pour le soulagement ou la guérison de nos souffrances corporelles. Hélas ! La vie est éprouvée par bien des infirmités, et nous avons besoin de recourir souvent à vous, soit pour notre guérison, soit pour celle de nos parents ou de nos amis. Montrez-vous toujours compatissante à nos souffrances et daignez les soulager. Mais surtout faites-nous bien comprendre que la maladie est le moyen le plus efficace pour expier nos péchés et acquitter nos dettes envers la justice divine ; qu'il vaut mieux faire son purgatoire en ce monde, qu'en l'autre. Obtenez-nous de marcher courageusement avec vous à la suite de Jésus crucifié, et d'unir comme vous toutes nos souffrances aux siennes, pour puiser dans cette union la patience et le mérite d'une couronne immortelle. Ainsi soit-il.

 

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