Le Mois du Très Saint Sacrement

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Douzième jour

Le Vendredi

Fête du Sacré-Cœur

 

Dieu allume en nos cœurs

Le Feu de Son Amour.

Je Vous salue Marie.

 

« Mes yeux et Mon Cœur seront toujours là ». Si le Seigneur fit autrefois cette promesse à Salomon, après qu'il eût bâti le temple de Jérusalem, comment, le Sauveur Jésus ne la renouvellerait-Il pas à chaque instant en notre faveur, Lui qui s'est donné à nous avec tant de générosité et qui a voulu habiter dans nos Saints Tabernacles, jusqu'à la fin des siècles ! Le Cœur de Jésus est là ! L'Eglise rend à ce Cœur Adorable des hommages solennels dans le monde entier. Elle veut l'honorer par un culte digne de Sa Sainteté infinie. Rien n'est plus juste et plus raisonnable. Jésus-Christ a laissé Son Cœur à Ses enfants lorsqu'Il leur a dit : « Ceci est Mon Corps ». En se donnant Lui-même, le Divin Sauveur donnait tout ce qui est dans Lui, tout ce qui constitue l'adorable personne du Verbe fait chair. Il donnait par conséquent Son Cœur !... Il faut bien le remarquer, la fête et la dévotion au Cœur Adorable de Jésus ont pour objet ce Cœur Divin considéré principalement dans la Sainte Eucharistie.

« L'Église a institué la Fête du Sacré Cœur de Jésus pour que les fidèles a honorent, avec plus de ferveur et de dévotion, la charité de Jésus-Christ instituant le Sacrement de Son Corps et de Son Sang, et en même temps pour qu'ils reçoivent des fruits plus abondants de cette Divine Charité ». Mais qui dira le trésor que possède l'Eglise en possédant le Cœur de Jésus ! Faut-il s'étonner de voir la dévotion à ce Cœur sacré répandue dans le monde entier et devenue la dévotion de toutes les âmes qui éprouvent le besoin d'aimer beaucoup, et qui ne trouvent qu'un vide immense dans l'amour de tout ce qui est créé ! Le Cœur de Jésus ! Mais y a-t-il une âme pure, une âme pénitente, une âme sensible qui n'éprouve le besoin de l'aimer et de lui être entièrement consacrée ? Qui pourrait se défendre de cette force qui nous presse, qui nous pousse vers cette céleste dévotion ? Ah ! L'âme qui connaît un peu Jésus-Christ n'oppose à cet attrait aucune résistance.

Le Cœur Adorable de Jésus est là ! Je regarde l'autel, je contemple la porte du Tabernacle, et je me dis à moi-même : « Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes ! Voilà ce Cœur d'un Homme-Dieu, dans Lequel habite la plénitude de la Divinité ! Voilà la Source de toutes les richesses, le Trône de la Sagesse de Dieu ! C'est le chef-d'œuvre de la toute-puissance ! Ce Cœur a été formé dans le Sein Virginal de Marie, et, pendant neuf mois, tous Ses battements étaient des élans d'amour et des actes du désir le plus violent d'honorer Dieu, et de sauver l'homme coupable. Il continue dans le Tabernacle, sur l'Autel, ce qu'Il fit dès le premier instant de l'Incarnation, et pour mettre le comble à Son Amour, Il veut prendre Son repos sur mon propre cœur, choisir ma poitrine pour Son Tabernacle, et me permettre de ne faire plus qu'une chose avec Lui, afin que les mouvements de mon cœur se confondent avec les mouvements du Sien.

Occupons-nous aujourd'hui des qualités éminentes du Cœur de Jésus, en le considérant devant nous, dans la Divine Eucharistie. Les perfections qui sont en Lui le rendent tellement agréable aux yeux de Dieu, que rien dans tout ce qui a été créé, n'est plus capable d'être l'objet de Ses complaisances. Nous allons en donner la raison.

 

Premier point

Le Cœur de Jésus est l'objet le plus cher à Dieu à cause de Son infinie Pureté

 

Dieu aime ce qui est saint. C'est par la sainteté qu'on approche de Lui. Plus un objet est saint, plus il est agréable à Dieu. Or, rien dans l'univers, dans le Ciel comme sur la terre, rien n'est pur, rien n'est Saint comme le Cœur de Jésus. Pour former le Cœur matériel du Sauveur, il a fallu le Sang de la plus pure des Vierges. L'Eglise s'écrie : « Dieu tout-puissant et éternel, Vous avez préparé, par l'opération du Saint Esprit, le corps et l'âme de la Vierge Marie, pour en faire le digne Tabernacle de Jésus-Christ Votre Fils ». Oui, la Toute-Puissance de Dieu, la Sagesse et l'Amour infinis ont préparé le corps et l'âme de Marie. Marie a été conçue sans péché. Elle a été préparée par des grâces et des privilèges inouïs ; il a fallu qu'un Ange pût dire : « Je Vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec Vous !... » Alors cette Vierge immaculée a fourni de son sang pour former le Cœur matériel de l'Homme-Dieu.

