12 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

3scene

Treizième jour

Naissance du Sauveur

 

Il était déjà tard quand Joseph et Marie arrivèrent à 'la grotte. La jeune ânesse, qui, depuis qu’ils étaient entrés dans la maison paternelle de Joseph, avait couru de côté et d’autre autour de la ville, vint alors à leur rencontre et se mit à sauter joyeusement auprès d’eux. Alors la sainte Vierge dit à Joseph : « Voyez, c’est certainement la volonté de Dieu que nous entrions ici ». Joseph mit l‘âne sous l’espèce de toit qui était en avant de l’entrée de la grotte, puis, ayant préparé un siège pour la sainte Vierge, elle s’y assit pendant, qu’il se procurait de la lumière et entrait dans la grotte. L’entrée était un peu obstruée par des bottes de paille, et des nattes posées contre les parois. Il y avait aussi dans la grotte même divers objets qui l’encombraient. Joseph la débarrassa de manière à préparer à la sainte Vierge une place commode du côté oriental de la grotte. Il attache une lampe allumée a la paroi, et fit entrer Marie, qui se plaça sur le lit de repos qu’il lui avait préparé avec des couvertures et quelques paquets. Il s’excusa humblement de n’avoir pu lui procurer qu’un si mauvais gîte ; mais Marie, intérieurement, était contente et joyeuse.

Quand elle se fut installée, Joseph sortit avec une outre de peau qu‘il portait avec lui, et alla derrière la colline, dans la prairie où coulait un petit ruisseau. Il remplit l’entre d’eau et la rapporta dans la grotte. Il alla ensuite a la ville pour y acheter un peu de vaisselle, des fruits et du bois à brûler. Le sabbat était proche, et à cause des nombreux étrangers qui avaient à se procurer des provisions, on avait dressé au coin des rues des tables chargées des objets les plus indispensables.

Joseph revint, portant des charbons allumés dans une espèce de boîte grillée. Il les plaça à l’entrée de la grotte, et allume du feu avec un petit fagot de morceaux de bois sec. Il apprêta ensuite un repas qui se composait de petits pains et de quelques fruits cuits. Quand ils eurent mangé et prié, Joseph prépara un lit pour la sainte Vierge ; il étendit sur une litière de jonc une couverture semblable a celles que nous avons vues dans la maison de sainte Anne, et plaça une autre couverture roulée pour appuyer sa tête. Après avoir fait entrer l’âne et l’avoir attaché dans un endroit où il ne pouvait pas gêner, il boucha les ouvertures de la voûte par où l’air venait, et disposa la place où lui-même devait reposer à l’entrée de la grotte.

L’heure du Sabbat étant arrivée, il se plaça avec la sainte Vierge sous la lampe, et récita avec elle les prières du Sabbat. Après quoi ils prirent ensemble leur modeste repas. Puis Joseph repartit pour la ville, et Marie s’enveloppa pour se livrer au repos. Pendant l’absence de Joseph, la sainte Vierge pria à genoux. Elle s’agenouilla sur sa couche ; puis elle s'étendit sur la couverture, couchée sur le côté. Sa tête reposait sur son bras, qui était posé sur l’oreiller. Joseph revint tard. Il pria encore et se jeta humblement sur son pauvre grabat à l’entrée de la grotte.

La sainte Vierge passa le Sabbat dans la grotte de la Crèche, priant et méditant avec une grande ferveur. Joseph sortit plusieurs fois ; il alla probablement à la Synagogue de Bethléem. Ils ne mangèrent ce jour-là que des aliments préparés les jours précédents et, prièrent ensemble. Dans l’après-midi, temps où les Juifs font ordinairement leur promenade du jour du sabbat, Joseph conduisit la sainte Vierge à la grotte du tombeau de Maraha, nourrice d’Abraham. Elle resta quelque temps dans cette grotte, qui était plus spacieuse que celle de la Crèche, et où Joseph lui arrangea un siège ; elle se tint aussi sous l’arbre qui était auprès, toujours priant et méditant, jusqu’après la clôture du sabbat. Marie avait dit à Joseph que la naissance de l'Enfant aurait lieu ce jour même, à minuit ; car c‘était à cette heure que se terminaient les neuf mois écoulés depuis que l'Ange du Seigneur l’avait saluée. Elle l’avait prié de faire en sorte qu’ils pussent honorer de leur mieux, à son entrée dans le monde, l’Enfant promis par Dieu et conçu surnaturellement. Elle l’engagea aussi à prier avec elle pour les gens au cœur dur qui n’avaient pas voulu lui donner l’hospitalité. Joseph offrit a la sainte Vierge de faire venir pour l’assister deux pieuses femmes de Bethléem qu’il connaissait. Elle ne le voulut pas, et lui dit qu'elle n’avait besoin du secours de personne.

Joseph alla à Bethléem avant la fin du sabbat et aussitôt que le soleil fut couché, et y acheta Quelques objets nécessaires, une écuelle, une petite table basse, des fruits et des raisins secs, qu'il rapporta à la grotte de la Crèche. Il alla de la à la grotte de Maraha, et ramena la sainte Vierge à celle de la Crèche, où elle s’assit sur la couvcrture. Joseph prépara encore des aliments. Ils mangèrent et prièrent ensemble. Il établit alors une séparation entre la place qu’il avait choisie pour reposer et le reste de la grotte, à l'aide de quelques perches auxquelles il suspendit des nattes qu’il avait trouvées dans la grotte même. Il donna à manger à l‘âne qui était à gauche de l’entrée, attaché à la paroi de la grotte ; puis il remplit la mangeoire de la crèche de roseaux et d’herbe ou de mousse, et étendit dessus une petite couverture dont les extrémités retombaient sur les côtés.

Comme alors la sainte Vierge lui dit que son temps approchait et l’engagea à se mettre en prière dans sa chambre, il suspendit à la voûte plusieurs lampes allumées, et sortit de la grotte parce qu’il avait entendu du bruit devant l‘entrée. Il trouva là la jeune ânesse qui, jusqu’alors, avait erré en liberté dans la vallée des Bergers. Elle paraissait toute joyeuse, et jouait et bondissait autour de lui. Il l‘attache sous l‘auvent qui était devant la grotte et lui donna du fourrage.

Quand il revint dans la grotte, et qu’avant d’entrer dans son réduit il jeta les yeux sur la sainte Vierge, il la vit qui priait a genoux sur sa couche, lui tournant le dos, et regardait du côté de l’orient. Elle lui parut comme entourée de flammes, et toute la grotte ; semblait éclairée d’une lumière surnaturelle. Il regarda comme Moïse lorsqu’il vit le buisson ardent ; puis, saisi d’un saint effroi, il entra dans sa cellule et S’y prosterna la face contre terre.

Et la lumière qui environnait la sainte Vierge devint de plus en plus éclatante. La lueur de la lampe allumée par Joseph n’était plus visible. Marie, ayant sa large robe sans ceinture étalée autour d’elle. était à genoux sur sa couche, le visage tourné vers l’orient.

Quand vint d’heure de minuit, elle fut ravie en extase. Elle était élevée de terre a une certaine hauteur. Elle avait les mains croisées sur la poitrine. La splendeur allait croissant autour d’elle ; tout, semblait ressentir une émotion joyeuse, même les êtres inanimés. Le roc qui formait le sol et les parois de la grotte paraissaient s’animer dans la lumière. Mais bientôt la voûte ne fut plus visible ; une voie lumineuse, dont l’éclat augmentait sans cesse, allait de Marie jusqu’au plus haut des cieux. Il y avait là un mouvement merveilleux de gloires célestes, qui, s’approchant de plus en plus, se montrèrent distinctement Sous la forme de chœurs angéliques. La sainte Vierge, élevée de terre dans son extase, priait et abaissait ses regards sur son bien dont elle était devenue la Mère, et qui, faible Enfant nouveau-né, était couché sur la terre devant elle. Et Notre Seigneur apparut comme un petit Enfant lumineux, dont l’éclat éclipsait toute la splendeur environnante, couché sur le tapis, devant les genoux de sa Mère. Il semblait qu’il était tout petit et grandissait de plus en plus ; mais tout cela n’était que le rayonnement d‘une lumière ineffable qui échappait, aux regards mortels.

La Sainte Vierge resta encore quelque temps dans son extase. Puis elle mit un linge sur l’Enfant, mais ne le toucha pas, et ne le prit pas encore dans ses bras. Après un certain intervalle, l’Enfant-Jésus commença à se mouvoir et à pleurer ; ce alors que Marie sembla reprendre l’usage de ses sens. Elle prit l’Enfant, l’enveloppa dans le linge dont elle l’avait recouvert, et le tint dans ses bras contre sa poitrine. Elle s‘assit ensuite, s’enveloppa tout entière avec l'Enfant dans son voile, et se mit à l’allaiter. L’on vit alors autour d‘elle des Anges, sous forme humaine, se prosterner devant le nouveau-né et l’adorer.

Il s’était bien écoulé une heure depuis la naissance du Sauveur, lorsque Marie appela saint Joseph, qui priait encore la face contre terre. S’étant approché, il se prosterna plein de joie, d‘humilité et de ferveur. Ce ne fut que lorsque Marie l’eut engagé à presser contre son cœur le don sacré du Très-Haut, qu’ils e leva, reçut l‘Enfant dans ses bras et remercia Dieu avec des larmes de joie.

Alors la sainte Vierge emmaillota le divin Enfant. Marie n‘avait que quatre langes avec elle. Marie et Joseph s‘assirent ensuite par terre l’un pres de l‘autre. Ils ne disaient rien et semblaient tous deux absorbés dans la contemplation. Devant Marie, emmailloté ainsi qu’un enfant ordinaire, était couché le nouveau-né, beau et brillant comme un éclair... Mais quoi ! Ce lieu contenait le salut du monde entier, et personne ne s’en doutait.

Ils placèrent ensuite l‘Enfant dans la Crèche. Ils l’avaient remplie de roseaux et de jolies plantes,v sur lesquels étaient étendue une couverture ; elle était au dessus de l’auge creusée dans le roc, à droite de l’entrée de la grotte, qui s’élargissait là dans la direction du midi. Quand ils eurent mis l’Enfant dans la crèche, tous deux se tinrent à côté de lui, versant des larmes de joie et chantant des cantiques de louange. Joseph arrangea alors le lit de repos et le siège de la sainte Vierge à côté de la crèche. Elle était, avant et après la naissance de son divin Fils, habillée d’un vêtement blanc qui l‘enveloppait tout entière, et elle resta là pendant les premiers jours, assise, agenouillée, debout ou même couchée sur le côté et dormant, mais jamais souffrante ni fatiguée. Quand on venait la voir, elle s'enveloppait encore davantage dans ses vêtements et se tenait assise sur le tapis qui avait reçu le Sauveur à sa naissance.

 

Considération

Saint Joseph d'après le chanoine de Verdun

 

Un pieux auteur du XVIIe siècle, le bon M. Dognon, chanoine de Verdun, a dit des choses délicieuses sur notre saint Patriarche dans un petit ouvrage qu’il publia en 1633, sous ce titre : « Le Modèle du ménage heureux en l'histoire du mariage de saint Joseph ». Entendons-le :

« Dieu, dit-il, tient parfois les grandeurs et les excellences de ses premiers serviteurs cachées sous le sceau de sa providence pendant certain temps et jusqu’à ce que, pour le bien de son service et l’édification de son Église, il les étale et révèle à tout le monde, de l’un en l’un siècle, de l’autre en un autre, et de tous en la saison la plus avantageuse et commode pour l’avancement de sa gloire et de la leur.

Le Saint Esprit, qui a déterminé comme autant d'articles de foi certaines propositions en un siècle, qui au précédent avaient été laissées indifférentes et problématiquement disputées, n’a pas donné une vérité nouvelle à ces propositions, mais a seulement déclaré celles qu’elles contenaient dès le commencement.

Ainsi en est-il, en certain sens, de la gloire d‘aucuns saints, laquelle a demeuré un long temps comme éclipsée et couverte aux hommes jusqu’au jour où il a plu à Dieu la leur découvrir, non comme une excellence dont il les eût nouvellement doués, mais comme un rayon partant naturellement de la gloire qu‘ils possèdent de longtemps et qui était empêchée de se répandre ici-bas, par l'opposition du grand sceau de la sagesse divine pour l’empêcher de nuire en un temps, où il a grandement servi en un autre.

Qui n’avouera que cela est vrai particulièrement au fait de saint Joseph, dont les éminences ayant plusieurs siècles durant été quasi généralement inconnues, viennent nouvellement avec éclat a se manifester tous les jours ; si bien que désormais, avec l’applaudissement de toute l’Eglise, il va être reconnu l’un des premiers chefs d’oeuvre de la nature et de la grâce et le plus élevé de tous les hommes, après la sainte Vierge son Epouse, dans les splendeurs des saints et la gloire des bienheureux au ciel.

Ces prérogatives pourtant que l'on ne fait presque que commencer d’admirer en lui ne sont pas des bienfaits récents de la magnificence de Dieu a son égard. Les perfections qu‘il s’est acquises dans l‘exercice de la vertu et qui servent aujourd’hui à étoffer la couronne de sa gloire, ne lui sont pas des nouveaux acquêts, et le degré de béatitude duquel il jouit à présent est celui même dont le Roi de gloire, son cher nourrisson, le mit en possession dès il y a seize siècles, au jour de Son ascension au ciel.

Ce sont des étoiles qui, quoiqu’elles fussent enchâssées dès le commencement en cette belle contemplation, ont été toutefois (au moins pour la plupart) tenues cachées sous le sceau de Dieu un fort longtemps, ou, si elles ont été aperçues, ce n’a été que par des yeux extraordinairement aigus, forts et pénétrants, de quelque aigles, je veux dire de saint Augustin, de Saint Bernard, de saint Ambroise et autres pareils, qui, levant leur vue et l’arrêtant fixement en la contemplation de ce grand astre, y ont découvert, dès leur temps (mais plus pour leur consolation que pour l’instruction des peuples), beaucoup plus d’étoiles que le commun n’y en voyait. En même façon m‘est-il avis que saint Augustin lui-même dit que ceux qui ont les yeux vifs et perçants font journellement, sans l'emploi des lunettes, de nouvelles découvertes d’un nombre sans nombre d‘étoiles, qui se multiplient et comme se produisent a la foule, à mesure de l’attention et du loisir que l'on prend pendant le serein d‘une belle nuit à les regarder fixement et à les compter.

Mais, comme cette attention et cette force de vue n’a été que pour les aigles, que pour ces grands Docteurs qui ont par la force et la bonté de leur esprit le même avantage sur les autres hommes que l‘aigle sur le reste des oiseaux, aussi ces grandes merveilles de saint Joseph ont-elles été communément inconnues jusqu’à tant que Dieu ait levé le cachet, publié le secret, et rompu le voile (comme parle saint Bernard), pour manifester ces grandeurs à tout le monde...

Dire maintenant pourquoi 1’Eglise a différé si longtemps les honneurs que Jésus-Christ voulait qu’on rendit enfin à son cher nourricier, c‘est un mystère ; duquel nous ne savons pas assurément la raison. L’esprit de Dieu, assistant perpétuel de l’Eglise, le lui ayant ainsi ordonné, parce qu‘ainsi lui a plu et qu’il a jugé meilleur et plus expédient pour la gloire de Dieu et celle de son serviteur qui est avantageusement désintéressé, s’il faut ainsi parler, et reçoit bien les arrérages de ce délai en la grandeur des reconnaissances que l’on a commencées et que l’on continue de lui rendre partout... »

Après quoi le pieux auteur allègue pourtant les raisons de l'honneur de Notre Seigneur et de sa sainte Mère, qui eût pu être compromis, si l’on eût, dans les commencements, tant glorifié saint Joseph, dont il exalte enfin l’excellence, la gloire dans le ciel en corps et et l'âme, l‘estime dans laquelle nous devons le tenir, et les grands biens que nous procure sa dévotion.

 

Pratique

Messes et communions en l’honneur de Saint Joseph

 

La sainte Messe est, comme chacun sait, le sacrifice du Corps et du Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ, offert sur la Croix d’abord, mais continué tous les jours sur nos autels pour nous appliquer à tous, jusqu’à la consommation des siècles, les fruits et les mérites de sa rédemption. Ce sacrifice ne s‘offre qu’à Dieu, mais on l‘offre souvent à Dieu en l‘honneur des saints, en le remerciant des grâces qu’il leur a accordées, et lui demandant par leur intercession celles dont nous pouvons avoir besoin. Non, les suffrages des saints n’ajoutent rien à l’infinie vertu du divin sacrifice, mais le parfum de leur mémoire, déjà si précieuse devant Dieu, venant à s‘imprégner de cette vertu infinie, lui devient bien plus agréable, et le dispose à accueillir bien plus favorablement les suppliques que nous lui adressons par leur médiation, médiation d’autant plus efficace, que ces saints occupent dans le ciel un rang plus élevé. Qui dira alors la puissance du saint sacrifice offert soit en l’honneur de la Très Sainte Vierge, soit en l’honneur de saint Joseph ?

Voulez-vous donc vous ménager la puissante intercession de saint Joseph auprès de Dieu, assistez à la sainte messe en son honneur. Assistez-y surtout dans Tes jours qui lui sont spécialement consacrés.

Voulez-vous que cette intercession de saint Joseph devienne encore plus efficace, et, pour ainsi dire, toute-puissante, célébrez ou faites célébrer le saint sacrifice à la même intention. Également, pour plaire à saint Joseph, faites de bonnes et saintes communions a sa gloire.

 

Prières

Récitées dans l’Institut de Saint Vincent de Paul

 

Glorieux saint Joseph, noble rejeton des rois de Juda, héritier des vertus de tous les Patriarches, auguste chef de la sainte famille du Verbe incarné, véritable modèle des âmes intérieures et ferventes, agréez, je vous en supplie, mes vœux et mes hommages. Vous êtes, et vous serez toujours, après Jésus et Marie, l'objet de mes plus profonds respects et de ma plus entière confiance. Je m’unis aujourd’hui à tous ceux qui vous invoquent, qui vous honorent et qui vous aiment, je vous félicite avec eux des grâces et des privilèges dont le Seigneur vous a comblé. Vous êtes mon protecteur et mon père. Je me consacre a votre culte et à votre service, et je veux tous les jours renouveler cette consécration et cet engagement, afin d’obtenir votre puissante intercession pendant,.ma vie, et surtout à l‘heure de ma mort.…

Oui, je vous consacre mon cœur , bienheureux Joseph, céleste Epoux de la Mère de Dieu, Père nourricier de son adorable Fils, confident, imitateur et coopérateur de l’un et de l’autre, mon illustre patron et très parfait modèle, et veux qu’après Jésus et Marie, vous soyez l’objet de mon amour. Que ne puis-je enchaîner mon cœur et celui des autres à votre trône ! Je vous l’offre et le soumets à votre empire. Offrez-le à Jésus et à Marie. Jamais cœur ne fut plus désireux que le vôtre de voir régner leur amour en nous ; enflammez-le dans le mien ; qu’il le possède, qu’il l’embrase, qu’il le consume... Obtenez-moi aussi un cœur contrit, une ferme confiance dans la miséricorde de mon Dieu, l’intelligence de la vie intérieure et du mystère de la Croix. Faites-moi vivre avant tout de l’esprit de Jésus crucifié, et qu’après avoir travaillé par Jésus, avec Jésus, pour Jésus, mes dernières paroles soient : « Jésus, Marie, Joseph ». Ainsi soit-il.

