04 mai 2010

Le Mois de Notre Dame du Sacré Cœur

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Le Mois de Notre Dame du Sacré Cœur

Cinquième jour

Cinquième Considération

Notre Dame du Sacré Cœur première apôtre du Cœur de Jésus dans le Mystère de la Visitation

L'apostolat du Sacré Cœur

« Voici sur les les montagnes les pieds de Celui qui évangélise et annonce la Paix » (Nahum 1: 15)

Que veut le Cœur de Jésus dès ses premiers battements? Glorifier Dieu par le salut des âmes et répandre sur l'univers entier les flammes de l'amour divin dont il est consumé. « Je suis venu , dit-il, mettre le feu sur la terre, et quel est mon désir, sinon de le voir s'étendre ? » Admise aux plus intimes secrets de ce Cœur Sacré, Marié, au premier instant de sa maternité divine, conspire saintement avec son divin Fils pour l'exécution d'un si grand dessein. Reine des Apôtres, elle fait la première ressentir au dehors les puissantes influences de ce Cœur souverainement adorable, de ce Cœur qui repose sur le sien. qu'Elle vient de former de sa substance et sur lequel Elle exerce déjà un doux empire. Elle quitte sa demeure, franchit, malgré les difficultés de la route, toutes les distances; Elle traverse les montagnes pour se rendre auprès d'Élisabeth. Que va-t-Elle y faire ? Elle va porter dans sa maison un trésor qu'Elle possède, un trésor qui lui appartient: c'est le Cœur du Rédempteur; c'est le Cœur du Verbe incarné dans son chaste sein; c'est le Cœur de son Fils qui renferme le bonheur et le salut; Elle est heureuse d'être déjà l'apôtre de son amour et de sa miséricorde et de répandre sur les âmes les grâces dont Elle est la dispensatrice; Elle montre déjà qu'elle est Notre-Dame du Sacré-Cœur. La conversation intérieure du Cœur de Jésus trompe la longueur de la route, embrase l'âme de Marie au point qu'arrivée aux portos d'Hébron, Elle peut dire comme les disciples d'Emmaüs aux portes de Jérusalem: Mon cœur ne brûlait-il pas d'une vivante flamme lorsque ce Dieu caché me parlait le long du chemin? Comme le parfum trahit la fleur, comme l'éclat du soleil précède sa venue, la sainteté de Celui que Marie porte avec Elle a fait goûter ses attraits puissants dans la maison d'Élisabeth. La mère du Précurseur s'avance pleine de joie vers Marie et s'avoue hautement indigne de tant de bontés. « D'où me vient ce bonheur que la Mère de mon Dieu daigne me visiter? A peine votre voix a-t-elle frappé mon oreille que mon enfant a tressailli d'allégresse dans mon sein. Vous êtes bien heureuse d'avoir cru, parce que toutes les paroles du Seigneur s'accompliront en vous ». Elisabeth est la première créature humaine qui reconnaisse publiquement le mystère opéré dans Marie. Au nom des patriarches et des Apôtres, au nom des Anges et des hommes, elle remercie la Vierge d'avoir donné son consentement aux volontés du Très-Haut. Elle ne peut voir de ses yeux le chef-d'œuvre de l'infinie Sagesse, le Verbe fait chair, mais elle éprouve déjà les vertus toutes-puissantes qui s'échappent par Marie du Cœur de ce Dieu fait homme par amour pour nous. Elle peut déjà nommer l'auguste Vierge Notre-Dame du Sacré-Cœur. Jean, dont la mission sublime est d'être ici bas le précurseur de Jésus, fait éclater sa joie à l'approche de son Maître ; il tressaille d'allégresse; il lui tarde d'avoir une voix pour annoncer à tous que le royaume du Ciel est proche. On dirait qu'il entend déjà le Père céleste prononcer sur l'Enfant-Dieu ces paroles qui feront retentir un jour les bords du Jourdain : Voici mon Fils bien-aimé en qui j'ai mis toutes mes complaisances.

Pour Marie, Elle fait entendre un chant d'amour dont l'univers entier depuis dix-huit siècles est heureux de se faire l'écho, et que le Ciel lui-même répète avec joie: « Mon âme, s'écrie-t-Elle, glorifie maintenant le Seigneur... Magnificat anima mea Dominum... Le Tout Puissant a fait en moi de grandes choses... » Il l'a rendue Mère de Dieu et établie Souveraine de son Cœur. Aussi toutes les générations la proclament-elles Bienheureuse. Relisons et méditons dans le silence de notre âme ce sublime cantique de l'auguste Vierge; écoutons cette céleste harmonie s'échappant de son cœur, inspirée par le Cœur de Jésus dont Elle est la Reine, et nous comprendrons des choses que la plume ne peut écrire ni la langue exprimer...

Oh ! si nous pouvions, à l'exemple de Marie, rendre nos frères participants des bienfaits du Sauveur; si nous pouvions, embrasés de l'amour de son adorable Cœur, répandre dans d'autres cœurs le feu divin, le véritable feu sacré, que nos pas seraient beaux sur cette terre; que notre vie serait bien employée! que de nouveaux Jean-Baptiste naîtraient peut-être au souffle de notre parole! que de cœurs sanctifiés! que d'âmes sauvées ! Pour obtenir cette consolante faveur du Ciel, empruntons les accents de notre Mère et, avec son secours ne cessons jamais de remercier Dieu de toutes les grâces qu'il nous a faites, en nous donnant à la fois et le sacré Cœur et Marie qui en est la Dame, c'est-à-dire la souveraine maîtresse.

Allégorie

Par les ordres de l'impie Aman la nation juive allait périr, lorsque Dieu suscita un songe au sage Mardochée. Il vit une faible source qui devint un fleuve, et ce fleuve se changea en lumière, et cette lumière en soleil, et ses eaux resplendissantes de clarté se répandaient partout avec abondance. Or, cette vision, dit le texte sacré, signifiait Esther, qui devait sauver son peuple de la mort. Sous ce gracieux symbole, qui ne reconnaîtrait encore mieux Marie? Toutes les nations étaient assises à l'ombre de la mort et le démon méditait la ruine du genre humain, lorsque d'une humble maison de Nazareth sortit une petite source, faible en apparence, mais plus limpide que l'azur du ciel. Cette source portait en elle toutes les eaux de la grâce et toutes les splendeurs de la divinité; Elle portait le Cœur de Jésus. Comme un fleuve qui va s'agrandissant de jour en jour, Marie pleine de grâce inonda tout de ses bienfaits ; Elle répandit l'allégresse dans la demeure d'Élisabeth et toutes les générations furent aussi appelées à recevoir les dons de la Vierge des vierges. C'est pourquoi Marie nous apparaît tantôt comme ce fleuve inépuisable qui réjouit la cité de Dieu, et tantôt comme la femme mystérieuse revêtue du soleil. Partout Elle apporte la lumière et la joie. Pourquoi ? parce qu'Elle a la clef du Cœur de son Fils, qui est la source intarissable de toutes les grâces et qu'Elle peut l'ouvrir à son gré.

Histoire

« Je vous adresse, mon Révérend Père, un souvenir en actions de grâces, que je vous prie de mettre aux pieds de Notre-Dame du Sacré-Cœur. Une faveur signalée vient de m'être accordée par cette bonne Mère; voici à quelle occasion: Gardant la chambre et le lit depuis de longues années, par suite d'une longue et cruelle maladie, et en dernier lieu épuisée par deux mois de souffrances morales et physiques, je voyais venir une nouvelle peine qu'il me faudrait supporter: la douleur de ne pouvoir assister à la première communion de mon plus jeune fils. Cette pensée pour moi était si cruelle, que je n'avais pas le courage de m'y arrêter. Un lundi, 2 mai, ma fille m'apporta, de la part d'une des dames de sa pension, une notice sur Notre Dame du Sacré-Cœur, en me conseillant d'invoquer Celle qui est toute-puissante sur le Cœur de son divin Fils. Mes enfants et moi nous commençâmes immédiatement à prier cette bonne Mère,sous ce titre si grand et si doux. Notre confiance était ferme. Nous ne fûmes pas trompes dans notre attente : je sentis un mieux inespéré, et le jeudi suivant, 5 mai, on me transporta à la pension, où. j'ai pu assister à la touchante cérémonie de la première communion de mon enfant. Je demeurai à jeun malgré la musique et la prédication, ce que l'état de mon cerveau ne me permettait pas de supporter depuis bien des années. Le mieux a continué avec quelques alternatives sans doute, mais je ne puis m'empêcher de regarder ce qui s'est passé le 5 mai et mon état actuel comme l'effet d'une protection miraculeuse... Malgré des épreuves multipliées, je ne suis pas retombée dans mon ancien état. A chaque instant il me semble toucher à mes plus mauvais jours, mais on dirait qu'une main toute-puissante me retient au bord du précipice. Comment ne pas voir que c'est la main de Notre-Dame du Sacré-Cœur qui me protège!... Quand on considère toute chose au flambeau de la foi, la vie, même an milieu des amertumes, paraît toute autre qu'elle n'est aux yeux du vulgaire. Dieu gouverne tout avec une sagesse infinie et une grande miséricorde. Mais Dieu est juste et nous en sentons parfaitement les effets. Si une mère intercède en faveur de ses enfants, rarement il se trouve un cœur assez dur pour résister à ses prières et à ses larmes. Marie est notre mère, Mère bien-aimée du ciel, qui contrebalance plus d'une fois la juste rigueur dont Dieu châtie le coupable. En l'invoquant sous un titre qui flatte à la fois son amour de Mère de Dieu et de Maitresse du Cœur de Jésus, rien ne saurait résister à ces deux titres. Elle les présente à son divin Fils, et les grâces les plus abondantes viennent consoler les cœurs affligés. C'est ainsi qu'une mère désolée, vivant au milieu de souffrances morales et physiques, implore Marie; et un matin, jour le plus heureux pour une mère, une douce espérance descend du Ciel; elle se sent assez forte pour assister au spectacle si beau de la première communion de son enfant. Heureuse mère!... qui sait faire remonter au Ciel toute la reconnaissance dont son cœur est rempli! Gloire et amour à Notre-Dame du Sacré-Cœur!

Prions les uns pour les autres

« En ce mois de marie que maman Marie intercède auprès de son fils pour le visas de mon fils en cote d'ivoire et aussi de la situation britannique de mon partenaire. Aussi qu'elle me permette d'avoir un cœur semblable a son Cœur ». (M.S.)

« Comme une mendiante, je continue à demander des prières pour un enfant de 10 ans, Andrea...(à Turin – Italie) paralysé cloué dans un lit d'hôpital, il ne parle pas, même pas pour dire combien il souffre... Notre-Dame du Sacré Cœur ayez pitié de cet enfant… Saint Joseph, berce dans tes bras cet enfant ... soulève ses souffrances muettes... » (L.C.)

« Merci à notre maman du ciel je t'aime très fort je te confie toute ma famille et tous ceux que j'aime veille sur eux, merci pour toutes les grâces que tu nous donnes ». M.J.)

« Merci maman Marie pour la maison de la famille Assemien ». (M.S.)

« Marie, je vous confie mon mari Antoine, qui est toujours bien malade, pour que mon fils Patick puisse fonder un foyer, comme il le souhaite avec une fille croyante. Puisse aussi pour moi -même pour mes problèmes de santé que je puisse faire face aux difficultés actuelles et accompagner mon mari dans la patience et la paix. Merci à Notre Dame du Sacré Cœur ». (M. P.)

« En ce mois de marie. je demande a maman Marie de nous aider moi et mon époux qui sommes dans une situation triste en ce moment car nous avons perdu notre bébé et nous voulons que nos coeur soient tournés vers la prière toujours. nous demandons surtout beaucoup de prière que Dieu nous donne d'autres enfants ». (K.J.)

« De tout mon cœur, Maman Marie intercède  auprès de ton fils Jésus pour que le cœur de Victor soit touché aujourd’hui et à jamais ; qu’il reçoive Dieu dans son cœur et se remette sur le bon chemin. Maman Marie qui défait les nœuds, je te confie ce nœud de la maladie de mon grand Frère .Vois Maman Marie la souffrance de sa femme et de ses enfants. Couvre  les de ton manteau maternel et intercède pour eux ». (T.Z.)

« En ce mois marial, que la vierge Marie puisse m'envelopper de sa paix. Car j'en ai besoin suite au décès de mon époux; je vous confie ma fille Ranz Pétunia dans vos prières afin qu'elle puisse réussir brillament au baccalauréat série A1. Merci ». (M.D.)

« Par l'intercession de notre dame de la paix, prions pour que son fils notre Seigneur Jésus-Christ  ramène la paix en Côte d'Ivoire » (J.N.)

« Sainte Vierge Marie, notre Maman du ciel, intercède pour ma nièce Sylvie, pour trouver un appartement plus grand afin de loger toute sa famille je te remercie de toutes les grâces que tu nous donnes. sainte vierge marie je t'aime très fort. » (M.J.)

« Maman marie intercède auprès de ton fils et obtient pour Nyarko son affectation, pour Ghislain la réussite aux concours de l'école de police ». (N.D.)

« Que notre Dame du Sacré Cœur protège mon fils Junior qui se trouve loin de moi. Merci ». (M.D.) 

 

En ce mois de Marie, si vous avez des intentions à confier à la prière des internautes, envoyez-les à franck.monvoisin@laposte.net

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03 mai 2010

Le Mois de Notre Dame du Sacré Cœur

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Le Mois de Notre Dame du Sacré Cœur

Quatrième jour

Quatrième Considération

Vie du Cœur de Jésus en Notre Dame du Sacré Cœur

Vie du Cœur de Jésus en nous

« Un seul est votre Maître, c'est le Christ. » (Math. 23, 10)

Pendant neuf mois, l'univers ignore le trésor qu'il possède. Jésus est incarné dans Marie qui a goûté les premières joies de sa présence. Les Anges seuls sont initiés au mystère. Jésus, fruit de Marie, est l'œuvre de l'Esprit-Saint; auteur même de la loi, il en instruit sa Mère. Jusqu'alors Dieu avait instruit la Vierge par les prophètes; aujourd'hui il lui parle par son Fils. C'est là dans le secret de ce nouveau tabernacle, qu'il réside. Elle entend sa voix; Elle est pénétrée de son amour; son cœur palpite sur ce Cœur sacré; Elle vit pour Lui, en Lui et par Lui; et Lui vit pour Elle, en Elle et par Elle. Donc Elle est la glorieuse souveraine de ce Cœur divin. Oh! ineffable union! qui pourrait comprendre les communications intimes échangées entre la Mère et le Fils! Le Verbe fait chair vient pour sauver tous les peuples; neuf mois, il est obligé de retenir le zèle qui le dévore ; mais le Très Haut, dans son éternelle sagesse, a tout prévu. Les prémices de ce zèle doivent se concentrer sur Marie. Tous les miracles opérés plus tard par le Sauveur ne sont rien comparés à ceux qu'Il opère dans le sein virginal. Dans la Galilée, Il travaillera sur des éléments rebelles ou au moins indifférents; ici, Il travaille sur une âme où tout s'accorde pour faire fructifier de la manière la plus admirable la bonne semence.

Dans ses prédications apostoliques, ses paroles seront souvent semblables à la voix de celui qui crie dans le désert; ici il se trouve un cœur affamé de la sainte doctrine, et « si la Vierge, dit le cardinal de Bérulle, était si soigneuse, comme l'Évangéliste nous l'apprend en deux endroits, de recueillir les actions et paroles même d'autrui sur son Fils, et les conserver en son cœur, sans laisser tomber à terre une seule parole qui concerne chose si grande, combien à plus forte raison aura-t-elle été attentive aux actions intérieures de son Fils et aux doux battements de son cœur ! » A Jérusalem, il trouvera des contradicteurs, des bourreaux, des apôtres infidèles; il sera poursuivi; son sang retombera en malédictions et en terribles anathèmes sur le peuple déicide; ici, chaque goutte de son sang jaillit jusqu'à la vie éternelle ; chacun de ses soupirs enfante un prodige de grâces, et il donne à cet âme tout ce qu'il a et tout ce qu'il est. Méditons cette dernière parole, et les grâces dont Marie est comblée nous paraîtront si grandes et si nombreuses que l'horizon s'en étendra de plus en plus devant nous. Un regard de Jésus, une parole, une prière, une vertu échappée de Lui, opéreront des miracles; mais ici, tout ce qu'Il dit, tout ce qu'il fait, part de son sacré Cœur et tombe directement sur le saint Cœur de Marie, pour y germer en abondante moisson de bénédiction et de salut.

Admirateurs des actions de Jésus dans Marie, et de la correspondance de Marie aux grâces de Jésus, n'avons-nous pas les mêmes privilèges? Il est dans notre vie. des jours heureux où la sainte communion dépose en notre cœur le Cœur sacré de Jésus. Quelle faveur nous est accordée ce jour-là! Nous pouvons tout demander, puiser largement et sans cesse; Jésus ne vient si riche à nous que pour nous donner l'occasion de nous enrichir par Notre-Dame du Sacré-Cœur.

Allégorie

Une ville d'Italie, Lorette, possède le temple le plus merveilleux qui soit et sera jamais dans tout l'univers: le premier temple de pierres que le Verbe incarné s'est choisi; là, l'œil contemple avec bonheur la petite maison de Nazareth, cette pauvre demeure quatre fois transportée avec tant de respect par les Anges; la foule des pèlerins accourt avec une religieuse vénération s'agenouiller auprès de ces murs mille fois bénis. Si la maison de Nazareth est si vénérable, que dire de Marie, premier sanctuaire et vivant tabernacle où reposa le Créateur? Les murs qui abritèrent Jésus ont retenti des accents de sa voix, ont été témoins des mouvements de son Cœur sans les comprendre; les regards du divin Maître se sont arrêtés sur eux sans les faire tressaillir; on n'y peut révérer que l'endroit où se sont arrêtés ses pas. Marie, au contraire, a saisi tout ce qu'il y avait de divin dans les paroles de son Fils, tout ce qu'il y avait de suave et d'attrayant dans chacun de ses regards, et tout ce qu'il y avait de miséricordieux dans les désirs de son Cœur; et ce Cœur adorable était cependant sous sa dépendance et reconnaissait son autorité ineffaçable. O prodige! ô mystère! une créature commande au Cœur roi des cœurs! Peut-on lui refuser le titre de Notre-Dame du Sacré-Cœur?

Histoire

Ce n'est point en vain que nous prenons Marie pour patronne et pour protectrice. Heureux ceux qui vivent à l'ombre de ses ailes! dans le temps et dans l'éternité, ils en sentiront l'effet salutaire. Lisons le récit d'une protection toute particulière accordée à de pauvres jeunes filles, et nous y trouverons de quoi satisfaire notre piété et augmenter notre confiance. « Ah! mon Révérend Père! quelle plume sera assez éloquente pour écrire les grâces déjà obtenues par Notre-Dame du Sacré-Cœur! Mais si les expressions me manquent pour raconter dignement les faveurs que cette bonne Mère nous obtient, je ne veux pas manquer de reconnaissance, et c'est avec toute l'effusion de mon cœur que je vous écris ce qui suit: Dans la paroisse de N, une association d'ouvrières s'est formée; leur but principal est, tout en travaillant pour gagner leur vie, de s'employer pour le bien des aines. Ces pieuses filles, en apprenant le nouveau titre de Marie, se sont placées tout spécialement sous sa protection et se sont mises de cette belle confrérie. Tous leurs efforts tendirent dès ce moment à propager le culte de Notre-Dame du Sacré-Cœur; aussi en ont-elles été sensiblement récompensées. Voici comment: Il y a quelque temps l'ouvrage vint à manquer presque complétement. Comment faire? pas d'ouvrage, pas de pain, peu d'espérance d'en avoir bientôt! Sur ces entrefaites, dans un moment de détresse, une jeune fille, dégoûtée du monde et de ses plaisirs dangereux, se présente à elles et les prie de l'admettre dans leur association. Quel parti prendre? D'un côté pas d'ouvrage, et de l'autre une âme à sauver! Impossible aussi dans ce moment de consulter le vénérable curé, leur directeur et fondateur. Tout à coup l'une d'elles s'écrie: « Qui sauve l'âme de son prochain sauve la sienne; n'hésitons pas! l'âme d'abord et les besoins du corps ensuite ». » Ce cri généreux trouve un écho dans leurs cœurs, et toutes, pleines de confiance, se jettent aux pieds de la sainte Vierge, l'invoquant sous le beau titre de Notre-Dame du Sacré-Cœur. Ceci se passait le samedi. Le dimanche, l'ouvrage leur arrive avec une abondance qu'on ne pouvait espérer qu'avec une protection miraculeuse. Toutes reconnurent alors la puissance de la Reine du Cœur de Jésus; elles se firent un devoir bien doux de la remercier et de propager de plus en plus une dévotion si belle et si consolante ».

