Le Mois de Saint Dominique

 

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Seizième jour

Le couvent de Saint Sixte

 

Prélude. - Suivons pieusement Dominique, qui se rend pour la quatrième fois à Rome, et laisse partout sur sa route les plus suaves parfums.

 

Réflexions

 

Un attrait mystérieux, et comme invincible, pousse sans cesse Dominique vers Rome : c'est à Rome d'ailleurs que Dieu semble vouloir manifester le mieux son serviteur ! Nous en avons déjà médité les motifs ; mais, nous ne saurions trop les peser devant Dieu, à une époque où, le principe d'autorité étant ébranlé partout, l’Église doit sauver ce grand principe social, en manifestant de plus en plus la forte organisation de sa hiérarchie et l'autorité suprême du siège apostolique.

Le pape Honorius fit au saint prêcheur l'accueil le plus paternel et il insista auprès de lui, pour que, sans délai, il établit un couvent de son ordre dans la ville pontificale. Ce fut l'origine du couvent de Saint Sixte. Pendant qu'on le bâtissait sur la route que suivaient autrefois les triomphateurs romains pour monter au Capitole, Dominique, le grand conquérant des âmes, poursuivait le cours des triomphes de son apostolat. Les foules suivaient cet admirable prêcheur, la nature obéissait à ses commandements, sa famille spirituelle grandissait à vue d'œil. Quand il eut bâti son couvent, cent religieux l'y suivirent. Qui dira la ferveur de ces premiers Dominicains à Rome ! L'histoire nous a conserve les touchants récits de leur vénération pour le père. C'est que, à ce moment de sa vie, Dominique révéla toute la splendeur de sa mission providentielle : l'étoile étincelait, et la torche embrasait la ville et le monde. En aucun lieu et en aucun temps, le saint fondateur ne manifesta davantage l'autorité que Dieu lui avait don née sur les âmes ; c'est l'heure triomphale de sa belle existence.

Mais, encore une fois, cette mission extraordinaire, cette autorité exceptionnelle, cette influence miraculeuse sur les hommes et sur les choses, tout cela reste soumis à la volonté du successeur de Pierre. Rien ne se fera jamais, dans l'Église de Dieu, en dehors de cette soumission, qui sera même d'autant plus empressée que les hérauts de la Providence auront reçu une mission plus importante. Ainsi l'a voulu, ainsi l'a réglé le divin fondateur de la sainte Église.

 

Pratique : Se renouveler dans le respect et la soumission dus au pape dans l’Église universelle et aux évêques dans leurs diocèses.

Invocation : Saint Dominique, héraut du ciel, priez pour nous !

 

Trait historique

La visite des Anges

 

Un jour qu'il n'y avait rien à manger au couvent de Saint Sixte, Dominique commanda à frère Roger, le cellérier, de rassembler les frères pour le dîner, parce que le Seigneur pourvoirait à leurs besoins. On couvrit donc les tables, on posa les coupes, et, à un signal donné, tout le couvent entra au réfectoire. Le Bienheureux père prononça les bénédictions, et, tout le monde s'étant assis, frère Henri le Romain commença la lecture. Cependant le bienheureux Dominique priait, les mains jointes sur la table : et voilà que tout à coup, selon qu'il l'avait promis, par l'inspiration de l'Esprit Saint, deux beaux jeunes hommes, ministres de la divine Providence, apparurent au milieu du réfectoire, portant des pains dans deux nappes blanches, qui leur pendaient de l'épaule devant et derrière. Ils commencèrent la distribution par les rangs inférieurs, l'un à droite, l'autre à gauche, et mirent devant chaque frère un pain entier d'une admirable beauté. Puis, lorsqu'ils furent parvenus jusqu'au bienheureux Dominique, et qu'ils eurent mis semblablement devant lui un pain entier, ils inclinèrent la tête et disparurent,sans qu'on ait jamais su jusqu'aujourd'hui où ils allaient et d'où ils venaient. Le bienheureux Dominique dit aux frères : « Mes frères, mangez le pain que le Seigneur vous a envoyé ». Il dit ensuite aux frères servants de verser du vin. Mais ceux-ci répondirent : « Père saint, il n'y en a pas ». Alors le bienheureux Dominique, plein de l'esprit de prophétie, leur dit : « Allez au muid, et versez aux frères le vin que le Seigneur leur a envoyé ». Ils y allèrent, en effet, et trouvèrent le muid plein jusqu'au bord d'un vin excellent qu'ils s'empressèrent d'apporter. Et le bienheureux Dominique dit : « Buvez, mes frères, du vin que le Seigneur vous a envoyé ». Ils mangèrent donc et burent tant qu'il leur plut ce jour- là, le lendemain et le surlendemain… Le bienheureux père fit ensuite un très-beau sermon aux frères, pour les avertir de ne jamais se défier de la divine providence, même dans la plus grande pénurie. On apporta de ce pain et de ce vin aux sœurs qui demeuraient encore à Sainte Marie-au-delà du Tibre, et elles le conservèrent longtemps comme des reliques. (Relation de la ur Cécile).

 

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