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

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11 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Douzième jour

La Grotte

 

A l’extrémité méridionale de la colline autour de laquelle tournait le chemin qui conduisait dans la vallée des Bergers, se trouvait, indépendamment de plusieurs autres grottes ou caves creusées dans le roc, la grotte où Joseph chercha un abri pour la sainte Vierge. L’entrée, tournée au couchant, conduisait par un passage étroit à une espèce de chambre, arrondie d‘un côté, triangulaire de l’autre, située dans la partie orientale de la colline. La grotte était creusée dans le roc par la nature ; seulement, du côté du midi, où passait le chemin qui conduisait à la vallée des Bergers, on avait fait quelques réparations au moyen d'une maçonnerie grossière.

De ce côté qui regardait le midi, il y avait une autre entrée ; mais elle était ordinairement bouchée, et Joseph la rouvrit pour son usage. En sortant par là, on trouvait à main gauche une ouverture plus large qui conduisait à un caveau étroit, incommode, placé à une plus grande profondeur et allant jusque sous la grotte de la Crèche. L’entrée ordinaire de la grotte de la Crèche regardait le couchant. On pouvait voir de là les toits de quelques maisons de Bethléem. Si en sortant par la on tournait à droite, on arrivait à l’entrée d‘une grotte plus profonde et plus obscure, dans laquelle la sainte Vierge fut un jour obligée de se cacher.

Il y avait devant l’entrée du couchant un toit de jonc, appuyé sur des pieux, qui se prolongeait aussi au midi jusqu’au dessus de l’entrée qui était de ce côté, en sorte qu'on pouvait être à l’ombre devant la grotte. A sa partie méridionale, la grotte avait dans le haut trois jours grillés par où venaient l'air et la lumière; une ' ouverture semblable se trouvait dans la voûte du rocher. Elle était recouverte de gazon et formait l’extrémité de la hauteur sur laquelle Bethléem était située.

L’intérieur de la grotte était à peu près disposé comme il suit. Du côté du couchant, on entrait par une porte de branches entrelacées dans un corridor de moyenne largeur, aboutissant à une chambre de forme irrégulière, moitié ronde, moitié triangulaire, laquelle s’étendait surtout du côté du midi, en sorte que le plan de la grotte entière pouvait être comparé aune tête reposant sur son cou : le cou figurerait le corridor, et la tête le souterrain proprement dit. Quand on passait du corridor, qui était moins élevé, dans la grotte creusée par la nature, on descendait sur un sol plus bas ; cependant le sol se relevait tout autour de la grotte, qui était entourée comme d‘un banc de pierre de largeur variable. Les parois de la grotte, sans être tout à fait polies, étaient cependant assez unies et assez propres, et avaient quelque chose qui agréait et charmait.

Au nord du corridor se trouvait l’entrée d'une grotte latérale plus petite. En passant devant cette entrée, on arrivait à l’endroit où Joseph allumait le feu ; puis la paroi tournait au nord-est dans l‘autre grotte plus spacieuse et plus élevée. Ce fut la que plus tard fut mis l’âne de Joseph. Derrière cette place était un recoin assez grand pour recevoir l’âne et où il y avait du fourrage.

C’était dans la partie orientale de cette grotte, en face de l’entrée, que se trouvait la sainte Vierge lorsque la Lumière du monde sortit d‘elle. Dans la partie qui s’étendait au midi se trouvait la crèche où l‘on adora l’Enfant Jésus. La crèche n’était autre chose qu’une auge creusée dans la pierre qui servait pour faire boire les bestiaux. Au-dessus était une mangeoire évasée, formée d'un treillage en bois et élevée sur quatre pieds, de façon que les animaux pouvaient prendre commodément l’herbe ou le foin qu’on y avait placé, et n’avaient qu’à baisser la tête pour boire dans l‘ange de pierre qui était au-dessous.

C’était en face de la crèche, au levant de cette partie de la grotte, qu’était assise la sainte Vierge avec 1’Enfant Jésus, quand les trois rois mages offrirent leurs présents. Si, en partant de la crèche, ou tournait à l’ouest dans le corridor qui précédait la grotte, ou passait devant l’entrée méridionale déjà mentionnée, et on arrivait à un endroit dont saint Joseph fit plus tard sa chambre, en le séparant, du reste, avec des cloisons en clayonnage. Il y avait de ce côté un enfoncement où il déposait toute sorte de choses.

En dehors de la partie méridionale de la grotte passait le chemin qui menait à la vallée des Bergers. Il y avait çà et là sur des collines de petites maisons, et dans la plaine quelques hangars avec des toits de roseaux portés sur des pieux. Au-devant de la grotte, la colline s’abaissait dans une vallée sans issue, fermée au nord et large d’environ un demi-quart de lieue.

Il y avait là des buissons, des arbres et des jardins. En traversant une belle prairie oh coulait une source, et en passant sous des arbres rangés régulièrement, on arrivait au côté oriental de cette vallée, où se trouvait, dans une colline faisant saillie, la grotte du tombeau de Maraha, nourrice d’Abraham, qui était aussi appelée la grotte du Laiton de l’Allaitement. La sainte Vierge y séjourna avec l’Enfant Jésus en diverses occasions. Au-dessus était un grand arbre dans les branches duquel on avait pratiqué des sièges. On voyait mieux Bethléem de cet endroit que de l’entrée de la grotte de la Crèche.

Voici l’histoire de cette grotte de Maraha. Abraham avait une nourrice appelée Maraha, qu’il honorait particulièrement et qui atteignit un âge très avancé. Elle le suivait partout dans ses voyages, montée sur un chameau. Elle vécut longtemps près de lui à Succoth. Plus tard, dans ses derniers jours, elle le suivit aussi dans la vallée des Bergers, où il avait dressé ses tentes dans les environs de cette grotte. Ayant dépassé sa centième année, et voyant sa dernière heure approcher, elle demanda à Abraham d’être enterrée dans cette grotte, sur laquelle elle fit des prédictions et à laquelle elle donna le nom de grotte du Lait ou de grotte de la Nourrice.

La grotte était alors un corridor étroit et élevé, creusé dans une matière blanche qui n’était pas très dure. D’un côté était une couche de cette matière qui ne montait pas jusqu’à la voûte. En montant par dessus cette couche, on pouvait arriver a l'entrée d’autres grottes placées plus haut.

La grotte fut agrandie plus tard, parce qu’Abraham y pratiqua dans la partie latérale une excavation pour le tombeau de Maraha. Sur un gros bloc de pierre reposait comme une auge également en pierre, supportée par des pieds courts et épais.

Cette grotte du tombeau de la nourrice avait un rapport prophétique avec la Mère du Sauveur nourrissant son Fils pendant la persécution ; car, dans l’histoire de la jeunesse d’Abraham, il se trouva aussi une persécution figurative, et sa nourrice lui sauva la vie en le cachant dans une grotte. Le roi qui régnait dans la patrie d’Abraham eut un songe où on lui fit une prédiction sur un enfant qui allait naître et qui devait être dangereux pour lui. Il prit des mesures en conséquence, La grossesse de la mère d’Abraham fut tenue secrète, et elle se cacha dans une grotte pour le mettre au monde. Maraha, sa nourrice, l’allaita en secret. Elle vécut comme une pauvre esclave, travaillant dans une solitude près d’une grotte dans laquelle elle nourrissait l’enfant. Ses parents le reprirent plus tard près d’eux ; et, comme il était beaucoup plus grand que son âge ne le comportait, on le fit passer pour un enfant né antérieurement à la prédiction faite au roi. Étant encore enfant, il courut pourtant des dangers à cause de certaines manifestations merveilleuses, et la nourrice le cacha de nouveau, en l’emportant secrètement sous son large manteau. On fit mourir alors plusieurs enfants de sa taille.

Cette grotte, depuis l’époque d’Abraham, était un lieu de dévotion, surtout pour les mères et les nourrices, et il y avait là quelque chose de prophétique, car l'on vénérait dans la nourrice d’Abraham la figure de la sainte Vierge, de même qu’Elie l’avait vue dans la nuée qui apportait la plaie, et lui avait érigé un oratoire sur le Carmel. Maraha avait coopéré, en quelque sorte, à l’avènement du Messie, puisqu’elle avait nourri de son lait l’aïeul de la sainte Vierge. Il y avait là quelque chose comme un puits profond allant jusqu’à la source de la vie universelle, et on y puisa toujours jusqu‘à ce que Marie y montât comme une eau limpide.

L’arbre qui était au-dessus de cette grotte étendait au loin son ombre comme un immense tilleul, large par le bas et pointu par le haut. C’était un térébinthe. Abraham se rencontra avec Melchisédech sous cet arbre. Ce vieil arbre avait quelque chose de sacré pour les bergers et les gens d‘alentour. On aimait à se reposer sous son ombre et à y prier. Il y avait à côté une fontaine dont l'eau était considérée par les bergers, comme ayant des vertus particulières à certaines époques de l’année. Des deux côtés de l’arbre se trouvaient des cabanes ouvertes où l’on pouvait passer la nuit. Tout cela était entouré d'une haie. Sainte Hélène bâtit une église en cet endroit, et on y a dit la messe.

 

Considération

Saint Joseph d’après Marie d'Agreda

 

La Vénérable Marie de Jésus, abbesse du monastère de l’Immaculée Conception de la ville d’Agréda, eut d’admirables et incontestables révélations sur la vie de la très sainte Vierge et sur celle de saint Joseph. Elle les a consignées dans son ouvrage intitulé « La Cité mystique de Dieu », qu’elle conclut ainsi, pour ce qui concerne saint Joseph :

« Béni soit l’auteur de si grandes merveilles, et béni soit aussi le plus heureux des hommes, Joseph, en qui elles furent toutes dignement opérées! Il mérite que toutes les générations le connaissent et le bénissent, puisque le Seigneur n’a fait pour aucun autre d‘aussi grandes choses et n’a manifesté à aucun autre autant d’amour.

De combien de visions sublimes et d’admirables révélations ne l’a-t-il pas favorisé ! L'on ne saurait les rapporter toutes ; mais on peut s’en faire une idée en considérant qu’il eut une profonde connaissance des mystères de Notre Seigneur et de sa très sainte Mère, ayant vécu dans leur compagnie pendant de si longues années, passant pour le Père de ce divin Sauveur, et constitué le véritable Epoux de notre auguste Reine.

Mais, en outre de cela, le Très-Haut lui a accordé, en récompense de sa grande Sainteté, plusieurs privilèges en faveur de ceux qui se mettraient sous son patronage et qui l’invoqueraient avec une vraie dévotion.

Par le premier de ces privilèges, saint Joseph fait obtenir à ceux qui l’invoquent comme il faut la vertu de chasteté et le triomphe sur les dangereuses tentations de la chair.

Par le second, notre Saint procure de puissants secours pour sortir du péché et recouvrer l’amitié de Dieu.

Le troisième privilège, c’est de nous faire obtenir les faveurs de la très Sainte Vierge et la dévotion envers elle.

Le quatrième assure à ses serviteurs une bonne mort et une assistance particulière contre 1e démon à cette dernière heure.

Le cinquième consiste dans la terreur qu’inspire aux démons le nom seul de saint Joseph.

Le sixième privilège fait obtenir la santé du corps et un soulagement dans les divers maux de la vie.

Enfin, l’effet du septième, c’est d’empêcher les familles de s’éteindre, en leur obtenant des héritiers.

Dieu accorde toutes ces faveurs, et bien d’autres encore, à ceux qui les lui demandent comme il faut, par l'intercession de 1’Epoux de notre Reine, le glorieux saint Joseph, et je prie tous les fidèles enfants de la sainte Eglise d'être bien dévots à ce grand Saint et d’être persuadés qu’ils ressentiront les favorables effets de sa protection, s‘ils se disposent dignement à les mériter et à les recevoir ».

Après quoi, Marie d’Agréda termine par cette merveilleuse instruction, qui lui fut dictée par la très sainte Vierge : « Ma fille, lui dit-elle, c’est avec raison que vous avez écrit que mon époux Joseph est le plus illustre parmi les Saints et les Princes de la Jérusalem céleste ; mais c’est en vain que vous essaieriez maintenant de dépeindre son éminente sainteté. Les mortels ne sauraient l’apprécier avant d’être arrivés à jouir de la vue de Dieu, en qui ils découvriront avec admiration, et en louant, le Seigneur, cette grandeur mystérieuse de mon Epoux.

Au dernier jour, quand tous les hommes seront jugés, les réprouvés pleureront amèrement le malheur d’avoir méconnu, à cause de leurs péchés, ce moyen de salut si puissant et si efficace. Ils regretteront d’avoir négligé de s’en servir, comme ils le pouvaient, pour se concilier l’amitié du juste Juge.

Le monde a trop ignoré jusqu’ici les privilèges, les prérogatives accordées par le Très-Haut à mon saint Epoux, et combien son intercession est puissante auprès de la divine Majesté, ainsi qu’auprès de moi. Je vous assure, ma fille, qu’en présence de la justice suprême, parmi les premiers favoris du Seigneur, mon Epoux est un de ceux qui peuvent le plus efficacement détourner son bras de la tête des pécheurs.

Pour vous, qui venez de recevoir des révélations et des lumières sur les grandeurs incompréhensibles de saint Joseph, ayez soin de faire éclater votre reconnaissance pour cette faveur que le Seigneur a daigné vous accorder. Efforcez-vous d’en profiter, en vous excitant à une plus grande dévotion et à une plus tendre affection envers mon saint Epoux, et bénissez le Seigneur de ce qu’il l’a favorisé de dons si magnifiques, ainsi que de la joie que j’éprouve a les contempler.

Dans tous vos embarras, ayez soin de recourir à son intercession. Propagez aussi la, dévotion envers lui, et que vos religieuses en donnent l’exemple ; car ce que mon Epoux demande dans le ciel, le Très-Haut l’accorde sur la terre. Chacune de ses prières, chacune de ses paroles est pour les hommes une source de faveurs, précieuses et extraordinaires, pourvu qu’ils ne se rendent pas indignes de les recevoir.

Tous ces privilèges découlent de la parfaite innocence et des éminentes vertus de cet admirable Saint, parce qu’elles lui ont valu les faveurs de la bonté divine, qui veut déployer à son égard toute sa magnificence, en répandant les trésors de sa miséricorde sur lui et sur ceux qui auront recours à son intercession ».

 

Pratique

Petit Office de saint Joseph

 

Beaucoup de pieux serviteurs de la très Sainte Vierge sont dans l’usage de réciter plus ou moins exactement, soit son Petit Office, soit le Petit Office de l’Immaculée Conception, etc. C’est une pieuse pratique que l’Eglise a encouragée et bénie. Les pieux serviteurs de saint Joseph ont de même adopté le Petit Office du saint Patriarche, lequel consiste dans la récitation, à chaque heure de cet Office, de quelques versets, d’une hymne, d’une antienne et de l’oraison, en l’honneur du Saint.

L’Eglise n'a point accordé de faveurs spéciales à cette récitation ; mais on peut la pratiquer utilement, soit pour honorer plus particulièrement notre grand Saint, soit pour solliciter sa singulière protection dans des circonstances plus difficultueuses, soit pour le remercier de quelque grâce obtenue par Sa médiation. Cette dévotion est facile et agréable à accomplir, et l’on pourrait citer de nombreux exemples des avantages que l’on y a recueillis.

Il en est qui font remonter son origine jusque dans le moyen-âge. Ce qu’il y a de certain, c’est que ce Petit Office était très usité en France au XVIIe siècle. Ne dégénérons pas de nos ancêtres, et récitons-le souvent nous-mêmes.

 

Retrouvez le Petit Office de Saint Joseph en cliquant ICI

 

Prière

Pour tous les besoins

 

Ô saint et fidèle dépositaire des trésors célestes, auguste gardien de Jésus et de Marie, je vous consacre et vous confie tout ce que je suis et tout ce que je possède. Du haut de votre gloire, abaissez un regard de bienveillance sur votre indigne serviteur. Voyez ma pauvreté et ma faiblesse. Grand dispensateur des grâces de Dieu, enrichissez mon indigence. Auguste protecteur de Jésus et de Marie, défendez-moi contre les nombreux ennemis qui assiègent mon âme, ainsi que contre les dangers et les écueils du monde. Faites briller à mes yeux cette divine lumière du soleil de justice qui éclaire mon intelligence et l‘empêche de s’ouvrir aux vanités de la terre. Gardez mon cœur des séductions du siècle et des passions de la chair. Détachez-le de l‘amour trompeur des créatures et de tout ce qui passe. Soyez avec moi, ô saint Protecteur, dans les combats de mon âme ; fortifiez_moi dans mes peines intérieures, et secourez-moi dans mes souffrances corporelles. Soyez mon conseil et mon guide pour la direction de tous mes intérêts spirituels et temporels. Soutenez-moi dans les tentations. Consolez-moi dans les épreuves de cette vie, et surtout dans les difficultés et les angoisses de mes derniers moments. Défendez-moi à cette heure suprême, et obtenez-moi la grâce d’expirer doucement, comme vous, entre les bras de Jésus et de Marie, dans les sentiments de la plus tendre confiance en leur protection et en la vôtre. Ainsi soit-il.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

 

 

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06 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Septième jour

La Visitation

 

Quelques jours après l’Annonciation de l’Ange à Marie, saint Joseph revint à Nazareth et fit certains arrangements dans la maison pour pouvoir exercer son métier ; car il n‘avait pas encore été à demeure à Nazareth, où il avait passé à peine deux jours. Il ne savait rien de l’Incarnation de Dieu dans Marie. Elle était la Mère du Seigneur, mais elle était aussi sa servante et gardait humblement son secret. La sainte Vierge, lorsqu’elle sentit que le Verbe s‘était fait chair en elle, éprouva un grand désir d’aller tout de suite à Jutta, près d’Hébron, visiter sa cousine Elisabeth, que l’Ange lui avait dit être enceinte depuis six mois. Comme on approchait du temps où Joseph devait se rendre à Jérusalem pour la Fête de Pâques, elle désira l’accompagner pour aller assister Elisabeth pendant sa grossesse. Joseph se mit donc en route pour Jutta avec la sainte Vierge.

Leur route se dirigeait vers le midi. Ils avaient avec eux un âne sur lequel Marie montait de temps en temps ; il portait quelques effets, entre autres un sac appartenant à Joseph, où se trouvait une longue robe brune de la sainte Vierge avec une espèce de capuchon. On l’attacha sur le cou de l’âne. Marie mettait cet habit quand elle allait au Temple ou a la synagogue. En voyage elle portait une tunique de laine brune, une robe grise avec une ceinture par-dessus, et une coiffe tirant sur le jaune.