Prions les uns pour les autres

« En ce mois de marie que maman Marie intercède auprès de son fils pour le visas de mon fils en cote d'ivoire et aussi de la situation britannique de mon partenaire. Aussi qu'elle me permette d'avoir un cœur semblable a son Cœur ». (M.S.)

« Comme une mendiante, je continue à demander des prières pour un enfant de 10 ans, Andrea...(à Turin – Italie) paralysé cloué dans un lit d'hôpital, il ne parle pas, même pas pour dire combien il souffre... Notre-Dame du Sacré Cœur ayez pitié de cet enfant… Saint Joseph, berce dans tes bras cet enfant ... soulève ses souffrances muettes... » (L.C.)

« Merci à notre maman du ciel je t'aime très fort je te confie toute ma famille et tous ceux que j'aime veille sur eux, merci pour toutes les grâces que tu nous donnes ». M.J.)

« Merci maman Marie pour la maison de la famille Assemien ». (M.S.)

« Marie, je vous confie mon mari Antoine, qui est toujours bien malade, pour que mon fils Patick puisse fonder un foyer, comme il le souhaite avec une fille croyante. Puisse aussi pour moi -même pour mes problèmes de santé que je puisse faire face aux difficultés actuelles et accompagner mon mari dans la patience et la paix. Merci à Notre Dame du Sacré Cœur ». (M. P.)

« En ce mois de marie. je demande a maman Marie de nous aider moi et mon époux qui sommes dans une situation triste en ce moment car nous avons perdu notre bébé et nous voulons que nos coeur soient tournés vers la prière toujours. nous demandons surtout beaucoup de prière que Dieu nous donne d'autres enfants ». (K.J.)

« De tout mon cœur, Maman Marie intercède  auprès de ton fils Jésus pour que le cœur de Victor soit touché aujourd’hui et à jamais ; qu’il reçoive Dieu dans son cœur et se remette sur le bon chemin. Maman Marie qui défait les nœuds, je te confie ce nœud de la maladie de mon grand Frère .Vois Maman Marie la souffrance de sa femme et de ses enfants. Couvre  les de ton manteau maternel et intercède pour eux ». (T.Z.)

« En ce mois marial, que la vierge Marie puisse m'envelopper de sa paix. Car j'en ai besoin suite au décès de mon époux; je vous confie ma fille Ranz Pétunia dans vos prières afin qu'elle puisse réussir brillament au baccalauréat série A1. Merci ». (M.D.)

 

En ce mois de Marie, si vous avez des intentions à confier à la prière des internautes, envoyez-les à franck.monvoisin@laposte.net

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02 mai 2010

Le Mois de Notre Dame du Sacré Cœur

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Le Mois de Notre Dame du Sacré Cœur

Troisième jour

Troisième Considération

Incarnation du Fils de Dieu

Maternité Divine

« Voici la Servante du Seigneur » (Luc 1,38.)

Marie va devenir Mère du Sauveur sans cesser d'être vierge. Le Cœur sacré de Jésus sera le produit de son sang le plus pur. Le mystère se prépare. Déjà le temple a été échangé contre la petite maison de Nazareth. Dieu l'a ainsi voulu, mais la vie de notre Souveraine ne change point; ses désirs sont les mêmes; elle attend et appelle de ses vœux le libérateur promis. Bientôt un Ange est devant elle et la salue pleine de grâces. Elle répond par ce mot sublime: Voici la servante du Seigneur: qu'il me soit fait selon votre parole. C'en est fait, le plus grand des mystères est accompli. Adorons le Verbe fait chair; il peut souffrir: il a un corps; il peut laver et purifier le monde: il a du sang; et surtout il peut l'aimer; comme Dieu et comme homme: il a un Cœur. Marie lui a donné ce Cœur; il en use aussitôt pour remercier son Père du Ciel et sa Mère de la terre. Marie a dit: « Fiat! » et le Cœur de Jésus exhale déjà les parfums de l'action de grâce.

Et ce Cœur où la justice et la miséricorde se donnent le baiser de paix, où le ciel et la terre se réconcilient; ce Cœur où sont renfermés tous les trésors du salut, toutes les bénédictions du temps et de l'éternité, est le fruit béni de Marie. Aussi cette Vierge auguste s'en regarde déjà comme la Reine; elle s'en sert comme d'un bien qui lui est propre; elle l'offre à Dieu comme un tribut d'amour ou comme un holocauste sur lequel elle exerce tout pouvoir, en vertu de desseins providentiels. C'est la pensée du grand Bossuet; voici ses paroles: « Que fait aujourd'hui la divine Vierge toute pleine de Jésus-Christ ? Elle l'offre sans cesse au Père céleste, et, après avoir épuisé son Cœur, rougissant du peu d'amour de la créature pour l'immense bonté de son Dieu, pour suppléer à ce défaut, pour compenser ce qui manque, Elle offre au Père céleste toute l'immensité de l'amour et toute l'étendue du Cœur d'un Dieu-Homme ». Les Anges ont reçu ordre d'adorer ce Cœur divin. Marie, la première, Lui a offert son tribut de louange et d'amour; la première, Elle s'est déclarée la servante fidèle de cet amour incarné; Elle s'est donnée à Lui; Elle s'en est servi pour la gloire du Très-Haut et le salut de nos âmes... Qui pourrait dire combien fut agréable à Dieu cette première Vierge des Vierges, consacrée au culte du Sacré-Cœur, et régnant déjà sur Lui!

Faisons ainsi, Chrétiens; servons-nous de ce Cœur divin. L'homme, dans son triste orgueil, est allé souvent jusqu'à croire qu'il avait un cœur de Dieu, et le Seigneur, selon le récit de nos saints livres, en fit un jour le reproche à un roi superbe: « Vous avez, lui dit-il, regardé votre cœur comme le cœur d'un Dieu: Dedisticor tuum quasi cor Dei ». Aujourd'hui, c'est Dieu lui-même qui prend un cœur d'homme; Il nous l'apporte pour en faire l'objet de notre amour et de nos adorations ; Il nous l'apporte pour l'unir au nôtre et le diviniser. Mais comme c'est des mains de Marie que nous recevons ce présent; c'est aussi par les mains de Marie que nous déposerons aux pieds de Dieu le tribut de notre reconnaissance; c'est dans le cœur de notre Mère que nous devons apprendre à nous consacrer, entièrement et pour toujours au service de ce Cœur adorable dont elle est proclamée Souveraine.

Allégorie

Nous lisons dans la vie de Saint Thomas More, chancelier d'Angleterre, qu'un jour, en remerciement de son équité, il reçut une coupe d'or des mains d'une pauvre femme. Ce chancelier, plein de bonté et de noblesse, accepta avec plaisir ce sympathique témoignage; mais ne voulant point se laisser vaincre en générosité, il remplit la coupe d'une liqueur précieuse et l'offrit à cette femme en lui disant: « Vous me l'avez donnée vide, je vous la rends pleine. Le Verbe divin voulut se dévouer pour le salut du monde; Marie, touchée de tant de générosité, Lui offrit non pas une coupe d'or, mais un Cœur humain au moyen duquel II pourrait souffrir et mériter pour nous, un Cœur digne d'être uni hypostatiquement à la Divinité; et le Verbe incarné, pour lui témoigner sa reconnaissance, lui remit entre les mains son Cœur rempli de tous les trésors du Ciel, avec mission de répandre sur l'humanité les grâces dont II est la source: Voluit nihil dare nisi per Mariam. O Notre-Dame du Sacré-Cœur, priez pour nous!

Histoire

Dans ce que nous allons raconter aujourd'hui, Marie exauça ses enfants pour la gloire de son Fils. Notre-Dame du Sacré-Cœur, en cette circonstance, tout en protégeant l'honneur de Dieu, vient en aide a ses pieux enfants qui se voyaient bien en peine pour arriver à construire un temple à l'objet de leur amour. Sous un titre plein d'espérance ils invoquent la Reine du Ciel, et toute difficulté s'aplanit. Voici le fait: « Comment trouver d'expressions assez fortes, nous écrit une âme pieuse, pour remercier Notre-Dame du Sacré-Cœur ! Considérant notre faiblesse, pour offrir nos actions de grâces, nous vous prions de faire remercier Marie à votre réunion dans son béni sanctuaire d'Issoudun. Vous vous rappelez la recommandation que je vous avais prié d'adresser à Notre-Dame du Sacré Cœur pour une paroisse. Il était question de construire une église, et l'on désespérait de trouver les secours nécessaires pour ce pieux et important projet. Toutes nos demandes semblaient n'aboutir à rien ; la cause devenait d'une difficulté extrême. La pensée me vint de vous adresser une recommandation afin que vous voulussiez bien prier Marie de se mettre de notre parti. Qui invoque Notre-Dame du Sacré-Cœur n'a point de refus. Je me plais à le répéter à qui veut l'entendre, tant le fait me paraît certain. Donc, après avoir imploré Celle qui accorde tant de grâces particulières, nous apprenons la bonne nouvelle que le Gouvernement nous envoie un secours suffisant pour la construction de notre église. Comment ne pas voir ici que nous devons cette faveur à la puissante protection de Notre-Dame du Sacré-Cœur ? Je ne veux point omettre ici que la personne malade que je vous avais recommandée a recouvré la santé. Gloire et amour à Notre-Dame du Sacré-Cœur qui nous a protégés en cette occasion si admirablement! »

Prions les uns pour les autres

« En ce mois de marie que maman Marie intercède auprès de son fils pour le visas de mon fils en cote d'ivoire et aussi de la situation britannique de mon partenaire. Aussi qu'elle me permette d'avoir un cœur semblable a son Cœur ». (M.S.)

« Comme une mendiante, je continue à demander des prières pour un enfant de 10 ans, Andrea...(à Turin – Italie) paralysé cloué dans un lit d'hôpital, il ne parle pas, même pas pour dire combien il souffre... Notre-Dame du Sacré Cœur ayez pitié de cet enfant… Saint Joseph, berce dans tes bras cet enfant ... soulève ses souffrances muettes... » (L.C.)

« Merci à notre maman du ciel je t'aime très fort je te confie toute ma famille et tous ceux que j'aime veille sur eux, merci pour toutes les grâces que tu nous donnes ». M.J.)

« Merci maman Marie pour la maison de la famille Assemien ». (M.S.)

En ce mois de Marie, si vous avez des intentions à confier à la prière des internautes, envoyez-les à franck.monvoisin@laposte.net

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01 mai 2010

Le Mois de Notre Dame du Sacré Cœur

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Le Mois de Notre Dame du Sacré Cœur

Deuxième jour

Deuxième Considération

Préparation de Marie à la sublime vocation

Le Cœur de Jésus nous appelle à la Sainteté

« Je la conduirai dans la solitude et je lui parlerai au cœur » (Osée, 11, 14)

Dieu a produit son œuvre ; il peut la contempler, s'y complaire et se reposer sur une créature uniquement destinée à la gloire du Créateur. Mais si l'ouvrier est en admiration devant son ouvrage, l'ouvrage est en adoration devant son ouvrier. Marie, au premier jour de son existence, a senti un attrait puissant l'entraîner vers Dieu. Isolée dans ce monde, Elle y cherche en vain l'objet de son éternel bonheur; rien ne la captive en cette vie; la joie éphémère d'ici-bas lui semble tristesse, les biens illusion, les mille voix des créatures arrivent dans son âme comme dans un désert sans écho. Docile à l'appel de l'esprit d'amour, Elle quitte sa demeure, sa famille, le monde tout entier: le temple seul a produit sur son cœur une impression profonde; Elle reconnaît en lui la demeure du Très-Haut; Elle voit les prêtres, ministres dé l'Éternel; Elle entend des cantiques divins et comprend que son repos est là. A l'ombre de ces autels, son cœur montera plus facilement vers Dieu avec l'odeur des sacrifices, le chant des lévites et les gémissements des victimes. A peine à son troisième printemps, Elle part. Anges du ciel, descendez. Couvrez-la de vos ailes; c'est Marie, saluée déjà par vous tous du nom de Souveraine. Vierges d'Israël, faites-lui cortège; un jour on dira de vous : « Les tilles de Jérusalem ont amassé d'abondantes richesses, et Marie les a toutes surpassées, parce qu'elle est Notre-Dame du Sacré-Cœur ».

Nouvelle Esther, la voici au pied du trône de son Seigneur et de son Maître, désireuse de se constituer sa servante lorsque le Roi du Ciel va lui confier la garde de son empire et l'établir dépositaire de son plus précieux trésor. Entrez, ô Marie ! Jamais le temple saint ne reçut de vierge plus pure; jamais les prêtres de l'ancienne loi n'offrirent à Dieu de plus agréables prémices. Vous êtes le plus beau fleuron de la couronne que la loi de Moïse eût à déposer devant l'Éternel. Le monde, les prêtres, les Anges eux-mêmes ne comprennent que faiblement ce qui s'opère. On ne voit encore que l'extérieur voilé d'un mystérieux nuage; on ne respire encore que le parfum s'exhalant malgré vous du fond de votre âme, ô Vierge sainte! On ne connaît point encore tout le mystère. C'est le secret du Roi; à lui seul de le révéler. Marie est introduite dans le temple; le pontife l'a reçue; les vierge l'ont acceptée pour leur sœur. Maintenant va s'accomplir pour Elle l'oracle de l'Esprit Saint: « Je la conduirai dans la solitude et je parlerai à son cœur: Ducam eam in solitudinem et loguar ad cor ejus. » Celui qui forme les cœurs pour le Très-Haut. travaille sur celui de Marie. Jour et nuit le divin ouvrier est à l'œuvre; sans cesse la grâce agit sur cette nature privilégiée; le maître la veut façonner à sa propre image; il en veut faire sa Fille bien-aimée, sa Mère de prédilection, son Épouse choisie entre toutes. Aussi, à toute heure, dans le travail et dans le repos, le jour et la nuit, Marie peut varier ses occupations, mais son Cœur demeure toujours exposé à la divine influence de Celui qui en veut faire son trône, son tabernacle, son empire et son trésor. « Cor meum vigilat: Mon Cœur veille », peut s'écrier Marie à chaque instant. Mais pourquoi le Cœur de notre Mère est-il le centre où convergent toutes les opérations de l'amour divin, sinon parce qu'Elle n'est pas seulement destinée à être l'aurore avant-courrière du Soleil de justice, mais parce qu'Elle a reçu mission, au nom de toute l'humanité, de tous les chœurs des Anges et des trois adorables personnes de l'auguste Trinité, d'offrir au Cœur de Jésus un cœur maternel et, par conséquent, embrasé d'amour? Nous pouvons donc la nommer Notre-Dame du Sacré Cœur.

Notre sanctification nous est demandée par la volonté divine; le Roi du Ciel nous veut dans son royaume, et, pour atteindre un jour cette destinée, il nous faut, à l'exemple de Marie, nous préparer à l'ombre du sanctuaire; écouter les secrètes inspirations de l'esprit de Dieu; nous séparer le plus possible du monde; vivre dans la pratique constante de la douceur et de l'humilité. C'est le caractère auquel on reconnaît les âmes qui appartiennent à Jésus, selon cette parole du divin Maître:  « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur ».

Allégorie

Assuérus veut partager sa grandeur et sa gloire avec une créature digne de lui. Ses ministres parcourent ses provinces, choisissent les vierges qui pourront charmer les yeux du roi et leur donnent un an pour se préparer à la réception royale. Esther est de ce nombre; méprisant un trône périssable, elle passe ses jours et ses nuits devant son Dieu, oublie les vains ornements d'un luxe extérieur pour embellir son âme de vertus; c'est au cœur de son roi qu'elle veut plaire; mais sa beauté intérieure rayonne au dehors comme une auréole de gloire, et le roi lui-même ne peut se soustraire à la simplicité de ses charmes. Il la préfère à toutes les autres, pose sur elle son diadème, la touche de son sceptre, l'exempte de la loi qui défendait de se présenter devant lui sans en avoir reçu l'ordre, et se déclare prêt à lui accorder même la moitié de son royaume. Marie est la véritable Esther; Dieu le véritable Assuérus. Prédestinée à régner avec lui, la Vierge se dispose dans le temple à cette sublime mission. La prière, le silence, la vie cachée sont les seules grâces dont elle cherche à se revêtir. Que d'autres fassent prévaloir la noblesse de leur sang, la richesse de leur famille ou les avantages naturels !... Pour elle, jetant un voile sur toutes ses qualités extérieures, Elle n'a qu'un but, celui de plaire au Cœur de son Dieu, en lui présentant un cœur virginal orné des plus belles vertus; aussi, le messager de Celui qui lit dans les cœurs va bientôt venir au nom de son maître la discerner entre toutes les femmes et lui dire: « Vous avez trouvé grâce devant le souverain Roi; le parfum de votre vie pure est monté jusqu'à lui; la modestie de vos regards a captivé ses yeux; votre cœur est aimé du sien ; Il vous appelle à partager son trône et son empire; Il vous couronnera lui-même et vous serez établie Souveraine de son Cœur sacré, et la terre un jour vous proclamera Notre-Dame du Sacré-Cœur ».

Histoire

Écoutons un trait de la miséricorde divine que Marie sut toujours faire descendre sur nous avec profusion. Nous n'avons qu'à raconter à cette tendre Mère nos peines et nos inquiétudes, aussitôt Elle s'en empare, en parle au cœur de son divin Fils, et nous sommes exaucés. Reposons-nous toujours sur Marie ; ne craignons pas, mais agissons en toute confiance. Quelque grande, quelque difficile que soit la cause que nous lui présentions : rien n'est impossible à Notre-Dame du Sacré, Cœur, qui obtient tout. Les trois exemples suivants en sont une preuve frappante: « Une affaire très-importante dans l'ordre temporel, de la réussite de laquelle dépendait la sécurité d'une famille, fut recommandée à Notre-Dame du Sacré-Cœur. Toute espérance semblait inutile, et cependant la non réussite de cette affaire était chose cruelle à penser. Que faire dans une pareille alternative? Lorsque la pensée de la Souveraine Maîtresse du Cœur de Jésus sembla luire comme un rayon de doux espoir, l'affaire lui fut soumise, et elle réussit au delà de toute espérance. Actions de grâces à Notre-Dame du Sacré-Cœur ! » Passons à un autre trait d'un ordre plus relevé: « On sait par expérience que pour quiconque vit éloigné de Dieu, pendant le cours d'une longue vie, la conversion est chose difficile; aussi faut-il parfois un vrai miracle pour l'opérer. Notre-Dame du Sacré-Cœur vient d'en faire, en faveur d'un pécheur chaudement recommandé à sa puissante protection, par plusieurs personnes pieuses; il donna peu de temps après les marques d'un repentir sincère. Notre-Dame du Sacré-Cœur achèvera son œuvre en lui accordant la persévérance. Actions de grâces ! actions de grâces ! » Enfin, le troisième trait n'est pas moins admirable. Voici ce qu'on nous écrit: « La personne pour laquelle tout semblait inutile pour obtenir son retour à Dieu, après les plus grandes luttes, s'approcha des Sacrements avec une grande édification. Ce premier pas coûta beaucoup, mais il restait un pas moins difficile à franchir: la continuation, et elle est pénible pour qui a eu à combattre toute sa vie contre le respect humain. Ne désespérons pas; la Reine du Cœur de Jésus, la force des faibles, lui donnera le courage de vaincre l'opinion publique. En effet, depuis ce temps nous voyons avec un grand bonheur cette personne assister aux offices, chaque dimanche, d'une manière fort édifiante. Il fallait un second miracle pour en arriver là... Notre bonne mère l'a fait: qu'elle en soit bénie ! »

Prions les uns pour les autres

« En ce mois de marie que maman Marie intercède auprès de son fils pour le visas de mon fils en cote d'ivoire et aussi de la situation britannique de mon partenaire. Aussi qu'elle me permette d'avoir un cœur semblable a son Cœur ».

