Le Mois de Saint Vincent de Paul

 

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Vingtième jour

2e jour de la seconde neuvaine en l’honneur de Saint Vincent de Paul

7 octobre

 

La Visitation

 

Prélude. - Représentons-nous l'aimable et doux François de Sa les présentant l'humble et charitable Vincent de Paul aux religieuses de la Visitation.

 

Récit. - Vincent, comme nous venons de le voir, n'avait point songé à créer un ordre religieux. Ce n'est pas qu'il ne fût un très habile maître de la vie monastique. On le voit surabondamment à tant de monastères protégés par sa vigilance, et préservés de supérieurs incapables ou peu dignes. Il était le conseiller de la Rochefoucauld, depuis que le pieux cardinal avait accepté de diriger la réformation des cloîtres.

Or, il y avait déjà quelques années que Dieu avait fait éclore le saint Ordre des religieuses de la Visitation et cette nouvelle fleur commençait à répandre une odeur de suavité dans le jardin de l’Église. C'était de saint François de Sales, évêque de Genève, que Dieu s'était servi pour donner la vie et la première culture à cette mystique plante : le doux et saint prélat s'y était appliqué avec tous les soins que sa charité incomparable avait pu lui suggérer. La mère de Chantal avait été envoyée à Paris par son bienheureux père, pour y fonder un monastère de ce saint Ordre ; et elle y travailla avec tant de zèle et de prudence que, malgré toutes les oppositions, contradictions et persécutions qui lui furent faites, les murs de cette Jérusalem et de cette demeure de paix s'élevèrent comme par enchantement.

Lorsqu'il fut question de trouver un père spirituel et une supérieure pour cette religieuse communauté, c'est-à-dire un ange visible qui en fut le gardien pour y conserver le premier es prit que Jésus-Christ lui avait donné, saint François de Sales, qui avait un don tout singulier pour discerner les esprits, et sainte Jeanne de Chantal, qui avait un esprit très éclairé, choisirent notre saint pour lui confier ce qui leur était le plus cher et le plus précieux en ce monde. Dieu bénit ce choix et le gouverne ment de saint Vincent qui dura jusqu'à sa mort, quelques efforts qu'il fit pour se décharger de ce fardeau.

Mais, le nom même de la Visitation devait lui rappeler que cette aimable institution était restée incomplète, que le fondateur avait été empêché de faire tout ce que son cœur lui inspirait pour les nécessités de son siècle, et que sa bonne pensée, arrêtée à la porte de l’Église, attendait toujours un introducteur. François de Sales en effet s'était proposé d'appliquer ses religieuses à la visite des malades, de là le nom de Visitation : mais il y avait renoncé sur les représentations réitérées et encore trop puissantes, de certaines âmes timorées ou routinières, qui ne comprenaient pas une religieuse sans cloître, ni la contemplation dans les œuvres de charité extérieure. Vincent de Paul fut amené insensiblement à exécuter ce que François de Sales n'avait eu que la liberté de concevoir. Il y réussit avec une approbation qui a dignement justifié l'évêque de Genève et l'a couronné lui-même de la gloire la plus connue et la plus durable.

 

Pratique. - Unir la pratique de la vie intérieure à l'accomplissement des devoirs de la vie active.

 

Invocation. - Saint Vincent, modèle de la vie chrétienne, apprenez-nous à unir la vie active à la vie contemplative, comme fit le Sauveur, votre divin exemplaire.

 

L'esprit de Saint Vincent de Paul

 

Un supérieur doit avoir de la complaisance pour les scrupuleux ; il doit supporter leurs faiblesses et les écouter avec une grande patience. Il doit en agir de même avec les esprits difficiles et pointilleux, qu'il faut traiter avec beaucoup de ménagement, leur faiblesse étant plus digne encore de compassion que les maladies corporelles.

La gloire de Dieu et le salut des âmes sont les deux seuls objets qu'un supérieur doit avoir en vue. Il ne peut les procurer plus efficacement que par l'humilité et la douceur.

Le supérieur doit donner tous ses soins à ceux qui sont affligés de peines intérieures ou tourmentés par des tentations, pour les aider et les délivrer ; et s'il trouve en eux quelques oppositions, il doit s'efforcer de les vaincre par des manières douces et humbles.

Le supérieur doit avoir une amitié, une tendresse paternelle pour ses inférieurs ; il doit leur faire un accueil si affectueux, que chacun d'eux connaisse qu'il en est tendrement aimé.

Le supérieur ne doit pas se décourager par les difficultés qu'il rencontre, ni s'inquiéter de ce que son gouvernement ne plaît pas à tous. Oh ! combien n'y a-t-il pas eu de personnes qui n'ont pas approuvé, et combien n'y en a-t-il pas encore aujourd'hui qui n'approuvent pas la conduite de Notre-Seigneur Jésus-Christ lui même !

Rien n'est plus nuisible à une communauté que d'être gouvernée par des supérieurs trop faibles qui cherchent à plaire et à se faire aimer.

 

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