Ils voyageaient assez vite. Ils traversèrent d’abord la plaine d’Esdrelon, dans la direction du midi, puis gravirent une hauteur pour entrer dans la ville de Dothan, où ils s’arrêtèrent chez un ami du père de Joseph. C’était un homme assez riche, originaire de Bethléem. Le père de Joseph l’appelait son frère, quoiqu’il ne le fût pas, mais il descendait de David par un homme qui était aussi roi, et qui s’appelait Ela, ou Eldoa, ou Eldad. Cet endroit était très commerçant.

Une fois ils passèrent la nuit sous un hangar; puis, comme ils étaient encore à douze lieues de la demeure de Zacharie, ils s’arrêtèrent un soir dans un bois sous une cabane de branchages, toute recouverte de feuillage vert avec de belles fleurs blanches. On trouve souvent dans ce pays, au bord de ces routes, des cabanes de verdure ou même des bâtiments plus solides dans lesquels les voyageurs peuvent passer la nuit ou Se rafraîchir et apprêter les aliments qu’ils ont avec eux. Une famille du voisinage a la surveillance de plusieurs abris de ce genre et fournit plusieurs choses nécessaires, moyennant une modique rétribution.

De Jérusalem ils n’allèrent pas tout droit à Jutta, mais ils firent un détour vers le levant pour voyager plus solitairement. Ils contournèrent une petite ville à deux lieues d‘Emmaüs, et prirent alors des chemins que Jésus suivit souvent pendant ses années de prédication. Ils eurent ensuite deux montagnes à franchir, entre lesquelles on les vit une fois se reposer, manger du pain et mêler dans leur eau des gouttes de baume qu’ils avaient recueilli pendant le voyage. Le pays ici était très montagneux. Ils passèrent devant des rochers qui étaient plus larges par le haut que par le bas ; on voyait aussi là de grandes cavernes dans lesquelles étaient toutes sortes de pierres singulières. Les vallées étaient très fertiles.

Leur chemin les conduisit encore a travers des bois, des landes, des prés et des champs, dans lesquels se faisait remarquer particulièrement une plante qui avait de jolies petites feuilles vertes et des grappes de fleurs, formées de neuf clochettes roses fermées.

La maison de Zacharie était sur une colline isolée. Il y avait à l‘entour des groupes de maisons. Un ruisseau assez fort descendait de la montagne.

Ce devait être le moment où Zacharie revenait chez lui de Jérusalem après les Fêtes de Pâques,et Elisabeth, poussée par un désir inquiet, s’en alla assez loin de sa maison sur la route de Jérusalem. Zacharie fut bien étonné, et effrayé de la rencontrer à une si grande distance de chez elle dans la position où elle se trouvait. Elle lui dit qu’elle avait le coeur très agité et qu'elle était poursuivie par la pensée que sa cousine Marie de Nazareth venait la voir. Zacharie chercha à lui faire perdre cette idée ; il lui fit entendre par signes, et en écrivant sur une tablette, combien, il était peu vraisemblable qu’une nouvelle mariée entreprit en ce moment un si grand voyage. Ils revinrent ensemble à la maison.

Elisabeth ne pouvait renoncer à son espérance, car elle avait appris en songe qu’une femme de son sang était devenue la Mère du Messie promis. Elle avait pensé alors à Marie, avait conçu un ardent désir de la voir, et l’avait vue en esprit venant vers elle. Elle avait préparé dans sa maison, a droite de l‘entrée, une petite chambre avec des sièges. C’était là qu’elle était assise le lendemain, toujours dans l'attente, et regardant si Marie arrivait. Bientôt elle se leva, et s‘en alla sur la route au-devant d'elle.

Elisabeth était une femme âgée, de grande taille ; elle avait le visage petit et de jolis traits ; sa tête était enveloppée. Elle ne connaissait la sainte Vierge que de réputation. Marie, la voyant de loin, connut que c‘était elle, et s’en alla en toute hâte à sa rencontre, précédant saint Joseph, qui discrètement resta en arrière. Marie fut bientôt parmi les maisons voisines dont les habitants, frappés de sa merveilleuse beauté, et émus d’une certaine dignité surnaturelle qui était dans toute ; sa personne, se retirèrent respectueusement quand elle rencontra. Elisabeth. Elles se saluèrent amicalement en se tendant la main. En ce moment parut un point lumineux dans la sainte Vierge, et comme un rayon de lumière qui partait de là vers Elisabeth, et dont celle-ci reçut une impression merveilleuse. Elles ne s‘arrêtèrent pas en présence des hommes; mais, se tenant par le bras, elles gagnèrent la maison par la cour placée en avant : à la porte de la maison, Elisabeth souhaita encore la bienvenue à Marie, et elles entrèrent.

Joseph, qui conduisait l’âne, arriva dans la cour, remit l’animal a un serviteur et alla chercher Zacharie, dans une salle ouverte sur le côté de la maison. Il salua avec beaucoup d’humilité le vieux prêtre ; Celui-ci l’embrassa cordialement et s’entretint avec lui au moyen de la tablette sur laquelle il écrivait, car il était muet depuis que l’Ange lui avait apparu dans le Temple.

Marie et Elisabeth, entrées par la porte de la maison, se trouvèrent dans une salle qui me parut servir de cuisine. Ici elles se prirent par le bras. Marie salua Elisabeth très amicalement, et elles appuyèrent leurs joues l’une contre l’autre. Alors quelque chose de lumineux rayonna de Marie jusque dans l’intérieur d’Elisabeth ; celle-ci en fut tout illuminée, son cœur fut agité d’une sainte allégresse et profondément ému. Elle se retira un peu en arrière en élevant la main, et pleine d’humilité, de joie et d’enthousiasme, elle s’écria : « Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni. D’où me vient ce bonheur que la Mère de mon Seigneur vienne à moi ? Voici qu’aussitôt que la voix de votre salutation est parvenue à mes oreilles, l’enfant que je porte a tressailli de joie dans mon sein. Vous êtes heureuse d’avoir cru : ce qui vous a été dit par le Seigneur s’accomplira ».

Après ces dernières paroles, elle conduisit Marie dans la petite chambre préparée pour elle, afin qu’elle pût s‘asseoir et se reposer des fatigues de son voyage. Il n’y avait que deux pas à faire jusque là. Mais Marie quitta le bras d’Elisabeth qu’elle avait pris, croisa ses mains sur sa poitrine, et commença son admirable cantique. Et Elisabeth répétait tout le Magnificat avec un semblable mouvement d’inspiration. Après quoi elles s’assirent sur des sièges très-bas. Il y avait sur une petite table, peu élevée aussi, un petit verre placé devant elles.

Dans l’après-midi du même jour, Joseph et Zacharie restèrent ensemble, s’entretenant de la venue prochaine du Messie et de l‘accomplissement des prophéties. Zacharie était un grand et beau vieillard habillé en prêtre ; il répondait toujours par signes ou en écrivant sur une tablette. Ils s‘assirent sur le côté de la maison dans une salle ouverte qui avait vue sur le jardin. Marie et Elisabeth étaient aussi assises dans le jardin, sur un tapis, sans un grand arbre, derrière lequel était une fontaine d’où l’eau sortait quand on retirait un fosset. Il y avait tout autour du gazon, des fleurs et des arbres avec de petites prunes jaunes. Elles mangèrent ensemble des fruits et de petits pains tirés de la besace de Joseph. Quelle simplicité et quelle frugalité touchante ! Il y avait dans la maison deux servantes et deux serviteurs, qui allaient et venaient. Ils apprêtèrent sous un arbre une table avec des aliments. Zacharie et Joseph vinrent et mangèrent quelque chose. Joseph voulait revenir tout de suite à Nazareth ; mais il restera huit jours. Il ne sait rien de l’état de grossesse de la sainte Vierge. Marie et Elisabeth se taisaient la-dessus. Il y avait dans leur intérieur comme une entente secrète et profonde de l’une à l’autre.

Plusieurs fois le jour, spécialement avant les repas, quand tous étaient ensemble, les saintes femmes disaient des espèces de litanies. Joseph priait avec elles, et l’on vit ensuite apparaître une croix entre elles. Il n'y avait pourtant pas encore de croix : c’étaient comme si deux croix se fussent visitées.

Le soir enfin ils mangèrent tous ensemble, et restèrent assis jusque vers minuit, près d’une lampe, sous l’arbre du jardin. Puis Joseph et Zacharie se retirèrent seuls dans un oratoire, tandis que Marie et Elisabeth étaient dans leur petite chambre. Elles se tenaient debout, vis-à-vis l'une de l’autre, comme ravies en extase, et disaient ensemble le Magnificat.

Le lendemain, Zacharie conduisit saint Joseph dans un autre jardin séparé de la maison. Zacharie était en toutes choses plein d’ordre et de ponctualité. Ce jardin était abondant en beaux arbres et produisait des fruits de toute espèce ; il était très bien tenu ; il était traversé par une allée en berceau, sous laquelle on était à l’ombre ; à l’extrémité du jardin, se trouvait cachée une petite maison de plaisance dont la porte était sur le côté. Dans le haut de cette maison, étaient des ouvertures fermées avec des châssis ; il s’y trouvait un lit de repos en nattes, recouvert de mousse ou d’autres herbes. Il y avait aussi là deux figures blanches de la grandeur d’un enfant, qui paraissaient ressembler à Zacharie et à Elisabeth, seulement beaucoup plus jeunes.

Cependant, Marie et Elisabeth s’occupaient de concert dans la maison. La sainte Vierge prenait part à tous les soins du ménage ; elle préparait toute sorte d’effets peur l‘enfant qu’on attendait. Elles travaillaient ensemble ; elles tricotaient une grande couverture pour le lit d’Elisabeth lorsqu’elle serait accouchée. Les femmes juives se servaient de couvertures de ce genre : il y avait au milieu une espèce de poche, disposée de façon que l‘accouchée pût s’envelopper tout entière avec son enfant ; elle s’emmaillotait là-dedans, soutenue par des coussins, et pouvait à volonté se mettre sur son séant ou rester couchée. Sur le bord de cette couverture étaient des fleurs et des sentences brodées à l’aiguille. Marie et Elisabeth préparaient aussi toutes sortes d’objets qui devaient être donnés aux pauvres à la naissance de l’enfant.

Pour sainte Anne, pendant l‘absence de la sainte famille, elle envoya souvent sa servante dans la maison de Nazareth pour voir si tout y était en ordre ; elle y alla aussi une fois elle-même.

Le surlendemain, Zacharie est allé avec Joseph se promener dans les champs. Sa maison est isolée sur une colline : c’est la plus belle maison qu’il y ait dans la contrée ; d’autres sont dispersées tout autour. Marie, qui est un peu fatiguée, est restée seule avec Elisabeth à la maison.

La nuit suivante, Zacharie et Joseph la passèrent dans le jardin situé à quelque distance de la maison, tantôt dormant dans la petite maison qui est là, tantôt priant en plein air. Au point du jour, ils reviennent à la maison de Zacharie, que n’avaient point quittée Elisabeth et la sainte Vierge. Tous les matins et tous les soirs, elles répétaient ensemble le cantique Magnificat, dicté par le Saint Esprit à Marie après la salutation d’Elisabeth.

Le jour suivant, Elisabeth et la sainte Vierge se rendirent elles-mêmes au jardin éloigné de la maison de Zacharie. Elles avaient des fruits et des petits pains dans des corbeilles, et voulaient passer la nuit dans cet endroit. Quand Joseph et Zacharie y vinrent plus tard, la sainte Vierge alla à leur rencontre. Zacharie avait sa petite tablette, mais il faisait trop sombre pour qu'il pût écrire, et Marie, poussée intérieurement par le Saint Esprit, lui dit qu’il parlerait bientôt, et qu’il pouvait laisser la sa tablette, parce qu’il serait bientôt en état de s’entretenir avec Joseph et de prier avec lui.

Puis les quatre saints personnages passèrent la nuit dans le jardin : ils s’assirent et mangèrent un peu, marchèrent ensuite deux à deux, s’entretenant ou priant, et entrèrent alternativement dans la petite maison pour y prendre du repos. Après le sabbat, Joseph doit retourner à Nazareth, et Zacharie l’accompagnent à quelque distance. Il faisait ce jour-là un magnifique clair de lune et le ciel était très pur..

La nuit d’avant le sabbat, la sainte Vierge reposa dans sa petite chambre, étendue sur le côté et la tête appuyée sur le bras ; elle était enveloppée dans une pièce d‘étoffe blanche, depuis la fête jusqu’aux pieds. Cependant, sous son cœur, brillait une gloire lumineuse en forme de poire qu’entourait une petite flamme d’un état indescriptible. Dans Elisabeth brillait une gloire moins éclatante, mais plus grande et d’une forme circulaire : la lumière qu’elle répandait était moins vive.

Mais le sabbat était commencé, et on le célèbre dans une chambre particulière de la maison de Zacharie, que l’on éclaira avec une lampe allumée exprès. Zacharie, Joseph et six autres hommes, qui étaient probablement des gens de l‘endroit, priaient debout sous la lampe autour d'un coffre sur lequel étaient des rouleaux écrits. Ils avaient des linges qui pendaient par dessus la tête, mais ne faisaient pas, en priant, toutes les contorsions que font les juifs actuels, quoique souvent ils baissassent la tête et levassent les bras en l’air. Marie, Elisabeth et deux autres femmes se tenaient à part derrière une cloison grillée, d’où elles voyaient dans l'oratoire; elles étaient tout enveloppées jusque par-dessus la tête dans des manteaux de prière.

Pendant toute la journée du sabbat, Zacharie resta avec le même habit qu‘il avait mis au commencement du sabbat. Il avait une longue robe blanche avec des manches qui n’étaient pas très larges ; il portait une large ceinturé qui faisait plusieurs tours, et sur laquelle il y avait des lettres. A cette robe était attaché une espèce de capuchon, qui pendait en plis sur les épaules comme un voile rejeté en arrière. Quand, dans la journée du samedi, il faisait quelque chose on allait quelque part, il relevait cette robe par dessus une épaule ; il l’attachait de l’autre côté, sous le bras, à l‘aide de la ceinture. Il montra ce jour-là à Joseph son manteau de prêtre, qui était très beau. Il était très lourd, de couleur blanche et pourpre, et attaché sur la poitrine par trois fermoirs.

Le soir, le sabbat étant fini, ils mangèrent de nouveau. Ils prirent leur repas ensemble dans le jardin près de la maison. Ils mangèrent des feuilles vertes qu’ils trempaient dans une sauce. Il y avait aussi sur la table des assiettes avec de petits fruits, et d’autres plats, où était, sans doute, du miel, qu’ils prenaient avec des espèces de spatules en corne.

Plus tard, au clair de la lune, par une belle nuit étoilée, Joseph se mit en voyage, accompagné de Zacharie. Joseph avait avec lui un petit paquet où étaient des pains et une petite cruche, et un bâton recourbé par en haut. Ils avaient tous deux des manteaux de voyage qui recouvraient la tête. Les deux femmes les accompagnèrent a une petite distance, et s‘en revinrent seules par une nuit d’une beauté remarquable.

Marie et Elisabeth rentrèrent a la maison dans la chambre de Marie. Il y avait là une lampe allumée, selon ce qui se faisait toujours lorsqu’elle priait et allait se coucher. Les deux femmes se tinrent vis-à-vis l’une de l’autre, et récitèrent le Magnificat.

Cependant Joseph continua sa route et rentra à Nazareth. Il ne parait pas qu’il ait été à Jérusalem, mais il semble s’être rendu directement chez lui. La servante d’Anne prend soin de son ménage, et va et vient d‘une maison à l’autre. A cela près, Joseph resta seul.

A Jutta, Zacharie est aussi de retour, et Marie et Elisabeth y partagent leur temps entre la prière et les différents travaux de la maison. Vers le soir, elles se promènent dans le jardin, où il y avait une fontaine, ce qui n’est pas commun dans le pays. Elles allaient souvent aussi, dans la soirée, quand la chaleur était passée, se promener dans les environs, car ta maison de Zacharie était isolée et entourée de champs. Ordinairement elles se couchaient vers neuf heures, et se levaient toujours avant le soleil.

 

Considération

Saint Joseph d’après saint Bernardin de Sienne

 

Saint Bernardin, dit de Sienne, parce que, né près de cette ville, il en fit son séjour habituel, fut la lumière, comme l’avait prédit de lui saint Vincent Ferrier, et le restaurateur de l’ordre de Saint François, et l’un des plus saints et des plus illustres prédicateurs de son temps. Il nous a laissé sur saint Joseph un Sermon, dont nous donnons ici l'abrégé.

« Quand Dieu appelle, dit-il, un homme à quelque dignité ou a quelque sublime ministère, il le dote avec munificence de toutes les qualités nécessaires pour accomplir dignement la mission qu’il lui impose. C’est une loi générale de l’économie de sa grâce, qu'il a très particulièrement suivie à l’égard de saint Joseph. L’ayant choisi de toute éternité pour être le Père nourricier de Notre Seigneur Jésus Christ et le digne Epoux de la Reine des Anges, il l’a enrichi, avec une libéralité toute divine, de la sainteté et des vertus requises pour une si haute dignité et un si sublime ministère.

La première grâce que Dieu a donnée à Joseph est celle que demandait le titre d’Epoux de la Vierge et le privilège de vivre dans sa société. Mais pour qu’il fût à la hauteur de cette dignité, le Saint Esprit pouvait il ne pas lui donner une âme souverainement ressemblante à celle de Marie pour l’opération des vertus ? Aussi est-il incontestable que saint Joseph a été très pur dans sa virginité, très profond dans son humilité, très ardent dans sa charité, très parfait dans sa sollicitude pour la Vierge son épouse, qui n’a pas peu contribué, du reste, à le rendre encore plus parfait par le contact journalier dans lequel il vécut si longtemps avec elle.

La seconde grâce que Dieu, accorda à saint Joseph fut celle que demandait son titre de Père nourricier du Sauveur, dans la société duquel il devait vivre pendant de longues années. Ce fut avec une libéralité toute divine que le Très-Haut répandit Cette grâce dans son âme, et Joseph la révéla au dehors par la pureté surangélique avec laquelle il traita la personne de l’Homme-Dieu, par la fidélité avec laquelle il le servit, et enfin par l’amour dont il l’aima.

Quelle ne fut pas, en effet,la pureté d’esprit, d’âme, de cœur et de corps, avec laquelle saint Joseph traita le Verbe incarné dans les rapports si intimes, si immédiats, si assidus, qu’il eut avec lui, durant les trente ans qu’il passa en sa compagnie, ne se séparant jamais ni du Fils ni de la Mère, mais les entourant constamment de ses soins, soit dans leur maisonnette de Nazareth, soit en Egypte, soit dans leurs diverses pérégrinations !