En ce mois de Marie, si vous avez des intentions à confier à la prière des internautes, merci de me les envoyer à franck.monvoisin@laposte.net

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30 avril 2010

Le Mois de Notre Dame du Sacré Cœur

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Le Mois de Notre Dame du Sacré Cœur

Premier jour

Première Considération

Prédestination de Marie

Notre consécration au Sacré Coeur

« Toute la gloire de la fille du Roi vient de son intérieur ». (Ps. XLIT, 14)

L'amour est une grande chose, dit le pieux auteur de l'Imitation: Magnares est amor. C'est, en effet, l'amour qui est de toute éternité la vie même de Dieu; par amour le monde est créé; par amour surtout, le mystère de l'Incarnation se réalise, et c'est l'amour qu'il vient exciter parmi nous. « Si quelqu'un n'aime pas Notre-Seigneur Jésus, qu'il soit anathème! » dit saint Paul. Jésus vient donc pour aimer et pour être aimé ; il donnera son Cœur, mais en retour il demandera le nôtre; il veut être tout à nous, pour que nous soyons tout à lui... Ah! Seigneur, si personne ne doit être exclu du privilège ineffable d'être l'ami de Dieu, quelle créature privilégiée occupera la première place dans votre amour? Personne ne peut faire valoir un droit; tous les enfants des hommes sont devant vous comme des grains de poussière; les générations passées et futures sont l'œuvre de vos mains, et le bien qu'elles possèdent vient de vous. Votre choix seul, ô mon Dieu! décidera des rangs et des conditions; mais il vous faut une Mère, une Mère selon votre Cœur, une Mère que vous formerez vous-même en déployant, dans un chef-d'œuvre unique, toutes les ressources de votre sagesse, de votre puissance et de votre souveraine bonté... Cette Mère, c'est Marie. Vous l'appelâtes du néant, et elle sortit « rayonnante de gloire, sans tache et toute belle. » En l'apercevant, vous en fûtes épris, ô mon Dieu ! Cette créature, vous' l'aviez destinée à régner en souveraine sur votre Cœur sacré, et déjà elle le ravit au premier de ses regards et le blesse d'un indicible amour. Nous pouvons donc la nommer Notre-Dame du Sacré-Cœur. Dieu s'est fait une Mère digne de Lui, et comme il l'a voulue. Quelle autre pensée nous ferait mieux connaître les ineffables grandeurs de la Reine du Cœur de Jésus ? Si cette Vierge admirable n'avait eu que la prérogative de devenir la Mère de Jésus, comme tant de patriarches, de prophètes et de rois ont eu celle de figurer parmi les ancêtres du Sauveur, la gloire de Marie aurait pu être surpassée ; mais, grâce au Ciel, le Verbe incarné ne se contente pas d'une Mère selon la chair et le sang, Il la veut aussi selon son esprit et son cœur; Il ne veut pas une Mère dont la mission sera complète après avoir donné au monde un Enfant-Dieu et qui disparaîtra comme la fleur devant son fruit; Il veut une Mère qui lui soit plus inviolablement unie que la racine n'est unie à sa tige : une Mère dont II ne se séparera plus, dont Il sera toujours aimé, qui ne cessera de le produire dans les âmes, et de le présenter plein de gloire aux élus du Ciel. Il veut une Mère qui siégera à sa droite, qui régnera sur son Cœur, une Mère entre les mains de laquelle II déposera les trésors infinis de sa passion et de sa mort, et dont II se glorifiera dans tous les siècles en étendant son culte à l'univers entier. Il souhaite,qu'on puisse dire d'Elle : un Dieu lui-même est sa couronne; Elle possède sur son Cœur un pouvoir souverain ; un Dieu , son. Fils ; un Dieu, le sublime artisan de toutes les œuvres qu'Elle veut entreprendre ; un Dieu , le protecteur éternel de quiconque voudra l'honorer comme une Mère et la servir à jamais. Voilà, en un mot, la créature par excellence qu'une destinée irrévocable appelait de toute éternité pour l'attacher au Sacré-Cœur. Recueillons-nous : Dieu est admirable en ses desseins.

Lorsque la première Eve sortit revêtue d'innocence des mains de son Dieu, son premier élan d'amour fut pour l'auteur de son être. Quel cri de reconnaissance ne dut pas Réchapper de son âme pour Celui qui l'avait tirée du néant et appelée à la contemplation de ses grandeurs et de ses œuvres ! Mais que dirons-nous des sentiments de l'Eve véritable, lorsqu'au premier moment de sa conception immaculée, elle ouvrit, par un privilège spécial, les yeux de son âme au monde de la grâce avant d'ouvrir ceux de son corps à celui de la nature ! Avec quelle force son cœur si pur ne s'élança-t-il pas dans le sein de Dieu pour y trouver le digne objet de ses aspirations et de ses désirs ! Emportée sur les ailes du divin amour, selon la pensée du bienheureux Albert le Grand, Elle pénétra dans les entrailles-de la divine miséricorde et en sortit emportant avec Elle le Fils unique de Dieu. Le Verbe divin commença dès lors, dans cette Vierge prédestinée qui allait devenir sa Mère, une vie de grâce et d'amour dont l'incarnation devait bientôt nous faire soupçonner les ravissantes merveilles. Cette union mystérieuse occupa les premières années de Marie, en fit le sanctuaire de la divinité devant lequel l'Ange devait s'incliner avec respect, et où l'opération du Saint-Esprit allait faire régner le Verbe fait chair. Tel était le prélude de l'ardente dilection dont cette noble créature devait entourer, toute sa vie, le Cœur de son bien-aimé Fils, pour en être la souveraine.

Nous sommes aussi appelés, ô Marie ! à vivre pour le Cœur de Jésus; il est notre but: vers lui soupire tout notre être ; lui seul est capable d'apaiser cette soif insatiable si bien décrite par la plume de saint Augustin. Mais quelle vie est la nôtre?... Sommes-nous dignes de réjouir ce Cœur divin, de le glorifier, de régner avec lui?... O notre Mère, ô Notre-Dame du Sacré Cœur! communiquez-nous quelqu'une de vos flammes; donnez à tous vos enfants les premières leçons d'un véritable amour pour le Cœur de Jésus.

Allégorie

Après avoir créé les eaux qui devaient féconder la terre, Dieu les rassembla dans un immense abîme auquel il donna le nom de mer : Congregationes aquarum appellavit Maria. De même, après avoir laissé échapper de son sein les grâces abondantes qui devaient rehausser les Anges, justifier les patriarches, illuminer les prophètes, empourprer les martyrs, embraser les confesseurs, soutenir les Apôtres et embellir les vierges, le Très-Haut creusa un abime insondable pour les rassembler toutes, et cet abime, dit saint Bernard,,fut Marie: Congregationes gratiarum appellavit Mariam. Et comme, selon l'expression de nos saints livres, un abîme en appelle un autre, la profonde humilité de la Vierge des vierges devant tant de merveilles devint le plus sûr abri où se réfugia le Cœur de Jésus. Possédant le Cœur de son Fils et enrichie des trésors infinis qu'il renferme, nous pourrons donc la nommer Notre-Dame du Sacré-Cœur.

Histoire

La protection de Marie se manifeste visiblement pour tous les besoins de notre pauvre nature, non-seulement dans le sens spirituel, mais encore pour nos demandes temporelles. C'est bien avec raison qu'on l'invoque pour les causes difficiles, désespérées même: Notre-Dame du Sacré-Cœur obtient tout. Écoutons, pour bien nous en convaincre, le cri d'une mère reconnaissante: « Je remplis aujourd'hui un devoir bien doux à mon cœur: je viens m'acquitter d'une dette de reconnaissance envers notre bonne Mère du ciel. Notre-Dame du Sacré-Cœur désire, sans aucun doute, se faire connaître et aimer sous ce beau titre; pour moi, je reconnais en ce moment, avec toute l'effusion de mon âme, combien je dois à ce nom d'amour. Mon unique enfant était dangereusement malade; mon inquiétude était mortelle. Le médecin que je consultais avec anxiété nie disait ne pouvoir définir le mal. J'invoquai alors Notre-Dame du Sacré-Cœur, lui faisant le vœu que j'acquitte aujourd'hui. Auparavant, Marie paraissait sourde à mes prières; mais à peine l'eussé-je implorée sous ce beau titre, qu'elle m'exauça. Il n'y a pas eu sans doute de miracle dans le vrai sens du mot; la maladie a suivi son cours, mais la crise a,été favorable, et depuis mon enfant est entré en pleine convalescence. C'est à cette bonne Mère que je dois le bonheur de conserver mon enfant ; c'est Elle qui m'apporta, de la part de son divin Fils, cette douce consolation. Oh! reconnaissance et amour à Marie! Gloire et honneur à Notre-Dame du Sacré-Cœur! Puisque j'ai été exaucée, veuillez faire célébrer une neuvaine d'actions de grâces ».

En ce mois de Marie, si vous avez des intentions à confier à la prière des internautes, merci de me les envoyer à franck.monvoisin@laposte.net

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Les Quinze Vendredis du Cœur de Jésus 14/15

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Les Quinze Vendredis du Cœur de Jésus

Don Tomaselli, Salésien de Don Bosco


Quatorzième vendredi

Réparation pour nos propres péchés et ceux de notre famille


Lecture


La Sainte Écriture nous dit: « N'oublie pas les péchés que tu as commis par le passé ». Le souvenir des fautes passées ne doit pas opprimer l'âme, mais doit servir de stimulant pour recourir à Dieu avec humilité et confiance en pensant que Jésus est Père de Miséricorde. Bien que le Cœur de Jésus ait pardonné nos péchés, nous avons le devoir de réparation. Saint Paul à dit: « Ceux qui commettent un péché crucifient à nouveau Jésus ». Combien de fois avons-nous renouvelé à Jésus don crucifiement? Combien de fautes commises dans la solitude? Combien d'autres commises devant le prochain en donnant le mauvais exemple? Bien des personnes ont péché par notre faute, à notre instigation ou par notre mauvais conseil, ou même en ne faisant rien pour empêcher de commettre cette faute. Que chacun répare, en ce quatorzième Vendredi, tout mal qu'il a fait en sa vie: en pensées, en paroles, en actions et en toutes sortes d'omissions. Que l'on dise à Jésus: « Lavez avec Votre Sang mon âme, brûlez dans les flammes de Votre Cœur mes scélératesses. Il convient de même de réparer les péchés de notre famille; même quand une famille se dit chrétienne, tous ses membres ne vivent pas toujours en vrais chrétiens. En chaque famille, fatalement, l'on commet des péchés; il y en a qui manquent la Messe le dimanche; d'autres cultivent la haine ou la mauvaise habitude de blasphémer, de bougonner; il y en a peut-être qui vivent scandaleusement. Chaque famille a donc un cumul de péchés à réparer. Que les dévots du Sacré Cœur prennent l'engagement de cette réparation, chose louable, non seulement au cours des quinze vendredis, mais tout le temps. Il est recommandé aux âmes pieuses de choisir un jour fixe de la semaine pour faire la réparation de leurs péchés et de ceux de leur famille. « Une âme peut réparer pour beaucoup d'autres », disait Jésus à sa servante, Sœur Bénigne Consolata. Une mère zélée peut faire réparation un jour par semaine pour les péchés de son époux et de ses enfants; comme une fille peut faire réparation pour les fautes de ses parents et de ses frères. Dans ce jour établi pour la réparation, il fait beaucoup prier; si possible communier et accomplir quelques bonnes œuvres. Une pratique très louable est celle de faire célébrer le Saint Sacrifice de la Messe à cette intention. Le Sacré Cœur agrée tous ces actes délicats et les rend généreusement.


Bouquet spirituel: se fixer un jour par semaine pour réparer auprès du Cœur de Jésus nos péchés et ceux de notre famille.


Prière: Chaque jour de la semaine, réciter 5 Notre Père, je Vous salue Marie et Gloire au Père en réparation des intentions du Vendredi.

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Prière pour la famille

à réciter avant la Sainte Communion


O Seigneur Jésus-Christ, faites que nous imitions les exemples de Votre Sainte Famille, afin qu'à l'heure de notre mort, la Glorieuse Vierge Marie, Votre Très Sainte Mère, vienne à notre rencontre avec Saint Joseph et que nous méritions d'être reçus de Vous dans la gloire éternelle du Paradis. O Jésus plein d'Amour qui, avec les ineffables vertus et les exemples de Votre vie domestique, avez sanctifié la famille par Vous choisie sur la terre, gardez pieusement la nôtre qui, prosternée devant Vous, implore Votre protection. Assistez-la, défendez-la de tout péril, secourez-la dans ses nécessités et donnez-lui la grâce de se maintenir constamment dans l'imitation de Votre Sainte Famille, afin que, Vous servant fidèlement sur la terre, elle puisse Vous bénir au Ciel. Pardonnez tous les péchés qui, dans un moment de faiblesse, se sont commis au sein de notre famille. Marie, Mère très Douce, nous avons recours à Votre intercession, sûrs que Votre Divin Fils exaucera nos prières. Vous aussi, ô Glorieux Patriarche Saint Joseph, modèle des chers de famille, souvenez-nous de nous, avec votre puissante médiation, et offrez, par les mains de Marie, nos vœux à Jésus. Ainsi soit-il.

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17 avril 2010

Les Quinze Mardis de Saint Dominique 1/3

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Les Quinze Mardis de Saint Dominique

Vie de Saint Dominique

1170-1221

À l'origine de l'Ordre des Prêcheurs, il y a Dominique de Guzman, l'homme évangélique, ainsi que le qualifie Jourdain de Saxe dans son petit livre sur les origines de l'Ordre. Qui était-il? Pourquoi a-t-il fondé cette communauté à laquelle il a lui-même donné le nom de Frères Prêcheurs et qui, par la suite, sera désignée couramment à partir de son nom: les Dominicains? Saint Dominique ne nous a laissé aucun écrit où nous pourrions trouver une réponse à ces questions. Il nous faut donc questionner les chroniques qui nous parlent de lui et ce que l'histoire nous dit de son époque, le Moyen Âge. Alors se dessinent sous nos yeux les traits d'un homme qui n'aspire qu'à une seule chose: imiter Jésus Christ. Un homme, nous disent les témoins, qui ne parlait qu'avec Dieu ou de Dieu. En même temps, Dominique se révèle comme un homme solidaire d'un monde en plein bouleversement; un monde qu'il aime et veut embraser du feu de l'Évangile qui le consume lui-même. C'est au terme d'une longue recherche du dessein de Dieu, tel qu'il l'a lu dans les événements qui ont jalonné sa vie, que Dominique fonde l'Ordre des Prêcheurs.


Un monde bouleversé


Saint Dominique naît vers 1170 dans le bourg de Caleruega, en Espagne. La société médiévale dans laquelle il va vivre et oeuvrer pour l'Évangile est alors en pleine transition. Celle-ci est d'abord causée par l'une des plus importantes explosion démographique de l'histoire, accompagnée d'un vaste mouvement d'urbanisation. Dans le système féodal les activités telles le commerce et la politique se déroulaient autour des châteaux des seigneurs ou des abbayes. Maintenant, tout cela se déplace vers les villes qui deviennent les pôles de l'activité politique et économique, alors qu'auparavant elles n'étaient que des lieux de peuplement. Cette urbanisation fait naître, à côté de la noblesse et des clercs, une nouvelle classe sociale: la bourgeoisie. Importante par l'argent qu'elle acquiert du commerce, cette bourgeoisie marchande dirige la ville. Seigneurs locaux, souverains et gens d'Église doivent maintenant compter avec elle, parce que c'est elle qui peut fournir l'argent nécessaire au maintien des armées ou au financement des nouvelles constructions. Mais cet accroissement de la population et cette urbanisation n'apportent pas la prospérité à tous; la pauvreté est le lot commun. La majorité des gens ne dispose que du minimum pour vivre, leur situation contrastant scandaleusement avec celle de la noblesse féodale et de la bourgeoise. De plus, les épidémies et surtout les famines frappent durement les populations; des hommes libres redeviennent des serfs pour assurer leur subsistance. En même temps, l'on assiste à l'émergence d'une conscience nationale chez les Anglais, les Français, les Espagnols et les Allemands. Leurs souverains respectifs sont en train de constituer leur royaume sur cette base nationaliste. L'Église n'échappe pas à ce mouvement de transformation. Jusque là, sa vie gravitait autour des abbayes. C'étaient presque les seuls lieux où l'on pouvait recevoir une formation intellectuelle poussée, et où l'on pouvait recruter des clercs assez instruits pour en faire des évêques. Désormais, les écoles passent des abbayes aux cathédrales, donc au centre des villes. Au début, les écoles cathédrales ne dispensent qu'un enseignement théologique pour les clercs des diocèses. Mais rapidement, elles prennent de l'expansion et s'ouvrent à un plus grand nombre pour offrir un enseignement couvrant toutes les sciences de l'époque (grammaire, rhétorique, mathématiques, philosophie) et donner naissance aux universités. Au temps de saint Dominique, les plus célèbres sont celles de Bologne et Paris. À l'image des commerçants bourgeois qui s'organisent en corporations, relevant de l'autorité royale, les universités s'organisent en corporation relevant de l'autorité du pape. Malgré cela, le bas clergé, curés de paroisses et chapelains, reste majoritairement sous-instruit. Généralement, ces prêtres ne savent ni lire, ni écrire car, issus de milieux pauvres, ils n'ont pu étudier. Ayant appris par coeur les textes d'une messe et l'évangile correspondant, ils les répètent inlassablement Quand ils prêchent, ce n'est pas sur l'Évangile, mais sur un sujet de morale. Paradoxalement, I'Europe est chrétienne, mais non évangélisée. Ceux qui peuvent corriger cette situation, ce sont les évêques. Mais ils sont le plus souvent accaparés par l'administration des fiefs qui leur sont confiés par les rois. Àl'origine, ces domaines leur avaient été donnés pour assurer des revenus aux diocèses. Avec le temps, ces domaines devenant parfois très importants, les évêques se voient considérés par les souverains comme des seigneurs, au même titre qu'un comte ou un baron, et ils se mettent à agir comme tels. L'Église, en fait la papauté, appuyée par quelques évêques et parfois quelques souverains, tente de corriger cette situation. Son arme principale est la constitution de chapitres de chanoines dans les cathédrales. II s'agit de prêtres vivant en communauté autour de l'évêque dans la pauvreté. On donne à ces chapitres la Règle de saint Augustin, qui insiste beaucoup sur la vie communautaire et la pauvretéen proposant l'exemple de la vie de l'Église primitive, telle que décrite dans les Actes des Apôtres. A long terme, on espère que ces chapitres deviendront des pépinières d'évêques qui se conduiront davantage selon l'idéal évangélique que selon celui de la noblesse féodale. Mais ce travail de correction est lent et de plus en plus de voix s'élèvent pour réclamer de l'Église qu'elle abandonne ses richesses et retourne à la pauvreté évangélique. Ces prédicateurs vont trouver une oreille sympathique au sein d'une population pauvre, à laquelle se joint le bas-clergé. De là vont naître les grands mouvements de retour à l'Évangile, dont le mot d'ordre est: «suivre nu le Christ nu», et qui vont animer tout le XIIIème siècle. Des milliers de personnes s'attacheront à ces prédicateurs et les suivront dans leurs déplacements. Dans ces mouvements, l'orthodoxie se mêle à l'hérésie. Celle-ci n'est souvent qu'une réaction excessive devant une situation perçue comme une trahison de l'Évangile. Le plus souvent, les prédicateurs sont des laïcs ayant reçu un enseignement rudimentaire de l'Évangile. De ces mouvements de pauvreté naîtront les Ordres mendiants, tels que les Prémontrés, les Franciscains et les Dominicains.