Mais à peine l'Ame humaine de Jésus-Christ est créée et unie à sort Corps, le Saint Esprit se communique à cette âme, et alors s'accomplit ce qu'avait vu de loin Isaïe, et ce que Jésus-Christ dira de lui-même : « Le Saint Esprit s'est reposé sur Moi. Il M'a oint d'une onction sainte ». Et de quelle onction, si ce n'est de cette onction de sainteté infinie, qui est la plus grande richesse de Dieu ? Mais cette âme humaine doit être l'âme d'un Dieu. Le Cœur de Jésus-Christ est déifié dans sa création. Il n'existe pas un instant sans être orné de cette pureté, de cette sainteté qui est en rapport avec Sa haute dignité de Cœur d'un Dieu ! La pureté, la sainteté de Dieu même, infinie, incréée ; onction divine dont le parfum, du Cœur de Jésus, se répandra sur toute Son adorable personne ! Parfum sacré qui pénètre et embaume le Cœur de Jésus par une faveur qui ne peut et ne doit être accordée qu'à Lui seul.

Ah! chantons avec l'Église : « Gratias agimus tibi... quoniam, Tu solus Sanctus, Jesu-Christe... Nous Vous rendons grâce, car Vous êtes le seul saint, Jésus-Christ ». Disons-le à Jésus : « Tous les mouvements, tous les soupirs de Votre Cœur, tous Vos sentiments et tous Vos désirs sont d'une Pureté, d'une Sainteté infinie, de la Pureté et de la Sainteté de Dieu même. Il suit de là que Dieu, en parcourant de Son regard l'immensité des Cieux, en mesurant tout l'espace occupé par la Création, ne saurait y rencontrer un objet plus précieux et plus cher à Son Cœur que le Cœur de Jésus. Ce Cœur est donc l'objet des complaisances infinies de Dieu ; il fait ses plus chères délices. Ah ! Il sera aussi mon Bien, mon Trésor, mon Tout !... Mais moi aussi je veux attirer les regards de Dieu sur moi, je veux être cher à Dieu. Je vais donc examiner mon cœur. Est-il pur ? Je travaillerai constamment à le purifier davantage. Que dis-je ? c'est Vous qui le ferez, ô Jésus ! Vous avez dit : « Heureux ceux qui sont purs par le cœur ». Eh bien Seigneur, créez dans moi ce cœur pur, et purifiez-moi jusqu'au plus intime de mon être.

 

Deuxième Point

Le Cœur de Jésus objet des complaisances de Dieu, parce que c'est le Cœur le plus aimant

 

Le cœur a été donné à l'homme pour aimer. La vie est toute dans l'amour. Aimer c'est donc notre fin. L'objet de l'amour doit être la souveraine amabilité. C'est Dieu. Ce qui est aimable, c'est la beauté et la bonté. Or, Dieu étant infiniment bon, infiniment beau, est, par là même, souverainement aimable. Hélas ! L'homme avait oublié cette vérité. Son cœur s'était détourné de Dieu ; il s'éloignait de sa fin ; ses affections se dirigeaient vers les créatures. Pour réparer ce mal et rétablir l'ordre violé par les hommes, Dieu prend un cœur d'homme. Et quand il veut envoyer sur la terre ce Feu de l'Amour qui doit faire rentrer tous les cœurs dans la voie qu'ils avaient abandonnée, il crée le cœur de Jésus.

Voilà donc, dans l'adorable mystère de l'Eucharistie, un cœur d'homme, mais d'un Homme-Dieu ! C'est le Trône de l'Amour parfait, le Siège d'une Charité immense, le Sanctuaire de Celui qui s'appelle un Feu Brûlant ; c'est le Foyer d'où s'élèvent les flammes qui vont embraser les plus grands cœurs. Madeleine, Augustin, François d'Assise, Thérèse, avaient reçu dans leur poitrine une étincelle de ce Feu Sacré !...

O prodige ! L'homme peut aimer Dieu comme Dieu mérite d'être aimé ! Parce que l'homme aime Dieu avec le Cœur de Jésus, par le Cœur de Jésus, dans le Cœur de Jésus. Mais Dieu a dit : « Moi J'aime ceux qui M'aiment ». Alors, dites si vous le pouvez, de quel Amour Dieu aime le Cœur de Jésus ? Pour le comprendre, il faudrait aussi comprendre l'impétuosité, la force, la vivacité de l'amour qui, du Cœur de Jésus, commença à s'élever jusqu'au sein de Dieu, dès le premier instant qui suivit la création de ce Cœur Adorable. Pendant les neuf mois qui suivirent sa conception dans le Sein de Marie, à la Crèche, à Nazareth, dans sa fuite en Egypte, dans le Temple, Jésus sait qu'Il n'existe en sa qualité D'homme-Dieu que pour remplacer les cœurs d'hommes qui ont refusé d'aimer Dieu, et pour embraser les cœurs que Son Père a désignés pour être Siens ! Alors quelle immensité dans cet Amour qui est venu visiter la terre Pour l'enivrer ! L'Amour Divin habitant dans ce Cœur adorable, c'est Dieu qui aime Dieu par le Cœur d'un Homme-Dieu ! Ô abîme ! Qui en sondera la profondeur !...