Quelle ne fut pas encore la fidélité avec laquelle il servit le Verbe incarné, voyant sans cesse le Verbe dans le Christ enfant, grandissant, homme fait, et ne sortant jamais de l’indicible étonnement que lui causait la pensée que le Fils de Dieu avait daigné se faire son fils, et l’avait choisi pour le nourrir, le porter, le gouverner, veiller à toutes les nécessités de sa vie, et le soustraire à la haine de ses persécuteurs !

Enfin, quelle ne fut pas l'ardente charité qu’il lui voua et lui témoigna, quand, comme un père, il tenait le divin Enfant dans ses bras, il lui apprenait à parler, il lui apprenait à marcher, il échangeait avec lui d'aimantes caresses et de ces si amoureux embrassements auxquels un tel père pouvait se livrer avec un tel fils ! Et ce fils, soit enfant, soit adulte, ne lui fit-il pas savourer d‘indicibles délices, en lui imprimant au cœur d’ineffables sentiments de sa divinité ? La grâce de l’Enfant-Dieu agissait sur l’âme de Joseph par toutes les voies extérieures, par son regard, par son filial sourire, par ses paroles, par ses divines caresses.

La troisième grâce enfin que Dieu accorda à Joseph est celle d‘une mission spéciale dans son Eglise. Car si toute l’Eglise est redevable à la Vierge-Mère parce qu’elle lui a donné le Christ ; certes, c’est à Joseph, après la Vierge, qu’elle doit le plus de reconnaissance et de vénération, puisque l’on peut dire qu’après Dieu, c’est de lui que nous tenons Jésus et Marie.

Et maintenant, si nous passons à l’époque et aux circonstances de sa mort, comme il n’est pas douteux qu’elle arriva avant le baptême de Notre Seigneur, qui pourrait dire les encouragements, les consolations, les promesses, les illustrations intérieures, les sentiments embrasés, les révélations des biens éternels qu’il reçut, à ses derniers moments, de sa très sainte Epou se et du très doux Fils de Dieu, Jésus !

Je le laisse à contempler et à méditer aux âmes pieuses, et, élevant mes pensées au ciel, j’y découvre le faite de la gloire de Joseph. On ne peut douter, en effet, que Jésus-Christ, qui, pendant sa vie mortelle, non content d’avoir admis Joseph à une intime familiarité, lui rendait encore le respect et l’obéissance qu'un fils doit à son père, ne lui ait conservé dans le ciel ses sublimes prérogatives, qu’il ne les ait même admirablement augmentées et perfectionnées.

Si, d’ailleurs, le Dieu Sauveur a voulu, pour satisfaire sa piété filiale, glorifier le corps aussi bien que l’âme de la très sainte Vierge au jour de son Assomption, l’on peut et l’on doit croire pieusement qu’il n’en a pas moins fait pour Joseph, si grand entre tous les Saints, et qu’il l’a ressuscité glorieux, le jour où, après s’être ressuscité lui-même, il en tira tant d’autres de la poussière des tombeaux. Et ainsi cette sainte famille qui avait été unie sur la terre dans les souffrances de la vie et dans les liens de l'amour et de la grâce, règne maintenant en corps et en âme dans l’amour et dans la gloire des cieux ».

 

Pratique

Un Jour de Saint Joseph

 

Les serviteurs de saint Joseph, non contents de lui consacrer un mois dans l’année, ont encore pris la pieuse habitude de lui offrir un jour par semaine, à l’imitation de ce qui s'est fait pour le Sacré Cœur et la très sainte Vierge. Ce jour est le mercredi, et surtout le premier mercredi du mois. Nous voyons dans la Vie de plusieurs Saints qu’ils étaient fidèles à cette pieuse pratique, que Dieu a souvent récompensée en leur accordant de bien précieuses faveurs.

Les Souverains Pontifes, d‘ailleurs, ont approuvé et ene0uragé cette dévotion en accordant des Indulgences plus considérables aux hommages que l’on rend, le mercredi, à l’angélique Epoux de Marie. C’est ainsi, par exemple, que l’on peut gagner une Indulgence plénière, un mercredi par mois, dans l’Archiconfrérie de Saint Joseph de Paris, et dans celles de Beauvais et de Lourdoueix, deux mercredis par mois et tous les mercredis du mois de mars.

Mais que doit-on pour sanctifier ce mercredi ? Chacun peut suivre, à ce sujet, son attrait particulier ; mais tous comprendront qu‘il convient surtout de sanctifier ce jour par la méditation, l’assistance à la sainte messe, la réception des sacrements, et l’accomplissement de quelques bonnes œuvres particulières en l’honneur de saint Joseph.

 

Prière

Tirée de Saint Bernardin

 

Glorieux saint Joseph, que le Seigneur a choisi de toute éternité pour être le Père nourricier de Notre Seigneur Jésus Christ et le véritable Epoux de la Reine des Anges en vous constituant le fidèle gardien de ses deux principaux trésors, son Fils et sa Mère, et qu’il a enrichi avec une libéralité toute divine de la perfection, de la sainteté et de toutes les vertus requises pour une si haute dignité et un si sublime ministère, nous vous témoignons, avec toute l‘Eglise. notre vénération et notre reconnaissance pour la tendre sollicitude dont vous avez entouré la naissance, l’enfance et l’adolescence de notre doux Jésus, et nous recourons à votre grand crédit auprès de celui qui vous rendait sur la terre le respect et l’obéissance qu‘un fils doit à son père, et qui, loin de vous les refuser dans le ciel, ne peut que vous les rendre avec plus de perfection, pour l’avantage de vos élus. Souvenez-vous donc de nous, ô bienheureux Joseph, et, par le suffrage de vos prières, intercédez pour nous auprès de votre Fils adoptif. Rendez-nous aussi propice la bienheureuse Vierge, votre épouse et mère de celui qui, avec le Père et le Saint Esprit, vit et règne dans les siècles des siècles. ainsi soit-il.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

 

 

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05 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Sixième jour

Annonciation

Quelque temps après son mariage, la sainte Vierge était restée seule dans la maison de Joseph, à Nazareth. Joseph était parti avec deux ânes, soit pour rapporter quelque chose dont il avait hérité, soit pour prendre les instruments de son métier. Le second mari d’Anne et d’autres personnes avaient été le matin dans la maison, mais ils étaient repartis.

Outre la sainte Vierge et deux jeunes femmes de son âge, qui avaient été sans doute ses compagnes au Temple, il y avait dans la maison sainte Anne avec cette veuve, sa parente, qui était à son service, et qui, plus tard, l’accompagna à Bethléem, après la naissance de Jésus. Sainte Anne avait tout remis à neuf dans la maison. Dans la journée, les quatre femmes allèrent et vinrent dans l’intérieur de la maison, puis se promenèrent ensemble dans la cour. Vers le soir, elles rentrèrent et prièrent debout autour d’une petite table ronde ; après quoi elles mangèrent des herbes qui avaient été apportées. Elles se séparèrent ensuite. Sainte Anne alla encore çà et là dans la maison comme une mère de famille occupée de son ménage. Les deux jeunes personnes allèrent dans leurs chambres séparées, et Marie aussi se retira dans la sienne.

La chambre de la sainte Vierge était sur le derrière de la maison, près du foyer. On y montait par trois marches ; car le sol de cette partie de la maison était plus élevé que le reste et sur un fond de rocher. Vis-à-vis la porte, la chambre était ronde, et dans cette partie circulaire, qui était séparée par une cloison a hauteur d‘homme, se trouvait roulé le lit de la sainte Vierge. Les parois de la chambre étaient revêtues jusqu’à une certaine hauteur d’une espèce de travail de marqueterie faite avec des morceaux de bois de différentes couleurs. Le plafond de la chambre était formé par quelques solives parallèles, dont les intervalles étaient remplis par un clayonnage orné de figures d’étoiles.

La sainte Vierge, en entrant, se revêtit, derrière la cloison de son lit, d‘une longue robe de laine blanche avec une large ceinture, et se couvrit la tête d‘un voile d’un blanc jaunâtre. Pendant ce temps, la servante entra avec une lumière, alluma une lampe à plusieurs bras qui était suspendue au plafond, et se retira. La sainte Vierge prit alors une petite table basse qui était contre le mur, et la mit au milieu de la chambre. Appuyée au mur, elle ne se composait que d‘une planchette mobile repliée sur deux pieds. Marie la releva horizontalement et ramena en avant un troisième pied pour la soutenir. Le côté de la table qui reposait sur ce troisième pied était rond. La petite table était recouverte d’un tapis rouge et bleu au milieu duquel était brodée une figure, qui pouvait être une lettre ou un ornement. Un rouleau de parchemin écrit était sur cette table.

La sainte Vierge l’ayant dressée, entre la place de son lit et la porte, à un endroit où le sol était recouvert d'un tapis, plaça devant un petit coussin rond pour s’y agenouiller. Elle se mit alors à genoux, les deux mains appuyées sur la table. La porte de la chambre était devant elle à droite ; elle tournait le dos à sa couche.

Marie baissa son voile sur son visage et joignit les mains devant sa poitrine, mais sans croiser les doigts. Elle pria longtemps ainsi avec ardeur, le visage tourné vers le ciel ; elle appelait la rédemption, la venue du roi promis au peuple d’Israël, et elle demandait aussi à avoir quelque part à sa mission. Elle resta longtemps à genoux, ravie en extase ; puis elle pencha la tête sur sa poitrine.

Alors, du plafond de la chambre descendit à sa droite, en ligne un peu oblique, une telle masse de lumière, que l’on ne pouvait en supporter la vue. Dans cette lumière était un jeune homme resplendissant, avec des cheveux blonds flottants, qui descendit devant elle à travers les airs : c’était l’ange Gabriel. Il lui parla, et ses paroles sortirent de sa bouche comme des lettres de feu. Marie tourna un peu sa tête voilée vers le côté droit. Cependant, dans sa modestie, elle ne regarda pas. L‘Ange continua à parler. Marie tourna le visage de son côté, comme pour obéir à un ordre, souleva un peu son voile, et répondit. L’Ange parla encore. Marie releva tout à fait son voile, regarda l’Ange et prononça les paroles sacrées : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole ».

La sainte Vierge était dans un ravissement profond. La chambre était pleine de lumière. On ne vit plus la lueur de la lampe qui brûlait ; on ne vit plus le plafond de la chambre. Le ciel parut ouvert. Il y avait au dessus de l’Ange une voie lumineuse, et à l’extrémité de ce fleuve de lumière une figure de la sainte Trinité : c’était comme un triangle lumineux dont les rayons se pénétraient réciproquement. On y reconnaissait ce que l’on ne peut qu’adorer, mais jamais exprimer : Dieu tout-puissant, le Père, le Fils et le Saint Esprit, et cependant un seul Dieu tout-puissant.

Quand la sainte Vierge eut dit : « Qu’il me soit fait selon votre parole », on vit une apparition ailée du Saint-Esprit, qui cependant ne ressemblait pas entièrement à la représentation ordinaire sous forme de colombe. La tête avait quelque chose du visage humain ; la lumière se répandait des deux côtés comme des ailes, et il en partit comme trois courants lumineux vers le côté droit de la sainte Vierge, Où ils se réunirent.

Quand cette lumière pénétra son côté droit, la sainte Vierge devint elle-même lumineuse et comme diaphane : il semblait que ce qu‘elle avait d‘opaque en elle se retirât devant cette lumière comme la nuit devant le jour. Elle était dans ce moment tellement inondée de lumière, que rien en elle ne paraissait plus obscur ni opaque : elle était resplendissante et comme illuminée tout entière.

Après cela l’Ange disparut, et la voie lumineuse dont il était sorti se retira : c’était comme si le ciel aspirait et faisait rentrer en lui ce fleuve de lumière. Il parut en remontant laisser tomber sur la sainte Vierge plusieurs boutons de roses blanches, chacun avec une petite feuille verte.

Mais en ce moment apparut dans la chambre de Marie un horrible serpent. Ce serpent était à peu près de la longueur d’un enfant ; sa tête était large et plate ; il avait à la hauteur de la poitrine deux courtes pattes membraneuses, armées de griffes semblables à des ailes de chauves souris, sur lesquelles il se traînait. Il était tacheté de diverses couleurs d’un aspect repoussant, et rappelait le serpent du paradis, mais avec quelque chose de plus difforme et de plus horrible. Quand l’Ange disparut de la chambre de la sainte Vierge, il marcha sur la tête de ce monstre devant la porte, et l‘on entendit un cri si affreux, que l’on en frissonnait. L’on vit ensuite paraître trois esprits qui frappèrent ce hideux reptile et le chassèrent hors de la maison.

Après la disparition de l’Ange, la sainte Vierge entra dans un profond ravissement, et, toute recueillie en elle-même, elle contemplait et adorait l’incarnation du Sauveur en elle, où il était comme un petit corps humain lumineux, complètement formé et pourvu de tous ses membres. Ici, à Nazareth, c‘est tout autre chose qu’à Jérusalem : à Jérusalem, les femmes doivent rester dans le vestibule ; elles ne peuvent pas entrer dans le Temple ; les prêtres seuls ont accès dans le sanctuaire ; mais à Nazareth, c’est une Vierge qui est elle-même le temple ; le Saint des saints est en elle, le grand prêtre est en elle, et elle est seule près de lui. Combien cela est touchant, merveilleux, et pourtant simple et naturel ! Les paroles de David dans le Ps. 45 sont accomplies : « Le Très-Haut a sanctifié son tabernacle ; Dieu est au milieu de lui, il ne sera pas ébranlé ».

Il était à peu près minuit quand s’accomplit ce mystère. Au bout de quelque temps, sainte Anne entra chez Marie avec les autres femmes. Un mouvement merveilleux dans la nature les avait éveillées : une nuée lumineuse avait paru au-dessus de la maison. Quand elles virent la sainte Vierge à genoux au-dessous de la lampe, ravie en extase dans sa prière, elles s’éloignèrent respectueusement.

Au bout de quelque temps, la sainte Vierge se releva et s’approcha de son petit autel, qui était contre le mur ; elle alluma la lampe et pria debout. Des rouleaux écrits étaient devant elle sur un pupitre élevé. Elle se mit ensuite sur sa couche vers le matin.

Cependant Anne avait reçu une connaissance intérieure de ce qui s’accomplissait. La sainte Vierge aussi savait qu’elle avait conçu le Messie, le Fils du Très-Haut ; elle voyait des yeux de l’esprit tout ce qui se passait en elle, mais elle ne savait pas encore que le trône de David, son père, que Dieu devait lui donner, était un trône surnaturel ; elle ne savait pas encore que la maison de Jacob, sur laquelle, d’après les paroles de Gabriel, il devait régner éternellement, était l’Eglise, la société de l‘humanité régénérée. Elle croyait que le Rédempteur serait un saint roi qui purifierait son peuple et le rendrait victorieux de l‘enfer ; elle ne savait pas encore que ce Roi, pour racheter les hommes, mourrait de la mort la plus cruelle et la plus ignominieuse.

Mais pourquoi le Rédempteur devait-il rester neuf mois dans le sein de sa mère et naître enfant ? Pourquoi n’avait-il pas voulu naître homme fait comme notre premier père, se montrer dans toute sa beauté comme Adam sortant des mains du Créateur ? Ce que l’on en peut comprendre, c’est qu’il a voulu sanctifier de nouveau la conception et la naissance des hommes, qui avaient été si dégradées par le péché originel. Si Marie devint sa mère et s’il ne vint pas plus tôt, c’est qu’elle seule était, ce que jamais créature ne fut avant elle ni sera après elle, le pur vase de grâce que Dieu avait promis aux hommes, et dans lequel il devait se faire homme, pour payer les dettes de l’humanité au moyen des mérites surabondants de sa Passion. La sainte Vierge était la fleur parfaitement pure de la race humaine, écluse dans la plénitude des temps. Tous les enfants de Dieu parmi les hommes, tous ceux qui, depuis le commencement, avaient travaillé à l’œuvre de leur sanctification, ont contribué à sa venue. Elle était le seul or pur de la terre ; elle seule était la portion pure et sans tache de la chair et du sang de l’humanité tout entière, qui, préparée, épurée, recueillie, consacrée à travers toutes les générations de ses ancêtres, conduite, protégée et fortifiée sens le régime de la loi de Moïse, se produisait enfin comme la plénitude de la grâce. Elle était prédestinée dans l‘éternité, et elle a ' paru dans le temps comme Mère de l’Eternel.

 

Considération

Saint Joseph d'après Gerson

 

Gerson, le dévot chancelier de l‘Université de Paris, fut une des grandes figures de ce moyen-âge tant maltraité par la mauvaise foi et surtout par l‘ignorance mais qui n’en restera pas moins l’âge de la vraie vie des peuples, parce qu'il fut l'âge de la vie divine descendue sur la terre et passée dans les mœurs particulières et publiques. On l’appela, de son temps, le docteur très chrétien, comme il l’était en effet. Il se distingua surtout par sa dévotion et son amour pour saint Joseph. Il lui consacra un admirable poème qu’il intitula Josephina. Il eût été heureux de voir sa Fête partout solennisée, et il composa une sorte d’Office en vue de l’établissement de cette Fête. Il écrivit plusieurs lettres dans ce but, et, en 1413, il fit une Exhortation spéciale au duc de Barry a ce sujet. Il en parla aussi au Concile de Constance, et, le 8 septembre 1416, il fit dans ce Concile un magnifique Sermon sur le saint Patriarche. C’est dans ce Sermon qu‘il préconisa l’opinion qui tient que saint Joseph a été sanctifié dès le sein de sa mère. Ses ennemis attaquèrent ce Sermon sur quelques points relatifs à la politique ; mais personne n’ayant réclamé contre celui-ci, il s’ensuit que la doctrine de Gerson est devenue pour ainsi dire celle de ce Concile, composé de 4 Patriarches, 47 Archevêques, 160 Evêques et 564 abbés et docteurs. Voici la substance de ce Sermon :

« C’est de Jacob que fut engendré Joseph, l’Epoux de Marie, Mère de Jésus », nous dit l‘Evangile ; et par ces paroles il met en évidence deux grands principes de notre foi : le premier, que Jésus, qui est appelé le Christ, étant né de Marie, Marie est Mère de Dieu, puisque le Christ est Dieu ; le second, que Joseph étant l’Epoux de Marie, en est aussi le chef, puisque le chef de la femme, c’est l’homme, dit l’Apôtre.

Mais de ces deux principes en découlent deux autres qui s’en déduisent naturellement : le premier, que Marie dut, de toute convenance, briller d’une telle pureté, qu’après celle de Dieu, comme dit saint Anselme, l'on ne peut en concevoir de plus grande ; le second, que Joseph dut, de toute convenance aussi, jouir d’une semblable prérogative, pour que la ressemblance et le rapport d‘un tel époux avec une telle épouse fussent plus parfaits. D'où vient que de même que louer Marie. c’est louer le Christ, son Fils ; louer aussi Joseph, c’est louer à la fois Jésus et Marie. Ce qui explique aussi pourquoi la sainte Ecriture ne donne pas plus de détails sur les louanges, les dignités et les excellences, les vertus, les œuvres et les actions de Marie et de Joseph, parce que le monde, si vaste qu‘il soit, ne contiendrait pas tous les livres qu‘on pourrait écrire sur ce sujet.