Des écoles de Palencia au chapitre d'Osma


C'est à cette époque de bouleversements et de renouveau qu'a vécu Dominique. Après avoir reçu un début d'instruction de l'un de ses oncles archiprêtre, il est envoyé à l'université de Palencia, la première d'Espagne, pour apprendre les arts libéraux. Mais rapidement, Dominique opte pour l'étude de la théologie. Pendant ses études, il se fait remarquer par son application, passant des nuits entières à approfondir sa connaissance de la Bible. Mais ce zèle à scruter la Parole de Dieu ne le coupe pas du monde dans lequel il vit. Au cours d'une famine qui frappe toute l'Espagne, Dominique décide de vendre ses manuscrits et tout ce qu'il a afin de venir en aide aux pauvres. Il disait: «Je ne veux pas étudier sur des peaux mortes lorsque des hommes meurent de faim!» Son geste pousse de nombreux maîtres de théologie à l'imiter. La réputation de Dominique parvient bientôt à son évêque, Diègue d'Osma. Le chapitre des chanoines de sa cathédrale vient tout juste d'être réformé selon la Règle de saint Augustin. Voyant l'avantage de s'associer un tel homme pour consolider la réforme entreprise, il demande à Dominique de se faire chanoine. Celui_ci accepte, attiré par la vie de pauvreté et de prière. Les chanoines se rendent vite compte de la valeur du nouveau venu et le choisissent comme sous-prieur, ce qui en fait le bras droit de l'évêque. On remarque son humilité, sa douceur, son attention aux autres. Il ne quitte presque jamais le cloître afin de mieux s'adonner à la prière, à la méditation de l'écriture ou de textes des Pères de l'Église. Mais, alors qu'on pourrait croire que Dominique s'est coupé des femmes et des hommes de son temps, il les porte toujours dans son cœur. Il n'a plus rien à vendre pour secourir les malheureux, mais c'est à eux qu'il pense durant les nuits où une prière intense a remplacé l'étude. Durant cette prière, il ne cesse alors de demander à Dieu une charité efficace pour travailler au salut du monde. Très souvent, ces prières s'accompagnent de larmes et de gémissements: Seigneur, ayez pitié de votre peuple! Que vont devenir les pécheurs?

 

La mission au Nord


Cette sollicitude pour le salut du monde trouve bientôt à s'exercer dans des circonstances fortuites. Diègue d'Osma est chargé par le roi de Castille d'aller négocier le mariage de son fils avec une princesse du Danemark ou Norvège (“les Marques”, au moyen âge). L'évêque se met donc en route avec sa suite, dont fait partie Dominique. Ils traversent le Sud de la France où sévit l'hérésie cathare. Celle_ci, profitant des mouvements de pauvreté et de retour à l'Évangile, véhicule sous un extérieur chrétien, une doctrine dualiste opposant un Dieu bon, créateur des réalités spirituelles, et un dieu mauvais, créateur du monde matériel. Dans ce contexte, le détachement des biens de ce monde camoufle un mépris pour tout ce qui est matériel. Passant la nuit dans une auberge, Dominique apprend que son propriétaire est un cathare. Il discute alors avec lui une partie de la nuit, si bien que l'homme se convertit. L'évêque et son sous-prieur poursuivent leur route et arrivent au Danemark. Les négociations ayant favorablement abouties, ils reviennent en Espagne en faire rapport au roi qui les renvoie chercher la fiancée. Celle-ci étant morte entre temps, Diègue fait parvenir la nouvelle au roi et va à Rome avec Dominique pour rencontrer le pape.


La prédication en Languedoc


Aux Marques, I'évêque a entendu parler des Cumans, peuple païen aux moeurs barbares. Aussi, demande-t-il au pape de le relever de la charge de son diocèse afin de pouvoir aller les évangéliser avec son sous prieur. Le pape refuse et les renvoie chez eux. Sur le chemin du retour, à Montpellier,  Diègue et Dominique rencontrent les légats du pape chargés de prêcher l'Évangile et la foi contre les erreurs cathares. Les légats se plaignent à Diègue du peu de succès de leur mission. Celui_ci comprend vite que le succès des cathares leur vient de la rigueur et la pauvreté de la vie de leurs prédicateurs. Aussi, il conseille aux légats de se défaire de leurs escortes et de leurs chevaux et d'aller prêcher l'Évangile à pied, n'emportant que les livres nécessaires. Diègue joint aussitôt le geste à la parole, et part prêcher avec Dominique, accompagné par les légats. Nous sommes alors en 1206. Pendant deux ans, ils vont prêcher ainsi: à pied et sans escorte, à travers tout le Languedoc. Leur prédication connaît alors un certain succès. Un groupe de femmes cathares converties, se trouvant de ce fait sans aucun moyen de subsistance, sera rassemblé par Dominique et son évêque pour former un monastère à Prouilhe, tout près de Fanjeaux, où Dominique sera plus tard nommé curé. Ce monastère, embryon de ce qui deviendra l'Ordre des Moniales dominicaines, sert à Dominique de “quartier général” après la mort de Diègue (en Espagne) et le départ des légats missionnaires ( ils sont moines cisterciens, ils doivent rentrer à leurs communautés).


Le début de l'Ordre des Prêcheurs


De 1208 à 1213, Dominique poursuit donc seul l'oeuvre de prédication, tout en continuant de prendre soin du monastère de Prouilhe. II gagne le respect des cathares par la rigueur de sa vie, sa bonne humeur, sa vie de prière, sa pauvreté, son zèle. Sur la route, entre les villages, il marche pieds nus. Il mendie son pain et, quand on lui offre le gîte, il couche sur le sol. Lorsqu'il ne prêche pas ou n'est pas en train d'exhorter quelqu'un à la conversion, il prie et, dès qu'il est près d'une chapelle ou d'une église, il s'y rend pour célébrer l'Eucharistie ou participer à la prière liturgique. Avec le temps, quelques hommes se joignent à lui pour travailler à l'évangélisation. La petite communauté s'installe d'abord dans une maison à Fanjeaux. Puis, comme Pierre Seilhan, fils de Jean Seilhan, viguier de Toulouse (représentant du compte de Toulouse face aux capitouls) se donne à lui avec ses biens, elle se déplace à la maison de Pierre, en face de l’actuel Palais de Justice. Foulques, évêque de la ville, reconnaît officiellement la communauté avec son projet de prédication en 1215, et lui concède comme revenu une partie de la dîme des pauvres. Dans le même temps, Dominique confie les six frères qui vivent avec lui à un maître en théologie pour qu'il les instruise. Foulques de Toulouse se rend à Rome pour participer au IV Concile de Latran et Dominique l'accompagne, voulant obtenir l'approbation du pape pour un ordre qui s'appellera l'Ordre des Prêcheurs. Le pape promet l'acceptation, à la condition que Dominique et ses frères choisissent une règle déjà existante. Revenu auprès d'eux, ils adoptent à l'unanimité la Règle de saint Augustin. Dominique repart pour Rome chercher l'approbation qui lui est alors accordée. En 1217, Dominique disperse sa petite communauté. Il envoie fonder à Paris et à Bologne, les centres universitaires du temps, de même qu'en Espagne et à Rome. À partir de ce moment, les choses se précipitent. Au début, les frères de Dominique suscitent le scepticisme. Mais assez rapidement, leur pauvreté, leur attachement à la prière, leur prédication et leur vie évangélique, leur valent un accueil enthousiaste et l’éveil de vocations partout où ils vont. Par exemple, le couvent de Paris, fondé par deux ou trois frères, en compte près de cinquante à la mort de Dominique, quatre ans plus tard, sans compter ceux qui ont quitté Paris pour fonder ailleurs.


Le premier chapitre de l'Ordre


Quant à Dominique, il va de couvent en couvent pour exhorter les frères à tenir bon. Toujours il va à pied et quête son pain. Dans les couvents il n'a ni cellule ni lit et, malgré les fatigues du voyage, il passe toujours ses nuits en prière dans l'église. En 1220, il convoque le premier chapitre général de l'Ordre à Bologne en Italie, chaque couvent devant y envoyer un certain nombre de frères. Une fois qu'ils sont réunis, Dominique leur demande de choisir un autre supérieur, lui-même s'estimant indigne de cette charge ; mais les frères refusent. Ils adoptent les premières Constitutions de l'Ordre, qui règlent la vie des frères en incarnant dans des dispositions concrètes la Règle de saint Augustin. Ils prennent à ce moment des décisions importantes: l'Ordre doit abandonner ses revenus et chaque couvent doit quêter sa subsistance au jour le jour. Enfin, pour mieux répondre aux besoins de l'évangélisation, l'Ordre est divisé en provinces.


La mort de saint Dominique


Le chapitre terminé, Dominique reprend sa tournée des divers couvents. Il est aussi chargé par le pape d'une mission d'évangélisation dans le Nord de l'ltalie. Puis, à l'été 1221, usé par ses marches interminables et par ses veilles incessantes, il tombe malade à Bologne. Constatant la gravité de son état, il demande à se confesser et à recevoir la communion. Il se recommande ensuite aux frères présents, et leur affirme qu'il leur sera plus utile au ciel que sur terre. Puis il s'éteint pendant que les frères recommandent son âme à Dieu. Mort dans la cellule d'un autre, puisqu'il n'en avait dans aucun couvent, on l'enterre dans l'église, au pied de l'autel, revêtu de la tunique d'un autre. La sienne, estiment les frères, est en trop mauvais état: usée, épuisée... comme le pauvre qu'elle habillait.

Les Quinze Mardis de Saint Dominique

Qu'est-ce que la dévotion des quinze mardis?

Elle est exactement semblable à celle des quinze samedis; le jour seul est différent. Le mardi est spécialement consacré à saint Dominique, instituteur du Rosaire, et c'est l'unique raison de ce choix. Quels sont les motifs qui nous engagent à pratiquer la dévotion des quinze mardis ? 1° Saint Dominique a été donné au monde pour procurer le salut d'un grand nombre d'âmes. 2° Ce saint a toujours montré une charité très-vive à leur égard, et il s'est assujetti à des travaux incroyables pour les secourir. 3° Ses prières sont très-puissante: il avouait lui-même avoir toujours obtenu tout ce qu'il demandait. 4° Il a promis dans ses derniers moments de nous être plus utile après sa mort que pendant sa vie. 5° Il a opéré en tout temps un nombre prodigieux de miracles pour subvenir aux nécessités des personnes qui imploraient son secours.

En quel temps pratique-t-on la dévotion des quinze mardis ?

En tout temps, comme la précédente, mais plus particulièrement durant les quinze mardis avant la fête de saint Dominique. Il sera encore fort utile de l'associer à celle des quinze samedis. On gagnera par là plus d'Indulgences, on honorera mieux le bienheureux Patriarche, dont la fête se trouve dans l'intervalle, et en répétant ainsi le mardi les exercices du samedi, on est sûr d'obtenir des grâces plus abondantes.

Méthode de saint Dominique pour méditer le Rosaire

Cette méthode est celle qui fut ordinairement pratiquée par le Saint Patriarche Dominique. Elle consiste à énoncer ou verbalement ou mentalement, non-seulement avant chaque dizaine, mais encore avant chaque Ave, un point du mystère que l'on médite, et l'on s'arrête plus ou moins longtemps à la pensée ou au sentiment suggéré par cette énonciation. L'usage et l'habitude rendront cette pratique facile. Elle deviendra même, lorsqu'on le voudra, aussi courte que toute autre. Entre autres avantages, elle a celui d'empêcher les distractions, ou du moins de les rendre plus rares et moins considérables. Afin de marcher à la suite de Saint Dominique, chaque mardi, nous méditerons un mystère du Rosaire avec sa méthode.

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Les Quinze Mardis de Saint Dominique 2/3

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Les Quinze Mardis de Saint Dominique


Prières communes à chaque mardi

Prière à Saint Dominique à dire au début de chaque mardi

O Saint Prêtre de Dieu et glorieux Patriarche Saint Dominique, vous qui avez été l'ami, le fils bien-aimé et le confident de la Reine Céleste et qui avez accompli des miracles par la vertu du Saint Rosaire et qui êtes notre puissant médiateur auprès du trône de Marie et du Cœur de Jésus, considérez nos besoins et ayez pitié de l'état de misère dans lequel je me trouve. Lorsque vous étiez sur la terre, vous aviez le cœur ouvert à toutes les misères d'autrui et vous aviez la main tendue  pour les secourir; maintenant que vous êtes au Ciel, votre Charité et votre puissance ne sont pas moindre, au contraire. Priez pour moi Marie, la Mère et la Reine du Très Saint Rosaire et Son Divin Fils Jésus Christ, car j'ai l'intime confiance que par, votre intercession j'obtiendrai les grâces que je désire ardemment (formuler les grâces que l'on désire). Ainsi soit-il.

Trois Gloire au Père

Répons à saint Dominique pour les Quinze Mardis

O Lumière de l'Église, Docteur de la vérité, Rose de patience, Ivoire de chasteté, vous nous avez abreuvés gratuitement de l'eau de la sagesse; Prédicateur de la grâce, faites-nous parvenir au séjour des Bienheureux.

R. O Merveilleux espoir donné par vous à ceux qui vous pleuraient à l'heure de votre mort, lorsque vous promîtes qu'après le trépas vous viendriez en aide à vos frères.

Accomplissez, ô Père, ce que vous avez dit, en nous secourant par vos prières.

V. Vous qui vous êtes illustré par tant de miracles en faveur des malades, apportez un remède à nos âmes souffrantes, en nous secourant par vos prières.

Accomplissez, ô Père

Gloire au Père

Accomplissez, ô Père

Prions

Dieu tout-puissant, nous sommes accablés sous le poids de nos péchés; accordez-nous, s'il vous plait, d'en être délivrés par les mérites de votre Confesseur saint Dominique, notre père et notre patron. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.

Litanies de Saint Dominique

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Dieu le Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, priez pour nous.

Sainte Mère de Dieu, priez pour nous.

Sainte Vierge des Vierges, priez pour nous.

Saint Dominique, notre auguste père, priez pour nous.

Saint Dominique, astre de l'Eglise, priez pour nous.

Saint Dominique, lumière du monde, priez pour nous.

Saint Dominique, flambeau de la grâce, priez pour nous.

Saint Dominique, rose de patience, priez pour nous.

Saint Dominique, qui aviez soif du salut des âmes, priez pour nous.

Saint Dominique, qui étiez jaloux du martyre, priez pour nous.

Saint Dominique, grand directeur des âmes, priez pour nous.

Saint Dominique, homme évangélique, priez pour nous.

Saint Dominique, docteur de Vérité, priez pour nous.

Saint Dominique, ivoire de chasteté, priez pour nous.

Saint Dominique, homme au cœur vraiment apostolique, priez pour nous.

Saint Dominique, pauvre des biens de la fortune, priez pour nous.

Saint Dominique, riche de la pauvreté de votre vie, priez pour nous.

Saint Dominique, qu'un zèle consumait pour le Salut des pécheurs, priez pour nous.

Saint Dominique, trompette de l'Evangile, priez pour nous.

Saint Dominique, héraut du Ciel, priez pour nous.

Saint Dominique, modèle d'abstinence, priez pour nous.

Saint Dominique, sel de la terre, priez pour nous.

Saint Dominique, soleil étincelant dans le Temple de Dieu, priez pour nous.

Saint Dominique, qui étiez étayé par la Grâce Divine, priez pour nous.

Saint Dominique, qui êtes revêtu d'un manteau royal, priez pour nous.

Saint Dominique, fleur éclatante dans les jardins de l'Eglise, priez pour nous.

Saint Dominique, qui arrosiez la terre de votre sang précieux, priez pour nous.

Saint Dominique, froment recueilli dans les greniers célestes, priez pour nous.

Saint Dominique, qui resplendissez parmi les vierges, priez pour nous.

Saint Dominique, qui êtes le chef et le Père de l'Ordre des Frères Précheurs, priez pour nous.

Saint Dominique,  pour qu'à notre mort, nous soyons reçus avec vous dans le Ciel, priez pour nous.

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

Jésus, écoutez-nous.

Jésus, exaucez-nous.

Seigneur, exaucez ma prière

et que mon cri parvienne jusqu'à vous.

Priez pour nous, Ô Saint Dominique,

Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus Christ votre Fils.

Prière finale

V. Priez pour nous, Bienheureux Père Saint-Dominique.

R. Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Jésus-Christ.


Prions


Dieu tout-puissant, faites, nous Vous en supplions, que la protection du bienheureux Dominique, Votre confesseur, nous relève, nous qui sommes oppressés sous le poids de nos péchés. Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Ainsi soit-il.

Les Quinze Mardis de Saint Dominique 3/3

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Les Quinze Mardis de Saint Dominique


Premier Mardi

Notre-Seigneur descend du ciel et se fait homme pour racheter l'univers coupable.

 

Prière à dire au début de chaque mardi

 

Réflexion

 

Saint Dominique est suscité par la Providence pour sauver l'Église dans les périls imminents qui la menacent au XIIIe siècle, ce qui nous est clairement signifié par la vision d'Innocent III. Ce pape vit l'église de Saint Jean de Latran, figure de l'Église universelle, sur le point de s'écrouler par la violence d'un tremblement de terre. Il aperçut en même temps notre Saint, qui, la soutenant de ses robustes épaules, la préserva de toute catastrophe. C'est pourquoi nous chantons justement cette louange: Béni soit le Rédempteur de tous les hommes, qui, voulant pourvoir à leur salut, a envoyé au monde saint Dominique.

 

Répons de Saint Dominique

 

Premier Mystère Joyeux

L'Annonciation

 

Notre Père

 

1. La très-sainte Trinité décrète le mystère de l'Incarnation de Jésus-Christ. Je Vous salue Marie...

2. Marie est choisie pour être la Mère du Verbe qui doit revêtir la nature humaine. Je Vous salue Marie...

3. L'Ange Gabriel annonce cette heureuse nouvelle à la Vierge sainte. Je Vous salue Marie...

4. Marie est en oraison dans la solitude lorsqu'elle reçoit l'ambassadeur céleste. Je Vous salue Marie...

5. L'Ange paraît et lui dit: Je vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous. Je Vous salue Marie...

6. A ces paroles Marie est surprise et troublée. Je Vous salue Marie...

7. Et l'Ange lui dit: Marie, ne craignez pas; vous concevrez par l'opération de l'Esprit-Saint. Je Vous salue Marie...

8. Et la Vierge répond : Voici la servante du Seigneur: qu'il me soit fait selon voire parole. Je Vous salue Marie...

9. A cet instant l'Esprit de Dieu la couvre de son ombre. Je Vous salue Marie...

10. Et le Verbe fait chair habite parmi nous. Je Vous salue Marie...

 

O très sainte Vierge, je vous en conjure, faites-moi concevoir votre Fils au dedans de mon cœur comme vous l'avez conçu dans vos chastes entrailles; qu'il s'unisse étroitement a mon âme comme il s'est incarné personnellement dans notre chair. Gloire au Père

 

Litanies de Saint Dominique

 

Pratique: Étudiez soigneusement votre vocation, et soyez fidèle aux desseins de Dieu.