Eh bien ! ce prodige continue dans la Divine Eucharistie, appelée par excellence le Sacrement d'Amour. Demandez à Jésus-Christ ce qu'Il fait dans le Saint Tabernacle, Il vous répond : « Mon Coeur brûle au-dedans de Moi ». J'ai dit à mon Père : « Me Voici ! », Dieu peut-il aimer quelque chose au-dessus du Cœur de Jésus ! Et moi ! Mais Dieu est-il satisfait de mon amour pour lui ! Ah ! Seigneur ! comme je Vous ai connu bien tard§ Comme je vous ai aimé trop tard, ô amabilité infinie !

 

Troisième point

Le Cœur de Jésus, objet des complaisances de Dieu, à cause de Son zèle pour la gloire de Dieu

 

A Dieu seul est dû l'honneur et la gloire. Tout ce qui existe doit contribuer à la manifestation et à la propagation de cette gloire. Hélas ! Comme cette vérité est oubliée par le plus grand nombre des hommes ! Assistons en esprit à la création du Cœur de Jésus. Ne semble-t-il pas que le Saint Esprit s'adressant à ce Cœur Divin, au moment où Il vient de le former, Lui adresse cette parole : « Rends Gloire A Dieu » ? Voici en effet ce Cœur que Dieu a trouvé, ou plutôt qu'Il a destiné de toute éternité pour le glorifier de cette gloire infinie qui est due au Souverain être et qui n'est due qu'à lui seul ! Imaginez tous les genres d'honneur, toutes les louanges, tous les témoignages de respect, toutes les adorations, jamais vous ne comprendrez la gloire que rend à Dieu le Cœur adorable de Jésus. C'est un Autel mystérieux, sur lequel brûle continuellement un parfum délicieux de louanges et d'actions de grâces qui réjouit le Cœur de Dieu ! Eternellement, Marie, les Anges et tous les élus placeront sur cet autel leurs adorations, leurs hommages les plus purs !

Le Cœur de Jésus étant un Cœur d'homme, Il a pu glorifier Dieu par le sacrifice, et par le sentiment de toutes les vertus. Sentiments d'humilité, d'obéissance, d'anéantissement... Il a pu glorifier Dieu par l'adoration et la prière. Et qui dira la gloire qui revient à Dieu de ces adorations et de ces hommages ? Pendant qu'il était sur la terre, Jésus-Christ n'a désiré que la gloire de son Père. Il a travaillé constamment pour procurer cette gloire. Dans le Ciel, le Cœur de Jésus loue et glorifie continuellement l'adorable Trinité. Dans la Divine Eucharistie, le Cœur de Jésus se consume en saints désirs de la gloire de son Père, et Il rend à chaque instant une gloire infinie à cette Majesté Souveraine ! Voilà donc ce qui fait du Cœur de Jésus l'objet le plus précieux aux yeux de Dieu. Mon cœur est-il pour Dieu un objet de complaisance ? Il le sera s'il ne cherche et ne désire, en toutes choses, que la plus grande gloire de Dieu.

Ô mon adorable Sauveur ! j'ai le désir d'être quelque chose, et je comprends que l'on n'est en réalité que ce que l'on est devant Dieu! Or, aux yeux de Dieu l'on n'est quelque chose que par le cœur. La beauté, les richesses, le pouvoir, les talents ne sont rien ; Dieu ne peut y avoir égard, le cœur seul peut plaire à Dieu. Ah ! Je vais m'appliquer à rendre mon cœur digne de Dieu par la pureté, l'amour, le zèle pour la gloire de Dieu. Je travaillerai à rendre mon cœur semblable au Cœur de Jésus. Tous les jours, je viendrai adorer ce Cœur divin dans le Sacrement d'Amour. Je m'unirai à Lui par la conformité de mes sentiments avec les siens ; et par-dessus tout je m'efforcerai de me rendre digne de cette union mystérieuse que Jésus forme Lui-même, entre son Cœur et le cœur des Siens, par la Sainte Communion !...

 

Jesu, Patris Cor unicum,

Puris amicum mentibus,

Puris amandum cordibus,

In corde regnes omnium.

 

Jésus, Cœur unique du Père,

Ami des âmes chastes,

Amour des cœurs purs,

Régnez dans tous les cœurs.

 

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