Recueillons, toutefois, de ces principes quatre considérations qui priment toutes les autres :

La première, qui regarde la noblesse de l’origine de Marie et de Joseph, noblesse qui s‘étend à l’un comme à l’autre. Car, comme Marie était issue de la race royale de David, ainsi en fut-il de Joseph, époux de Marie, que nous lisons dans l’Evangile être issu également de la maison de David.

La deuxième, qui concerne la sanctification de l’un et de l’autre. Car, si Marie fut sanctifiée dès le sein de sa mère, ou peut l'admettre aussi, par une pieuse croyance, de Joseph, son virginal époux, quoique cette sanctification n'ait pas en lieu de la même manière, Marie ayant été tellement prévenue de la grâce, qu’elle ne fut jamais soumise à la tache originelle, et Joseph n’ayant été sanctifié dans le sein de sa mère qu‘après sa conception et par le baptême du Saint Esprit, comme Jean-Baptiste et plusieurs autres.

La troisième, qui a trait à la répression du foyer de la concupiscence en l‘un et en l‘autre. Car, de même que Marie ne ressentit point la concupiscence originelle et ne fut point exposée à brûler de l’ardeur des vices, ainsi peut-on l’entendre pieusement de Joseph, son virginal époux, à partir surtout du moment qu‘il fut uni à Marie par les liens du plus saint mariage.

Enfin la quatrième, relative aux diverses naissances du Christ par rapport à Joseph et à Marie. L’on peut distinguer, en effet, en Jésus-Christ trois naissances : l’éternelle, la corporelle et la spirituelle.

Pour l’éternelle, c’est celle par laquelle il est engendré de son Père de toute éternité. A celle-ci, ni Marie ni Joseph n’ont en aucune part.

Pour la corporelle, c’est celle qu'il a prise dans le sein de Marie par la seule opération du Saint-Esprit. A celle-là, il n’y a bien que Marie qui y ait directement contribué, mais en faisant de Joseph, son époux, le père putatif et légal, le père d’adoption et de droit, de Notre-Seigneur.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

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03 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

 

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Quatrième jour

Mariage de saint Joseph

 

Les noces de Marie et de Joseph, qui durèrent sept à huit jours, furent célébrées à Jérusalem, dans une maison près de la montagne de Sion, qu‘on louait souvent pour de semblables occasions. Outre les maîtresses et les compagnes de Marie à l‘école du Temple, il y avait beaucoup de parents d‘Anne et de Joachim, entre autres une famille de Gophna avec deux filles. Les noces furent solennelles et somptueuses. Beaucoup d’agneaux furent immolés et offerts en sacrifice. L‘habit nuptial de la sainte Vierge était si remarquable et si beau, que les femmes qui avaient assisté au mariage aimaient encore à en parler bien des années après.

Voici quel était ce vêtement de fiancée de Marie. Elle avait une robe de dessous en laine sans manches ; les bras étaient enveloppés de bandelettes de laine blanche. Elle mit à son cou une espèce de collerette tombant sur la poitrine et ornée de perles. Elle revêtit ensuite une robe très ample, ouverte par devant avec de larges manches. Cette robe était fond bleu, semée de grandes roses rouges, blanches et jaunes, entremêlées de feuilles vertes, comme les riches chasubles des anciens temps. Le bord inférieur était garni de franges et de houppes, et elle se rattachait par le haut au collet blanc qui couvrait le cou. Sur cette large robe on plaça un scapulaire semblable à celui que portent plusieurs ordres religieux, et entre autres les Carmes. Il était en soie blanche avec des fleurs d’or, large d’une demi-aune et couvert sur la poitrine de perles et de pierres brillantes ; il descendait jusqu’au bas de la robe et recouvrait l’ouverture qui était par devant. Sur le dos pendait une bande semblable, et de plus courtes et plus minces sur les épaules et les bras. Ces quatre bandes formaient une croix autour du cou. Les larges manches sur lesquelles retombaient les parties du scapulaire qui couvraient les épaules étaient rattachées au milieu du bras et de l’avant-bras par des bracelets larges de deux doigts et sur lesquels des lettres étaient gravées. Par-dessus tout cela, elle portait un manteau bleu de ciel qui avait la forme d’un grand drap. Outre ce manteau, les femmes juives portaient encore dans certaines occasions une espèce de manteau de deuil à manches. Le manteau de Marie était assujetti sur la poitrine par un fermoir au-dessus duquel une fraise brodée comme avec des plumes ou de la bourre de soie entourait son cou. Le manteau retombait sur les épaules, revenait en avant des deux côtés et se terminait en queue. Les bords étaient brodés de fleurs d'or.

La chevelure de la sainte Vierge était arrangée avec beaucoup d’art : elle formait une raie au milieu de la tête et se partageait en un grand nombre de filets non tressés qui, liés transversalement avec des cordons de soie blanche et des perles, formaient un grand réseau tombant sur les épaules et descendant jusqu’au milieu du manteau. Elle portait immédiatement sur les cheveux une guirlande de soie ou de laine blanche qui aboutissait en haut par trois rubans a une espèce de bourrelet de même étoffe. Là-dessus reposait une couronne fermée, enrichie de pierres précieuses et large à peu près comme la main, et sur le devant de cette couronne se trouvaient trois perles placées l‘une au-dessus de l’autre, et une autre perle de chaque côté.

Les vierges du Temple arrangèrent la chevelure de Marie : plusieurs d’entre elles s’y employèrent, et cela se fit plus vite qu’on ne pourrait le croire. Anne avait apporté l’habit de noces, et Marie, dans son humilité, ne voulait pas consentir à s’en revêtir après les fiançailles. Ses cheveux furent rattachés autour de sa tête, on lui mit un voile blanc qui pendait jusqu’au-dessous des épaules, et la couronne fut placée sur ce voile.

La sainte Vierge avait une chevelure abondante d’un blond doré, des sourcils noirs et élevés ; de grands yeux habituellement baissés avec de longs cils noirs, un nez d’une-belle forme et un peu allongé, une bouche noble et gracieuse, un menton effilé ; sa taille était de moyenne grandeur ; elle marchait revêtue de son riche costume avec beaucoup de grâce, de décence et de gravité. Elle mit ensuite pour ses noces un autre habit moins magnifique, Elle portait cet habit rayé à Cana. et dans d’autres occasions solennelles. Elle mettait quelquefois sa robe de noces pour aller au Temple. Il y avait des gens riches qui changeaient trois ou quatre fois d‘habits pour leur mariage, Dans ces habits de parade, Marie rappelait un peu certaines femmes illustres d’une époque postérieure, par exemple, l'impératrice sainte Hélène, et même sainte Cunégonde, quoiqu’elle s’en distinguât par le manteau dans lequel s’enveloppaient ordinairement les femmes juives, et qui ressemblait davantage à celui des dames romaines. Il y avait à Sion, dans le voisinage du cénacle, un certain nombre de femmes qui apprêtaient de belles étoffes de toute espèce.

Quant à saint Joseph, il avait pour habit nuptial une longue robe fort ample, de couleur grise, fermée de haut en bas par des agrafes, ou plutôt par des glands. Les larges manches de cette robe étaient aussi fermées sur le côté par des agrafes, relevées au poignet, et garnies de poches à l’intérieur. Autour du cou il avait une fraise brunâtre, ou plutôt une large étole, et sur la poitrine retombaient deux bandes d‘étoffe blanche, assez semblables aux rabats des prêtres, mais beaucoup plus longues.

Nous ne dirons rien des circonstances du mariage de la sainte Vierge et de saint Joseph, du festin nuptial et de tout le reste de la tête ; mais nous ne pouvons pas passer sous silence ce qui regarde l’anneau nuptial de la sainte Vierge, si célèbre dans l’Église. Cet anneau n’était ni d‘or, ni d’argent, ni d‘autre métal, mais d’une matière brunâtre et chatoyante. Ce n’était pas un petit cercle mince ; il était assez épais, et large d’un doigt. Il paraissait uni, bien que l’on y vit de petits triangles réguliers qui paraissaient enchâssés, et qui supportaient des lettres. De l’un de ses côtés, celui que l’on mettait à l’intérieur, il ne présentait aucun dessin. Cet anneau avait une signification mystérieuse, et il fut conservé plus tard dans une belle église, sous plusieurs serrures. Les personnes pieuses, avant de se marier, lui font toucher leur anneau nuptial.

Ajoutons ici que le saint Époux de Marie, qui avait aussi les cheveux blonds, était grand, grave, avec une singulière expression de douceur, calme, mesuré en toutes choses. Il avait d’excellentes manières et conservait un cachet de distinction jusque dans les rapports les plus familiers. Il avait enfin dans toute sa personne quelque chose qui annonçait une extrême bonté et l’empressement à rendre service.

 

Considération

Saint Joseph dans le moyen-âge

 

Après l’ère des persécutions commence celle des hérésies, qui, attaquant l’une après l’autre les vérités saintes, les dégagent peu à peu de toutes ombres et les font briller à la fin aux yeux des hommes dans tout l’éclat de leur pureté. Déjà la divinité de Notre Seigneur a été affirmée contre Arius, celle du Saint Esprit contre Macédonius, la maternité divine de Marie contre Nestorius, les deux natures et les deux volontés en Jésus-Christ contre les Eutychiens et les Monothélites, le culte des Saints et des Images contre les Iconoclastes et autres, et l’Eglise, ayant ainsi formulé les principaux points de son enseignement, put se livrer avec plus d‘expansion aux développements de son dogme et de son culte.

C’est alors aussi que le dogme chrétien sur saint Joseph commence à se produire comme timidement d‘abord, mais en s'accentuant de jour en jour et de siècle en siècle. Les Pères des premiers âges, les Cyprien, les Grégoire de Nazianze, les Hilaire de Poitiers, les Ambroise, les Jérôme, les Augustin, les Chrysostome, ne font mention de saint Joseph qu’en exposant le mystère de l’Incarnation, mais toujours en exaltant sa justice suréminente, sa virginité associée à celle de Marie, sa grande dignité de Père putatif du Sauveur. Ils n‘en parlent qu‘en passant, mais ils n’en affirment que plus fortement la tradition de l'Eghse. Viennent ensuite le vénérable Bède, saint Pierre Damien, saint Anselme, saint Bernard, saint Bonaventure, qui publient bien plus haut les louanges de saint Joseph, et enfin saint Thomas d‘Aquin, qui, partant de ce point que « plus une chose approche de son principe, plus elle participe à l‘effet de ce principe », en conclut « que si la bienheureuse Vierge participe davantage à la grâce du Christ, c’est parce qu‘elle eut des rapports plus directs avec le Christ ». D’où Suarez et les autres théologiens ont conclu à leur tour que « nul, après la Vierge, n’ayant plus approché du Christ, source de la grâce, et de la Vierge, canal universel de la grâce, que Joseph, nul aussi, après la Vierge, n‘a plus participé a la grâce du Christ que Joseph ». Et c’est sans doute pour tirer les dernières conséquences de son principe que le Docteur angélique a déclaré que « s’il a été donné à certains bienheureux de nous venir en aide dans certaines nécessités, saint Joseph a reçu le pouvoir de nous assister en toutes et de nous couvrir tous de sa paternelle protection ».

Et cependant son culte aussi s’établit, et la peinture murale et sur verre, la sculpture et la statuaire aidant, se développe d’âge en âge. Les Bollandistes se sont même demandé, sans oser se prononcer, si son nom ne figurait pas dans le Martyrologe dit de saint Jérôme, mais traduit et abrégé par lui d'Eusèbe de Césarée, qui vivait au VI° siècle. Quoi qu'il en soit, ils assurent que le culte de saint Joseph fut en honneur, dès les premiers temps, dans les laures ou agrégations anachorétiques de Jérusalem, a Antioche, en Syrie, dans toute l’Église d‘0rient, quoiqu’il ne se soit propagé que plus tard dans l’Eglise d‘Occident. Et ne sont-ce point les Carmes de Syrie qui nous l’auront apporté à la suite des Croisades ? Ce qui porterait a le croire, c’est que l’ordre des Carmes fut le premier à honorer singulièrement saint Joseph. Mais une fois qu’il eut commencé, il fut bien vite suivi par les Franciscains, les Dominicains, les Jésuites, et différentes Eglises particulières en Belgique, en France, en Espagne, en Allemagne, et en Italie.

A partir aussi de cette époque, le culte de saint Joseph commence a se propager, et sa dévotion devient populaire. Ce ne fut cependant qu'au commencement du XVIIe siècle que le Pape Grégoire XV permit sa Fête dans toute l’Eglise. Urbain VIII, allant plus loin que son prédécesseur, ordonna que cette Fête serait de précepte. Son décret, du reste, n’eut son plein effet que sous le pontificat d’lnnocent X, son successeur.

C'est dès lors aussi que l’on s‘empressa de lui ériger partout des églises, des chapelles, des oratoires, et de former sous son patronage diverses Confréries, comme celle des Jeûnes Filles, à Avignon, que l’on croit avoir été établie par Grégoire XV lui-même ; des Écoliers et des Gens mariés, en Belgique ; des Artisans, à Sainte Marie de la Rotonde à Rome. L’Eglise favorise, d’ailleurs, ces associations, en leur accordant de précieuses Indulgences, et le ciel lui-même, pour accroître la dévotion des peuples envers le glorieux saint Joseph, intervient par de nombreux miracles rapportés par les auteurs du temps et qui ne vont plus, pour ainsi dire, discontinuer dans l’Eglise.

Qu’il est donc beau, dès les premières fleurs qu‘il donne, le lys de la dévotion à saint Joseph ! Mais maintenant qu’il est éclos, il ne cessera plus de s’épanouir jusqu’à ce qu‘il ait atteint sa dernière efflorescence à la consommation des siècles. Heureux ceux qu‘il attirera à lui et qui accourront à l’odeur de ses incomparables parfums !

Et vous tous, glorieux Pontifes et éminents Docteurs, plus profonds théologiens et plus pieux auteurs, orateurs sacrés et apologistes chrétiens, succédez-vous les uns aux autres pour faire resplendir ce beau lys, dans la suite des âges, de tout l’éclat de ses fleurs si propres à parfumer tous les cœurs de la bonne odeur de toutes les vertus.

 

Pratique

Mois de saint Joseph

 

C’est le nom que prend le mois de mars, que beaucoup de fidèles consacrent aujourd’hui à notre saint Patriarche, parce que c’est dans ce mois, le 19, que tombe sa Fête principale. Née en Italie, cette dévotion s’est développée sous le regard et les bénédictions du successeur de saint Pierre, et répandue ensuite dans toute l’Eglise. Encouragée par les Souverains Pontifes et par les Evêques, adoptée par toutes les âmes fidèles désireuses de plaire à Jésus et à Marie, confirmée par d’éclatants miracles, elle est bientôt devenue pour ceux qui la pratiquent une source inépuisable de grâces et de consolations.

Mais qu‘y a-t-il à faire pour pratiquer cette dévotion ? Rien autre chose que de rendre, chaque jour du mois, des hommages particuliers à saint Joseph. Moyennant cela, l’on peut gagner les mêmes Indulgences que pendant le mois de Marie, c’est-à-dire l’Indulgence de 300 jours pour chaque jour du mois, et l‘Indulgence plénière une fois dans le mois, au jour que l‘on choisit, pourvu que, s’étant confessé et ayant fait la sainte communion, l’on prie selon les intentions ordinaires.

Ainsi l’a décrété le Pape Pie IX, si zélé pour la gloire de saint Joseph, dans son bref du 27 avril 1865, disposant en outre que ces Indulgences pouvaient être appliquées aux âmes du Purgatoire.

 

Prière

Souvenez-vous à saint Joseph

 

Bon saint Joseph, que j‘éprouve de consolation de penser que si depuis longtemps les pieux dévots de Marie, qui sont aussi les vôtres, ont accoutumé de lui redire chaque jour, et chaque jour avec une nouvelle confiance, leur Souvenez-vous, il leur est venu également au cœur de vous adresser la même prière, au souvenir de vos bontés pour nous et de votre immense puissance auprès de celui qui a bien voulu se faire votre Fils. Et voilà que l’Eglise, pour les récompenser de leur dévotion, a fixé elle-même les paroles de cette prière et a attaché à sa récitation de précieuses Indulgences (300 jours, une fois par jour, applicables aux défunts, 26 juin 1863). C’est donc avec cette sainte Eglise, notre mère, avec le Pape Pie IX, avec tous vos fidèles serviteurs, et dans l’intention de gagner ces Indulgences, que je vous dis moi-même :

« Souvenez-vous , ô très chaste Epoux de la vierge Marie, saint Joseph, mon aimable protecteur, qu’on n’a jamais entendu dire qu’aucun de ceux qui ont invoqué votre protection et imploré votre secours, soit resté sans consolation. Plein de confiance en votre pouvoir, je viens en votre présence et me recommande à vous avec ferveur. Ah ! ne dédaignez pas mes prières, ô vous qui êtes appelé Père du Rédempteur, mais écoutez-les favorablement et daignez les exaucer. Ainsi soit-il ».

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

 

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02 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

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Troisième jour

Fiançailles de Marie et de Joseph

 

La sainte Vierge vivait dans le Temple avec plusieurs autres vierges, sous la surveillance de pieuses maîtresses. Ces vierges s’occupaient de broderies et d’ouvrages du même genre pour les tentures du Temple et les vêtements sacerdotaux ; elles étaient aussi chargées de nettoyer ces vêtements et d‘autres objets servant au culte divin. Elles avaient de petites cellules d‘où elles avaient vue sur l’intérieur du Temple et où elles priaient et méditaient. Quand elles étaient arrivées à l’âge mobile, on les mariait. Leurs parents les avaient entièrement données à Dieu, en les conduisant au Temple, et il y avait chez les plus pieux d'entre les Israélites un pressentiment secret que de l’un de ces mariages sortirait un jour le Libérateur promis.

La sainte Vierge ayant quatorze ans et devant bientôt sortir du temple pour se marier, avec sept autres jeunes filles, sainte Aune vint la visiter. Joachim ne vivait plus, et Anne, par ordre de Dieu, avait pris un autre mari. Quand on annonça à Marie qu’elle devait quitter le Temple et se marier, profondément émue, elle déclara au prêtre qu’elle désirait ne pas quitter le Temple, qu’elle s’était consacrée à Dieu seul et n’avait pas de goût pour le mariage ; mais on lui répondit qu’elle devait prendre un époux.