 

Oraison finale

 

Deuxième mardi

Jésus, immédiatement après s'être incarné, répand, en qualité de Sauveur, ses bénédictions sur la maison de Zacharie.

 

Prière à dire au début de chaque mardi

 

Réflexion

 

Saint Dominique porte la bénédiction du Seigneur partout où il se trouve. A Toulouse il convertit à la foi catholique, par l'exemple d'une austérité admirable, des femmes hérétiques chez qui il était logé. A Orvieto, quand une grêle affreuse dévaste les vignes, il garantit celle de son hôte de ce terrible fléau par ses mérites. Plusieurs fois, chez les étrangers et chez les siens, il multiplie l'aliment et la boisson. Dans la détresse de ses frères il fait même descendre un1 pain du ciel, apporté par les anges.

 

Répons de Saint Dominique

 

Deuxième Mystère Joyeux

La Visitation

 

Notre Père...

 

1. Marie, par humilité, va visiter sa cousine sainte Elisabeth. Je Vous salue Marie...

2. En cela elle est conduite par le Saint Esprit. Je Vous salue Marie...

3. Or la Vierge traversa les montagnes en grande hâte. Je Vous salue Marie...

4. Sainte Elisabeth reçoit Marie avec une joie extrême. Je Vous salue Marie...

5. Le petit Jean-Baptiste est sanctifié dans le sein de sa mère. Je Vous salue Marie...

6. Elisabeth dit à la Vierge: Le fruit de vos entrailles est béni. Je Vous salue Marie...

7. Marie répond: Mon âme glorifie le Seigneur. Je Vous salue Marie...

8. Elisabeth s'écrie encore: D'où me vient ce bonheur d'avoir la visite de la Mère de mon Dieu? Je Vous salue Marie...

9. La maison de Zacharie est comblée de bénédictions par la présence de Jésus et de Marie. Je Vous salue Marie...

10. Marie sert sa cousine Elisabeth avec beaucoup de charité et d'humilité durant trois mois. Je Vous salue Marie...

 

Daignez me favoriser, ô très-pure Vierge, de votre sainte visite, et mon âme, sanctifiée par la présence de votre divin Fils, se réjouira avec vous en Dieu, son Sauveur. Gloire au Père...

 

Litanies de Saint Dominique

 

Pratique: Sympathisez avec vos frères dans leurs joies et dans leurs peines, vous réjouissant avec ceux qui sont dans l'allégresse, et pleurant avec ceux qui pleurent.

 

Oraison finale

 

Troisième mardi

Au jour de sa naissance, Jésus apporte la paix sur la terre aux hommes de bonne volonté.

 

Prière à dire au début de chaque mardi

 

Réflexion

 

Saint Dominique apporte une paix semblable entre Dieu et les pécheurs qui reviennent sincèrement. L'hérésie et le péché allument dans l'Église le feu de la discorde. Les divisions, les révolutions, les guerres, sont les fruits amers de ces racines d'iniquité. Saint Dominique contribue davantage à la réconciliation des malheureux hérétiques et des pécheurs avec la foi et la charité, par la croisade pacifique de son exemple et de sa parole, que n'ont fait les guerriers du Nord par leurs exploits éclatants. Il fait luire, entre la terre et les hauteurs célestes, l'arc en ciel étincelant du Rosaire; l'erreur disparaît, et le calme succède à la tempête.

 

Répons de Saint Dominique

 

Troisième Mystère Joyeux

La Naissance de Jésus

 

Notre Père

 

1. Marie enfante Notre-Seigneur sans préjudice de sa virginité sans tache. Je Vous salue Marie...

2. Elle Je met au monde dans une étable, et l'emmaillotte de langes bien pauvres. Je Vous salue Marie...

3. Elle admire, elle contemple avec amour le fruit béni de ses entrailles. Je Vous salue Marie...

4. Elle embrasse Jésus, elle le presse contre son cœur. Je Vous salue Marie...

5. Elle nourrit de son lait virginal l'Enfant divin. Je Vous salue Marie...

6. Elle le pose dans une crèche, préparée avec soin par le bon Joseph. Je Vous salue Marie...

7. Et le Roi du ciel est ainsi couché sur la paille, entre deux animaux. Je Vous salue Marie...

8. Les anges ont chanté dans les airs aux environs de Bethléem: « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, et paix aux hommes de bonne volonté sur la terre ! » Je Vous salue Marie...

9. Des bergers, instruits de la merveilleuse naissance de l'Enfant divin, viennent le visiter et l'adorer. Je Vous salue Marie...

10. Les mages, conduits par une étoile, viennent aussi des pays lointains; ils adorent le Verbe incarné et lui offrent leurs présents. Je Vous salue Marie...

 

O divine Mère de Jésus, faites-moi la grâce de renaître spirituellement avec votre divin Fils, de le vénérer comme le Roi de mon âme, de l'adorer, comme les bergers et les mages, du profond de mon cœur. Gloire au Père.

 

Litanies de Saint Dominique

 

Pratique: Vivez en paix avec tous les hommes, autant que cela est possible. Prévenez les divisions, travaillez à la réconciliation des ennemis.

 

Oraison finale

 

Quatrième mardi

Jésus, offert par sa mère au temple de Jérusalem, s'offre lui-même en qualité de Pontife suprême, au Père céleste, pour la rédemption du genre humain.

 

Prière à dire au début de chaque mardi

 

Réflexion

 

Saint Dominique veut embrasser l'esclavage pour en délivrer ses frères. Il se charge aussi des pénitences que les pécheurs méritent, et il expie leurs prévarications sur sa chair innocente. Rien ne lui aurait coûté pour sauver une âme. Volontiers il eût souffert pour le salut de l'une d'entre elles les tourments les plus atroces, jusqu'au jour du jugement. Il eût même consenti, comme sa fille sainte Catherine de Sienne, de servir de couvercle à la bouche béante de l'enfer, pourvu qu'à cette condition l'entrée de l'abîme eût été fermée pour les hommes.

 

Répons de Saint Dominique

 

Quatrième Mystère Joyeux

La Présentation de Jésus au Temple

 

Notre Père

 

1. Marie se dirige vers le Temple pour offrir à Dieu le saint Enfant. Je Vous salue Marie...

2. O exemple mémorable de soumission à la loi divine! Je Vous salue Marie...

3. La Vierge chemine vers Jérusalem par des roules incommodes. Je Vous salue Marie...

4. Elle porte son tendre enfant sur ses bras. Je Vous salue Marie...

5. Elle médite le mystère du Verbe incarné durant son chemin. Je Vous salue Marie...

6. Enfin, arrivée au Temple, elle offre Jésus aux ministres du sanctuaire. Je Vous salue Marie...

7. Elle donne cinq sicles pour racheter son enfant; elle y ajoute une colombe, l'oblation des pauvres. Je Vous salue Marie...

8. Anne la prophétesse est remplie de joie en voyant l'accomplissement des promesses du Très-Haut. Je Vous salue Marie...

9. Le saint vieillard Syméon embrasse le Sauveur avec transport. Je Vous salue Marie...

10. Il mourra content désormais, après avoir contemplé le salut d'Israël. Je Vous salue Marie...

 

Permettez-moi, Vierge sainte, d'enlacer votre enfant avec les bras de la foi et de la chante: permettez-moi de le presser amoureusement sur mon cœur et de loi consacrer toutes mes affections. Ah! puissé-je mourir avec Syméon pour aller jouir de sa douce présence et de la vôtre! Gloire au Père.

 

Litanies de Saint Dominique

 

Pratique: Faites pénitence pour vos frères, et priez pour leur salut.

 

Oraison finale

 

Cinquième mardi

Jésus, perdu pendant le voyage de Jérusalem, est retrouvé dans le Temple, conférant avec les Docteurs de la Loi.

 

Prière à dire au début de chaque mardi

 

Réflexion

 

Saint Dominique se met en rapport avec les hérétiques, et par des entretiens fréquents, des conférences suivies, des instructions continuelles, il les convainc de leurs erreurs, les. frappe d'admiration, et les ramène à la vérité. Dieu favorise même son zèle de la grâce des miracles. Ainsi, dans une célèbre dispute qui eut lieu à Fanjeaux, le livre du Saint, renfermant les principaux points de la foi catholique contestés par les adversaires, est jeté à trois reprises différentes dans les flammes, et en sort intact, tandis que le livre des hérétiques est consumé en un clin d'œil.

 

Répons de Saint Dominique

 

Cinquième Mystère Joyeux

Recouvrement de Jésus au Temple

 

Notre Père

 

1 Marie a perdu son enfant. Je Vous salue Marie...

2. O divine Mère, quel trésor vous avez perdu. Je Vous salue Marie...

3. La Vierge recherche son enfant avec inquiétude. Je Vous salue Marie...

4 Elle parcourt, en le cherchant, toutes les rues et tous les chemins de Jérusalem. Je Vous salue Marie...

5. Elle le retrouve seulement après trois jours d'angoisses et de fatigues. Je Vous salue Marie...

6. Enfin elle le rejoint dans le Temple. Je Vous salue Marie...

7. Jésus était là au milieu des docteurs, les étonnant par sa science et la sagesse de ses réponses, bien qu'il eût à peine douze ans. Je Vous salue Marie...

8. La sainte Vierge lui dit : « Mon fils, pourquoi nous avez-vous attristés par votre absence ? » Je Vous salue Marie...

9. L'enfant Jésus revint à Nazareth avec ses parents ; et il leur était soumis. Je Vous salue Marie...

10. Et Marie conservait soigneusement dans son cœur toutes les paroles et toutes les actions de Jésus. Je Vous salue Marie...

 

O très sainte Vierge, obtenez-moi la grâce de ne perdre jamais par mes péchés la présence de mon Sauveur, et de sentir vivement son absence. Si mes infidélités, hélas! l'obligeaient à s'éloigner de moi, ah! je vous en supplie, que je ne goûte plus aucun repos ni aucun plaisir avant de l'avoir retrouvé. Gloire au Père.

 

Litanies de saint Dominique

 

Pratique: Soyez sensible aux misères spirituelles des âmes, et, pour obtenir leur conversion, employez le moyen d'une prière fervente et assidue.

 

Oraison de Saint Dominique

 

Sixième Mardi

Jésus, durant son oraison au jardin des Oliviers, est saisi d'une tristesse mortelle; une sueur d'eau et de sang, causée par la vue de nos péchés, découle de ses membres, et il recommence par trois fois sa prière, pour obtenir notre pardon.

 

Prière à dire au début de chaque mardi

 

Réflexion

 

Saint Dominique, témoin de l'endurcissement d'un grand nombre de pécheurs, en conçoit une douleur qui le mine lentement. Afin d'obtenir à ces âmes infortunées la grâce du repentir, il prolonge ses prières, il interrompt son sommeil, il passe les nuits en oraison. Pendant cet exercice, tantôt il a les bras étendus en forme de croix ou élevés vers le ciel, tantôt il se prosterne la face contre terre, tantôt il embrasse avec ardeur les autels sacrés. Il fait violence à Dieu. Ses vives supplications apaisent le cœur du Tout-Puissant. Sa prière est plus efficace que sa parole.

 

Répons de Saint Dominique

 

Premier Mystère Douloureux

L'Agonie de Jésus

 

Notre Père

 

1. Jésus, accompagné de trois disciples, se dirige, après la Cène, vers le jardin des Oliviers. Je Vous salue Marie...

2. Arrivé là, il se retire à l'écart, et se prosterne la face contre terre. Je Vous salue Marie...

3. Il prie avec ardeur, et sa prière persévère longtemps. Je Vous salue Marie...

4. Son âme est inondée d'une tristesse mortelle. Je Vous salue Marie...

5. Une sueur sanguinolente découle de son corps et se répand a flots sur le sol. Je Vous salue Marie...

6. « Mon Père, dit-il, non pas ma volonté, mais la vôtre! » Je Vous salue Marie...

7. « Veillez et priez, recommande-t-il à ses disciples en revenant de son oraison. Je Vous salue Marie...

8. Alors Judas s'avance avec la troupe homicide des Juifs, et il trahit son maître par un baiser. Je Vous salue Marie...

9. Les bourreaux se jettent sur Jésus, qui ne fait aucune résistance. Je Vous salue Marie...

10. Le Seigneur est cruellement garrotté, et traîné d'un juge à l'autre. Je Vous salue Marie...

 

O Marie, par la tristesse accablante de Jésus au jardin des Oliviers, par les gouttes de sang exprimées de son corps durant son agonie mortelle, donnez-moi la constance d'endurer toute espèce d'afflictions intérieures et extérieures. Oui, par votre intercession, je veux, au milieu des plus cruelles, être parfaitement résigné à la volonté divine. Gloire au Père.

 

Litanies de saint Dominique

 

Pratique: Soyez sensible aux misères spirituelles des âmes, et, pour obtenir leur conversion, employez le moyen d'une prière fervente et assidue.

 

Oraison finale

 

Septième mardi

Jésus reçoit dans sa flagellation tous les coups que nous avions mérités pour nos péchés.

 

Prière à dire au début de chaque mardi

 

Réflexion

 

Saint Dominique prend chaque nuit trois disciplines sanglantes avec une chaîne de fer. La première est pour ses péchés; mais ils sont bien légers. La seconde est pour les pécheurs, dont il désire vivement la conversion et le salut. La troisième est pour les âmes du purgatoire. Il veut par 1à répondre à l'amour excessif de Jésus, qui a répandu son sang pour les hommes. Notre Saint a été si constant dans cet exercice qu'il l'a pratiqué durant trente ans sans relâche, jusqu'à la fin de ses jours.

 

Répons de Saint Dominique

 

Deuxième Mystère Douloureux

La Flagellation de Jésus

 

Notre Père

 

1. Jésus est livré aux bourreaux pour être flagellé. Je Vous salue Marie...

2. On l'accuse avec une fausseté manifeste. Je Vous salue Marie...

3. Il est bientôt dépouillé de ses vêtements. Je Vous salue Marie...

4. Le voilà nu entre les mains de ces barbares. Je Vous salue Marie...

5. On l'attache à un tronçon de colonne. Je Vous salue Marie...

6. Il est d'abord frappé avec des fouets. Je Vous salue Marie...

7. Puis il est fouetté avec des verges d'épines. Je Vous salue Marie...

8. On y ajoute les chaînes et les pointes de fer. Je Vous salue Marie...

9. Le sang du Sauveur coule par terre avec abondance. Je Vous salue Marie...

10. On le délie ensuite, et il reprend ses vêtements. Je Vous salue Marie...

 

O Mère de douleur, par ces outrages affreux dont Jésus est assailli, parcelle flagellation horrible qui déchire son corps sacré, garantissez-moi, je vous en conjure, des traits de la vengeance divine, tant de fois méritée à cause de mes crimes. Ne permettez pas que le précieux sang de mon Sauveur soit versé en vain. Gloire au Père.

 

Litanies de Saint Dominique

 

Pratique: Mortifiez votre chair rebelle, pour votre propre salut et pour celui des autres.

 

Oraison finale

 

Huitième mardi

Jésus est couronné d'épines par les soldats romains, eu dérision de sa royauté.

 

Prière à dire au début de chaque mardi

 

Réflexion

 

Saint Dominique reçoit du Sauveur la couronne d'épines par les mépris dont il est couvert. Il accepte avec résignation, avec joie, les ignominies dont les hérétiques l'abreuvent. A Carcassonne, la ville infidèle, on l'outrage, on le traite comme un insensé: il préfère cette cité à la pieuse Toulouse, qui le comble d'honneurs. Magnanimité admirable, courage héroïque, digne de toute la vénération des hommes !

 

Répons de Saint Dominique

 

Troisième Mystère Douloureux

Le Couronnement d'épines

 

Notre Père

 

1. Il vient à la pensée des soldats d'imposer h Jésus une couronne d'épines. Je Vous salue Marie...

2. Ils la préparent avec une rage et une célérité infernales. Je Vous salue Marie...

3. Puis ils l'enfoncent avec rage dans la tête du Rédempteur. Je Vous salue Marie...

4. Ce chef divin en est percé de toutes parts. Je Vous salue Marie...

5. Le sang coule. Je Vous salue Marie...

6. Le front en est couvert. Je Vous salue Marie...

7.11 se mêle aux larmes de ses yeux. Je Vous salue Marie...

8. Il descend sur ses lèvres couvertes des pâleurs de la mort. Je Vous salue Marie...

9. A ce supplice on ajoute celui de la dérision: on couvre les épaules de Jésus d'un manteau de pourpre, et on lui remet un roseau à la main. Je Vous salue Marie...

10. En cet état Pilate le montre au peuple en disant: « Voilà l'homme ». Je Vous salue Marie...

 

Litanies de Saint Dominique

 

Pratique: Servez Dieu sans ostentation, mais aussi sans respect humain.

 

Oraison finale

 

Neuvième mardi

Jésus porte sa croix, chargé du poids de nos péchés sans nombre, pour nous délivrer de nos misères.

 

Prière à dire au début de chaque mardi

 

Réflexion

 

Saint Dominique embrasse la croix du Sauveur, et la porte avec persévérance durant toute sa vie. Il aide charitablement ceux qui trouvent de la difficulté à traîner leur propre croix. Affermi dans la voie de la perfection, notre Saint renonce à tous les biens du monde, à tous les plaisirs de la vie. Il pratique assidûment l'entière abnégation de soi-même. Il porte constamment sur son corps la mortification de Jésus Christ. Sa charité l'engage en outre à prendre le fardeau de ses frères, et à les consoler dans leurs peines; il dissipe leurs chagrins et les relève dans leur découragement.

 

Répons de Saint Dominique

 

Quatrième Mystère Douloureux

Le Portement de la croix

 

Notre Père

 

1. Sur les instances du peuple, excité par ses chefs, Jésus est condamné à être crucifié. Je Vous salue Marie...

2. On lui présente sa croix, et il l'embrasse avec amour. Je Vous salue Marie...

3. Il la met sur ses épaules déchirées, et la porte courageusement. Je Vous salue Marie...

4. Et pourtant il tombe sous son fardeau, accablé sous le poids de nos péchés. Je Vous salue Marie...

5. L'ayant reprise, il rencontre sa mère plongée dans la désolation. Je Vous salue Marie...

6. Une sainte femme essuie son visage, et l'image de sa face reste imprimée sur le linge. Je Vous salue Marie...

7. Les filles de Jérusalem le suivent en se lamentant. Jésus les console et leur dit : « Si le bois vert est ainsi traité, quel sera le sort du bois sec? » Je Vous salue Marie...

8. Personne ne veut aider à Jésus à porter sa croix. Simon de Cyrène s'y prête à peine quelques instants. Je Vous salue Marie...

9. Arrivé au pied de la colline, le Sauveur tombe encore sous le poids de son fardeau. Je Vous salue Marie...

10. Mais il se relève, reprend la croix dans un sublime effort, et arrive au sommet de la montagne. Je Vous salue Marie...

 

O mère affligée, au nom des peines endurées par votre divin Fils dans son trajet du prétoire de Pilale au Calvaire, obtenez-nous les forces et la patience dont nous avons besoin pour porter nos propres tribulations. Gloire au Père.

 

Litanies de Saint Dominique

 

Pratique: Renoncez-vous vous-même, et consolez votre prochain dans ses afflictions.

 

Oraison finale

 

Dixième mardi

Jésus est crucifié réellement.

 

Prière à dire au début de chaque mardi

 

Réflexion

 

Saint Dominique se crucifie d'une manière spirituelle. On le voit, dès son enfance, embrasser les austérités les plus dures. Son jeûne est continuel. Son corps est ceint d'une chaîne de fer garnie de pointes aiguës. Un cilice piquant couvre ses épaules. La terre nue ou les degrés de l'autel lui servent de couche. Tout cela n'est point encore assez : une ardente soif du martyre dévore son cœur; il brûle de répandre tout son sang pour l'amour de Jésus-Christ.

