Le Mois de Marie

de Notre Dame du Rosaire de Fatima

 

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Treizième jour


Lecture

 

Enfin arrivait l’automne, et la douce mélancolie de la lumière mourante, avec la chute des feuilles. Le 13 octobre allait venir, où, pour la dernière fois, l'Apparition se manifesterait aux trois petits voyants. Elle leur avait demandé s'ils consentaient à venir, dans ce lieu, durant six mois de suite. Ils avaient vaillamment tenu leur promesse. Était-il concevable que ce charme qui les avait pris tout entiers puisse être rompu ? que le petit bouquet d’yeuses ne frissonne plus au contact céleste des pieds nus de Notre Dame ?

Beaucoup de personnes se promettaient d’accompagner les enfants, à cette ultime manifestation de Notre Dame et souffraient, au fond de leur cœur, de voir finir ces visites qui les consolaient. Notre Dame était invisible sans doute à leurs yeux, mais quoique cachée sa céleste présence faisait palpiter leurs cœurs doucement émus. Les pèlerins de septembre avaient tellement répandu, aux quatre coins du Portugal, leurs impressions profondes, que la renommée de Fatima était irrésistible. Chacun avait emporté quelques souvenirs rustiques, des feuilles, de petites branches du bouquet d’yeuses. Objets bien simples mais tellement précieux pour ces croyants ! Heureusement, il y eut des gardiens bénévoles pour empêcher sévèrement de cueillir rameaux cet feuilles, sans quoi il ne serait rien resté debout du petit bouquet d’yeuses.

Le 13 octobre, à l’aube, commença à affluer la foule de pèlerins, à la Cova d’Iria. Une émulation compréhensive pour ceux qui voulaient avoir une bonne place, à côté du bouquet d’yeuses, avait précipité la marche du cortège qui s'était massé tellement dense à cet endroit, qu'il fallut ouvrir un passage pour les trois petits voyants. Enfin, ils purent passer. En tête, et un peu plus grande que ses deux compagnons, venait Lucie. On la reconnaissait bien à sa figure brune, à sa grande bouche, à ses yeux pleins de vivacité et à sa démarche campagnarde. Ensuite venait Jacinthe, plus petite et un peu intimidée par tout ce monde. François la suivait, pressant ses petits pas, mais un peu gêné par ses sabots. Petites âmes ingénues, remplies d’une douce confiance en Marie en venant à l'invite de la Reine du Ciel.

S’étant rapprochés du bouquet d’yeuses, les enfants s’agenouillèrent et commencèrent à réciter le chapelet. Lucie fit un beau signe de croix et dit à haute voix : « Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ». Aussitôt, tous les assistants tombèrent à genoux et répondirent à la prière qu’elle faisait de sa petite voix bien claire. C'était comme un doux murmure s'étendant jusqu'à l’extrémité de la Cova d’Iria.

Au bout de quelques instants, tout d’un coup, la petite voix s'arrêta, l’Apparition était là. La foule l’avait compris et elle continuait à prier en silence. De nouveau, des milliers de mains s’élevèrent chargées de chapelets, comme pour aider leurs supplications à monter vers Marie, à côté d’eux, invisible au-dessus du petit bouquet d’yeuses.

Combien de larmes ruisselaient le long des joues ! Lucie semblait triste. Elle dira, plus tard, que le visage de Notre-Dame avait une expression de profonde tristesse et qu'Elle lui fit l’instante recommandation de demander pardon à Dieu de tous les péchés qui se commettent et de prier pour les âmes les plus nécessiteuses.

Ne s’agirait-il pas là de celles méritant l’enfer et qu’il faut arracher à cette perspective angoissante ?

Cette tristesse, empreinte sur le visage de Marie, indiquait le besoin de pénitence, pour le rachat des âmes pécheresses. La Mère du Christ n’était pas, hélas ! sans savoir ce que le péché a coûté de souffrances, à son Divin Fils, et à Elle-même, de larmes ! Elle voulait inculquer aux enfants l’horreur du péché, en leur dévoilant sa tristesse.