Elle entra ensuite dans son oratoire et pria Dieu avec ferveur. Puis, se trouvant très altérée, elle descendit avec sa petite Cruche pour puiser de l‘eau a une fontaine ou à un réservoir ; et là, sans apparition visible, elle entendit une voix qui la consola et la fortifia, tout en lui faisant connaître qu’elle devait consentir à se marier. Ce ne fut pas là l’Annonciation, car elle eut lieu plus tard à Nazareth. Cependant apparut dans le Temple un prêtre très vieux, qui ne pouvait plus marcher : ce devait être le grand prêtre. Il fut porté par d’autres prêtres dans le Saint des Saints, et pendant qu’il allumait un sacrifice d’encens, il lisait des prières sur un rouleau de parchemin placé sur une espèce de pupitre. Puis il fut ravi en esprit. Il eut une apparition, et son doigt fut placé sur le passage suivant du prophète Isaïe, qui se trouvait écrit sur le rouleau : « Une branche sortira de la racine de Jessé, et une fleur naîtra de sa racine » (Isaïe, 11, 1). Quand le vieux prêtre revint à lui, il lut ce passage et y reconnut une prescription divine.

On envoya ensuite des messagers de tous les côtés dans le pays, et on convoqua au Temple tous les hommes de la race de David qui n‘étaient pas mariés. Lorsque plusieurs d’entre eux se furent rassemblés dans le Temple, en habits de fête, ou leur présenta la sainte Vierge, et il se trouvait parmi eux un jeune homme très pieux de la contrée de Bethléem. Ce jeune homme avait demandé à Dieu avec une grande ferveur l’accomplissement de la promesse, et il conçut dans son cœur un grand désir de devenir l’Époux de Marie. Quant à Marie, elle revint dans sa cellule et versa de saintes larmes, ne pouvant pas s’imaginer qu’elle ne dût pas rester vierge.

Alors le grand prêtre, obéissant à une impulsion intérieure qu‘il avait reçue, présenta des branches à chacun des assistants, et leur enjoignit de marquer chacun une branche de leur nom et de la tenir à la main pendant la prière et le sacrifice. Quand ils eurent fait ce qui leur avait été dit, on leur reprit les branches, qui furent mises sur un autel devant le Saint des Saints, et il leur fut annoncé que celui d’entre eux dont la branche fleurirait était désigné par le Seigneur pour devenir l’Époux de Marie de Nazareth.

Pendant que les branches étaient devant le Saint des Saints, on continua le sacrifice et la prière. Durant ce temps, le jeune homme dont nous venons de parler cria vers Dieu, les bras étendus, dans une salle du Temple, et versa des larmes brûlantes, lorsque, après le temps fixé, on leur rendit les branches en leur annonçant qu’aucun d’entre eux n’était désigné par Dieu comme devant être le fiancé de cette vierge. Ces hommes furent alors renvoyés chez eux, et ce jeune homme se retira sur le mont Carmel, auprès des anachorètes qui vivaient là depuis le temps d’Élie ; il y vécut aussi depuis lors, priant continuellement pour l'accomplissement de la promesse.

Cependant les prêtres du Temple cherchèrent de nouveau dans les registres des familles s’il n‘existait pas quelque descendant de David qu’on eût oublié. Comme ils y trouvèrent l‘indication de six frères de Bethléem, dont l’un était inconnu et absent depuis longtemps, ils s‘enquirent du séjour de Joseph et le découvrirent à peu de distance de Samarie, dans un lieu situé près d’une petite rivière, où il habitait au bord de l’eau, travaillant pour un maître charpentier.

Sur l’ordre du grand prêtre, Joseph vint à Jérusalem et se présenta au Temple. On lui fit, à lui aussi, tenir une branche à la main pendant qu’on priait et qu’on offrait un sacrifice ; comme il se disposait à la poser sur l’autel devant le Saint des Saints, il en sortit une fleur blanche semblable à un lys, et une apparition lumineuse descendit sur lui : c’était comme s’il eût reçu le Saint-Esprit. On comprit alors que Joseph était l’homme désigné par Dieu pour être le fiancé de la sainte Vierge, et les prêtres le présentèrent à Marie en présence de sa mère. Marie, résignée à la volonté de Dieu, l’accepte humblement pour son fiancé, car elle savait que tout est possible à Dieu, qui avait reçu son vœu de n'appartenir qu’à lui.

 

Considération

Saint Joseph dans les temps apostoliques

 

Que saint Joseph soit mort avant la Passion de Notre Seigneur, et même avant son Baptême et sa Vie publique, personne n’en doute. Notre-Seigneur n‘avait plus besoin de lui, ni pour pourvoir à sa subsistance, ni pour évangéliser les Juifs, déjà trop portés à ne voir en lui que le fils du charpentier. Il convenait dès lors de le faire disparaître de la scène du monde et de le soustraire aux regards des hommes, pour lesquels il aurait pu être une occasion de pensées injurieuses à Notre-Seigneur.

Que saint Joseph soit ressuscité et que son corps, loin de subir la corruption du tombeau, soit maintenant glorifié dans le ciel avec ceux de son divin Fils et de son Épouse Immaculée, c’est ce qui parait également hors de doute, d‘autant plus que nous ne possédons point de lui des Reliques proprement dites, mais seulement l’anneau qu’il donna à la sainte Vierge lors de leur saint mariage, des fragments du manteau dans lequel il reçut et porta l’Enfant Dieu, et les pierres que l’on détache de son tombeau resté en grande vénération, quoique vide, à Jérusalem.

Mais s‘il fallait, pour quelque temps au moins, comme effacer saint Joseph dans le souvenir des hommes, ne croyons pas que, de son côté, Notre Seigneur le mette en oubli. Ne lisons-nous pas, en effet, qu’il se fit un devoir de rendre hommage a sa mémoire toutes les fois qu‘il en eut l’occasion, en visitant les lieux où saint Joseph avait séjourné ? N’en aura-t-il pas, d’ailleurs, souvent parlé à ses Apôtres, soit dans ces circonstances, soit dans mille autres, pour le recommander particulièrement à leur vénération ?

Et la très sainte Vierge, qui aimait dans saint Joseph I’Epoux vraiment digne d’elle et le Père choisi de Jésus, comment supposer qu'elle ne leur ait pas fait ses recommandations à son sujet, dans les jours, par exemple, qu’elle a passés avec eux après l'Ascension de son divin Fils au ciel ? Comment. croire qu’en leur donnant ses conseils pour la constitution de l’Église de tous les temps, elle ne leur ait pas inculqué l’estime dans laquelle ils devaient le tenir et le culte que les fidèles auraient à lui rendre dans la suite des âges ?

Et les Apôtres, dont plusieurs avaient dû connaître plus particulièrement saint Joseph, comment n’auraient-ils pas vénéré sa mémoire ? Si, pour ne pas offusquer la foi naissante des premiers fidèles, ils devaient faire de son culte une sorte de question réservée, en étaient-ils moins imprégnés du parfum de cette douce mémoire ? S’ils ne lui rendaient point un culte public et solennel, ne l’honoraient-ils point en leur particulier comme l’auguste Père nourricier de leur Dieu et le très-digne Époux de sa sainte Mère ? S’ils ne l’invoquaient point ostensiblement, ne lui rendaient-ils point leurs hommages en secret, et ne recouraient-ils point à lui dans leurs nécessités particulières ?

Mais ils vont partir pour aller annoncer au monde la bonne nouvelle ; et de même qu’ils ont déposé en germe, comme on l'a dit, dans leur Symbole, le dogme de l’Immaculée Conception de Marie, ils y ont consigné également la substance de la divine doctrine sur saint Joseph et les premières origines du culte qui devait lui être rendu plus tard. C‘est ce qu’ils ont fait dans leur troisième article, ainsi formulé : Qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la vierge Marie. Oui, qui a été conçu du Saint Esprit, parce que, « quoique Marie eût épousé Joseph, c’est avant qu’ils eussent été ensemble qu’elle se trouva enceinte par l’opération du Saint-Esprit ». Qui est né de la vierge Marie, parce que « Joseph ne l'avait point connue, lorsqu’elle enfanta son Fils premier-né, à qui il donna le nom de Jésus ».

Elles ont, en effet, un sens bien profond, ces paroles de notre Symbole. Inspirés par le Saint Esprit, les Apôtres y ont renfermé toute la divine doctrine sur le mystère de l’Incarnation, ses suites, ses conséquences et ses corollaires pour la sainte Vierge et saint Joseph. Instruits par eux, les fidèles, dans la première ébullition de leur foi, accueillent et professent cette doctrine dans toute sa teneur, et confessent, sans se préoccuper de celui qui peut être appelé le Père de Jésus, que le Fils de Dieu, en se faisant homme, a été conçu par l’opération du Saint Esprit, et est né de la vierge Marie. Mais, le dogme une fois admis, si l’on demande comment cela a pu se faire, puisqu‘il y avait la, visible et incontesté, un Époux de la Mère et un Père de l’Enfant, c’est alors que la foi, continuant de projeter ses splendeurs sur la personne de saint Joseph, le montre à tous les âges comme le virginal protecteur de l’opération du Saint Esprit et de la maternité de la Vierge qui a conçu et enfanté sans cesser d’être vierge.

Et voilà bien cet ineffable mystère de l’Incarnation, qui n’a pu s’opérer que sous le voile du mariage que la Vierge-Mère avait contracté avec saint Joseph, et en vertu duquel elle a donné Joseph pour père réputé et légal à Jésus; qui nous montre la maternité de Marie appelant la paternité de Joseph, puisque l’on ne peut affirmer l’une sans supposer l’autre ; et qui, pour peu que l’on pénètre dans sa méditation, nous met aussitôt en présence de la personne de Joseph, devenue nécessaire et indispensable dans le plan divin.

Pour les Pères apostoliques, marchant sur les traces des Apôtres, ils ne parleront de Joseph qu‘en expliquant cet article du Symbole et exposant le texte sacré. Les fresques, d’ailleurs, des Catacombes ne le représenteront que dans les mystères de la Naissance de Jésus, de la Présentation au Temple, de la fuite en Égypte, de la sainte enfance du Sauveur. Le temps n’est pas encore venu d’en faire davantage pour le saint Patriarche.

 

Pratique

La Dévotion des sept Dimanches

 

La dévotion des sept Dimanches consacrés à honorer plus particulièrement les douleurs et les allégresses de saint Joseph n'est pas toute nouvelle dans l’Église., et les fidèles serviteurs du saint Patriarche, encouragés par les faveurs dont le ciel les récompensait, la pratiquaient bien avant que les Souverains Pontifes l’aient enrichie des plus précieuses Indulgences. Grégoire XVI avait accordé, en date du 22 janvier 1836, 300 jours à la récitation, pendant sept Dimanches consécutifs, dans le courant de l’année, de la prière connue sous le nom des Sept Allégresses et des Sept Douleurs de saint Joseph, et le septième Dimanche une Indulgence plénière. Mais le saint pontife Pie IX a appliqué, le 1er février 1847, l’Indulgence plénière à chaque Dimanche ; et le 22 mars de la même année, il a étendu ces Indulgences à tous ceux qui, ne sachant point lire ou n’ayant pas la prière susdite, réciteraient ces mêmes Dimanches sept Pater, Ace, Gloria, etc., en remplissant les conditions d’usage pour gagner les Indulgences plénières.

Quoiqu’il n’y ait aucune époque déterminée dans l‘année pour gagner ces Indulgences, il semble cependant que l‘on peut choisir de préférence les Dimanches qui précèdent les Fêtes de saint Joseph, ou bien quelques circonstances particulières dans lesquelles on a besoin de grâces plus abondantes. Puis, comme ces Indulgences sont applicables aux âmes du Purgatoire, l’on peut encore recourir à cette dévotion après la mort d’un parent ou d’un ami, pour les soulager dans leurs peines, et alléger sa propre douleur.

N’oublions pas surtout de remplir ces pratiques pendant sept Dimanches consécutifs. Une interruption, même involontaire, obligerait de recommencer.

 

Prière

communément appelée efficace

 

Me voici prosterné à vos pieds, ô bienheureux saint Joseph, pour vous adresser la prière connue depuis longtemps sous le nom d’efficace, parce que vous l’avez toujours écoutée et exaucée, et qu’elle a toujours obtenu son effet auprès de vous. Confiant dans vos bontés et certain que vous ne voudrez pas qu’elle soit moins efficace pour moi que pour tant d’autres, je vous l’adresse en ce moment en union avec le Pape Pie VII, qui l’a indulgenciée pour les prêtres (une année à chaque récitation, 23 septembre 1802) ; avec Pie IX, qui l’a indulgenciée pour tous les fidèles (100 jours chaque fois, 3 février 1863) ; avec tous les associés du saint Cordon, qui en ont fait leur prière propre et particulière ; avec tous vos fidèles serviteurs qui sont si heureux d’en recueillir tous les jours les salutaires effets, et je vous dis avec eux tous :

« Ô saint Joseph, père et protecteur des vierges, gardien fidèle à qui Dieu confia Jésus, l’innocence même, et Marie, la Vierge des vierges, ah ! Je vous en supplie et vous en conjure par Jésus et Marie, par ce double dépôt qui vous fut si cher, faites que, préservé de toute souillure, pur de cœur et chaste de corps, je serve constamment Jésus et Marie dans une chasteté parfaite. Ainsi soit-il ».

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

 

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01 mars 2019

Le Mois de Saint Joseph

Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

 

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Deuxième jour

Jeunesse de saint Joseph

 

Joseph, dont le père s’appelait Jacob, était le troisième de six frères. Ses parents habitaient en avant de Bethléem un vaste édifice qui avait été autrefois la maison paternelle de David, dont le père, Isa ou Jessé, était possesseur. A l’époque de Joseph, il ne restait plus guère que les gros murs de l’ancienne construction. Sa position était charmante, surtout a cause des cours d’eau qui l'entouraient.

Devant la maison, il y avait, comme devant les maisons de l’ancienne Rome, une cour antérieure entourée de galeries couvertes. Il y avait dans ces galeries des figures semblables à des têtes de vieillards. D’un côté de la cour se trouvait une fontaine sous un petit édifice en pierre. L’eau sortait par des têtes d‘animaux. La maison d‘habitation n‘avait pas de fenêtres au rez-de-chaussée, mais il y avait plus haut des ouvertures rondes. Autour de la maison régnait une large galerie, aux quatre coins de laquelle se trouvaient de petites tours semblables à de grosses colonnes, qui se terminaient par des espèces de coupoles surmontées de petits drapeaux. Par les ouvertures de ces coupoles, où conduisaient des escaliers pratiqués dans les tourelles, on pouvait voir de loin sans être vu soi-même. Il y avait de semblables tourelles sur le palais de David à Jérusalem, et ce fut de la coupole de ces tourelles qu'il arrêta un regard coupable sur Élisabeth. Dans le haut de la maison, cette galerie régnait autour d’un étage peu élevé, dont la toiture plate supportait une construction terminée par une autre tourelle. Joseph et ses frères habitaient dans le haut, ainsi qu’un vieux Juif qui leur servait de précepteur. Ils couchaient autour d’une chambre placée au centre de l’étage qui dominait la galerie. Leurs lits, consistant en couvertures qu’on roulait contre le mur pendant le jour, étaient séparés par des nattes qu’on pouvait enlever. Leurs parents, qui ne paraissaient ni bons ni mauvais, ne s’occupaient guère de leurs enfants et avaient peu de rapports avec eux.

Joseph était d’un naturel fort différent de celui de ses frères. Il avait beaucoup d’intelligence et apprenait très bien ; mais il était simple, paisible, pieux et sans ambition. Ses frères lui faisaient toutes. sortes de malices et le rudoyaient de temps en temps. Ces enfants avaient de petits jardins divisés en compartiments ; à l’entrée de ces jardins se trouvaient sur des piliers, dans des espèces de niches, des figures semblables à des enfants emmaillotés, comme on en voyait dans les oratoires de sainte Anne et de la sainte Vierge ; seulement, chez Marie. cette figure tenait un objet assez semblable à un calice, d’où quelque chose sortait en serpentant. Les figures de la maison dont il est ici question ressemblaient seulement à des enfants au maillot avec des visages tout ronds et entourés de rayons. Il y avait des figures de ce genre dans les ornements du temple de Jérusalem, et l’on en rencontrait jusqu’en Égypte, où elles avaient souvent de petits bonnets sur la tête. Parmi les figures que Rachel déroba à son père Laban, il y en avait de semblables, quoique plus petites ; mais la plupart étaient d‘une autre forme. Il y avait aussi chez les Juifs de ces figures couchées dans de petits coffres ou de petites corbeilles. Peut-être qu’elles représentaient Moïse enfant, flottant sur le Nil, et que l’emmaillotage pouvait indiquer les forts liens dans lesquels la loi enchaînait le peuple israélite. Ils avaient de ces petites figures comme nous avons des Enfants-Jésus.

Dans les jardins des enfants, se trouvaient des herbes, des buissons et des arbustes. Les frères de Joseph allaient souvent en secret dans son jardin. pour y faire des dégâts. Ils le faisaient beaucoup souffrir. Pour lui, on le voyait souvent, sous les galeries de la cour, prier à genoux et les bras étendus ; ses frères se glissaient alors près de lui et le frappaient dans le des. Une fois, pendant qu‘il était ainsi à genoux, l'un d’entre eux le frappa par derrière ; et comme il ne paraissait pas s‘en apercevoir, l‘autre recommença si souvent, que le pauvre Joseph tomba en avant sur les dalles. C‘est qu’il avait été ravi en extase pendant son oraison. Quand il revint à lui, il ne se mit pas en colère, il ne pensa pas à se venger, mais il chercha un coin reculé pour y continuer sa prière.

Aux murs extérieurs de la maison étaient adossés de petits logements où demeuraient deux femmes d‘un âge mûr, qui allaient toujours voilées et paraissaient faire partie des gens de la maison, car on les voyait souvent entrer et sortir pour des commissions de toute espèce. Elles portaient l‘eau, lavaient, balayaient, fermaient les ouvertures des fenêtres avec des grilles qu’elles mettaient devant, roulaient les lits contre les murs et mettaient devant des espèces de paravents en nattes. Les frères de Joseph parlaient souvent à ces femmes, les aidaient dans leurs travaux, ou plaisantaient avec elles. Joseph n’agissait pas ainsi : il restait toujours réservé et aimait à être seul.

Les parents de Joseph n’étaient pas très satisfaits de lui : ils auraient voulu qu’il employât ses talents à se faire une position dans le monde ; mais il n’avait aucune inclination de ce côté. Ils le trouvaient trop simple et trop calme : il n’aimait qu’à prier et à travailler tranquillement de ses mains. A une époque où il pouvait bien avoir douze ans, on le vit souvent, pour se dérober aux taquineries continuelles de ses frères, s‘en aller de l’autre côté de Bethléem, non loin de ce qui fut plus tard la grotte de la Crèche, et passer quelque temps près de pieuses femmes qui appartenaient à une petite communauté d’Esséniens. Elles demeuraient contre une carrière pratiquée dans la colline sur laquelle se trouve Bethléem, et habitaient là des chambres creusées dans le roc ; elles cultivaient de petits jardins voisins de leur demeure, et instruisaient des enfants d’autres Esséniens. Souvent, pendant qu’elles récitaient des prières écrites sur un rouleau, à la lueur d’une lampe suspendue à la paroi du rocher, le petit Joseph cherchait auprès d‘elles un refuge contre les persécutions de ses frères et priait avec elles. Il s’arrêtait aussi quelquefois dans des grottes, dont l'une fut plus tard le lieu de naissance de Notre-Seigneur. Il y priait seul ou s‘exerçait à façonner de petites pièces de bois. Un vieux charpentier avait son atelier dans le voisinage des Esséniens, Joseph allait souvent chez lui et apprenait peu à peu son métier ; il y réussissait d’autant mieux qu’il avait appris un peu de géométrie avec s’en précepteur.