 

Répons de Saint Dominique

 

Cinquième Mystère Douloureux

Jésus est crucifié

 

Notre Père

 

1. Le Sauveur des hommes, dépouillé de ses vêtements, est étendu sur la croix par les bourreaux. Je Vous salue Marie...

2. On lui perce les pieds et les mains avec des clous pour les fixer au bois douloureux. Je Vous salue Marie...

3. Puis on élève l'instrument du supplice avec sa victime, et le sang coule à grands flots de ses plaies. Je Vous salue Marie...

4. Entre le ciel et la terre, la première parole du doux Agneau est une prière pour ses ennemis. Je Vous salue Marie...

5. Il promet ensuite le paradis au bon larron. Je Vous salue Marie...

6. Il recommande saint Jean à sa mère.

7. Dans sa soif on l'abreuve de fiel et de vinaigre. Je Vous salue Marie...

8. Il s'écrie au milieu de cette détresse : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné? Je Vous salue Marie...

9. « Tout est consommé! dit-il enfin. Je Vous salue Marie...

10. Aussitôt, se recommandant à Dieu, son Père, il rend l'esprit. Je Vous salue Marie...


Parles mérites de la mort de Jésus, ô Vierge digne de toute notre compassion, obtenez-moi la grâce de mourir parfaitement an monde et à moi-même tous les jours de ma vie; obtenez-moi  de crucifier constamment cette malheureuse chair avec ses cupidités, afin d'arriver à l'éternel bonheur. Gloire au Père.

 

Litanies de Saint Dominique

 

Pratique: Crucifiez votre chair avec toutes ses convoitises. Soyez toujours aux pieds du crucifix.

 

Oraison finale

 

Onzième mardi

Jésus, par sa résurrection, obtient une gloire immortelle, et cause la joie du monde entier.

 

Prière à dire au début de chaque mardi

 

Réflexion

 

Saint Dominique ressuscite les morts, et comble les âmes d'allégresse. C'est ainsi que notre Saint participe à l'empire de Jésus sur la mort. Avant de quitter ce monde, il rappelle trois personnes à la vie dans la seule ville de Rome. Après son trépas il en ressuscite, par ses mérites, un nombre considérable. Notre Saint, en outre, a retiré de la mort spirituelle et rendu à la vie de lu grâce, par ses travaux apostoliques, des milliers de pécheurs.

 

Répons de Saint Dominique

 

Premier Mystère Glorieux

La Résurrection de Notre Seigneur

 

Notre Père

 

1. Jésus sort du tombeau le troisième jour. Je Vous salue Marie...

2. O mort ! où est ta victoire, ton aiguillon ? tu as trouvé ton vainqueur. Je Vous salue Marie...

3. Auparavant l'âme du Sauveur était allée consoler les patriarches dans les limbes et les délivrer des ténèbres. Je Vous salue Marie...

4. Après cet acte d'autorité et de miséricorde, il ressuscite plein de gloire. Je Vous salue Marie...

5. Sa présence réjouit la bienheureuse Vierge Marie. Je Vous salue Marie...

6. Il apparaît encore à Marie-Madeleine, sous la figure d'un jardinier. Je Vous salue Marie...

7. Il se montre à l'apôtre saint Pierre, et lui donne sa bénédiction. Je Vous salue Marie...

8. Les disciples d'Emmaüs l'ont entendu sans le reconnaître; mais ils le devinent plus tard: « Nos cœurs n'étaient-ils pas enflammés, s'écriaient-ils, lorsqu'il nous parlait? » Je Vous salue Marie...

9. Il vient enfin au milieu de tous les disciples réunis au Cénacle, et il leur porte sa paix. Je Vous salue Marie...

10. L'apôtre saint Thomas était resté incrédule; mais il se rendit à la démonstration sensible des plaies du Sauveur. Je Vous salue Marie...

 

O Vierge bienheureuse, par la joie excessive dont votre cœur fut inondé à la première apparition dont Jésus favorisa votre foi et votre amour, obtenez-moi du Roi votre Fils la grâce de ressusciter à une vie nouvelle, et de ne jamais plus retomber dans la mort du péché. Gloire au Père.

 

Litanies de Saint Dominique

 

Pratique: Vivez d'une vie nouvelle, et travaillez à la conversion des pécheurs.

 

Oraison finale

 

Douzième mardi

Jésus monte au ciel, pour nous y préparer une place au festin de l'éternité.

 

Prière à dire au début de chaque mardi

 

Réflexion

 

La place étant prête, et le festin préparé, il nous envoie son serviteur Dominique pour faire l'invitation. Ce serviteur fidèle accomplit exactement son emploi. Sa voix se fait entendre partout. Il prêche à tout venant, sur la route, dans les villes, les villages, les châteaux, et jusque dans les monastères. Sa parole est enflammée. La vérité sort de son cœur avec des flots d'amour qui ravissent le cœur des hommes.

 

Répons de Saint Dominique

 

Deuxième Mystère Glorieux

L'Ascension de Notre Seigneur

 

Notre Père

 

1. Jésus rassemble ses principaux disciples sur le mont des Oliviers. Je Vous salue Marie...

2. Et en leur présence il monte au ciel par sa propre vertu. Je Vous salue Marie...

3. Pourquoi, Seigneur, quittez-vous ainsi vos amis? « Je vais rejoindre mon Père », leur dit-il. Je Vous salue Marie...

4. « Et pourtant je resterai avec vous jusqu'à la fin des siècles ». Je Vous salue Marie...

5. « Et je vous enverrai le Saint-Esprit consolateur ».  Je Vous salue Marie...

6. Il s'élève alors dans les nues, et ses disciples le contemplent; enfin il se dérobe à leurs regards en les bénissant. Je Vous salue Marie...

7. Il entre dans le ciel; il nous en ouvre les portes. Je Vous salue Marie...

8. Il s'asseoit triomphalement à la droite de Dieu le Père. Je Vous salue Marie...

9. Plein de bonté pour les siens, il lui montre constamment ses plaies, en interpellant pour nous. Je Vous salue Marie...

10. O divin Jésus, vous êtes dans le ciel notre médiateur tout-puissant! Je Vous salue Marie...

 

O Marie, enlevez mon cœur là-haut avec votre adorable Fils. Donnez-moi, pour toutes les choses de la terre, un mépris généreux. Ah! désormais j'emploierai le reste de ma vie à contempler la gloire de Jésus dans le ciel. Gloire au Père.

 

Litanies de saint Dominique

 

Pratique: Écoutez avec attention, respect et amour, la parole de Dieu.

 

Oraison finale

 

Treizième mardi

Jésus envoie le Saint-Esprit aux apôtres, et ceux-ci portent le feu de l'amour divin par toute la terre.

 

Prière à dire au début de chaque mardi

 

Réflexion

 

Saint Dominique est un apôtre qui, par le feu du Saint-Esprit, réchauffe les cœurs refroidis des pécheurs. La Providence l'éloigné de la contrée où il a vu le jour, et sous sou impulsion il va porter le feu divin en France, en Espagne, en Italie. Il brûle de montrer aux nations barbares le flambeau de la révélation, et d'allumer dans leur poitrine les flammes du céleste amour. Dieu dispose autrement de son serviteur, mais il accomplit largement ses désirs par le moyen de ses enfants spirituels. Il lui donne une famille apostolique, et celle-ci, jusqu'à la fin des temps, sans interruption, annoncera dans toute sa pureté l'Évangile du Sauveur aux peuples de l'univers, et les formera aux sentiments d'une piété solide autant que fervente.

 

Répons de saint Dominique

 

Troisième Mystère Glorieux

La descente du Saint Esprit

 

Notre Père

 

1. Dix jours après son Ascension, Jésus envoie le Saint-Esprit sur la terre. Je Vous salue Marie...

2. O don précieux ! il apporte la consolation céleste. Je Vous salue Marie...

3. Il répand dans les âmes le feu sacré. Je Vous salue Marie...

4. Il allume dans les cœurs la flamme du saint amour. Je Vous salue Marie...

5. Il éclaire les intelligences de sa vive lumière. Je Vous salue Marie...

6. Il fortifie les hommes de la puissance d'en haut. Je Vous salue Marie...

7. Il accorde aux apôtres le don des langues. Je Vous salue Marie...

8. Il leur distribue ses largesses avec effusion. Je Vous salue Marie...

9. 0 Esprit-Saint! venez répandre vos grâces dans le cœur de vos fidèles. Je Vous salue Marie...

10. Venez, Esprit-Saint! embrasez-nous des feux du divin amour. Je Vous salue Marie...

 

Mère de Dieu, toute pénétrée de l'Esprit Saint, communiquez à mon cœur indigent quelques gouttes de la plénitude du vôtre. Que cet esprit nouveau absorbe et consume toutes les puissances de mon âme, fasse battre ma poitrine et anime ma langue. Puissé-je à l'avenir respirer uniquement pour Dieu et pour vous! Gloire au Père.

 

Litanies de saint Dominique

 

Pratique: Demandez à Dieu des hommes apostoliques qui, marchant sur les traces du bienheureux patriarche, renouvellent la face de la terre.

 

Oraison finale

 

Quatorzième mardi

Jésus exalte sa très sainte Mère au jour de l'Assomption, et l'élève en corps, et en âme jusqu'au plus haut des cieux.

 

Prière à dire au début de chaque mardi

 

Réflexion

 

Jésus et Marie font monter aux cieux saint Dominique au jour de sa mort précieuse. Une année avant son trépas, un ange, par l'ordre du Seigneur, annonce au saint l'époque de son passage à l'éternité, et lui montre les palmes et les couronnes réservées à ses travaux. Quand il expire, on voit son âme prendre la roule du séjour céleste sur une échelle radieuse, au haut de laquelle Jésus et Marie lui tendent les bras. Son corps sacré lui-même participe dans la tombe à cette immense gloire. Il exhale une odeur divine et est glorifié par une foule de prodiges éclatants.

 

Répons de saint Dominique

 

Quatrième Mystère Glorieux

L'Assomption de la très sainte Vierge

 

Notre Père

 

1. Marie a rendu le dernier soupir entre les bras de Jésus, descendu du ciel pour le recevoir. Je Vous salue Marie...

2. Alors les apôtres, miraculeusement rassemblés de tous les points de l'univers, honorent son corps d'une sépulture glorieuse. Je Vous salue Marie...

3. Mais après trois jours ce corps sacré, conservé sans corruption, est réuni à l'âme de nouveau, et la Vierge est transportée par les anges dans le ciel. Je Vous salue Marie...

4. Le Père, le Fils, et le Saint-Esprit accueillent Marie avec triomphe. Je Vous salue Marie...

5. Les séraphins et les autres anges se courbent respectueusement devant elle. Je Vous salue Marie...

6. Tout le ciel est dans un ravissement de joie ineffable. Je Vous salue Marie...

7. 0 Marie, quelle place occupez-vous dans le ciel? je vous vois assise à la droite de Jésus. Je Vous salue Marie...

8. La vous êtes l'avocate de tous les hommes. Je Vous salue Marie...

9. Vous écoutez et vous exaucez avec bonté toutes mes demandes. Je Vous salue Marie...

10. Enfants du Rosaire, réjouissons-nous d'avoir une mère si bonne. Je Vous salue Marie...

 

Faites-moi la grâce, ô glorieuse mère de mon Sauveur, de mourir d'une mort semblable à la vôtre. Je compte sur votre assistance et sur celle de Jésus à mon dernier moment. Qu'au sortir du corps, mon âme, enlevée par les saints anges, soit transportée auprès de vous pour contempler à jamais votre immortelle gloire. Gloire au Père.

 

Litanies de saint Dominique

 

Pratique: Priez pour les agonisants. Assistez les mourants au moment suprême, et suggérez-leur des sentiments chrétiens.

 

Oraison finale

 

Quinzième mardi

Jésus couronne sa très sainte Mère Reine du ciel et de la terre.

 

Prière à dire au début de chaque mardi

 

Réflexion

 

Jésus et Marie accordent à saint Dominique une part de leur domination suprême, en lui donnant un grand pouvoir sur les maladies, les misères et les afflictions de l'humanité. 11 était juste de récompenser par la puissance des miracles un homme qui avait procuré tant de gloire à Jésus et à Marie par l'établissement de la dévotion du Rosaire. Les prodiges éclatants dont Dieu favorise son serviteur depuis six siècles doivent nous inspirer une large confiance envers ce grand saint. Ayons recours à lui dans nos divers besoins : il exaucera nos demandes.

 

Répons de saint Dominique

 

Cinquième Mystère Glorieux

Le Couronnement de Marie dans le Ciel

 

Notre Père

 

1. Marie est glorieusement couronnée dans le ciel. Je Vous salue Marie...

2. A quel titre? Pour son amour, plus brûlant que celui des séraphins. Je Vous salue Marie...

3. Pour sa pureté, plus resplendissante que celle des anges. Je Vous salue Marie...

4. Pour son humilité profonde. Je Vous salue Marie...

5. Pour son obéissance parfaite. Je Vous salue Marie...

6. Pour sa sainte prudence. Je Vous salue Marie...

7. Pour sa patience admirable. Je Vous salue Marie...

8. Pour son ardente reconnaissance. Je Vous salue Marie...

9. Elle est couronnée pour sa persévérance dans toutes les vertus. Je Vous salue Marie...

10. Elle est couronnée et établie au-dessus de toutes les hiérarchies célestes, parce qu'elle est la digne Mère de Dieu. Je Vous salue Marie...

 

Oui, Vierge sainte, vous êtes notre bien-aimée Souveraine, et nous sommes heureux de vivre sous votre empire. Agréez, ô Reine de nos cœurs, cette couronne du Rosaire, offrande bien juste de notre vénération. N'abandonnez pas vos enfants. Si vous êtes favorable à nos vœux, le salut nous est assuré. Gloire au Père.

 

Litanies de saint Dominique

 

Pratique: Travaillez à l'accroissement du culte de Marie par le Rosaire. Propagez également le culte de saint Dominique, choisi de Dieu et de Marie pour établir cette belle dévotion dans la sainte Eglise.

 

Oraison finale

 

Prière à dire la fin des Quinze mardis

 

O très Saint Prêtre de Dieu, glorieux confesseur, éminent Prêcheur, Bienheureux Dominique, homme élu du Seigneur; en votre temps vous avez été entre tous l'objet de ses complaisances et de ses prédilection pour votre vie glorieuse par ses miracles et sa doctrine; et maintenant nous nous réjouissons de vous avoir auprès du Seigneur Dieu pour notre particulier intercesseur. C'est vous que je vénère par dessus tous les Saints, tous les élus de Dieu, c'est vers vous que je crie du fond de cette vallée de misère! Venez en aide, ô très bon père, venez en aide, ô très clément, je vous en prie, à mon âme pécheresse, toute privée de grâces et de vertus, chargée de misères, enveloppée des liens du vice et du péché; secourez-la dans sa détresse et dans son infortune.

 

Pour vous, homme de Dieu, la grâce divine a répandu sur votre âme bienheureuse et bénie la richesse de ses bénédictions en telle plénitude qu'elle ne vous a pas seulement élevé vous-même à la demeure du repos, au siège de la paix et à la gloire céleste; elle a, de plus, par la force entraînante de votre admirable vie, par le stimulant de vos douces exhortations, la lumière de votre suave doctrine, les appels de votre ardente prédication, amené à la même béatitude une foule innombrable d'autres âmes. Venez donc, Dominique béni, et dans votre affection paternelle, prêtez l'oreille aux voeux assidus de ma supplication. Cherchant en vous son refuge, mon âme pauvre et mendiante se prosterne à vos pieds avec toute l'humilité dont elle est capable. Languissante, elle se traîne devant vous. Mourante, elle s'efforce comme elle le peut de vous adresser ses supplication. Par la puissance de vos mérites et l'efficacité de vos bonnes prières, daignez lui rendre la vie et la santé et la combler avec surabondance de vos bénédictions. Je sais, oui je sais et je suis certain que vous le pouvez. J'ai confiance que dans votre grande Charité vous le voulez. J'espère de l'extrême familiarité que vous avez toujours eu avec Jésus-Christ, votre bien-aimé choisi entre mille, qu'il ne vous le refusera point et que vous obtiendrez de votre Seigneur et de votre ami tout ce qu'il vous plaira. Animé d'une telle façon, pourrait-il rien refuser à celui qu'il aime?

 

Oui, c'est vous qui, dans la fleur de votre jeunesse, avez voué votre virginité à la beauté de l'Epoux des vierges. Vous qui avez consacré votre âme, revêtue de la blancheur du Saint Baptême et enrichie de l'Esprit-Saint, à l'amant très chaste des vierges. Qui, façonné par une éducation divine, vous êtes livré entièrement à Dieu. Qui, instruit de bonne heure dans la discipline régulière, avez disposé dans votre cœur des routes d'ascension vers Dieu. Qui, montant toujours de vertu en vertu, avez progressé sans relâche de ce qui était bien à ce qui était mieux. Qui, une fois entré dans le chemin de la perfection, avez tout abandonné: avez suivi le Christ nu, aimant mieux amasser des tresors dans le Ciel. Qui, avec plus d'énergie encore, vous êtes renoncé vous-même et, portant virilement votre Croix, vous êtes appliqué à suivre les traces du seul véritable Guide, notre Rédempteur. Vous qui, enflammé du zèle de Dieu et d'une ardeur surnaturelle, à cause de votre Charité sans bornes et de la ferveur d'un esprit véhément, vous êtes consacré tout entier par le voeu de pauvreté perpétuelle à l'observance apostolique et à la prédication évangélique et, pour ce grand oeuvre, par une haute inspiration de la Providence, avez institué l'Ordre des Frères Précheurs. Vous qui, dans tout l'univers, avez fait briller sur la Sainte Eglise la glorieuse lumière de vos mérites et de vos exemples. Qui, délivré de la prison de la chair, êtes monté jusqu'à la Cour Céleste. Qui, enfin, dans l'ornement de votre premier vêtement d'innocence, êtes parvenu tout près du Seigneur pour y être notre avocat.

 

Oh! venez donc à mon secours, je vous en supplie, venez au secours de tous ceux qui me sont chers. O vous qui avez désiré si ardemment le salut du genre humain, venez en aide au Clergé et au peuple, aux vierges et aux femmes pieuses. Après la bienheureuse Vierge notre Reine, vous êtes ma douce espérance, ma consolation, mon refuge particulier. Soyez-moi propice et veillez à me secourir. C'est auprès de vous seul que je me réfugie; devant vous seul j'ose toujours paraître; je me prosterne à vos pieds et, suppliant, je vous invoque, ô mon patron, je vous implore, je me recommande à vous, tout abandonné. Daignez me recevoir avec bonté, me garder, me protéger, m'aider et me faire retrouver par votre intervention cette grâce de Dieu, objet de mes désirs. Que par vous il me soit fait miséricorde; que je mérite d'obtenir le remède aux maux de la vie présente et le salut de mon âme pour la vie à venir. Oui, oui, très bon maître, oh! oui, qu'il en soit ainsi, je vous supplie, illustre guide, père nourricier, Bienheureux Dominique; oui, je vous en prie, assistez-nous dans tous nos besoins; soyez pour nous vraiment un Dominique, vigilant gardien du troupeau du Seigneur. Gardez-nous toujours et ne cessez de gouverner ceux qui vous ont été confiés; rendez-nous purs et, purifiés, recommandez-nous; puis, après cet exil, présentez-nous de nouveau avec joie au Seigneur de bénédiction, à votre bien-aimé, au très puissant Fils de Dieu, Jésus-Christ, notre Sauveur, à qui seul appartient l'honneur, la louange, la gloire, en compagnie de la Bienheureuse Vierge Marie et de toute la Cour des citoyens du Ciel, dans les siècles des siècles et pour l'éternité. Ainsi soit-il.

