Le Mois du Sacré Cœur de Jésus

 04

Vingtième jour

Sentiments que la vue du Crucifix doit inspirer au cœur du fidèle

 

Voix de Jésus

 

« Oh! que la seule vue d'un Crucifix devrait t'émouvoir, profondément t'émouvoir et enflammer ton cœur!.... Vois les enfants du siècle, Mon fils; vois comme les images de ceux qui les ont aimés leur sont chères! comme ils les conservent précieusement, comme ils les regardent avec plaisir, comme ils les baisent avec tendresse!.... Il y a eu des cœurs si sensibles aux services qu'ils avaient reçus, qu'après la mort de leurs bienfaiteurs, la source de leurs larmes était intarissable, et qu'après même de longs jours écoulés, ils les pleuraient encore comme au premier jour de leur deuil. Hélas! tel n'est pas ton cœur, ô Mon fils: le Mien a consommé pour toi le plus héroïque des sacrifices, et il l'a fait pour un ingrat; et il l'a fait sans autre intérêt que celui de cet ingrat; et il l'a fait avec des circonstances si douloureuses, si déchirantes, si capables de briser de compassion des cœurs d'airain ! Eh bien! Ce sacrifice a-t-il été compris? cet Amour est-il apprécié? Si Je ne t'avais pas témoigné cet Amour ineffable, si Je n'avais pas montré envers toi cet incomparable générosité, aurais-tu été à Mon égard moins reconnaissant, plus froid que tu ne l'as été ? M'aurais-tu oublié plus que tu ne l'as fait? tes offenses envers Moi auraient elles été plus nombreuses? aurais-tu moins pratiqué les vertus dont Je t'ai donné l'exemple? aurais-tu mis moins de soin à éviter ce qui blesse les regards si purs de ton Jésus? Oh! qu'il en eût été bien autrement, si tu avais su te pénétrer de tout ce que devait te rappeler l'image de l'autel sanglant où s'accomplit Mon Sacrifice! Oui, si tu avais regardé le Crucifix avec esprit de Foi, Mes pieds et Mes mains transpercés par des clous, Mon Côté ouvert par une lance, tu n'aurais pu qu'être saisi d'une pieuse émotion; tu te serais lié à Moi de plus en plus par un amour sincère, généreux; et Mon Cœur alors aurait joui de ton cœur Non que J'aie aucun besoin de ton amour, ni que tes dons ou tes refus puissent rien changer à Ma félicité inaltérable, parfaite; mais Je t'aime, et Je voudrais, pour, ton bonheur, que tu fusses tout à Moi. Que de fois, cependant, tu as permis à l'Ange des ténèbres, à Mon vil ennemi, de prévaloir dans ton cœur sur Mon Amour; et encore aujourd'hui que de fois il te demande et tu lui cèdes, Je te demande et tu résistes! Est-ce donc qu'il veut, comme Moi, ton bonheur? Est-ce qu'il a quelque grande récompense à te donner? est-ce qu'il t'aime? est-ce qu'il est aimable? est-ce qu'il est mort pour toi sur une Croix ? »

 

Réflexion

 

Oui, l'image de Jésus crucifié aurait dû m'animer toujours des plus vifs sentiments de reconnaissance et de fidélité. Quel est l'attrait du péché qui n'eût dû céder devant ce signe auguste de dévouement et d'amour? Quelle est la passion que n'eût dû amortir cette pensée: Mon Dieu est mort pour m'arracher à l'esclavage de ce mauvais penchant Mais, d'autre part, quel est le. sacrifice, quelque pénible qu'il soit, qui ne s'adoucisse à la vue de la croix, mémorial sacré de l'immolation sanglante à laquelle un Dieu s'est dévoué si généreusement pour mon bonheur ? Quoi ! mon Sauveur a daigné subir pour moi les douleurs de la flagellation, du couronnement d'épines, du crucifiement, et je refuserais de lui immoler les goûts et les commodités de la nature! Mon Dieu, ne Suivant que l'élan de son amour, a épuisé pour moi les amertumes les plus cruelles, les souffrances les plus vives, les angoisses les plus accablantes, et je refuserais de suivre la voix de sa grâce et d'accomplir ce qu'il demande de moi! O Crucifix! puissent mes yeux ne plus te quitter, et je marcherai à grands pas dans la voie de la piété la plus pure, la plus ardente, la plus généreuse.

 

Pratique

 

1° Faites toujours, avec une grande dévotion, le signe de la croix; baisez pieusement le crucifix, surtout dans vos heures de tentation, de tristesse ou de souffrance. 2° Toutes les fois que vous apercevrez quelque part l'image sainte de la croix, donnez quelque marque de respect à ce monument auguste de l'amour d'un Dieu pour les hommes; mais ayez soin de l'accompagner "d'un vif sentiment d'amour pour le cœur de Jésus, votre adorable victime.

 

Courage inspiré par la vue de la croix à un ouvrier

 

« Il y a, dans un de nos départements, un tisserand sur lequel il semble que le main de Dieu se soit appesantie. Pauvre, malade, abandonné, il éprouve les douleurs les plus aiguës et les privations les plus pénibles : son épouse, il est vrai, lui parait toujours tendrement attachée; mais les accès d'une mélancolie noire dérangent souvent la raison de cette femme; loin qu'elle adoucisse alors à son mari les misères de la vie, elle ne contribue que trop à les lui rendre plus amères. Au milieu des besoins les plus pressants et des infirmités les plus accablantes, cet homme montre une présence et une force d'esprit tout à fait admirables : rien ne lui fait perdre patience, rien n'abat son courage; il en a tant qu'il ne cesse d'exercer son métier. Que faites-vous, lui dit un jour un de ses voisins? Vous n'avez qu'un souffle de vie; à peine pouvez-vous vous soutenir, et cependant vous travaillez encore? Hélas! de quelle ressource peut être votre travail? Laissez-là ce métier, reposez-vous; et s'il vous reste encore quelque force, allez plutôt essayer si l'exposition de vos peines, faite en secret à quelque riche charitable, ne pourra pas vous procurer ce que vous attendez vainement de votre obstination au travail. Je n'en ferai rien, dit le malade, j'ai découvert un trésor; et tant que j'en jouirai, si je ne suis pas à mon aise autant que votre amitié vous le fait souhaiter, au moins mes peines ne seront-elles pas, à beaucoup près, si grandes que vous l'imaginez. Regardez, mon cher voisin, l'image du Fils de Dieu crucifié, collée contre cette muraille; voilà où est mon trésor; voilà où est mon cœur. La mort ne m'épouvantera pas tant que cette représentation vivifiante fera sur moi l'impression que je sens; je ne manquerai ni de confiance, ni d'espérance, ni de courage, ni même de joie, tant que j'irai les puiser dans les plaies de mon Sauveur. La douleur ébranle quelquefois mes résolutions, mais elle ne les ruine pas : quand je manque de tout, quand je suis abandonné, je considère que j'ai quelques traits de ressemblance avec le Christ expirant; quand le mal augmente, j'ai recours à l'image de la croix, et il en sort une vertu qui me le rend supportable. Qu'il est glorieux à un homme de ma condition, à un homme qui ne peut être regardé que comme un vil rebut du monde, d'avoir le Roi des rois pour consolateur et pour modèle! » (Extrait d'un manuscrit de M. Delauro-Dubez, conseiller à la cour royale de Montpellier, auteur de l'Athée redevenu chrétien).

 201_001

Pour recevoir chaque jour les méditations du Mois du Sacré Cœur, ainsi que des prières, être tenu au courant des mises à jours du blog, abonnez-vous à la newsletter d'Images Saintes.