L’inimitié de ses frères lui rendit à la fin impossible la demeure dans la maison paternelle. Alors un ami de Bethléem, qui n’était séparé de l‘habitation de son père que par un petit ruisseau, lui donna des habits avec lesquels il se déguisa, et quitta la maison pendant la nuit pour aller ailleurs gagner sa vie à l’aide de son métier de charpentier. Il pouvait avoir alors dix-huit à vingt ans.

Il travailla d‘abord chez un charpentier, près de Lebonah. Ce fut la qu‘à vrai dire, il apprit son métier. La demeure de son maître était contre de vieux murs qui conduisaient de la ville à un château en ruines, le long d’une crête de montagne. Beaucoup de pauvres gens habitaient là dans la muraille, et Joseph, entre deux grands murs où le jour pénétrait par des ouvertures pratiquées en haut, y façonnait de longues barres de bois. C’étaient des cadres dans lesquels on faisait entrer des cloisons en clayonnage. Son maître était un pauvre homme qui ne faisait guère que des ouvrages grossiers et de peu de valeur.

Joseph était pieux, bon et simple ; tout le monde l’aimait. Il rendait, avec une parfaite humilité, toutes sortes de services à son maître, ramassait des copeaux, rassemblait des morceaux de bois et les rapportait sur ses épaules. Plus tard, il passa une fois en cet endroit avec la sainte Vierge, et dut visiter avec elle son ancien atelier.

Ses parents crurent d‘abord qu’il avait été enlevé par des bandits. Plus tard ses frères découvrirent où il était et lui firent de vifs reproches ; car ils avaient honte de la basse condition à laquelle il s’était réduit. Il y resta par humilité; seulement il quitta ce lieu , et travailla dans la suite à Thanath (Thanach), près de Megiddo, au bord d’une petite rivière (le Kison) qui se jette dans la mer. Cet endroit n’est pas loin d’Apheké, ville natale de l’apôtre saint Thomas. Il vécut la chez un maître assez riche ; en y faisait des travaux plus soignés.

Plus tard encore, à Tibériade, il travailla pour un autre maître. Il demeurait seul dans une maison au bord de l’eau. Il pouvait avoir alors trente-trois ans. Ses parents étaient morts depuis longtemps à Bethléem. Deux de ses frères habitaient encore à Bethléem, les autres étaient dispersés. Leur maison paternelle avait passé en d'autres mains, et la famille était promptement tombée en déchéance.

Joseph était très pieux et priait ardemment pour la venue du Messie. Il était occupé à arranger auprès de sa demeure un oratoire où il pût prier dans une plus grande solitude, lorsqu’un Ange lui apparut et lui dit de cesser ce travail ; car, de même qu‘autrefois Dieu avait confié au patriarche Joseph l’administration des, blés de l’Égypte, de même le grenier qui renfermait la moisson du salut allait être confié à sa garde.

Joseph, dans son humilité, ne comprit pas ces paroles et continua à prier avec ferveur, jusqu’au moment où il fut appelé à se rendre au Temple de Jérusalem pour y devenir, en vertu d’une prescription d’en haut, l’Époux de la sainte Vierge. Il ne parait pas qu‘il fût marié antérieurement. Il vivait très retiré et évitait la société des femmes.

 

Considération

Saint Joseph d'après l’Évangile

 

Si le Saint Esprit a dit, au livre de Tobie (12, 7), qu’il est bon de tenir caché le secret du Roi et honorable de révéler et de confesser les œuvres du Très-Haut, l’Évangile aussi, qui est sa parole la plus substantielle, nous racontera bien les merveilles de l‘Incarnation du Fils de Dieu, mais ne trahira pas le secret dont le Seigneur a voulu envelopper son glorieux Père nourricier. Il ne parlera donc du saint Patriarche qu’autant qu’il sera besoin pour l’exposition du grand mystère. Pour ce qui le concerne personnellement, à peine s‘il fera allusion. Et toutefois ce qu'il en laissera voir en dira plus que l’esprit humain ne pourra jamais comprendre et que tous les docteurs ne pourront jamais expliquer.

L’évangile d’abord n’a qu’un mot pour exprimer sa sainteté. Comme Joseph, dit-il, était un homme juste, cùm esset justus. Mais comme ce mot, pris ainsi absolument, implique la réunion et la perfection de toutes les vertus, il n’y a plus rien à ajouter après ce mot, qui écarte jusqu’à la moindre objection que l‘on pourrait élever contre une sainteté au-dessus de toutes les atteintes. Il était juste, juste à tous égards, juste sous tous les rapports, juste au point que la moindre obscurité ne pouvait planer sur sa justice, juste comme Dieu se le devait à lui-même pour faire de Joseph un digne Époux de Marie et un non moins digne Père nourricier de Jésus. Comprenne maintenant qui pourra quelle était la justice de Joseph et quelle est la signification de cette parole de l’Évangile : Comme il était juste.

C’est encore d’un mot qu’il exprime la dignité et les grandeurs de saint Joseph. Il l’appelle l’Époux de Marie, de laquelle est né Jésus, virum Mariæ, de quâ natus est Jesus.

L’Époux de Marie ! Simple parole qui transporte tant de suite Joseph à une hauteur de dignité, et en même temps de vertu, de sainteté et de perfection, qui dépasse toutes les conceptions. Car si Marie a été la plus privilégiée de toutes les créatures, et, comme Mère de Dieu, bien élevée au-dessus de tout ce qu’il y a de plus parfait sur la terre et dans le ciel, il faut bien que Joseph, destiné a être l’Époux de Marie, ait été enrichi de dons, de qualités et de vertus semblables en tout point a ceux de Marie, et soit, après elle, l'être le plus privilégié du ciel et de la terre. Et c’est de Marie qu’est né Jésus ! Dont Joseph devient conséquemment le Père, légalement, en droit, aux yeux des hommes et aux yeux même de Dieu, qui lui communiqué, sauf la génération qu’il ne partage qu’avec l’Immaculée Vierge, tous les autres éléments de la paternité, et non-seulement le titre, mais le naturel, l’amour, l’autorité, les fonctions, les devoirs, et tous les droits d’un véritable père.

Aussi est-ce en cette double qualité d’Époux de Marie et de Père de Jésus que l’Évangile lui attribue, que saint Joseph pourvoit a la naissance de l’Enfant Dieu à Bethléem ; lui impose le nom dans sa Circoncision ; le porte ensuite à Jérusalem pour sa Présentation au Temple ; conduit l’Enfant et la Mère en Égypte pour les soustraire à la colère d‘Hérode ; les nourrit de son travail et de ses sueurs durant les rigueurs de l‘exil, et les ramène enfin à Nazareth, où il reste le chef et le pourvoyeur de la sainte famille jusqu‘à la fin de ses jours.

Mais à Nazareth, Jésus, fils de Marie et de Joseph, leur était soumis, et erat subditus illis. Oui, fils de Marie et de Joseph, parce que ces derniers mots sont dits de Jésus immédiatement après que ses parents l’ayant retrouvé dans le Temple, Marie lui eut dit : « Mon fils, pourquoi en avez-vous agi ainsi avec nous ? Voilà que votre père et moi, vous cherchions bien affligés ». Ecce pater tuus et ego quærebamus te. L’Evangéliste avait déjà dit, du reste, à propos du Cantique du saint vieillard Siméon, que « son père et sa mère étaient dans l‘admiration de ce qui se disait de lui ». Et crut pater ejus et mater mirantes super his quœ dicebantur de illo.

Admirable simplicité du récit évangélique qui, dans sa sublime brièveté, montre, dès le principe, à l’Église saint Joseph tel qu’il est en réalité, le saint Époux de Marie, le vrai Père, quoique d‘adoption, de Jésus, et conséquemment de tous les chrétiens, ces autres enfants de Marie qu’il a également adoptés ! Puis, en énonçant si clairement ses relations avec les trois divines Personnes, avec le Père, qui l’a associé à sa divine paternité, avec le Fils, dont il fut le père sur la terre, avec le Saint Esprit, qui l’a constitué ici-bas l’époux de Marie, avec la Mère Immaculée, qui lui a donné sa part dans l’enfantement et la conservation de son divin Fils, comme il établit merveilleusement les fondements du culte que les générations futures auront a lui rendre dans la suite des âges, en reconnaissant qu’il jouit dans le ciel des mêmes dignités et des mêmes prérogatives qu’il posséda sur la terre ! Et voilà bien ce qui ressort, en effet, du texte sacré.

Maintenant donc que les Pères de l’Église, les Docteurs, les Saints, les auteurs ascétiques, s‘emploient à l’envi, et les uns après les autres, à exalter les louanges du saint Patriarche, ils ne feront jamais que développer ce fond inépuisable de lumière que le Saint Esprit a concentré dans quelques paroles. Tout ce qu’ils diront, selon la pensée d’un pieux auteur, sera contenu dans ce qu’il a dit, mais ils n’arriveront jamais à dire pleinement tout ce qu’il a dit en si peu de mots dans l’Évangile.

 

Pratique

Culte Perpétuel de saint Joseph

 

Le Culte Perpétuel de saint Joseph consiste à réunir un nombre suffisant de personnes, 365 au moins, pour pouvoir offrir chaque jour de l’année un tribut de prières et d’hommages a saint Joseph. Mais pour rendre ce pieux exercice plus facile, soit à établir, soit à maintenir, dans les paroisses et communautés, le Pape Pie IX a approuvé de réduire à trente le nombre des associés, de manière qu’en choisissant chacun leur jour dans le mois, ils puissent consacrer à saint Joseph tous les jours de chaque mois, et par conséquent tous les jours de l’année.

Il convient, ce jour-là : 1° d'entendre la sainte messe et d'y communier en l’honneur de saint Joseph ; 2° de penser davantage à lui et de réciter, à l’intention de ses douleurs et de ses allégresses, sept Pater, Ave et Gloria ; 3° de faire quelque bonne œuvre à sa gloire ; 4° de finir la journée par une visite au Saint Sacrement et l’offrande de son propre cœur à saint Joseph.

Saint Pie IX a enrichi cette pratique de nombreuses Indulgences, d‘abord, de sept ans et de sept quarantaines chaque jour où l‘on s‘acquittera de quelqu‘une des pratiques énoncées plus haut, et ensuite, d‘Indulgences plénières : 1° le jour de l‘inscription ; 2° le jour choisi pour les pratiques du Culte Perpétuel ; 3°aux trois principales Fêtes de saint Joseph ; 4° aux fêtes de l’Immaculée Conception, de la Purification, de l'Annonciation, de l‘Assomption et de la Nativité de la très sainte Vierge ; 5° un jour chaque mois ; 6° à l’article de la mort. Toutes les messes dites pour les âmes des Associés défunts jouissent, en leur faveur, des Indulgences de l'autel privilégié.

 

Offrande de la journée

Attribuée à sainte Madeleine de Pazzi

 

Bénie soit la sainte et indivisible Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, que nous bénirons et confesserons à jamais pour les grandes miséricordes dont ils ont usé envers nous !

Bénie soit la Sainte et très auguste Trinité de la terre, Jésus, Marie, Joseph, que nous louerons et glorifierons à toujours, en reconnaissance des grâces qu’il leur a plu de nous faire et de nous obtenir de Dieu !

Oui, ô adorable et glorieuse Trinité du ciel, qui nous avez donné sur la terre l’admirable Trinité de Jésus, Marie, Joseph, et qui l’avez prévenue des bénédictions de votre douceur, en établissant Jésus comme la source, Marie comme la fontaine, et Joseph comme le canal de l’eau qui coule de votre paradis pour arroser et fertiliser la terre desséchée de nos cœurs, faites-nous la grâce de pouvoir puiser à cette source par leur entremise, et participer ensuite en abondance à leurs bénédictions et à leurs mérites, afin qu’après avoir honoré d’un saint culte cette Trinité sur la terre, nous puissions être admis un jour dans le ciel en leur éternelle et bienheureuse compagnie, où il nous sera permis de jouir à jamais de la Trinité parfaite, en vivant toujours en elle, la louant sans mesure, la bénissant sans cesse, et répétant dans les siècles des siècles :

Bénie soit à jamais la très sainte et très adorable Trinité, du Père, du Fils et du Saint Esprit !

Bénie soit à jamais la très sainte et très auguste Trinité de Jésus, Marie et Joseph !

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

 

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28 février 2019

Le Mois de Saint Joseph

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Le Mois de Saint Joseph

Avec la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich

 

Premier jour

Généalogie de Saint Joseph

Saint Joseph, le Saint parmi les saints, et qui a tellement accompli toute justice, qu’il a été trouvé digne de devenir l’Époux de l’Immaculée Vierge Marie et le Père nourricier du Fils de Dieu fait homme, descendait de la race royale de David, et était cousin germain de saint Joachim, le bienheureux père de sa sainte Épouse, ainsi que le supposent et le constatent les deux généalogies qu’ont données de Notre-Seigneur saint Matthieu et saint Luc.

Le grand-père, en effet, de saint Joseph, descendait de David par Salomon et s’appelait Mathan. Mathan eut deux fils, Joses et Jacob, père de saint Joseph. Mais, Mathan étant mort, sa veuve épousa en secondes noces un nommé Lévi, qui descendait de David par Nathan, et en eut Mathat, père d’Héli, ou Joachim, père lui-même de la sainte Vierge. Joachim et Joseph étaient donc cousins germains du côté maternel.

Voici, du reste, comment cette généalogie fut montrée à Anne-Catherine Emmerich. À partir de David, elle vit l’arbre généalogique du Sauveur se séparer en deux rameaux distincts. Le rameau de droite commençait à Salomon et finissait à Jacob, père de Joseph, époux de Marie. Sur ce rameau étaient les figures de tous les parents de saint Joseph, nommés dans l’Évangile, et qui descendaient ainsi de David par Salomon. Ce rameau avait une signification plus élevée que l’autre ; il sortait presque en entier de la bouche du roi prophète, et était complètement blanc, sans mélange d’aucune couleur. Les figures placées à côté de ce rameau s’élevaient tentes au-dessus des figures correspondantes de l’autre rameau. Toutes avaient à la main une tige longue comme le bras, avec des fleurs palmées à l’entour ; la tige se terminait par une clochette blanche, avec cinq étamines jaunâtres, desquelles tombait une poussière singulièrement fine. Trois membres de ce rameau, avant le milieu en commençant par le haut, étaient détachés, noircis, et semblaient complètement morts. Les fleurs variaient pour la grandeur, la force et la grâce ; celle de saint Joseph était sans une seule tache, et ses feuilles étaient parfaitement fraîches : il avait la plus belle de toutes les fleurs. En plus d’un endroit de ce rameau, les rejetons se trouvaient très écartés. Ces rameaux se touchaient quelquefois, et se croisaient vers leur extrémité. La signification de ce rameau était haute et mystérieuse ; il était plus spirituel et moins charnel que l’autre ; il tenait plus de Salomon. Mais ce sont des choses qu’il est difficile d’expliquer.

Le rameau de gauche allait de Nathan, fils de David, à Héli. Héli était le véritable nom de saint Joachim ; il ne reçut qu’assez tard le nom de Joachim, de même qu’Abraham porta d’abord le nom d’Abram. Tout ce rameau était plus bas que l’autre ; il était coloré, il avait çà et là des taches, puis il retrouvait son éclat resplendissant de rouge, de jaune, de blanc, mais jamais de bleu. Les figures étaient plus petites que celles de l’autre rameau ; elles avaient à côté d‘elles des branches d’arbuste avec des feuilles dentelées. d‘un vert jaunâtre, et au sommet, un bouton rouge, de la couleur de celui de l’églantine. De ces boutons, les uns étaient encore frais, et les autres étaient fanés. Le bouton n‘était pas un bouton à fleur, mais un bouton à fruit, un ovaire, et il était touj0urs fermé. Aux branches se rattachait un double rang de petits rameaux du côté où pendaient des feuilles dentelées.

Les deux lignes se croisaient trois ou quatre générations avant Héli ou Joachim, et aboutissaient l’une et l‘autre à la sainte Vierge. Et c’est a l'endroit où elles se croisaient que le sang de Marie commençait à briller dans le rayon.

Mais c’eût été peu pour les desseins de Dieu sur notre saint Patriarche de le faire descendre d'une si longue suite de Bois et de saints personnages, s‘il ne l'eût appelé en même temps à une sainteté suréminente. et quine fût point au-dessous de sa future dignité d’Époux de la Vierge-Mère et de Père réputé et légal de Jésus. Si sa sainteté ne pouvait égaler celle de Marie, dont aucune autre ne peut approcher, elle devait venir immédiatement après. Saint Joseph devait être la plus sainte créature après l’Immaculée Mère.

Aussi, s’il fut conçu dans le péché comme tous les enfants d’Adam, ne parait-il pas douteux qu’il fut purifié de la tache originelle et sanctifié dès le sein de sa mère, comme Jean-Baptiste et plusieurs autres.

L’on tient même généralement que ce glorieux privilège lui fut accordé le septième mois après sa conception, et le deuxième avant sa naissance. Il est donc à croire qu‘il naquit, comme Marie, plein de grâce et singulièrement orné de toutes les vertus.

Le huitième jour après sa naissance, il fut circoncis et reçut le nom de Joseph, nom qui signifie accroissement, augmentation, et dont il devait accomplir la la lettre la signification, non-seulement parce que Dieu allait toujours l’augmenter de ses dons, mais parce que lui-même augmenterait toujours de vertus en vertus, et que, plus tard, d’ailleurs, sa gloire irait toujours en augmentant dans l’Église.

 

Considération

Saint Joseph dans les desseins de Dieu

 

Les temps arrêtés dans les desseins de Dieu pour la Rédemption du genre humain sont accomplis, et le Fils de Dieu va se faire homme pour venir racheter les hommes. Mais du moment qu’il se fait homme, il lui faut une Mère. Quelle sera cette Mère ? Mère du Sauveur des hommes, elle doit être prise d’entre les homme ; mais aussi Mère de Dieu, elle doit approcher de Dieu aussi près qu’il peut l’être donné à la créature. Que fera donc Dieu pour elle ? Pour elle il épuisera en quelque sorte tous les trésors de son infinie munificence, en lui communiquant de sa divinité tout ce qu’il peut en conférer à une simple créature. Comment cela ? En la formant toute sainte, toute pure, mille fois plus pure que les Anges, pure comme lui, dont elle deviendra, d’ailleurs, la Mère par la seule opération du Saint Esprit.