 

(Bienheureux Jourdain de Saxe)

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Téléchargez l'intégralité des 15 mardis de Saint Dominique (pdf) en cliquant ici

11 avril 2010

Les Sept Vendredis de Notre Dame des Douleurs

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Les Sept Vendredis de Notre Dame des Douleurs

 

Depuis plusieurs siècles les Fidèles se sont empressés de pratiquer la Dévotion des sept Vendredis dans tous les lieux où elle est répandue; voulant la faire embrasser à ceux qui l'ignorent, nous chercheront, en la leur faisant connaître, de leur apprendre les principaux avantages qu'ils peuvent en retirer. Dès la semaine de la Septuagésime, ils doivent s'appliquer, tous les Vendredis Jusqu'à la fête de la Compassion, aux pieux exercices de cette dévotion, qui leur fourniront un moyen facile de satisfaire leur tendre piété pour la très Sainte Vierge en partageant ses douleurs, et un puissant secours pour se sanctifier pendant le Carême. Chacun des Vendredis dont nous avons parlé, les Fidèles doivent, autant qu'il sera possible, observer la méthode suivante: 1° Lire au commencement de la journée la méditation du Mystère; 2° Réciter le Chapelet des sept Douleurs, ou au moins sept Notre Père et sept je Vous salue Marie; 3° Visiter une chapelle ou une statue de Notre Dame des Douleurs, y réciter le Stabat, et s'ils ne le savent pas, au moins un Notre Père et un je Vous salue Marie; 4° Approcher avec ferveur des Sacrements de Pénitence et d'Eucharistie. Les Pratiques de cette dévotion peuvent servir utilement dans le courant de l'année, pour obtenir quelque grâce par l'intercession de la très-Sainte Vierge.

01

Premier Vendredi

Le Glaive qui perça le cœur de Marie dans la prophétie de Syméon

 

Jérusalem renfermait, à cette époque, un juste nomme Syméon, plus charge de mérites que d'années, quoiqu'il fût d'un âge avancé. Pendant que Marie et Joseph entraient dans le temple, Syméon y arrive au moment même où ils présentaient le Messie nouveau-né. Eclairé d'une lumière supérieure, il regarde la mère, il admire le divin Enfant avec des yeux étincelants et d'un visage enflammé, il prend Jésus dans ses bras, le presse sur son cœur, et dans une douce extase, il bénit Dieu d'une si haute faveur, et lui fend de vives et solennelles actions de grâces d'avoir exaucé ses longs désirs à ce sujet. Ensuite, s'adressant à Marie, par l'inspiration du Saint-Esprit, il lui fait cette célèbre prédiction: « Cet enfant est pour la ruine et pour la résurrection de plusieurs en Israël, et pour être en butte à la contradiction des hommes ». Qui pourrait exprimer la douloureuse impression que fit cette triste prophétie sur le cœur maternel de Marie? Malgré les lumières qu'elle avait déjà reçues, elle vit alors encore plus clairement se dérouler à son esprit le sombre tableau des souffrances que son Fils devait endurer; elle connut plus que jamais qu'entre toutes les mères elle était la seule qui rachetait son premier-né pour peu de temps, puisqu'il était destiné aux douleurs, aux opprobres et aux supplices. Dès lors, au sentiment de Saint Jérôme, l'âme de Marie eut à subir un martyre plus dur que celui de tous les martyrs ensembles; martyre qui, selon Saint Bernard, dura trente-trois ans, pendant lesquels Marie vécut en mourant sans cesse, parce que son cœur souffrait une douleur pire que la mort, sans remède et sans adoucissement. Comme les eaux des fleuves, en entrant dans l'Océan, deviennent salées et amères, les consolations de Marie, depuis ce jour mémorable, se changeaient pour elle en violentes amertumes. De là, elle ne pouvait arrêter ses yeux sur l'admirable humanité du Sauveur, sans penser aussitôt aux mépris, aux tortures, à la croix qui l'attendaient. Déjà Marie croyait voir les blessures de ses pieds, de ses mains et de son côté toutes couvertes de sang!... Mère infortunée, ce ne fut pas seulement pendant la vie de son Fils qu'elle souffrit ce dur martyre, la plaie que lui fit la prophétie de Syméon ne se ferma jamais tant qu'elle vécut: « Cette-douleur dit-elle un jour à Sainte Brigitte, affligea mon cœur jusqu'au moment où je fus élevée en corps et en âme dans le Ciel ». O glaive douloureux! O peine sans égale!

 

Colloque

 

O mère affligée! quel cœur ne se fondra pas de douleur et de componction en considérant le vôtre percé du glaive que lui annonça Syméon! Ah! quel cruel martyre pour vous, de penser que votre divin Fils, après une vie entière de souffrances, après une mort cruelle et ignominieuse, serait encore déchiré et crucifié de nouveau, avec plus d'impiété que jamais, par les monstrueux péchés des hommes! Non de semblables tortures n'étaient point faites pour votre beau cœur; elles me convenaient bien mieux à moi qui suis coupable de fautes graves! Vous savez d'ailleurs que j'ai lancé contre vous, non pas un seul glaive, mais cent, mais mille traits meurtriers, autant de fois que j'ai eu le malheur de pécher. Purifiez maintenant, par votre douloureux martyre, tout mes sentiments impurs; blessez si profondément la dureté de mon cœur, qu'il soit pénétré de la plus vive douleur d'avoir renouvelé, par mes péchés, la dure Passion de Jésus, et d'avoir de nouveau percé son cœur adorable.

02

Deuxième Vendredi

Souffrances de la très Sainte Vierge dans la fuite en Egypte

 

Après la cérémonie de la Purification de Marie et de la Présentation de son Fils au temple, la sainte Famille retourna à Nazareth. Or, Hérode, roi des Juifs, ayant appris des Mages la naissance d'un nouveau prince, et déjà instruit par la voie publique de ce qui s'était passé au temple quand le divin Enfant y avait été présenté, il n'en fallut pas davantage à ce roi soupçonneux pour craindre que ce rejeton de David ne lui enlevât la couronne. Il prit donc, sans délai, des mesures pour affermir son trône, qu'il jugea en péril, et il forma le dessein de mettre à mort le nouveau-né. Misérable orgueil humain! La Mère et le nourricier de Jésus n'étaient occupés, dans leur chétive demeure, qu'à contempler le Fils de Dieu qui croissait en grâce chaque jour. Contents de leur état en vue de Dieu, ils travaillaient et dormaient en paix. Une nuit, entre autres, dans laquelle, plus fatigué qu'à l'ordinaire, Joseph dormait profondément, un Ange lui dit à l'oreille de se lever promptement et de fuir en Egypte, avec son épouse et le divin Enfant, attendu qu'Hérode cherche à faire mourir Jésus. Docile à la voix de l'Ange, Joseph, étonné, va réveiller Marie et lui communique l'ordre du Ciel. Tendre Mère! quelle triste nouvelle! dans quelle fâcheuse situation elle se trouve! faible, délicate, avec un tendre nourrisson et un époux âgé et fatigué, que fera-t-elle? Ah! je la vois dans une véritable agonie; son cœur tombe en défaillance en pensant au danger que court le divin Enfant!.. Mais à quoi servent les délais? elle se prépare à exécuter au plus tôt les ordres du Ciel. Elle s'approche en tremblant du berceau où l'Enfant Jésus dormait paisiblement; elle le lève, le prend entre ses bras, l'enveloppe promptement de ses langes, le couvre de son mieux pour le défendre des injures de l'air rigoureux de la saison; et sans tarder davantage, sans dire adieu à ses voisins et à ses amis, sans dire un seul mot, ne portant aucune provision, mais seulement quelques hardes, elle part dans le silence de la nuit, sous la protection des ténèbres, appuyée du côté gauche sur le bon vieillard Joseph, et de sa main droite pressant l'Enfant Jésus sur son cœur. C'est en soupirant, qu'elle part et fuit en Egypte. Au moindre bruit qu'elle entend, elle frémit, son cœur palpite, son sang se glace dans ses veines, elle craint que les émissaires du roi inhumain ne viennent dans l'ombre arracher son Fils de son sein, et le massacrer. Si l'on considère ensuite la longueur et la difficulté du chemin, que n'eut pas à souffrir cette Vierge sainte! Il lui a fallu marcher pendant trente jours au moins; traverser des déserts; gravir des montagnes, et passer dans des forêts inhabitées. Pendant combien de jours n'aura-t-elle eu pour toute nourriture que des herbes crues et des racines sauvages? combien en aura-t-elle passé sans boire ni manger? combien de nuits, dans cette saison froide, a-t-elle dû passer couchée sur la pierre? Mais quel Surcroît de douleur pour elle de sentir l'Enfant Jésus souvent tout glacé, malgré les soins qu'elle prenait de le couvrir, de le presser sur son sein, et de l'échauffer par ses soupirs enflammés! combien de fois pour apaiser ses pleurs, lui aura-t-elle donné, en l'allaitant, son cœur fondant de douleurs? O souffrances universelles! ô peines incompréhensibles!


Colloque

 

O Vierge affligée! que votre exemple me confond. Dans un âge si tendre, vous fuyez en Egypte avec tant de peines, foulant aux pieds les aises et les plaisirs du monde; modèle accompli de résignation, d'obéissance, de charité, de confiance en Dieu; tandis que non-seulement je ne fuis pas le danger d'offenser Dieu, mais encore je m'y expose souvent de propos délibéré, m'abandonnant à ma présomption, à ma négligence, à mon esprit d'indépendance, à mon orgueil! O Mère de miséricorde! rendez-moi semblable à vous, je vous en supplie; daignez aussi m'accorder votre puissant secours dans le voyage terrible que je fais maintenant vers l'Eternité. Faites que j'évite les dangers de l'Egypte de ce monde, afin que je partage un jour votre bonheur dans la céleste Jérusalem.

03

Troisième Vendredi

Tristesse de la très Sainte Vierge lorsqu'elle perdit Jésus dans le temple

 

La sainte Famille avait demeuré sept ans en Egypte par l'ordre exprès du Seigneur, et avait beaucoup souffert dans ce long exil, lorsqu'un Ange signifia à Saint Joseph de retourner en Israël. Le retour fut plus pénible encore que n'avait été le voyage précédent. Quand il fallut fuir, l'Enfant Jésus pouvait se porter au bras; mais à l'âge de sept ans, dit Saint Bonaventure, il était trop grand pour être porté, et trop petit pour faire à pied un si long voyage. Le cœur de Marie était donc plus affligé qu'auparavant en cette circonstance, et par rapport à son cher Fils, et par la peine de Joseph devenu plus âgé. Dans la fuite, la très-Sainte Vierge éloignait son Fils de ses ennemis; en retournant en Judée, elle leur allait au-devant et conduisait Jésus à la mort; car elle savait qu'il serait un jour la victime de leur barbarie. Enfin, de retour à Nazareth, Jésus, Marie et Joseph y vécurent dans le travail et avec beaucoup de peine; ils n'en sortaient qu'aux jours de fêtes, où, suivant la loi, ils allaient au temple de Jérusalem, pour écouter les divins oracles des livres saints, participer aux sacrifices, et célébrer les solennités légales. Ils avaient toujours eu l'Enfant Jésus avec eux, et rien de fâcheux ne leur était encore arrivé dans ces voyages; mais lorsque le Sauveur eut atteint l'âge de douze ans, ils le conduisirent, selon leur coutume, à Jérusalem, pour y faire la Pâques. Ils assistèrent pieusement aux sacrifices de la solennité, pendant sept jours,dans le temple. Lorsqu'ils retournèrent à Nazareth, le divin Enfant demeura à Jérusalem sans qu'ils y fissent attention, et ils ne s'en aperçurent qu'après une journée de chemin. Quelle douleur pour Marie et pour Joseph! Ils étaient arrivés dans l'asile où ils devaient passer la nuit, et ne virent point leur bien-aimé. Jésus s'était caché ou rendu invisible à leur départ de Jérusalem. Sa tendre Mère et son fidèle gardien, par une disposition admirable de la Providence, pensèrent que Jésus s'était joint à d'autres familles de Nazareth, également venues à la fête. Mais quelles furent les angoisses de Marie quand elle vit que son divin Fils ne s'y trouvait pas! Joseph dit: nous l'avons donc perdu! que sera devenu ce cher Fils? Puis-je vivre sans lui! retournons sur le champ sur nos pas; demandons-le; cherchons-le... non, mon cœur ne pouvait être frappé plus douloureusement; allons, ne perdons pas un moment; hâtez-vous... de grâce, hâtez-vous.... En effet, Marie se met en marche quoiqu'il soit dejà nuit, elle cherche Jésus parmi les parents et les connaissances qu'elle rencontre, et retourne à Jérusalem. Ses larmes sont plus nombreuses que ses pas; ses soupirs continuels embarrassent sa respiration; et à tout instant, elle dit aux passants comme l'épouse du Cantique: « Avez-vous vu le bien-aimé de mon âme? » Mais, hors de Jérusalem comme dans Jérusalem, personne ne lui en donne des nouvelles. Elle s'écrie dans sa douleur: « Saints Anges, qui accompagnez ce Fils adorable; éléments, qui lui obéissez; soleil, qui éclairez son séjour; montrez-le-moi! Cette Vierge désolée pleure le jour et la nuit; inconsolable, son amertume va toujours croissant, elle ne peut prendre ni nourriture ni repos, parce qu'elle a perdu à la fois son Fils, son père, son époux, son trésor, son Dieu. L'esprit agité de mille lugubres pensées, le cœur déchiré par une séparation si inattendue et si douloureuse, elle se meurt: Père Eternel, ayez pitié de cette mère désolée, sa vie est en danger; de grâce faites-lui trouver son. Fils!... Mais non, elle en sera privée pendant trois jours... Elle court, elle revient, elle demande encore Jésus dans les maisons et dans les rues; peine inutile! son deuil augmente, ses angoisses n'ont plus de bornes!... Enfin, au bout du troisième jour, elle vient au temple toute éplorée, et en y entrant elle voit son divin Fils assis au milieu des Docteurs? les écoutant et leur proposant des questions sur la loi de Moïse... La douleur de Marie avait été si vive pendant ces trois jours, son cœur en avait été oppressé à un tel point, qu'en revoyant Jésus elle ne put s'empêcher de lui faire cette douce plainte: « Mon fils, pourquoi en avez-vous usé ainsi envers nous? Nous vous cherchions, votre père et moi, étant fort affligés ».

 

Colloque

 

O Vierge admirable! que de larmes vous répandîtes pendant les trois funestes jours où vous fûtes privée de votre souverain bien! Ah! combien ce cruel martyre m'apprend à connaître et à pleurer l'aveuglement et la dureté de mon cœur! Vous étiez l'innocence même, par une grâce spéciale vous étiez impeccable, et vous gardiez Jésus dans votre cœur comme sur un trône ou il prenait ses complaisances; et cependant vous pleurates amèrement jour et nuit sa perte, et vous le cherchâtes sans délai et sans relâche. Et moi, j'ai eu le malheur de le perdre volontairement tant de fois, et de le chasser de mon cœur par tant de péchés et avec une si noire ingratitude!... Toute autre perte, dit Saint Augustin, plonge les imprudents dans la tristesse, l'abattement et le désespoir... Mais bêlas! en perdant Jésus, je perds mon Dieu, et néanmoins, par une indifférence qui tient du sacrilège, je mange, tranquillement, je vis content, et j'ose goûter les douceurs du repos! Quelle folie! et qui me donnera une fontaine de larmes intarissable pour pleurer mon, âme privée de son Dieu? O sainte Mère! apprenez-moi à chercher Jésus, puisqu'en le perdant je perds tout à la fois, mon âme, mon Dieu, ma félicité, le Ciel. O Mère de miséricorde, faites que je le cherche avec ardeur et constance, de peur qu'après ne l'avoir pas cherché, maintenant que je puis le trouver, je ne le cherche en vain dans la suite. O Marie ! faites-moi trouver Jésus pendant ma vie et à l'heure de ma mort, en me faisant trouver sa grâce; mais surtout faites qu'après ma mort je retrouve Jésus dans sa gloire. Et vous, ô mon Dieu! qui voulûtes peut-être vous cacher pour que Votre tendre Mère vous retrouvât par le mérite de ses larmes, de grâce exaucez sa prière tandis que je vous adresse ces désirs du chartreux Lodolphe: « Seigneur Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, que vos parents cherchèrent pendant trois jours, et qu'ils trouvèrent enfin dans le temple, faites que ma pauvre âme vous désire, qu'en vous désirant elle vous cherche, qu'en vous cherchant elle vous trouve, qu'en vous trouvant elle vous aime, qu'en vous aimant elle rachète ses péchés, et qu'en les rachetant elle n'y retombe jamais. Ainsi soit-il.

04

Quatrième vendredi

Douleur de la sainte Mère de Jésus quand elle le rencontra portant sa croix, et en l'accompagnant au Calvaire

 

A peine le faible et inique gouverneur eut-il abandonné le divin agneau à la fureur du peuple déicide, que la croix fut préparée et que le funèbre cortège se mit en marche. Tendre Mère! qui aura l'attention de vous éloigner d'un pareil spectacle? O Madeleine! Salomé! Marie de Cléophas! et vous, disciple bien-aimé, empêchez à la très Sainte Vierge de voir son Fils chargé du bois infâme, hors d'haleine, déchiré, tout sanglant, à demi mort, et de chute en chute se rendant au Calvaire..., Hélas! cette vue ne lui sera pas épargnée; rien ne l'arrête, ni sa timidité virginale, ni la multitude des assistants, ni l'horreur du supplice. Marie, en proie elle-même à des angoisses mortelles, accourt pour faire le dernier adieu à Jésus, et le voir pour la dernière fois. Il va passer, le bruit des armes, le son de la trompette funèbre se font entendre et annoncent le prochain supplice du Sauveur du monde; déjà apparaît le drapeau noir, suivi d'un peuple en délire et transporté d'une joie infernale; on voit les ennemis de Jésus applaudissant dans les groupes à leur barbare triomphe; et, au milieu de cette troupe furieuse, Marie voit son doux Jésus, elle le distingue aux cordes et aux chaînes tient il est inhumainement garrotté, à la lourde croix dont il est chargé, et aux coups que ses bourreaux féroces ne cessent de lui porter. Marie voit Jésus, mais quelle vue déchirante! quelle rencontre mortelle! Elle le voit couvert de sang de la tête aux pieds, inondé de sueur, de boue et de crachats: les yeux du Fils et de la Mère se rencontrent; Marie, les yeux fixés sur Jésus, s'élance vers lui, et lui tend les bras; mais elle ne peut ni l'atteindre, ni lui parler. Les archers la repousse avec cruauté, et la foule, la rapidité de la marche n'ont pas permis l'échange d'un seul mot entre Jésus et Marie! mais quelle expression dans leur rapide regard! quel langage ineffable entre leurs cœurs! Marie reçoit dans le sien, comme dans un miroir fidèle, toutes les douleurs et les amertumes de Jésus, qui est accablé de ses peines et de celles de sa Mère; et du cœur de Marie viennent se refléter, dans le cœur de Jésus, les douleurs de sa Mère et les siennes propres. O mon Dieu! quel cruel moment pour Jésus et pour Marie! son cœur maternel succombe à une si dure épreuve; elle pâlit et tombe en défaillance. Ah! si les femmes juives furent touchées de compassion jusqu'à ne pouvoir retenir leurs larmes, si la pieuse Véronique, n'écoutant que son émotion, courut appliquer un Suaire à Jésus, pour lui essuyer le visage, que dut éprouver le cœur de la Mère du Sauveur? Revenue un peu de sa langueur mortelle, elle lance un regard de douleur sur le chemin du Calvaire, et voit qu'un nouvel achoppement précipite à terre le Sauveur mourant sous le fardeau de la croix, et que le sang divin coule des blessures qui sont rouvertes par le choc. A cette vue, ses pleurs redoublent; et cependant, sans s'arrêter, elle porte plus loin ses pas chancelants. Pâle, languissante, ne cessant de soupirer, à l'aide des saintes femmes et du disciple chéri, elle suit son Fils, portant elle-même, suivant l'expression d'un Père, une croix meurtrière dans son cœur; et lorsqu'elle apercevait la voie douloureuse toute arrosée du sang précieux du Sauveur, qui pourrait dire les impressions qu'elle en recevait? qui pourrait imaginer ses soupirs et ses larmes?