On pourrait établir un parallélisme étroit entre cette tristesse de Marie, manifestée aux trois petits voyants de Fatima, et celle manifestée à la voyante de Lourdes, le jour du miracle du Cierge, le 21 février 1858, jour de la sixième Apparition. « Le visage de Bernadette prit soudain une expression de profonde tristesse et des larmes glissèrent sur ses joues. Elle venait d'entendre l’Apparition proférer avec un soupir profond : Priez pour les pécheurs ! » (Histoire des apparitions de Lourdes par Henri Lasserre) Ce sera encore un message de tristesse miséricordieuse qu’elle donnera aux voyants de La Salette.

Cette tristesse profonde de Notre Dame manifestée aux trois petits bergers de Fatima montre éloquemment que, pour la Mère immaculée de Jésus, comme pour son Fils, le Divin Soleil de Justice, il n’est pas de plus profonde disgrâce pour l’homme que celle d’avoir offensé Dieu, son Créateur, son Souverain Seigneur et le meilleur des Pères.


Réflexions

 

Marie veut, dans toutes ces apparitions, frapper l’esprit et le cœur de ses confidents pour leur faire bien comprendre que, parmi tous les malheurs qui peuvent s’abattre sur l’homme, il n’y en a pas de plus grand que le péché.

 

I. Pourquoi le péché est-il le plus grand de tous les malheurs ?


Parce que, nous répond Saint Thomas, le péché est le mal de Dieu et le mal de l’homme.

a) Le mal de Dieu, car c’est le néant rebelle et armé qui s'attaque à la Toute-Puissance divine et voudrait l’anéantir. Le pécheur est un fils révolté contre son père ; c’est surtout un ingrat qui se sert de tous les biens reçus du Créateur pour l’outrager. Il profane son esprit, son imagination, son cœur, ses yeux, ses oreilles, sa langue, ses mains, tout son être créé par Dieu.

b) Le péché est aussi le mal de l'homme. - Le péché est l’œuvre de Satan qui « a été homicide dès le commencement » (Jean, 8, 44). Dieu a voulu le bonheur de l’homme, « même dans la vie présente », (1 Tim., 4, 8.) C’est pourquoi, dans sa sagesse infinie, « Il a tout disposé suavement quoique avec force ». (Sag., 8, 1.) Et, à cet effet, il a donné à l’homme des commandements, dont l’obéissance doit lui procurer ce bonheur, non seulement dans l’autre monde, mais même ici-bas. Or, l'erreur du pécheur est de croire qu'il réalisera ce bonheur en lâchant les rênes à la nature mauvaise et à toutes les passions, tandis que l’obéissance aux commandements l’en empêche, Alors, loin de réaliser le bonheur, il forge de ses propres mains la chaîne de son esclavage. Il souffre de son orgueil ; de son avarice ; du péché de la chair et de ses conséquences tragiques ; de l'envie ; de la gourmandise ; de la colère qui détermine, dans les glandes endocrines, des décharges d’adrénaline qui intoxiquent l'organisme ; de la paresse, enfin, génératrice de tous les vices. « Les peuples les plus heureux sont ceux qui observent le plus fidèlement le Décalogue ». (Le Play).

 

II. Comment conjurer le mal du péché ?


a) Moyen thrapeutique. - Le bon usage du sacrement de Pénitence. C’est le bain d’or de la grâce divine où l’âme se purifie de ses taches.

b) Moyen prophylactique. - Il faut éviter toute contagion morbide. Par là, comprenons la fuite de tout ce qui peut devenir une occasion volontaire de pécher. « Celui qui cherche le danger y périra ». Notre-Seigneur nous demande de veiller sur nous. (Marc 14, 38).

c) Le moyen tonique. - Notre-Seigneur nous l’indique : « Priez ! »

La prière est l’adjuvant puissant qui nous rend forts de la force même de Dieu. « Veillez et priez afin que vous n’entriez pas en tentation » (Matt., 26, 41). La vigilance dépend de nous, maïs la victoire dépend de Dieu. Or, par la prière, nous mettons Dieu avec nous, et « si Dieu est pour nous qui pourra quelque chose contre nous ? » (Rom., 8, 31).

 

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(On peut réciter les litanies de N.D. de Fatima ou simplement l’oraison et, ainsi, terminer chaque exercice)

 

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