Mais ce n'est pas tout, et il faut, dans l’ordre humain, que le voile du mariage vienne ombrager de ses plis protecteurs l’ineffable mystère. Il faut, dans cet ordre humain, un Époux à cette Vierge Mère, un Père à cet Enfant Dieu ; à la Vierge-Mère, un Époux qui-vénère tellement sa virginité, que Dieu seul puisse être l’auteur de sa maternité ; à l’Enfant Dieu, un Père d’adoption qui, sauf la génération, aura éminemment tous les autres attributs de la paternité. Et quel sera le mortel que Dieu choisira, non pas entre mille, ni entre dix 'mille, mais entre tous les hommes, pour l’élever à cette double et incomparable dignité ? Dieu l’a dit, ce sera Joseph, qu’il fera assez saint et assez pur pour qu’il puisse confier à sa virginité la garde de la virginité de Marie, et assez accompli en toute perfection pour qu'il puisse se décharger sur lui du soin de l’humanité de son divin Fils.

Gloire donc, honneur, louange et bénédiction à l’homme béni entre tous les hommes, comme Marie fut la femme bénie entre toutes les femmes. Car si toutes les générations appellent Marie bienheureuse, parce que le Seigneur a fait pour elle de grandes choses, elles peuvent bien appeler aussi Joseph bienheureux, puisque le Seigneur a fait pour lui des choses également grandes.

Mais comment Dieu introduira-t-il dans le monde cet homme si singulièrement privilégié ? Ce sera sans doute avec splendeur et avec éclat, comme pour le recommander davantage à la vénération des autres hommes ? Loin de là. Il le fera en silence, sans bruit, sans commotion, de la manière dont il opère toutes ses grandes œuvres. Puis, il le tiendra en réserve dans le plus secret de son éternel sanctuaire, jusqu’au jour, jusqu‘au moment, nous ne dirons pas où il aura besoin, mais où il voudra se servir de lui : tout l’Ancien Testament sera plein de Jésus et de Marie, mais sans s’occuper de Joseph, ni dans ses promesses, ni dans ses figures, ni dans ses prophéties, qui, d‘accord avec la tradition des peuples, supposeront toujours une Vierge-Mère. Enfin, quand le moment sera venu de le montrer à la terre, l‘on ne connaîtra rien, ni de sa naissance, ni de son enfance, ni de son adolescence, et il grandira dans une obscurité telle, que l‘on aura peine à le découvrir lorsqu‘il faudra le trouver pour le donner pour époux à Marie. Les Prêtres qui procéderont à leurs épousailles ne le soupçonneront même pas d’abord, et Dieu sera obligé de faire un miracle pour le leur désigner.

Mais les saintes épousailles ont été célébrées, et quelques jours après s’opère, à l’insu de Joseph, dans le sein de Marie, son épouse, l’ineffable mystère. Un Ange vient bientôt l’en avertir, et, à partir de ce moment, il est tout entier à la Mère et à l’Enfant, qui n’ont plus qu’à se reposer sur lui de leurs sollicitudes de chaque jour. C’est ainsi que, fidèle à sa sublime mission, il s’occupe de la naissance de Jésus à Bethléem, de sa Circoncision, de sa manifestation aux Mages, de sa Présentation au temple, de sa fuite en Égypte, de son séjour dans la terre étrangère, de son retour à Nazareth. Quand enfin l’Enfant est devenu grand et a atteint l’âge de l’homme parfait, sa mission étant remplie, Dieu le retire de la terre aussi silencieusement qu’il l’y a mis, et sans que sa mort fasse le moindre bruit, pour le cacher de nouveau dans le secret de sa face, Jusqu’à ce qu’il lui plaise de le glorifier d'une manière plus éclatante à la fin des temps.

Ô profondeur des trésors de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses jugements sont incompréhensibles, et que ses voies sont impénétrables ! Que ses pensées sont élevées au-dessus de nos pensées, et que ses manières d‘agir sont différentes des nôtres ! De même qu’il abaisse ceux qui s’élèvent, il élève ceux qui s’abaissent, et il travaille pour eux d’autant plus en secret qu'il veut les honorer davantage. Il les tient d’abord d’autant plus cachés, qu‘il les réserve pour la suite à de plus hautes destinées. Ainsi en a-t-il été de saint Joseph. Ainsi en est-il de chacun de nous, toutes les fois que nous répondons aux desseins de Dieu sur nous.

 

Pratique

Fêtes de Saint Joseph

 

La première des Pratiques par lesquelles nous devons nous empresser de mériter la protection de saint Joseph est naturellement la célébration des Fêtes que l’Église. lui a consacrées, et qui constitue pour tous les fidèles la base du culte que tous ont à lui rendre, mais que doivent surtout lui rendre ceux qui font gloire de l’honorer plus particulièrement, et qui ont à cœur de lui plaire davantage, sans même songer à l’intéresser plus efficacement en leur faveur. Les vrais serviteurs de saint Joseph n’ont d'autre préoccupation , en célébrant ses Fêtes, que de suivre les inspirations de leur foi, de leur dévotion, et de leur amour. Des enfants qui fêtent un père s‘oublient eux-mêmes pour ne penser qu’à lui.

Ces Fêtes sont sa solennité principale, la grande Fête du 19 mars, que le Pape Pie IX, si glorieusement régnant, en proclamant saint Joseph Patron de l’Église Catholique, vient d’élever au rite double de première classe, la mettant ainsi au rang de nos plus grandes solennités ; celle de son Patronage, que, par décret du 10 septembre 1847, il a fixée pour toute l’Église au 3e Dimanche après Pâques ; et celle de ses Épousailles avec la très sainte Vierge, qui se célèbre le 23 janvier.

Des Indulgences plénières sont attachées à ces trois Fêtes dans toutes les Confréries et Associations en l’honneur de saint Joseph, et même dans beaucoup d’autres.

Les pieux dévots au saint Patriarche honorent aussi sa Fuite en Égypte, le 28 décembre ; son Retour d’Égypte en Galilée, le 7 janvier, et son bienheureux Trépas, le 20 juillet.

 

Oraison dédicatoire

Tirée de saint François de sales

 

Très sainte Mère de Dieu, vaisseau d’incomparable élection, élection de la souveraine dilection, vous êtes la plus aimable, la plus aimante, et la plus aimée de toutes les créatures. Mais, ô Mère toute triomphante, qui peut jeter les yeux sur votre Majesté sans voir à votre droite celui que votre Fils voulut si souvent, pour l‘amour de vous, honorer du titre de Père, vous l’ayant uni par le lien céleste d‘un mariage tout virginal, afin qu’il fût votre secours et coadjuteur en la charge de la conduite et éducation de sa divine enfance ?

On mettait jadis les lampes de l’ancien temple sur des fleurs de lys d’or. Ô Marie et Joseph, pair sans pair, lys sacrés d’incomparable beauté, entre lesquels le Bien-Aimé se repaît et repaît tous ses amants, hélas ! vous le savez, si j'ai composé cet écrit, c’est dans la seule fin de vous glorifier de mon mieux l‘un et l‘autre, ainsi que votre divin Fils. Où puis-je alors mieux le colloquer que parmi vos lys, lys entre lesquels le soleil de justice, splendeur et candeur de la lumière éternelle, s’est si souvent récréé, qu’il y a pratiqué les délices de l’ineffable dilection de son Cœur envers nous ?

C‘est donc a vos pieds que je le dépose, ô Mère bien-aimée du Bien-Aimé, ô Époux bien-aimé de la Bien-Aimée, en vous offrant en même temps mon âme avec toutes ses facultés, mon corps avec tous ses sens, tout ce que j’ai, tout ce que je suis, tout ce que je serai à jamais. Je vous le consacre et vous le dédie, dans l’espérance qu’à cause de l’hommage que nous vous faisons de tout nous-mêmes, vous nous prendrez tous, auteur et pieux lecteurs, sous votre singulière protection, dont vous nous ombragerez pendant la vie, dont vous nous couvrirez surtout à l’heure de la mort, et que vous daignerez nous continuer pendant l’interminable cours de la bienheureuse éternité.

 

Extrait du « Mois de Saint Joseph ou Vie de Saint Joseph d’après Anne-Catherine Emmerich » par C.F. Fouet. Saint Dizier, Paris, 1872

 

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31 mai 2018

Le mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Trente-et-unième jour

Notre Dame du Bon Conseil, triomphante dans les Cieux

 

Le corps virginal qui avait fourni au Verbe fait chair sa substance humaine, qui par un prodige inouï l'avait conçu et l'avait enfanté sans douleur et sans rien perdre de son intégrité, dont l'âme, par une merveille, plus insigne encore, avait été préservée de la tache originelle et de toute espèce de péché, dont la mort enfin n'avait été qu'un pur effet d'amour, devait-il, pouvait-il subir la corruption du tombeau ? Non certes, « le corps sacré de notre Mère, dit Bossuet, le trône de la chasteté, le temple de la sagesse incarnée, l'organe du Saint-Esprit et le siège de la vertu du Très-Haut n'a pas dû demeurer dans le tombeau ; et le triomphe de Marie serait imparfait, s'il s'accomplissait sans sa sainte chair qui a été comme la source de sa gloire ».

Non, non, la croyance des siècles, les glorieuses solennités de l'Eglise, les enseignements de tous les saints Pères, les traditions antiques de toute la catholicité, attestent, sous le nom d'Assomption de la glorieuse Vierge Marie, le double triomphe de son corps virginal et de son âme immaculée, et toutes les voix catholiques, tous les âges, répètent avec transport les hymnes prophétiques de l’ancienne loi. « Levez-vous, Seigneur, et entrez dans Votre repos, Vous et l'arche que Vous avez sanctifiée. Quelle est celle qui monte à travers le désert, belle de toutes les vertus, semblable à une vapeur transparente composée des arômes de la myrrhe, de l'encens, et de toute espèce de parfums ». - « Venez du Liban, ô épouse chérie, venez et vous serez couronnée. Les hauteurs d'Amana, de Sanir et d'Hermon, toutes les vertus les plus élevées des hiérarchies célestes seront votre couronne : venez, venez. C'est elle, elle vient, elle monte du désert, comblée de délices, appuyée sur son bien-aimé ».

Lui-même l'a conduite par la main ; avec Lui elle a franchi toutes les hauteurs célestes. Son trône est près du trône de son Fils. Elle est reine, reine de toutes les hiérarchies angéliques, reine de tous les saints. Seule, elle forme, dit Gerson, la première hiérarchie du ciel, n'ayant au-dessus d'elle que Dieu, l'unique, l'infini, le maître souverain du ciel et de la terre ; et le Salomon des cieux lui a répété ce que celui de la terre avait dit à Bethsabée sa mère : « Demandez, ô ma mère, et rien ne vous sera refusé ! » Quelle gloire ! Quel triomphe ! Réjouissons-nous dans toute l'allégresse de nos coeurs, Enfants de la Mère du Bon Conseil. Celle que nous aimons est l'objet de ce triomphe incomparable, triomphe que nous partagerons un jour, nous en avons pour garantie l'image du Bon Conseil, portraits de la Reine du ciel et de son divin Fils, qu’Elle-même nous a envoyée des cieux !

 

Exemple

 

On lit le fait suivant dans le livre intitulé la Vierge Mère du Bon Conseil par Mgr Dillon : « Le 4 septembre 1796, il arriva que le maître de la boulangerie de Compatri, appartenant au prince de Borghèse, eut l'occasion de blanchir sa demeure. Tandis qu'il s'y préparait une image de Notre Dame du Bon Conseil, gravée sur du papier commun, se détacha du mur et tomba dans le bois destiné au feu. On la jeta par inadvertance dans le four avec le bois. Toute la masse s'enflamma ; au bout de quelque temps, quand on supposa que le bois était suffisamment consumé pour avoir chauffé le four, le boulanger regarda à l'intérieur, et à son grand étonnement vit un morceau de papier intact parmi les cendres enflammées. Son premier mouvement fut de le mêler de nouveau avec les matières embrasées. Cependant il fut encore plus surpris de voir tous ses efforts inutiles. Il le retira donc du four et reconnut l'image de la Madone du Bon Conseil, mêlée involontairement au bois. Sa surprise et celle de toutes les personnes qui entendirent parler du miracle, est plus aisée à imaginer qu'à décrire. L'image fut immédiatement placée avec vénération dans la chapelle du cimetière du Vatican où on la voit encore. Il y a pourtant un léger indice de brûlure aux extrémités, et quelques étincelles semblent avoir été projetées sur les figures de Jésus et de Marie. Les pieux Romains continuent à visiter cette image qui repose maintenant sous un tabernacle, et à y prier pour les morts. En mémoire du miracle, ils l'appellent : « La Libératrice des âmes du Purgatoire ». En effet, les pauvres âmes ont bien à remercier N.-D. qui opéra ce prodige en leur faveur ».

 

Prière

 

Ô Vierge du Bon Conseil, qui par un miracle touchant, avez procuré tant de prières à vos enfants retenus en Purgatoire, vous nous montrez par là qu'aucun de nos besoins n'échappe à votre vigilance maternelle. Votre sollicitude, qui nous accompagne pendant notre exil, nous suit au tribunal de notre Juge suprême et ne nous quitte pas dans les flammes expiatrices. Vous inspirez à vos enfants de la terre de prier pour ces pauvres âmes prisonnières de la divine justice, d'offrir pour elles leurs expiations et leurs bonnes oeuvres, et hâter ainsi le moment de leur délivrance. Ô Mère du Bon Conseil, du sein de votre gloire incomparable, prenez pitié de tous nos Frères défunts et en particulier des membres de la Pieuse Union. Ayez aussi pitié de nous, quand notre heure sera venue et faites qu’ayant été miséricordieux à l’égard de nos frères souffrants, nous soyons à notre tour, traités avec miséricorde. Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

Fin du Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

 

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29 mai 2018

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

Le Mois de Marie de Notre Dame du Bon Conseil

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Trentième jour

Notre Dame du Bon Conseil, consolatrice des pauvres

 

Pour supporter avec patience les privations inhérentes à son état, le pauvre a besoin d'un soutien ; pour triompher des préjugés vulgaires et se glorifier de sa pauvreté comme d'un titre de noblesse, il a besoin d'exemples. Eh bien ! ce soutien et ces exemples, la Mère du Bon Conseil les offre. Marie naît d'une famille illustre par le nombre et la gloire des ancêtres, mais privée des biens de la fortune. Épouse d’un simple artisan, ouvrière elle-même, elle doit, au moment de la Nativité de son Fils, se retirer dans une grotte affreuse ; l'héritier de David et de Salomon a une crèche pour berceau. Au jour de la Présentation, la fille des Rois offre le sacrifice des pauvres. Qui dira les privations endurées en Égypte ? Rentrée à Nazareth, la Sainte Famille retrouve la pauvreté, l’obscurité, le travail : les voisins ne voient en Marie que la femme d'un charpentier. Quand Jésus sort du silence et de la solitude pour faire entendre aux foules l’Évangile du salut, Marie se tient à l'écart ; elle ne veut pas, semble-t-il, opposer à la doctrine du Fils la simplicité de la Mère : ce Jésus, n'est-Il pas le Fils du charpentier Joseph et de cette femme qui s'appelle Marie ?….

Marie ne paraît ni chez Simon le Lépreux, ni au banquet de Lazare ressuscité, ni à l'entrée triomphante, ni dans aucune manifestation de la vie publique de Jésus, la Passion exceptée. Nous la voyons cependant aux Noces de Cana. Savez-vous pourquoi ? Parce que les invités et les époux sont pauvres.

La pauvreté de Marie ! Quelle source de consolation pour les déshérités d’ici bas ! Quelle pure et suave clarté elle répand sur le délaissement et sur l'oubli auxquels ils sont voués ! Puisque tout homme sent le besoin de se rapprocher de son pareil, Marie doit entourer les pauvres d'une prédilection manifeste. Qu'ils sachent donc puiser dans la détresse de leur Mère un nouveau motif de l'aimer et de la supplier !

Ô vous qui gémissez sous les dures étreintes de la pauvreté, jetez des profondeurs de votre misère, un regard confiant sur la Reine du Ciel. Vous êtes les sujets de Notre Dame du Bon Conseil, ses clients aimés, ses fils de prédilection. Notre Dame du Bon Conseil vous soutiendra, vous guidera, vous consolera. Elle fera comprendre aux riches vos droits et leurs devoirs, leur inspirant de nourrir votre faim des restes de leur superflu. Vous recevrez, par elle, avec patience dans les tribulations, l'intelligence, peut-être même l'amour de votre éminente dignité, et vous tiendrez à rester ce que vous êtes, les confidents du Sauveur, les premiers ministres de Son royaume spirituel.

 

Exemple

 

On écrit de Paris, le 5 février 1892 : « J'étais en butte, depuis deux ans, aux tracasseries de plusieurs membres de ma famille. Ils me réclamaient, à la suite d'un héritage, tout, ce que la loi et la volonté du défunt m'avaient donné. Pendant un demi-siècle, j'avais sué sang et eau pour m'assurer une vieillesse, sinon opulente, du moins paisible et sûre ; et voilà qu’on essayait de m'enlever mes petites économies et de m'envoyer à l’hôpital. J'avais beau exposer ma situation, raisonner mon droit, aller d'avocat à notaire, de maire à avoué, aucune réponse ne me contentait, il me semblait entendre toujours sur le seuil de ma porte, les huissiers et les gendarmes. Si mon état avait duré quelques jours de plus, assurément je perdais la tête. Par bonheur la Providence me fit rencontrer un ecclésiastique fort dévot à Notre Dame du Bon Conseil. Ce digne prêtre me donna une Image de cette Madone et me dit de ne m’inspirer désormais que de ses réponses. Je me mis résolument à I'oeuvre. J’interrogeai chaque matin la divine Conseillère, et ses réponses furent si promptes, si sages, si fidèles que le calme me revint. Ma tactique apprise à l'école de Celle qui est terrible comme une armée rangée en bataille, déconcerte mes ennemis, eux autrefois si insupportables, si accablants, si avides ; eux qui me harcelaient de leurs attaques et de leurs menaces finissent par me laisser tranquille et je puis jouir en paix des derniers restes de ma vie.

 

Prière

 

Ô Marie, Mère du Bon Conseil, nous vous choisissons comme notre protectrice spéciale dans le difficile pèlerinage de cette vie. Nous vous prenons pour arbitre et souveraine dans nos maisons, nos familles et nos intérêts. Rappelez-vous, ô Mère, que pour vous honorer de plus en plus, nous nous sommes unis dans votre Pieuse Union. Délivrez-nous de tous les dangers, consolez-nous dans nos malheurs, défendez-nous contre les embûches de nos ennemis, préservez-nous du péché et assistez-nous à l'heure de notre mort. Ainsi soit-il.

 

Texte extrait du livre « Le Mois de Marie devant l'Image miraculeuse de Notre Dame du Bon Conseil de Genazzano », disponible aux Editions Rassemblement à son image

 

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