 

Colloque

 

O Marie! quel affreux supplice pour vos yeux très-purs, de voir votre divin. Fils sur le chemin du Calvaire, meurtri, déchiré et tombant sous le poids de la croix! Ah! jetez sur moi un regard de compassion, brisez la dureté de mon cœur, afin qu'il compatisse à vos douleurs et que je conçoive une vive contrition de mes péchés, qui furent la véritable cause des souffrances de Jésus et des vôtres. Ah! puissé-je, docile à la grâce, imiter votre patience sur le chemin du Calvaire, votre fidélité inviolable à suivre Jésus souffrant, et votre générosité à mépriser les insultes de ce peuple insolent et barbare! De grâce, obtenez-moi la force de suivre l'exemple de Jésus et le vôtre, en supportant mes peines avec patience, et d'alléger à mon Sauveur le fardeau de sa croix, en renonçant aux péchés qui la lui rendirent si pesante, et qui mirent le comble à votre douleur quand vous le rencontrâtes.

05

Cinquième Vendredi

Crucifiement du cœur de Marie au crucifiement de son Fils

 

Le cœur du divin Rédempteur étant uni au cœur de sa sainte Mère par le sang et par l'amour, il s'ensuit nécessairement que les souffrances de l'un étaient communes à l'autre. Il y a plus, Marie aimant son divin Fils beaucoup plus qu'elle ne s'aimait elle-même, elle devait ressentir les douleurs de Jésus plus vivement que si elle les avait endurées dans son propre corps. Qui pourrait donc, je ne dis pas expliquer mais seulement imaginer ses angoisses mortelles, lorsqu'arrivée à la cime du Calvaire, elle vit les Juifs dans la jubilation et la lie du peuple, se livrant aux transports d'une joie satanique, parce que le Dieu de Nazareth allait être crucifié? O Ciel! quels furent les déchirements de son cœur, en voyant étendre la croix à terre, préparer les clous, approcher les marteaux, dépouiller de nouveau l'agneau divin avec tant de violence que les plaies de tout son corps en furent toutes rouvertes; le jeter d'un seul coup sur l'instrument du supplice; en voyant Jésus se collant à la croix avec un amour infini, et comme une victime volontaire, entendant les bras et offrant volontiers ses mains et ses pieds pour être cloués? Quel spectacle pour Marie! quel océan de douleurs pour elle, comme elle le révéla à Saint Anselme! Les bourreaux étendent cruellement la main droite du Sauveur, et, ouvrant la paume, ils y placent un clou. meurtrier que l'un d'entre eux enfonce d'un coup de marteau si violent, que le fer déchire les tendons, perce les os et le bois de part en part. O atroce barbarie! O tendre Mère! le coup retentit dans son cœur déchiré, elle tombe et demeure quelque temps hors de ses sens! Le crucifiement continue, et quand il est terminé on élève la croix sur la cime du Golgotha, et en ce moment les cris de la multitude furieuse rappellent Marie de son évanouissement: elle se lève tremblante sur ses pieds, elle lève les yeux, et voit son. amour crucifié, dont le corps pose sur ses plaies, la tête baissée, n'ayant que son sang pour tout vêtement; couvert de la pâleur de la mort, et presque expirant dans les convulsions et les angoisses du supplice. Marie l'aperçoit au milieu de deux voleurs crucifiés avec lui, exprès pour mettre le comble à son ignominie. Elle voit le sang qui coule à flots de ses mains et de ses pieds cloués, sa tête qui ne peut s'appuyer sur le bois meurtrier sans que la couronne d'épines ne s'enfonce davantage dans sa tête auguste; elle voit... ô mon Dieu! elle finit par baisser les yeux, car elle ne peut plus tenir à une vue si horrible. Cependant, elle force la nature à se taire, et s'élevant au-dessus d'elle-même, du fond de l'autel secret de son cœur, elle offre à la fois au Père Eternel, la victime de son Fils sacrifié, et celle du martyre de son propre cœur.

 

Colloque

 

O sainte Mère! je suis saisi d'horreur en pensant au martyre de votre cœur sur la cime du Calvaire, auprès de la Victime si chère à votre âme, qui s'immolait pour le salut des hommes. O mon Dieu! vous voyiez les marteaux lancés dans l'air, vous en entendiez les coups redoublés, vous considériez les clous meurtriers qui attachèrent Jésus au bois infâme, le sang divin qui coulait de nouveau de ses plaies rouvertes, les convulsions, le tremblement, les angoisses de l'Agneau de Dieu, vous pûtes voir tout cela, et vous n'en mourûtes pas! Mais je comprends que le prodige qui vous soutint dans cette épreuve sans pareille, ce fut votre volonté constante, invincible et héroïque qui vous fit souscrire d'une manière admirable au décret du Père céleste, et à la volonté de son Fils pour la rédemption désirée du genre humain. Le Père adorable voulut donner son Fils unique pour le salut du monde, et vous, la mère de ce Sauveur selon son humanité, vous offrîtes ce même Fils pour la même fin. Ainsi Jésus offrait son corps adorable en holocauste, et du fond de votre cœur vous immoliez votre esprit et vous ne vous appliquiez à ne vouloir que ce qui était écrit dans le Ciel, soit sur votre Fils, soit sur vous, pour que les hommes fussent rachetés. O bonté! ô amour inexprimable! Mais, ô tendre coopératrice de notre rédemption ! puisque vous avez tant souffert pour cette grande œuvre, faites au moins que je n'en perde jamais le souvenir!

06

Sixième vendredi

Gémissements de la très Sainte Vierge à la descente de la Croix

 

Joseph d'Arimathie et Nicodème, disciples secrets de Jésus, munis de la permission de Pilate, s'empressèrent de remplir eux-mêmes le pieux et charitable devoir de descendre de la croix le corps mort du Sauveur, en face de Jérusalem et sous les yeux d'un peuple nombreux, ne comptant pour rien le grave déshonneur qu'il y avait pour eux à se montrer les disciples d'un homme crucifié. Ils arrivèrent au pied de la croix, avec les outils et les échelles, pour en détacher Jésus. Ils y trouvent sa mère désolée, et impatiente de recueillir le corps de son Fils dans ses bras. Elle les pria avec larmes d'agir promptement, pour soustraire ce corps adorable à de nouveaux outrages. Les pieux disciples, les larmes aux yeux, appuient les échelles à la croix, ils y montent, ils arrachent avec force, mais respectueusement, les clous: en ce moment Marie redouble ses soupirs en voyant les bras pendants du Sauveur, sa tête sacrée tombe sur la poitrine, et enfin le corps entier sur les épaules des disciples! Anges de paix, qui pleurez amèrement, suspendez vos larmes! Hâtez-vous de venir fortifier Marie maintenant qu'elle reçoit dans son sein les membres froids de son cher Fils! O mon Dieu! quel spectacle! quels tourments! quel palpitement! quelle immense douleur! Ah! c'est ici qu'on peut dire avec raison que Marie passe d'une croix à l'autre, ou plutôt qu'elle est une croix vivante d'angoisses et de déchirements. Dans le Cénacle, le Sauveur avait dit aux Apôtres qu'il était sorti du sein de son Père pour entrer dans le monde, et qu'il allait bientôt y retourner; mais il put dire, ajuste titre, quand il fut rendu à Marie sur le Calvaire: « Je suis sorti du sein de ma Mère pour venir sur la croix, et je quitte maintenant la croix pour retourner à ma Mère ». Mais quelle douleur inexprimable pour Marie que ce retour! Elle presse, il est vrai, ces divins membres contre son cœur, mais ils sont gelés et défigurés. Au lieu d'entendre l'aimable voix de Jésus, au lieu de voir le plus beaux des enfants des hommes, et de contempler ses grâces ravissantes, elle n'a sous les yeux que des plaies sanglantes et d'horribles blessures! A la vue de ses épines qui ont percé cette tête auguste, elle s'écrie: « O cruelles épines! êtes-vous rassasiées maintenant du sang d'un Dieu? Elle sonde la profondeur des blessures et surtout de celle du divin côté, et parcourant des yeux tous ces membres déchirés », elle dit, comme autrefois Jacob affligé à l'occasion du jeune Joseph: « Hélas! une bête féroce à dévoré mon Fils! O mon Dieu! vit on jamais plus de barbarie exercée sur l'innocence même? O Père Eternel! ce n'est plus qu'un squelette et la victime de la cruelle mort; je vous offre cette adorable humanité de votre Fils, telle qu'elle est à ce moment, toute déchirée et toute sanglante! Voyez, ô Père saint! si c'est la tunique de votre Fils bienaimé! Et vous , pécheurs, approchez et voyez les suites funestes de vos péchés! Qui a blessé cette tête auguste? qui a percé ces pieds et ces mains? qui a ouvert ce sein divin? Ah! voilà le fruit de vos crimes et de vos infamies! » Suivant Saint Augustin, Marie, l'âme sur les lèvres,couvrit de ses baisers et de ses larmes le visage divin, les mains augustes et les membres ensanglantés de son divin Fils; et si, comme Saint Germain l'assure, Marie, à force de pleurer, finit par répandre des larmes de sang, il s'en suit que la Mère arrosa de ses larmes vermeilles le corps de son Fils, et que réciproquement le Fils teignit du sang de ses plaies le visage éclatant de Marie. Parmi tant d'angoisses et tant de sang, cette Mère accablée aurait voulu mourir en embrassant son Fils mort, comme Féclie, mère du saint martyr Calliope, expira en embrassant son fils crucifié. Mais Marie ne l'obtint pas, parce que la mesure des tourments que la Providence lui réservait n'était pas épuisée.

 

Colloque

 

O Sainte Mère de Dieu! quel cruel moment pour vous! Le cœur me manque en vous voyant pleurer sans la moindre consolation sur la mort de votre divin Fils! Hélas! que mes péchés l'ont défiguré! Si la justice divine a puni avec tant de rigueur un Fils qui n'avait que l'ombre et l'apparence du péché, à quoi dois-je m'attendre? Ah! tendre Mère! Mère désolée, comment pourrais-je réparer un si grand mal? que voulez-vous que je fasse? que je déteste mes fautes?je les déteste. Que je fasse pénitence? j'y suis résolu. Que je compatisse à vos souffrances? Ah! amollissez mon cœur, afin que je remplisse dignement ce devoir de religion. Enfin, par votre compassion et votre douleur à la vue de Jésus mort, ne permettez pas que, par de nouvelles fautes, j'accumule de nouvelles cruautés sur le corps de votre Fils, et de nouvelles rigueurs sur votre cœur affligé.

07

Septième vendredi

Sanglots de la très Sainte Vierge pendant la sépulture du Sauveur

 

Le pieux Joseph et le vertueux Nicodème attendaient le moment d'embaumer le corps de leur divin Maître pour le placer ensuite dans le tombeau, Mais le jour déclinait, ils voyaient que sa Mère affligée ne pouvait arrêter le cours de sa douleur, et dans la crainte qu'elle n'expirât sur son Fils mort, après un doux combat de compassion, ils lui ôtèrent respectueusement cet objet chéri, et retendirent sur un linge blanc. Marie voulut encore, suivant un grave auteur, aider à rendre ce dernier devoir. D'une main respectueuse et tremblante, elle enleva de la tête de Jésus la couronne d'épines; mais les sanglots lui rendaient la respiration pénible, elle avait peu de force pour arracher les épines, et à la vue de ces profondes plaies et des chairs déchirées de toutes parts et dans les endroits les plus sensibles, elle pleurait amèrement en fermant les yeux et la bouche de son Fils; elle essuya le sang des blessures et des plaies, et lui rangea décemment les pieds. Mais, suivant la révélation de Sainte Brigitte, malgré tous ses efforts, il lui fut impossible de plier les bras du Sauveur; Jésus voulant montrer par là qu'il les tient toujours ouverts pour recevoir les pécheurs repentants. Les disciples environnèrent le corps d'aromates, suivant l'usage des Juifs, et l'ayant enveloppé d'un suaire, ils le portèrent dans un jardin, près du Calvaire, où était un tombeau taillé à neuf dans le roc. La Providence voulut ainsi que la douloureuse Passion de Jésus-Christ commençât dans un jardin et finit dans un autre jardin. Le corps de l'Homme-Dieu, au milieu de l'abjection et de la douleur, porté sur les épaules des pieux disciples, ouvrait la marche; venait ensuite le disciple bien-aimé plongé dans la douleur, puis les Maries en pleurs, qui assistèrent jusqu'à la fin au sacrifice sanglant, et qui tour à tour se partageaient le soin de soutenir la Vierge désolée, qui, à demi-morte, voulut, d'un pas mal assuré et tremblant, accompagner son Fils au tombeau; mais quand elle vit qu'on y déposait le corps adorable de Jésus, quel coup mortel pour son cœur! Elle se jette elle-même sur ce corps divin; elle demande avec larmes qu'on lui découvre encore ce visage sacré; elle veut le voir et lui donner un dernier baiser; elle l'étend et l'enveloppe de ses propres mains, et pendant qu'elle l'adore profondément, elle sent défaillir son cœur maternel par la violence de la douleur Elle ne peut l'en séparer, et semble demander, par ses soupirs et ses sanglots, d'être ensevelie avec son Fils bien-aimé. Ce spectacle arrache les larmes des fidèles disciples et des pieuses Maries qui pleurent d'attendrissement et de compassion; Saint Jean verse des larmes encore plus abondantes que les saintes femmes; enfin, la Mère de Dieu, mourante, fait son dernier adieu, et une grosse pierre ferme le monument. Mais en ce moment, quel redoublement de sanglots! Marie embrasse étroitement cette pierre fortunée qui renferme son trésor; elle veut y laisser son cœur, ou plutôt elle voudrait renfermer le tombeau tout entier dans son cœur. Ses larmes en ce moment furent si abondantes, que, suivant Saint Bernard, on en voit encore les vestiges sur le marbre tumulaire. Au reste, son martyre devait être extrême, puisqu'il ne reçut de.. soulagement ni divin ni humain

 

Colloque

 

Mère désolée, vous confiez enfin au tombeau le corps sacré du Sauveur. Quelle cruelle séparation! Oui, c'est ici le plus dur moment de votre martyre! Votre tendresse va donc survivre à la mort douloureuse d'un Fils adoré, sans en contempler même la froide dépouille! O douleur au-dessus de toute force humaine! Si le doux Jésus, pendant sa vie, se troubla vivement au tombeau de Lazare, parce qu'il était son ami, quelle dut être l'émotion de votre cœur maternel au tombeau d'un Fils infiniment aimable, d'un Fils Homme-Dieu! Cette seule pensée attriste l'âme et la trouble, elle glace le cœur! O Vierge désolée! je ne puis vous consoler, car vous ne pouvez plus recevoir de consolation humaine; mais, par votre douleur incompréhensible, consolez vous-même mon malheureux esprit dans ses épreuves; faites-moi mériter de pleurer avec vous auprès du divin tombeau, pour que j'arrive un jour à une résurrection glorieuse et immortelle.

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Fête de la Compassion de Marie

Tristesses de la très Sainte Vierge pendant le reste de sa vie

 

La très Sainte Vierge ne pouvant plus voir sur la terre son amour crucifié, depuis sa glorieuse Ascension au Ciel. espérait qu'elle pourrait trouver quelque consolation dans la possession des instruments de la Passion de son divin Fils; elle pensait que leur vue lui aurait rappelé son bien-aimé. Elle désirait conserver ses clous et la couronne d'épines consacrés parle sang du Sauveur; mais, suivant Baronius, cela ne fut pas en son pouvoir, car les Juifs avaient la coutume d'ensevelir avec le corps des condamnés, les instruments de leur supplice, comme sujets à la même malédiction. En conséquence, les clous et les épines furent ensevelis avec Jésus-Christ; et la croix, qui n'aurait pas pu entrer dans le tombeau, fut enterrée séparément. Suivant ce même auteur et d'autres encore, la très Sainte Vierge réussit à recueillir respectueusement et à conserver un peu du sang précieux et de l'eau mystérieuse qui sortirent du côté de Jésus. Elle retint aussi de petits linges teints du divin sang, sans parler des diverses empreintes qu'en avaient conservé ses habits. Or, ayant presque toujours sous les yeux ces reliques sanglantes de la cruelle Passion de son Fils, que de soupirs et que de larmes cette vue a dû lui arracher! On peut donc affirmer, sans crainte de se tromper, que dès l'instant funeste où son divin Fils fut mis dans le tombeau, son âme fut dans une affliction continuelle; et que, non contente de renouveler ses peines par la vue de ces objets, elle parcourait, tant qu'elle vécut, les lieux consacrés par le sang de l'Homme Dieu. Cette Vierge sainte se rappelait ainsi successivement, la noire trahison de Judas, les divers tribunaux, l'horrible flagellation; elle se représentait les peines de son Fils, la malice des hommes, la justice sévère du Père céleste, la voie douloureuse teinte du divin sang; lorsqu'elle était seule, elle se rappelait sa fécondité par l'opération du St-Esprit, la longue suite des mépris et des persécutions du Verbe fait chair parmi les hommes, jusqu'au moment où il scella le testament de la Rédemption par sa mort sur la croix. Marie pesait tout et connaissait tout parfaitement. Son imagination lui retraçait les Apôtres fugitifs et dispersés dans la nuit fatale, et abandonnant leur Maître dans le danger: elle en exceptait Jean, qui suivit Jésus sans pouvoir le secourir, et Pierre qui lui fut infidèle et le renia au foyer du Vestibule. Ensuite Marie jetant au Ciel un regard qui dit tout sans prononcer un mot; et puis, baissant le front vers la terre, elle s'écriait avec tristesse: « O humanité inconsidérée! combien coûte ton crime? » Telles furent les sombres pensées qui occupèrent Marie le le plus souvent, jusqu'à ce que son divin Epoux lui lança un trait d'amour plus ardent, qui la pénétra tout entière et l'enleva à cette vie pénible et mortelle.

 

Colloque

 

Vierge sainte, votre vie fut un martyre continuel, et les puissances mêmes de votre belle âme, lui fournirent une ample moisson. Votre mémoire fut toujours frappée du souvenir déchirant de la Passion de votre divin Fils. Votre entendement vous donnait les motifs les plus forts de compatir à ses tourments. Votre volonté était occupée à la fois des actes les plus ardents d'amour et de douleur. C'est donc à juste titre qu'un diadème douloureux convient mieux à votre tête auguste, comme Reine des martyrs, parce qu'il vous rend plus semblable à Jésus, qui est le Roi des martyrs; et que le sang d'un Dieu crucifié, dont votre manteau fut arrosé sur le Calvaire, vous a orné d'une pourpre plus vive et plus éclatante que le manteau d'or que forme l'astre du jour. Je vous salue, Vierge auguste, je compatis à vos peines sur la terre, et je vous félicite en même temps de tout mon cœur, maintenant que vous régnez dans le Ciel, parce que vous n'avez pas moins de gloire dans les souffrances que dans les joies. Je vous prie, ô ma bien-aimée Reine! de m'obtenir une constance chrétienne dans l'adversité, et de me regarder toujours comme un des sujets les plus fidèles de votre empire.

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